Hola la compagnie !

J’espère que vous allez bien et que la semaine commence sur les chapeaux de roues pour vous.

Aujourd’hui, j’aimerais aborder en votre charmante compagnie un sujet qui me tient particulièrement à cœur : celui de la sur culpabilisation écolo individuelle.

J’en avais déjà parlé à des maintes reprises sur le blog tant c’est un travers de la sphère écolo qui me hérisse le poil ! Quand on écoute les grand.e.s prêtres.ses écolo du moment – je pense notamment, pour ne citer qu’eux, à Béa Johnson ou à quelques autres chantres de la doctrine Zéro-déchet – on a l’impression que tout est de notre faute. Que la responsabilité individuelle fait absolument TOUT. Que si tu manges un Pépito suremballé qui traînait dans ton placard, tu es le dernier des connards. Meurs, étouffe-toi avec ton emballage plastique pourriture communiste 😀 !

Au-delà de ça, ce qui ressort surtout, c’est cette sensation que nous ne faisons JAMAIS ASSEZ, que tout est un problème – et que si on pouvait s’enfouir sous la surface de la Terre en silence, on serait quand même vachement plus tranquilles. Quand je vois Béa Johnson poster de manière grandiloquente sur Instagram – en disant qu’elle en ras le bol de se faire taguer sur des recettes de produits cosmétiques DIY qui utilisent des emballages – ça me soule puissance 20000. Quand je vois Cyril Dion dire que tous les petits Colibris doivent faire leur part pour éteindre l’incendie, tout en manquant cruellement de perspective politique, ça me pompe l’air (bon, il semblerait que le monsieur soit en pleine remise en question à propos des impacts individuels qui ne font pas tout, mais quand même, il fut une époque où il était un peu trop à fond les ballons…). Parce qu’en fait, on en arrive à tellement de contradictions et d’incohérences de tous les côtés que ce n’est simplement plus tenable sur le long terme ! Voilà comment des milliers de personnes craquent et préfèrent arrêter tout effort écolo plutôt que de se bouger, d’y passer du temps et de s’en prendre plein la gueule pour le même prix.

Donc, en cette très jolie matinée, j’ai décidé de vous fournir 3 conseils pour tenir bon face à la culpabilisation écolo ambiante qui fait rage dans la sphère green. Je vous les présente ?

Vous n’allez pas sauver le monde

Eh oui, je sais, vous êtes déçu.e.s…mais c’est comme ça !

C’est une réalité qui se voit comme le nez au milieu de la figure, mais que beaucoup ont l’air d’occulter comme si de rien n’était : les personnes individuelles sont loin d’être celles qui ont le plus d’impact sur l’environnement. J’entends par là qu’une IMMENSITE de choses ne dépendent simplement pas de nous. Tant que les états ne prendront pas de mesures écologiques audacieuses, tant que les entreprises n’arrêteront pas l’orgie de consommation et tant que les industriels ne seront pas sanctionnés pour tous les crimes environnementaux divers et variés qu’ils commettent…tu auras beau avoir 1 bocal de déchets par an et aller tous les jours au travail à vélo que ça ne changera pas grand-chose. Attention, n’interprètes pas mal ce que je dis : c’est FORMIDABLE que tu fasses tous ces efforts – et je suis sûre que d’une certaine manière, ça te rend bien plus heureux.se ! MAIS ce que je veux souligner, c’est que ce n’est pas toi tout.e seul.e sur ta petite bicyclette qui va changer l’avenir de la planète.

Et je dois dire que j’en ai relativement marre de cette mode mégalomane aux entournures, qui voudrait que tu vas sauver le monde, oui – toi tout seul, recroquevillé sur ton petit canapé Ikéa. On nous rebat littéralement les oreilles avec ça – et je dois dire que je commence à en avoir un tantinet ras-le-pompon…et consomm’acteur par ici, et petit colibri par-là ! Si les gros ne font rien, tu auras beau te démener comme un diable qu’on continuera à aller droit dans le mur.

