Je laisse l’écologie derrière moi. Et BAM ! Le bon vieux titre qui choque, comme ça, à froid ! UPERCUT !

« Seigneur Jean-Claude, Manon Woodstock a craqué son slibard, je le sens ! Elle va nous annoncer qu’elle s’est acheté un Hummer avec les droits du blog, qu’elle mange une entrecôte au petit-déjeuner et qu’elle va voter Macron aux prochaines présidentielles »

Ah. Ah. Ah. Non. Ne vous inquiétez pas. Il est vrai que je fais dans les annonces tonitruantes aujourd’hui, mais c’est pour la bonne cause – tant je me sentais désalignée et plus du tout à ma place depuis…eh ben depuis des plombes en réalité !

Oui, c’est un fait, une réalité, un truc qui me restait en travers de la gorge depuis X temps et que je crache désormais sur la place publique avec bonheur : le coaching en écologie du quotidien, c’est bel et bien fini pour moi – et à vrai dire, je crois que ça n’a jamais réellement commencé.

J’ai aimé, que dis-je, j’ai adoré vous en parler ces 3 dernières années. J’ai kiffé nos échanges, j’ai apprécié d’aider, j’ai été pleine de gratitude de vous retrouver chaque semaine par ici…mais là, j’arrive au bout.  Au bout du bout du truc.  Et il est donc grand temps que je laisse l’écologie derrière moi. Je vous essplik ce qui s’est passé dans ma joyeuse caboche ?

 

Comme un truc qui grattait

 

Si cet article est peut-être assez inattendu pour vous, sachez qu’il ne l’est finalement pas tant que ça pour moi.

Que les choses soient très claires. Je continue à appliquer autant que faire se peut l’écologie au quotidien. Je réduis mes déchets, je mange moins de viande, j’ai repensé ma manière de me déplacer, le fait d’avoir un mode de vie le plus éthique possible occupe toujours une large place dans mes pensées. Mais. Fucking Mais.

Je n’ai juste plus envie de parler de tout ça. Plus le mojo pour partager à ce sujet. En tout cas, pas tout le temps. J’en parlerai quand j’aurai envie d’en parler. Basta. Je sens que le moment est venu de laisser ma place à d’autres, d’aller plus en profondeur vers ce que je veux VRAIMENT !

 

Laisse l'écologie derrière moi

 

Or, depuis une bonne année, partager sur l’écologie me gratte. Oui, comme l’oiseau sur la photo. Un peu comme un foutu bouton pile au milieu du dos que tu n’arrives pas à atteindre. Certains jours, je n’ai clairement pas envie d’écrire sur ça. J’ai envie de vous causer parentalité, résilience féminine, psychologie, spiritualité, énergie, empouvoirement, féminisme, politique…mais non tu.es.coach.en.écologie.donc.tu.dois.parler.d’écologie ! Ben non, fuck. Donc aujourd’hui, je me donne l’autorisation de vous parler de ce dont j’ai envie, de KIFFER. Et rien que cette décision fait cesser toute démangeaison…pour la simple et bonne raison que c’est la bonne !

 

Je ne trouve pas ma place dans ce milieu

 

Pour évoluer dans les sphères écolo depuis pratiquement 3 ans, je dois avouer qu’en fait, je n’en peux juste plus. Du Zéro-déchet, du 100% DIY, des nénettes au foyer parfaites qui sont éthiques jusqu’au bout des ongles, de l’enfermement de la femme dans l’écologie pendant que les mecs s’en tamponnent les rouleaux, des jugements à l’emporte-pièce, des bagarres entre clans qui croient tous détenir la vérité sans jamais se remettre en question, de la charge morale qu’on nie ou qu’on refuse de reconnaître

La vérité crue c’est que je ne trouve pas ma place dans ce monde de l’écologie et que j’ai compris, ENFIN, que je n’ai pas vocation à la créer. Je suis écolo imparfaite, bourrée de contradictions, et ça, ça sera toujours incompatible avec le relent fétide de perfection qui règne en maître dans cette sphère.

