Ami.e.s des quatre coins du web, je vous souhaite un grand bonjour !

Me voici aujourd’hui déjà en train de reprendre le chemin cahoteux du brisage de tabous, me munissant de mes plus belles pierres et de mes pioches les plus acérées.

Je l’avais promis il y a 15 jours dans mon article totalement décousu sur la santé mentale (et le fait que c’est totalement ok d’aller mal) et j’ai décidé d’embrayer en vous le proposant aujourd’hui : oui, j’ai compilé les 5 remarques que je trouve les plus reloues en tant que personne à la santé mentale chancelante.

Cet article est pour toi, chère personne derrière ton écran – toi qui d’aventure a déjà souffert d’un quelconque trouble psychique : dépressions en tout genre, trouble anxieux, TOCs, phobies, addictions diverses et variées, troubles du comportement alimentaire, bipolarité, schizophrénie, psychose et cetera – je ne peux pas tout citer, tu m’en excuseras, je l’espère.

Cet article est pour toi, chère personne derrière ton écran – qui va peut-être UN JOUR souffrir de ces troubles psychiques (parce que OUI, il peut n’y avoir aucun signe avant-coureur et pourtant un beau jour – PAF ! Un élément déclencheur et c’est la dégringolade !). Pour rappel, on estime qu’environ 50% de la population mondiale a déjà souffert, souffre actuellement ou souffrira à l’avenir d’un trouble psychique. Ce qui, on en conviendra, n’est pas rien !

Enfin, cet article est également pour toi, chère personne derrière ton écran, qui n’a et n’aura jamais une mauvaise santé mentale – mais qui côtoiera inévitablement des personnes pour qui c’est plus compliqué. Toi qui a été ou va, à une certaine fréquence, être maladroit.e, de par l’ignorance qui est la tienne. (Et je ne dis pas « ignorance » de manière péjorative, c’est juste que tu ne sais pas ce que c’est de souffrir d’un trouble psychique – donc tu es ignorant.e 😉 merci Manon pour cette parenthèse linguistique ^^).

Voici donc, sans plus attendre, les 5 pires remarques que j’ai entendues dans ma vie – du fait de ma mauvaise santé mentale !

 

« Tu te bousilles la santé à prendre ces cachetons »

 

Ben en fait, non, j’assure ma santé.

Il peut arriver, quand on souffre d’une maladie psychique, qu’on parvienne à s’en sortir sans prendre de traitement.

Personnellement, ça a été le cas pour ma dépression pré-partum. J’ai été entourée, accompagnée, suivie par ma psy – et ça a suffit à améliorer ma santé mentale.

Oui, c’est très bien, sauf que parfois, ça ne suffit pas. Et de mon côté, l’année dernière, j’ai pris, pour la première fois de ma vie, un traitement anti-dépresseur.

Chez moi, il y a eu beaucoup d’effets secondaires, ça a été lourd, mais ça a aussi été incroyablement salvateur.

 

prendre des anti-dépresseurs

 

D’ailleurs, j’en profite pour glisser un petit message d’encouragement à toutes les personnes qui vont me lire et prennent un traitement : il y a toujours de l’espoir, même si la médication ne se passe bien pour toi en ce moment ! Il y a toujours d’autres traitements et dosages à essayer – d’autres molécules à tester. Je t’envoie beaucoup de courage si tu es dans cette situation !

En bref, l’immense majorité des personnes qui prennent un traitement le font pour GUERIR. Et c’est une excellente chose !

 

« Mets-toi donc un bon coup de pied au derrière et ça ira mieux »

 

PTDR. Le grand classique.

Dans la catégorie « éternel cliché », je demande la personne malade faiblarde, incapable de se secouer les puces, paresseuse et qui profite bien de son statut de malade pour se foutre en arrêt maladie – pendant que la vraie France se lève le matin, elle !

Oh mais vos gueules les mouettes !

Je vais vous dire un truc : SI SEULEMENT il suffisait simplement de se secouer les puces – et hop, ça va mieux ! SI SEULEMENT !

Un trouble psychique est une maladie. Lourde à porter. Dure à vivre. Où on se sent considérablement diminué. Un trouble psychique, souvent, ça amoindrit déjà tellement l’image qu’on a de nous-mêmes.

