L’angoisse, here we go again !

Me revoici aujourd’hui pour te parler à nouveau d’un mal dont je souffre depuis ma plus tendre enfance…je veux bien sûr parler de ce fameux poids qui t’écrase le plexus solaire au point que tu en choppes du mal à respirer.

Et qui, j’en ai bien l’impression – au vu du nombre assez hallucinant de personnes qui réagissent à chaque fois que j’en cause par ici – touche pas mal de monde.

Parce qu’en vrai, être angoissé.e – c’est méga chiant. Et de mon côté, elle est parfois si intense qu’elle me handicape réellement dans ma vie quotidienne.

L’angoisse – pour moi – c’est une sensation de malaise quasi-permanente qui ne va voir ailleurs si j’y suis que trop rarement. C’est une boule dans la gorge qui ne me quitte pas. C’est une enclume sur le plexus solaire qui m’empêche de m’entendre penser. C’est une douleur mentale qui prend TOUTE LA PLACE si on arrête le combat. Et je dois dire que se battre est épuisant.

Il y a quelques années, j’avais réussi à apaiser le monstre, en lui faisant une place. Je lui avait balancé une côtelette avariée dans un coin de ma tête – il revenait m’en réclamer une autre de temps en temps et nous vivions en relative bonne intelligence.

Et puis, la grossesse est arrivée (avec son lot de déconvenues), l’accouchement, l’apprivoisement de mon fils (toujours en cours !), la dépression post-partum et tutti quanti. Et alors là, mon monstre angoisse s’est dit « CHIC, quel formidable terrain de jeu !!! » – et PAF, en deux temps trois mouvements, c’était redevenu le bordel le plus total !

Voilà donc où j’en suis aujourd’hui, dans mon angoisse. Je lutte. Je me débats. Je sais que je ne devrais pas, mais je n’ai pas la place mentale pour m’auto-persuader de ne pas le faire.

Et comme mon arrivée dans la maternité m’a confrontée de plein fouet avec les réflexions permanentes de gens sur ma manière d’envisager mon rôle de mère, je me suis soudain dit « alors que t’es en train de te noyer la gueule ouverte dans ton angoisse chronique, et si tu listais les 5 remarques qui donnent envie à toute personne angoissée d’allumer sa tronçonneuse ? ».

On y va, qu’est-ce que t’en dis ?

 

« Tout ça, c’est dans la tête ! »

 

No shit. Je m’en serais jamais doutée !

Les angoisses, dans la tête ? C’est fou, ça, j’étais pourtant sûre que c’était mon genou gauche qui déclenchait toutes mes crises d’hyperventilation en appuyant sur un énorme bouton rouge !

Non mais sans déconner.

 

être angoissé

 

Une personne angoissée sait très bien que ses angoisses sont dans sa tête. Et je dois dire que c’est bien là le problème. Parce qu’on n’a pas encore trouvé le moyen de s’empêcher de penser ! Au-delà de ça, et même si j’ai encore moyennement exploré le sujet, je suis quasiment certaine que l’angoisse est en partie due à un déséquilibre hormonal – qui fait qu’on ressent un stress totalement disproportionné !

Et en fait, ça les gars, on contrôle pas. Voilà.

On n’arrête pas d’angoisser en faisant un simple « Félindra, tête de tigre ! » dans son cerveau. Et dire que c’est dans la tête, c’est faire la supposition dégueulasse qu’on aurait potentiellement une prise sur notre angoisse.

Dans mon cas, c’est faux. Et vous faites chier avec vos remarques.

 

« Mais POURQUOI tu angoisses ? »

 

Question posée par une personne anonyme – que j’aime au demeurant de tout mon cœur – il y a à peine quelques semaines (coucou maman 😛 ! Rahhhh anonyme on avait dit 😉 !).

C’est vrai ça, bordel de cul, pourquoi est-ce qu’on angoisse ?

Je n’en sais foutre rien, Jean-Robert.

Je n’ai pas le début d’un commencement d’idée.

Et nous demander sans cesse pourquoi est-ce qu’on angoisse n’arrange rien ! 90% du temps, je n’en sais rien moi-même. J’ai un poids permanent qui m’écrase le plexus et je ne sais pas pourquoi. Je n’ai aucune raison particulière à donner.

Je sais. JE SAIS que c’est quelque chose qui perturbe énormément les personnes en quête de réponses sur le sens profond de la vie – et que le fait de savoir rassure. Mais les gars, je vais vous dire une chose. Ça nous perturbe déjà assez comme ça de ne pas savoir nous-mêmes pourquoi on angoisse à ce point.

