Boooooon parlons peu mais parlons bien les enfants !

J’avais, il y a quelques temps déjà, promis de rédiger un article sur la naissance de mon fils et mon souhait d’accoucher différemment. Ayant reçu de nombreuses demandes enthousiastes, l’idée de le faire un jour commençait à devenir de plus en plus insistante…et je suis ravie de te dire que c’est aujourd’hui que je m’y colle. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a du taf. Entre mon suivi en maison de naissance, mon accouchement physio, mon post-partum, la grande violence avec laquelle j’ai accueilli la maternité dans ma vie, ma dépression post-partum (eh oui, c’est différent du post-partum, la confusion est fréquente !) et tout ce qui s’en suit, il y a des choses à dire. BEAUCOUP de trucs à raconter. De tabous à briser.

J’ai donc décidé d’attaquer la falaise en t’expliquant pourquoi j’ai choisi d’accoucher différemment à la maison de naissance « Un Nid pour Naître », sans péridurale, à 1 heure de route de chez moi (ouaiiii je sais, j’aime les défis 😀 !), plutôt que dans la structure hospitalière à 10 minutes de mon domicile – où des naissances se passent très bien – j’en suis sûre – mais dans laquelle tant de copines avaient vécu des accouchements de l’enfer. Dont le récit me terrorisait.

Avant de te dire pourquoi j’ai choisi ce type d’accouchement plutôt qu’un autre, je réalise que tu ne connais peut-être pas le principe des maisons de naissance, et je vais l’expliquer de manière aussi concise et rapide que possible.

 

C’est quoi une maison de naissance, cheffe ?

 

Une maison de naissance, c’est une structure entièrement gérée par des sages femmes, où tu peux te faire suivre toute ta grossesse, pour tes consultations mensuelles prénatales – et aussi accoucher différemment, en étant comme chez toi, mais avec des commodités extrêmement pratiques et rassurantes. Je pense notamment à un chariot de transfert déjà prêt en cas de souci, une baignoire de dilatation (je sais, ça fait peur 😛 et pour ma part, ça a été la baignoire de l’enfer !), de suspensions un peu partout pour pouvoir gérer les contractions, des tabourets d’accouchement – et cherry on the cake, la très grande proximité avec un « hôpital partenaire » dont la maison de naissance est dans la plupart des cas directement dans l’enceinte (c’était le cas pour moi !).

Donc c’est comme si tu accouchais à la maison et que tu avais un hôpital en face de ta porte. C’est clairement THE truc qui nous a rassurés. Enfin ‘nous’. Qui a surtout apaisé mon mec. Parce que de mon côté, j’étais tellement flippée à l’idée d’accoucher à l’hôpital que j’aurais pu pondre dans la rue, sur le trottoir, OKLM.

En bref, j’étais contente, Ludo était content. Tout le monde était satisfait !

 

accoucher différemment

 

Le bonus des MDN, c’est aussi de se faire suivre de manière globale, par une équipe que l’on rencontre tout au long de la grossesse, qui sera là le jour de la naissance et qui assurera le suivi du post-partum.

De mon côté, j’ai été épaulée par Elodie, une sage femme référente du Nid que j’ai rencontré vers le début de mon troisième trimestre (elle-même enceinte au moment de mon accouchement, le truc un peu dingue !), Claire – une sage femme de support appelée à la rescousse quand « ET PAF le bébé » (entendre « quand j’en ai eu fini avec mon interminable dilatation du col », je t’en dirais plus dans un autre billet 😉 !), Nour, une autre sage-femme de support qui a pris le relai de Claire et qui a été présente lors de notre première nuit avec Ronan (que nous avons passée au Nid) – et Laure, la sage-femme qui m’a suivi toute ma grossesse, qui n’étais pas de garde le jour de la naissance de mon fils, mais qui est quand même venue me faire un coucou pour me rassurer pendant ma phase de désespérance (ndlr : le fameux moment durant le travail où on est persuadée qu’on ne va pas y arriver et qu’on va au choix 1) crever 2) se déchirer en deux ou 3) partir aussi vite que les contractions nous le permettent et annuler l’accouchement fissa).

Donc 4 personnes rien que pour moi, que je connaissais toutes, sauf Nour – et qui se sont toutes révélées être adorables, aux petits soins et d’une immense aide. Rien que de me dire que j’ai eu 4 sages femmes rien que pour moi le jour de mon accouchement, et après avoir entendu bon nombre de récits des copines, je mesure clairement mon immense chance.