Je crois qu’il est grand temps d’en finir avec cette idée reçue de la personne en mauvaise santé mentale qui exagère en permanence – et qui ne fait aucun effort. Les maladies psychiques sont des maladies (en gras, italique, souligné bordel !).

« Mais enfin, tu as tout pour être heureux.se ! »

 

Ah.

Déjà, primo, qu’est-ce que tu en sais ? Tu vis avec moi 24h sur 24 ? En connaissant toute mon histoire dans les moindres détails ?

Je ne connais pas les statistiques, mais je ne pense pas me tromper en disant que si certaines maladies mentales sont héréditaires ou sans causes spécifiques, il y aussi une large part des troubles psychiques qui sont consécutifs à des traumas. C’est mon cas. C’est le cas de beaucoup de monde.

Vivre avec une pathologie psychique est loin d’être une partie de plaisir.

On doit en permanence lutter contre notre auto-dévalorisation, contre le jugement des personnes qui sont en bonne santé, contre le sentiment constant que nous sommes défini.e.s comme non-fiables, faibles, paresseux.ses, affabulateur.rice.s, en exagération constante.

Vive avec une pathologie psychique ne sera jamais compatible avec la fable du « tout pour être heureux.se ».

 

« Les troubles mentaux, ça n’arrive vraiment qu’aux gens faibles »

 

Eh bien écoute, si ça peut te rassurer, dis-toi donc ça !

Mais laisse-moi juste te dire que…non, carrément pas ! Un trouble mental peut tomber sur la tête de n’importe qui. Littéralement, comme ça. Il s’insinue, on ne le voit pas arriver, tant il avance masqué. Et un jour, subitement, c’est la dégringolade.

 

mauvaise santé mentale

 

Personne n’est à l’abri. Personne. Et je crois qu’il est urgent de faire de la prévention à ce sujet.

Pour te partager mon expérience personnelle, je me considère comme quelqu’un qui est putain de badass. Tous les traumas possibles et imaginables me sont arrivés. Et pourtant, je suis toujours là. J’ai les genoux égratignés, mais je suis debout. J’ai des troubles mentaux, et je suis forte. Costaude, solide. L’un n’empêche pas l’autre et il n’y a aucun lien de causalité !

 

« T’es vraiment bizarre ! Pourquoi est-ce que tu ressens ça ? »

 

Si seulement je le savais mon pauvre ami !

C’est une réflexion qu’on m’a très souvent faite. Oui, c’est vrai ça, pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’un simple rendez-vous chez le médecin peut te rendre malade d’angoisse ? (Parce que j’ai un trouble anxieux). Pourquoi est-ce que laisser un jeu / un puzzle ou quoi que ce soit incomplet prend toute la place dans ton cerveau ? (Parce que j’ai des TOCs). Pourquoi est-ce que tu vois tout en noir ? (Parce que je suis dépressive).

Quand on souffre d’un trouble psychique, on ne sait pas pourquoi on ressent ce qu’on ressent. On sait juste que c’est très relou au quotidien, et que nous aussi on aimerait comprendre. La plupart du temps, on n’en a pas la possibilité. Et c’est une immense souffrance.

Se prendre cette remarque dans la poire, c’est juste nous rappeler nos troubles en permanence. C’est nous définir au travers d’eux. Et ça, c’est insupportable. Arrêtez de faire peser vos angoisses existentielles sur nous, la vie est déjà assez compliquée pour les personnes à la santé mentale défaillante !

Et voilà pour mon top 5 ! Si tu souffres toi aussi de troubles psychiques – et que tu te sens de partager sur le sujet – quelles sont les pires remarques que tu as entendues ?

S’il t’es arrivé.e de faire toi-même certaines de tes remarques, ne te flagelles pas trop. C’est un fait : on merde toutes et tous de manière assez régulière. Et je crois que l’essentiel, c’est avant tout de faire amende honorable et de ne pas recommencer quand on est prévenu.e. Tu peux aussi partager ton expérience si tu le souhaites.

Quoi qu’il en soit, j’espère que cet article vous a plus – et je vous envoie beaucoup de bonnes ondes.

Remarques Faisandées et Agacement Productif.