Alors siouplait. Gardez-donc vos questionnements métaphysiques pour vous. Ou bien commencez un doctorat en métabolisation du cortisol, ça nous aidera plus que vos interrogations à la mords-moi le nœud !

 

« Il suffit de ne plus y penser »

 

Oh.ben.dis.donc.j’y.avais.même.pas.songé.alors.

Comme déjà décrit plus haut, le principe même de l’angoisse est son caractère totalement incontrôlable.

En fait, je crois que les gens qui disent qu’il suffit de ne pas y penser sont les mêmes enfoirés qui te disent « hannnnnnnnnnnnnn mais vous essayez d’avoir un enfant depuis 3 ans, vous avez traversé 2 fausses couches et un protocole de FIV mais faut juste arrêter d’y penser ça viendra tout seul – moi je suis tombée enceinte sous pilule hihihihi ».

*Fais vrombir le moteur de la tronçonneuse*

 

 

L’angoisse, c’est même pas qu’on y pense ou pas. C’est là, point. On doit littéralement faire avec et essayer de se dépatouiller du truc.

C’est un mal-être qui se ressent physiquement. Dans l’esprit autant que dans le corps.

L’angoisse n’est pas un interrupteur avec lequel tu fais jour/nuit. L’angoisse s’impose, c’est tout.

 

« Mais enfin, détends-toi ! »

 

Lolilol.

Dans la famille « j’enfonce les portes ouvertes » je demande la grand-mère !

Once again, on n’y avait pas pensé, vraiment !

Bon, j’avoue – OUI, parfois, se détendre aide. Mais il n’empêche que se détendre n’est 1) ni facile pour tout le monde 2) pas possible en claquement de doigts 3) pas réalisable selon les mêmes modalités pour tout un chacun.

Et je crois que c’est en grande partie pour ça que mon angoisse a fait un come-back retentissant dans ma vie façon « invoquez le Kraken ! » – je ne peux plus me détendre de façon efficace depuis que mon fils a rejoint l’équipage.

(Se détendre équivalant pour moi à prendre un long bain avec des mots croisés, regarder un film, manger ce que j’aime, bricoler, jardiner, faire du coloriage à numéros…tout ce qu’il est moyennement possible de faire avec un Ronan surexcité dans les pattes qui.aime.beaucoup.sa.maman.vous.savez)

Or, le « faut te détendre » habituel fait finalement très injonction validiste. « Moi j’y arrive facilement donc c’est forcément que toi tu t’y prends mal ». Les gars, toutes les personnes angoissées vous le diront, que le syndrome soit léger à très intense – en crise, c’est difficile de se détendre. Et même quand on le fait effectivement, RIEN NE DIT que l’angoisse va s’en aller.

 

« Ça, c’est parce que tu es trop sensible ! »

 

*Ben oui c’est vrai ça, nous on est des vrais bonhommes, on fend du bois avec notre belle hache étincelante, pas le temps de niaiser avec les sentiments et toutes ces conneries*

Vous devriez essayer les gars, ça s’appelle déconstruire la masculinité toxique !

*Soupir*

 

être angoissé

 

Non, je ne suis pas « trop sensible ». Et quand bien même je serais sensible (ce qui est le cas), où est le problème ? Pourquoi quand on me dit ça, j’ai l’impression d’être un tasse ébréchée perdue tout au fond d’un rayon chez Ikéa – qui mériterait à peine de servir de gamelle d’eau à un chien errant ?

Mon angoisse et ma sensibilité ne diminuent pas ma valeur. Et d’ailleurs, plus le temps passe, plus je commence à croire que les deux n’ont rien à voir.

La sensibilité, c’est bien, la sensibilité is the new cool – ça veut dire qu’on n’a pas un cœur de pierre au fond de la cage thoracique. Et ça je le revendique.

Les personnes angoissées ne sont pas trop sensibles. C’est un pur diagnostic de merde à la Docteur House.

Les personnes angoissées sont…angoissées et laissez-nous VIVRE bordel !

Et voilà pour le cri du cœur du jour <3

Es-tu angoissé.e au quotidien ? Si oui, t’arrive-t-il d’en souffrir ? D’autres remarques de merde que j’aurais omises ? C’est open mike mon canard en sucre, je t’écoute !

Il ne me reste plus qu’à te souhaiter une fantastique journée, sans trop d’angoisse je l’espère – et de te faire un gros hug virtuel !

Tu fais de ton mieux, j’en suis sûre !

Plexus Solaire éreinté et Alprazolam en folie !