Donc NO STRESS mon coco 😀 Si tu fais tout ce que tu peux en gardant quelques contradictions, c’est déjà merveilleux !

Acceptons notre impact

Ça, c’est un des trucs dont j’ai l’impression que ça gratte méchamment le slip à certaines personnes ZD. Ce courant, qui est à la base extrêmement vertueux – puisqu’il nous incite à réduire nos déchets au minimum, a parfois cette tendance à vouloir faire croire que Zéro-déchet = zéro-impact.

On le retrouve beaucoup avec la fameuse maxime « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas » – qui, je trouve, offre une version relativement tronquée des choses. Parce que cette farine qui s’est retrouvée dans ce conteneur vrac, qui te dit qu’elle n’a pas nécessité 1000 déchets au cours de sa production…? Et quoi qu’il en soit, et si le magasin dans lequel tu te fournis ouvrait simplement des sachets de farine pour les déverser dans un distributeur pour donner ce que j’appelle une « illusion de vrac » ? C’est un des principaux travers du mouvement : ne voir le déchet qu’à travers le prisme du consommateur final.

Enfin les gars, merde, on est 7,5 milliards d’habitant.e.s – bien sûr qu’on a un impact !!! Et je crois qu’il faut d’urgence arrêter avec des discours un peu tronqués qui voudraient nous faire croire qu’on aurait la possibilité de réduire notre impact à zéro si on fait les choses jusqu’au bout. On pourra le réduire, oui – et c’est super – mais certainement pas à zéro !

Acceptons simplement que nous avons toutes et tous un impact et que c’est comme ça ! A partir de là, toute initiative individuelle visant à réduire cet impact sera extrêmement positive, même si imparfaite. Fuck la culpabilisation écolo !

Faire des petits pas, c’est mieux que de ne rien faire !

Alors oui, je sais, c’est partie pour la valse anxiogène des « on n’a plus le temps » et des « les petits pas, ça ne suffit pas »…oui mais donc quoi ? On fait tout à fond ou on arrête tout ? On voit tout en noir ou tout en blanc sans accepter le gris ? Oh mon dieu, mais quelle tristesse 🙄 !

Je suis sur le fond absolument d’accord sur le fait que les petits pas ne suffisent pas en soi. C’est probablement exact. Mais jamais je ne pourrais accepter d’entendre que ces petites avancées sont inutiles. Ça sera déjà toujours mieux de progresser ne serait-ce qu’un tout petit peu que de repartir se vautrer dans une consommation totalement mortifère.

Qu’on se le dise clairement : à l’heure actuelle, je suis intimement persuadée que la planète a besoin de milliards d’écolos imparfaits, qui auront beaucoup plus d’impact que des milliers d’écolos irréprochables.

Donc la coutume serait de dire « à quoi bon », « ce que tu fais ne sers à rien à l’échelle mondiale »…Oui, mais si on arrêtait de tout voir à l’échelle monde 2 minutes, surtout pour ce qui est de l’impact individuel ? Et si tout ce que l’on faisait nous était déjà bénéfique à nous et à notre cercle proche…n’y aurions-nous pas déjà gagné quelque chose de très précieux ?

Pour conclure sur le sujet, je dirais qu’il faut lire et interpréter avec des pincettes extrêmes toute tentative de culpabilisation écolo – qu’il faut avant tout se détendre de l’élastique pour pratiquer une écologie joyeuse ET que commencer à relativiser un peu ne nous ferais décidément pas de mal.

Et vous, que pensez-vous de ces torrents de culpabilisation écolo qui pleuvent sur cette sphère ? Des idées pour ne finir sous Prozac avant 2025 ? J’ai comme toujours hâte de vous lire les ami.e.s 🙂

Très belle journée à vous tous.tes !

Culpabilisation saucissonnée et Petit colibri rassuré.