 

 

Depuis la naissance de mon fils, je me suis pris en pleine poire une bonne grosse réduction de mon espace mental. Tout d’un coup, l’écologie n’était plus du tout la priorité. Ça n’était plus la chose la plus importante. Ce qui est devenu primordial, tout à coup, c’est juste de survivre dans notre toute nouvelle parentalité et surnager en essayant de faire au mieux avec un bébé compliqué à gérer au quotidien. L’arrivée de mon fiston m’a alors fait prendre conscience d’une chose essentielle : non, nous n’avons pas toutes et tous le même espace mental à consacrer à l’écologie. J’ai alors pensé à toutes ces personnes moins privilégiées que moi, à ces femmes seules qui ont plusieurs boulots pour permettre à leurs enfants d’avoir un quotidien décent et qu’on fait chier parce qu’elles achètent des tomates en décembre, à toutes ces familles qui galèrent avec le fric et qu’on pointe du doigt parce qu’elles se sont ruées sur du Nutella en promotion, aux personnes racisées qui se heurtent au racisme décomplexé au quotidien et à qui on reproche parfois de ne pas s’impliquer dans la lutte écolo…Et je ne me dit que le milieu est quand même bien pourri jusqu’à la moëlle !

Des comptes Instagram essentiels comme celui de @asmaeha_ et @lanebuleuseblog, entre autres, m’ont fait prendre conscience que la sphère écolo ZD et DIY actuelle est raciste (sous-représentation des personnes racisées par les marques et les influenceur.se.s), classiste (complètement noyautée par des personnes des classes sociales supérieures – qui sont souvent jugeantes et condescendantes avec les personnes appartenant aux autres classes sociales) et validiste (ce mouvement n’inclue pas du tout ou très peu les personnes non valides). Bref, un milieu écolo qui n’a aucunement conscience de ses propres privilèges, qui dépolitise tout – et qui est à mon sens responsable d’un enfermement de plus en plus grand de la femme dans le quotidien – sans jamais rien remettre en question. La militante féministe et humaniste que je suis ne plus accepter ça. J’essaie de me déconstruire, autant que faire se peut…

 

Je ne suis pas faite pour les cases

 

Au-delà de ces déflagrations intellectuelles qui me traversent depuis un certain temps, je me rends désormais compte à quel point j’ai encore une fois essayé de m’enfermer dans une case.

 

 

La case de la meuf qui ne parle que d’écologie. Du quotidien si possible (SURTOUT PAS d’écologie politique, ça fait pas de vues ma bonne dame 🙄 ). Je me suis énormément restreinte dans ce que j’avais envie de partager par ici, dans les sujets que j’avais envie d’aborder. Et ça a fini par me désoler et par me convaincre de sauter le pas dans l’inconnu. L’inconnu certes, mais un inconnu réconfortant et jouissif.

Donc j’avance. Je vais me reconnecter tout doucement à la joie, au flow. A mon envie d’aider les femmes. De les empouvoirer. D’impulser des mouvements de sororité. D’apporter mon expertise en résilience féminine, parce que la vie a décidé que je devais incarner cette notion au plus profond de mon être.

Je n’abandonne pas l’écologie. Je suis même en train de transformer ce qui devait être mon accompagnement en livre. Que je mourrais justement d’envie d’écrire depuis que je suis gamine. Ça va bientôt être chose faite. Et il semble que ça vous enthousiasme, ce qui me remplit d’une joie folle !!

Je vais beaucoup collaborer aussi, m’entourer. Aider, Ecrire. Décider que désormais je suis experte en empouvoirement féminin, en résilience et en écologie des relations. Je me rapproche de moi. Si vous saviez comme ça me soulage <3

Je m’arrête ici, j’espère que cet article très décousu fera sens. Je suis en transition. Je suis dans un passage vers plus d’alignement. J’ai peur et je suis excitée.

J’ai hâte de lire tous vos petits mots.

Je vous embrasse.

Sororité explosive et Pouvoir féminin.