Je terminerais par dire et préciser à toute fin utile que maison de naissance = pas de péridurale. Alors oui, je ne vais pas te mentir, c’est chaud. Tu accouches sans aucune analgésie. MAIS, tu es dans un confort outrancier comparé à la maternité (chambre cosy – on se croirait vraiment dans une maison), petite cuisine, possibilité de manger et boire, sages femmes qui respectent à la lettre ton projet de naissance, accès à moult techniques qui permettent d’avoir un accouchement physiologique qui se passe bien. Bref, le top !

Le principe final de la maison de naissance (où tu peux accoucher UNIQUEMENT si tu as une grossesse à bas risque, je précise – donc impossible si soucis pendant la grossesse, si jumeaux, si premier bébé né par césarienne, etc.), c’est que tu rentres chez toi au bout de 2 à 12 heures si l’accouchement s’est bien passé – et que ton bébé et toi êtes en bonne forme.

Nous n’avons personnellement pas pu rentrer chez nous tout de suite après l’accouchement – primo, parce qu’on habitait à plus de 30 minutes de route de la MDN (condition pour rentrer chez soi – nous avons donc loué un Airbnb proche de la maternité – dont j’avais fait les repérages plusieurs mois auparavant, m’assurant par la même occasion de bricoles, en particulier qu’on n’aurait pas à se taper le ménage du logement avec un bébé de 2 jours dont on n’avait de toute évidence pas la notice), deuzio, parce que j’ai accouché à 19h54 et que je me voyais mal filer dans un Airbnb certes chaleureux mais tout à fait non familier avec un bébé d’1 heure. Mais on reconnait aujourd’hui avec Ludo que si on avait pu rentrer à la maison dès le lendemain, ça aurait été le pied. On aurait été dans notre élément, on se serait sentis sécurisés.

 

Pourquoi, oui, pourquoi diable as-tu tenu à commettre la folie d’accoucher sans péridurale à une heure de chez toi ?

 

Parce que j’aime faire chier le monde. Voilà, c’est dit.

Rien que de voir mon beau-père remuer sur sa chaise en m’assurant que « si ça se trouve, tu vas pas pouvoir, c’est trop loin, il fera froid, il y aura peut-être de la neige » et ma belle-mère me dire « ça fait vraiment mal, tu sais ! », ça en valait la peine ^^

Nannn c’est salaud de les afficher comme ça Manon !! Je les aime mes beaux-parents en plus !

C’était aussi l’interrogation principale qui turlupinait complètement une copine, éberluée par mon choix « mais…tu vas te taper une heure bagnole avec des contractions ? Tu es sûre ? ». Euh…ben oui 😛 On est motivée quand on veut accoucher différemment !

 

accoucher différemment

 

La vérité vraie, c’est que j’avais envie qu’on me lâche la grappe – et que même bien avant de tomber enceinte, j’ai toujours considéré la maison de naissance comme l’option numéro 1. Quand je voyais mes amies se taper une culpabilisation à mort pour un mini copeau de fromage au lait cru et se faire échographier au moindre pet de travers…ça m’avait déjà nettement refroidie. Et alors les violences obstétricales potentielles…que dire…j’en étais terrifiée d’avance ! Rien que d’entendre les mots « épisiotomie » « spatules » « ventouses » ou « expression abdominale » me déclenchait des suées. M’étant déjà informée sur la présence d’une Maison de Naissance à Nancy, j’étais convaincue d’avance, malgré la route. C’était soit accoucher différemment là-bas, soit mettre bas sur le plancher de mon salon – point barre (bon, j’avais quand même fait un dossier dans l’hôpital le plus proche de chez moi en cas d’urgence hein !).

Là, j’ai pu accoucher exactement comme je voulais. On a respecté chacun de mes souhaits, et surtout on m’a parlé comme à une personne pendant tout mon suivi prénatal, mon accouchement et les 2-3 jours de post partum où j’ai été suivie par Laure dans notre Airbnb (normalement, on a l’obligation de rester 6 jours sur place – mais comme on avait fait de l’haptonomie sur Metz – on s’était arrangé pour rester 3 jours à Nancy et rentrer chez nous pour que ma sage femme de Metz prenne le relai).

Mon objectif était de donner naissance à mon premier enfant à ma manière, sans qu’on me juge – et le moins que l’on puisse dire, c’est que le contrat a été rempli !

Je vais m’arrêter ici dans mon récit fleuve, que je continuerai sans nul doute dans deux petites semaines ! Je t’expliquerai alors pourquoi les femmes méritent clairement mieux pour leurs accouchements – et quelles autres options s’offrent à toi pour accoucher selon tes souhaits.

Et toi mon lapin en sucre, si d’aventure tu as déjà accouché, comment ça s’est passé ? Des regrets ? Des joies ? Aurais-tu souhaité accoucher différemment ? Dis-nous tout en commentaire !

Je te souhaite une fabuleuse journée !

Pondaison respectueuse et Ventouses maléfiques.