Ah que coucou par ici !

Me voici enfin de retour, tel un Terminator levant un poing rageur devant le soleil couchant, pour finir de te conter mon grand « pourquoi la maison de naissance ?», avant d’embrayer, plus tard, et toujours si ça t’intéresse, sur un long et dangereux récit non censuré de mon accouchement à la fois normal et totalement dantesque.

Il y a deux semaines, je t’avais expliqué le principe général de ces structures, la proximité de l’hôpital, l’accouchement physiologique, le suivi global, toussa toussa. Aujourd’hui, je vais un tout petit peu plus m’attarder sur le pourquoi c’était UPRA important pour moi d’accoucher dans ce type de structure, mais aussi pourquoi je crois que chaque « souhait » d’accouchement est totalement valable.

On y va ?

 

L’assurance d’un accouchement respecté

 

C’est aussi simple que ça. Peut-être dira-t-on que je dramatise. Peut-être que toi, qui me lit, tu as eu un accouchement idyllique et respecté à l’hôpital avec une super équipe – et ma foi, c’est tout ce que je te souhaite !

Mais comment te dire que j’ai entendu tellement, TELLEMENT d’horreurs au fil du temps. D’amies traumatisées par la naissance de leurs enfants. De gestes d’un autre temps. D’irrespect total.

Et en réalité, je crois que mon expérience affreuse de l’hôpital lors de ma fausse couche a scellé mon souhait d’accoucher autrement, tout simplement.

Je pense aussi que même si les conditions d’accouchement en France sont loin d’être HORRIBLES, on mérite quand même encore largement mieux. Plus d’écoute de nos projets de naissance, plus de respect de ce que la future mère veut (après tout c’est elle qui expulse un être vivant tout neuf hors de son utérus, hein 😆 ), plus de respect du consentement (la plupart des gestes techniques ou l’utilisation d’instruments sont souvent faits sans en informer la mère, sans lui demander son accord et parfois en outrepassant carrément son consentement. Je sais bien que les équipes soignantes sont souvent en sous-effectif, fatiguées, travaillent dans des conditions dégradées – mais il n’en reste pas moins que pour un acte aussi fort et aussi potentiellement traumatisant, il faudrait faire mieux !).

 

 

Pour moi accoucher en MDN, c’était l’assurance qu’on me respecte et qu’on respecte aussi ce que je voulais pour mon enfant (ne pas être dérangés toutes les 2 secondes, ne pas l’aspirer pour évacuer le méconium et le liquide amniotique de son organisme). Et le moins qu’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue. J’ai eu le moins de médicalisation possible (pas de monitoring durant l’accouchement d’ailleurs, juste une vérification du rythme cardiaque du bébé !). J’ai donné naissance comme dans mes rêves (aussi traumatisant, dur, guerrier que ça ait été) et je sais que j’ai eu de la chance. Une chance folle.

Pour celles et ceux qui le souhaitent, voici la liste des maisons de naissance en France (DOM-TOM inclus) – à l’époque où j’ai accouché, elles étaient encore en expérimentation, mais depuis, elles ont été légalisées et reconnues par la loi, donc on espère en voir fleurir plein d’autres 🙂 :

Tu repars ainsi avec une bonne base si ça t’intéresse ! On embraye sur la suite ?

 

Tous les choix d’accouchements sont légitimes !

 

J’avais envie de terminer cet article en 2 parties en te disant que pour moi, TOUT ACCOUCHEMENT EST LEGITIME.

Que tu préfères accoucher par césarienne parce que l’accouchement par voie basse te terrifie. Que tu veuilles être assommée de péridurale et ne plus rien sentir (ce que j’ai moi-même demandé à corps et cri – et que je n’ai pas eue suite à un retournement de situation totalement ubuesque que je te conterais lors d’un prochain article), que tu veuilles accoucher à ton domicile (c’est LEGAL, possible, mais compliqué, les sages femmes encadrant les AAD étant peu nombreuses et l’assurance professionnelle pour pratiquer coûtant une blinde, la plupart se trouvent obligées de s’en passer, ce que je trouve scandaleux !), que tu aies envie d’être admise en salle naissance dans une maternité classique ou de vivre un accouchement standard, allongée, avec monitoring, c’est OK.

De mon côté, j’ai accouché de mon fils debout (ce qui lui a valu le surnom assez bien trouvé de « bébé gravité » -d’ailleurs, je suis absolument persuadée que si j’avais accouchée allongée, ça se serait fini avec des instruments ou une épisio – tellement c’était impossible pour moi), accrochée à une suspension, en étant aussi entourée que je le souhaitais, avec un Ludo qui, certes, pédalait sacrément dans la semoule, mais qui a été là tout du long.

Mais donner naissance à l’hôpital ou sous péridurale ou comme tu veux d’ailleurs, est tout aussi valable. Je te mets en garde, car c’est un fait : une branche de mamans extrémistes qui sévit sur le web et sur Instragam, souvent accolées au dogme « parentalité bienveillante et respectueuse », ne jure que par la naissance physio – tout autre forme de naissance serait un traumatisme ignoble pour le bébé – en somme, tu n’as même pas encore pondu que tu es déjà une mauvaise mère 👿 Mon seul conseil sera de ne pas écouter ces meufs. Tu es une bonne mère, quel que soit l’accouchement que tu choisisses (ou pas d’ailleurs, dans les cas d’urgence, on ne fait pas toujours ce qu’on veut, malheureusement). J’irais même plus loin en disant que l’accouchement, finalement, ton bébé n’y peut pas grand-chose, il sortira, d’une manière ou d’une autre ! Donc autant que tu te sentes aussi confortable et aussi peu stressée que possible.

 

 

Parce que finalement, choisir comment donner naissance à mon fils m’a permis de diminuer mon appréhension à accoucher (qui peut être grande, surtout pour un premier enfant). Et même si j’ai été terrassée par la peur à des nombreux moments le jour J, si c’était à refaire, je le referais 1000 fois comme ça (pas sûre de re-réussir l’exploit de sortir un bébé sans péri, mais je retenterais, c’est sûr (au conditionnel absolu, un deuxième potentiel bébé n’étant absolument pas à l’ordre du jour pour le moment)).

Oui, je voudrais que ça se passe tout pareil. Même si ça soulait Ludo de faire 2h de route aller-retour chaque mois pour le rdv de suivi prénatal. Même si la ville de Nancy nous gonfle – et que malgré le nombre incalculable de fois où nous y avons été, on était toujours paumés à chaque fois. D’ailleurs, avec le recul, il m’a avoué il y a très peu de temps en garder un bon souvenir, finalement (malgré ses plaintes constantes pendant ma grossesse, quel relou ce type 😛 !).

Tout comme « mon corps, mon choix », j’ai envie d’aller plus loin en disant « mon accouchement, mon choix ». Et ils se respectent tous, quels qu’il soient !

Bonnn, je m’arrête là pour aujourd’hui mon canard des forêts 😉

De ton côté, as-tu eu la chance de pouvoir choisir ta manière de donner naissance ? Si elle t’a été imposée pour une raison X ou Y, quels sont tes mauvais et tes bons souvenirs ? Ferais-tu autrement avec le recul ?

Aller, on se retrouve très vite pour que je te raconte l’expulsion de ma tornade de fils !

Très jolie journée à toi.

Pontes à choix multiple et Respect inconditionnel !