Helloooo la compagnie !

Comment allez-vous en cette belle journée qui commence ? De mon côté, tout baigne – si ce n’est une fatigue relativement constante et un moral un peu…choumouloumoulou…

Cette période post-Covid n’est décidément simple pour personne et j’avoue avoir un mal fou à me « remettre dedans » ! Alors que nous avons été en repos forcé et plongés malgré nous dans des situations souvent compliquées, il faudrait « reprendre la vie comme avant » et faire comme si de rien n’était en sifflotant dans la prairie tel Charles Ingalls revenant de sa randonnée matinale avec une brassée de jonquilles 🙄

Alors qu’on croyait en avoir terminé avec les injonctions qui nous sont tombées dessus telle une golden shower interminable pendant tout le confinement (et il faut lire des livres et il faut faire des activités avec les enfants et il faut faire du yoga et il faut regarder des films et il faut méditer et il faut faire toutes les recettes que Cyril Lignac montre à la télé et il faut jardine *SBAFFFF* Ta gueule 😀 !), vlà t’y pas quelles continuent à nous fouetter la figure comme une véritable mousson depuis le début du déconfinement ! Il ne se passe pas une journée sans que je ne voie passer sur Facebook ou autre réseau, des jolis petits visuels chiadés qui listent tout ce que l’on DOIT faire maintenant que cette période trèèèès étrange que nous traversons est déjà pratiquement reléguée au rang de souvenir. « Il faut se déplacer en vélo » « il faut faire ses produits ménagers soi-même » « il faut aller au marché » « il faut acheter en vrac » « il faut manger local »…IL FAUT IL FAUT IL FAUT *BOOOOM explosion nucléaire du cerveau*

Alors oui, je sais ce que tu te dis…oui, toi ! Là, derrière ton écran ! Ça y est, Manon Woodstock vire climatosceptique, d’ici deux lignes, elle va nous conseiller de courir acheter une Laguna pour relancer l’économie du pays et elle va nous dire qu’Emmanuel Macron n’est finalement pas si mal…Nope et re nope ! En fait, mes pensées de ces derniers temps et un réalignement bienvenu autour du féminisme (que j’avais, je l’avoue, un peu oublié dans ma quête d’écolo au poil luisant) me donnent envie de vous dire qu’il ne faut pas oublier ce que l’on veut – mais j’entends ce que l’on veut vraiment pour le monde de demain. Aujourd’hui, la femme que je suis dit un grand STOP aux injonctions et vous explique en moult points pourquoi virer écolo de l’extrême n’a aucun sens si on oublie l’utopie de société vers laquelle on voudrait tendre.

 

Stop à la charge morale qui repose sur les femmes !

 

C’est une chose à laquelle j’avais déjà réfléchi avant de devenir maman – et qui me grattouillait déjà méchamment le slip : mon conjoint, fort charmant au demeurant, ne s’implique pas comme il le devrait dans l’écologisation de notre quotidien. Alors que je cours dans tous les sens pour essayer de privilégier l’occasion, le DIY, pour réduire nos déchets et pour qu’on arrête de prendre l’avion (ou en tout cas moins loin), lui file chez Ikéa à la moindre occasion, ne parle que de s’acheter un nouvel écran plat alors que le notre fonctionne parfaitement, claque du fric pour tout un tas de trucs absolument inutiles, me parle de notre prochain voyage aux USA et se nourrit de petits déjeuners industriels. Bon, il fait des efforts par ailleurs – mais globalement, l’implication dans l’écologie du quotidien, c’est proche de 0. Monsieur ne sent tout simplement pas concerné (comme beauuuuuucoup de ses congénères, visiblement…).

 

 

C’est enceinte que j’ai décidé de me calmer un peu et que non, ça n’était pas un drame de « lâcher » un peu de temps en temps, c’est-à-dire de me vautrer devant Netflix en mangeant des sushis en barquette. J’ai arrêté avec cette part d’absurde de la légende du Colibri qui voudrait qu’on puisse toutes et tous sauver la planète avec nos petits gestes : j’en ai terminé avec ce complexe de la sauveuse : non, ce n’est pas moi toute seule qui vais sauver la planète – donc je peux craquer de temps à autres (Ludo ayant visiblement beaucoup moins de mal que moi à se l’autoriser !). C’est en grande partie pour cela que je n’ai pas souhaité équiper ma royale descendance de couches lavables, parce que je sais que c’est moi qui vais devoir me taper l’étude de marché de plusieurs heures pour savoir lesquelles acheter, mon mec s’en tapant comme de l’an 40. J’ai donc décidé que j’arrêtais de porter la charge morale de notre famille sur mon dos tel un âne essoufflé : parce que ma société utopiste, c’est une société où les hommes s’impliquent autant que les femmes dans la transformation du quotidien.

Si vous voulez, Coline du blog Et pourquoi pas, explique très bien ce ras-le-bol que je peux ressentir dans cette vidéo.

 

Pour une écologie du quotidien plus égalitaire !

 

Alors que j’ai évoqué la charge morale qui est encore en phase de théorisation (en gros, ce sont les femmes qui doivent supporter le poids de sauver la planète), on lui ajoute sa copine – avec laquelle nous sommes déjà bien plus familiers : l’affreuse charge mentale. Donc en plus d’avoir à penser à comment devenir irréprochables au quotidien, on doit aussi gérer toute la logistique. Kicéki fait 95% des recettes DIY ? Les femmes ! Kicéki fait 3 listes de courses différentes (à acheter en vrac, à acheter dans la boutique de produits locaux et à acheter en boutique bio) ? En grande majorité, les femmes ! Kicéki se tape la lessive au savon de Marseille ? Kicéki s’occupe de l’entretien de tout le « lavable » dans la maison ? Kicéki doit penser à racheter du savon saponifié à froid ? LES FEMMES LES FEMMES LES FEMMES 😀

Bon, je sais, on va me dire que je caricature, que je suis une grosse misandre qui déteste les hommes et qui ne fait que cracher son venin de féministe (et je suis sûre que je vais bien avoir quelques male tears en dessous de cet article…en mode « mais je vais racheter du bicarbonate MOI » bouhouhou ma chatte, comme c’est triste !)…mais pas du tout !

 

 

En observant TOUTES mes amies qui ont une sensibilité écolo, y compris moi-même, dans 100% des cas, ce sont elles qui se tapent la grande majorité du boulot quotidien, quand leurs mecs (y compris le mien) jouent tout au plus les observateurs amusés.

Alors autant, j’en avais déjà conscience avant que notre fils ne débarque joyeusement dans notre vie, autant depuis, ça m’a littéralement pété à la gueule !! En fait, c’est moi qui gère 98% de la logistique pour maintenir notre quotidien écolo. Et des fois, j’ai juste envie de craquer en fait ! Quand je vois que les lingettes lavables qu’on utilise sont toutes tâchées de caca parce que Monsieur a malencontreusement oublié de les détacher, quand je réalise que c’est moi qui ait fait 100% des petits pots maison depuis la naissance, que c’est moi qui me décarcasse pour tout trouver d’occasion pour notre fils…j’ai envie de WHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA 👿 !!!

Et le pire, c’est que mon mec – tout de même déjà un peu déconstruit, qui est impliqué dans la gestion du foyer toussa toussa – arrive encore à me sortir qu’il en fait autant que moi (et je suis sûre qu’il en est convaincu !) !! Je me dis que cette société est malade jusqu’au trognon…

 

Lutter pour société égalitaire

 

(Cet article, c’est le bordel, mais c’est pas grave 😛 !)

Tout ça pour dire que je pense qu’il est urgent de se recentrer. Quand je vois toutes ces femmes (y compris moi) en train de se noyer dans le tout fait-maison, ou en train de sacrifier tout leur temps libre pour avoir un quotidien plus green, j’ai conscience qu’il devient URGENT d’éduquer la génération de demain. C’est pour cela que je m’autorise bien plus de craquages depuis quelques temps et que je bannis les injonctions de ma vie. Je refuse de donner une image de mère sacrificielle à mon petit garçon, parce que…c’est exactement ce contre quoi je lutte ! Je suis aussi déterminée à aider les femmes, au travers des accompagnements que je propose, à simplifier leur vie au maximum, pour se dégager du temps et faire quelque chose que nous devons très vite réinvestir : militer ! Militer pour une société qui arrête de nous prendre pour des larbines, militer pour une société où on arrête de porter le poids du monde, militer pour une société EGALITAIRE.

Parce que tant que ces messieurs ne s’impliqueront pas plus, on continuera à être noyées, tout en se complaisant dans un syndrome de la sauveuse qu’on nous a enfoncé dans le crâne dès le berceau et qui nous fait dire « oui mais ça ne me dérange pas, j’aime faire ça – et puis c’est pour le mieux » en faisant une fournée de yaourts pendant que notre mec se détend en jouant à la console.

Boooon, c’était l’article désordonné et coup de gueule du jour 😀 Qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce qu’il vous inspire ? Femmes qui me lisent, vous est-il déjà arrivé de vous perdre dans l’écologie du quotidien et de perdre de vue la société pour laquelle vous militez à la base ?

J’ai hâte de lire vos réactions 😉

Je vous embrasse fort.

Ecologie féministe et Yaourts à la noix !