Salut la compagnie !

Comment c’est t’y qu’ça va bien par chez vous aujourd’hui ?

Je vous souhaite que ça roule autant que pour moi, et que votre semaine commence aussi doucement que possible 🙂

Figurez-vous qu’en cette merveilleuse matinée, j’avais très envie de vous parler d’une initiative du gouvernement que je trouvais chouette à la base…et comme – BON SANG DE BOIS, vous connaissez mon désamour pour Emmanuel – ce n’est décidément pas tous les jours, j’ai quand même jugé bon d’en faire un petit billet de derrière les fagots.

A l’époque, quand ce vieux mamailleur était en campagne (et que je me bouchais déjà le nez tel un gamin devant une assiette de choux de Bruxelles cuits à l’eau rien qu’à l’idée qu’il devienne notre cher président), il nous avait sorti une bonne petite promesse de mesure écolo de son chapeau de magicien de la finance : celle de rétablir la consigne. Et là, même si ça m’avait littéralement troué le cul de le faire, je m’étais dit « ouai, il faut le dire, l’idée est quand même bonne » – non sans m’être lavé la bouche au savon de Marseille pour faire passer le goût de ce compliment inhabituel 😆

Après son élection, j’ai attendu, attendu, attendu et encore attendu, comme des millions d’autres français.e.s avec moi – et force est de constater que cette idée m’a tout l’air d’avoir été enterrée en même temps que ce pauvre Nicolas Hulot.

J’avais donc envie de vous expliquer aujourd’hui pourquoi il serait grand temps que nos politiques se sortent les doigts – mais aussi pour quelles raisons je crois qu’il est important de réimplémenter rapidement cette pratique plus qu’imparfaite.

Allons-y gaiement !

Comme d’habitude, il ne se passe…rien !

Premier point que je voulais aborder rapidement avec vous, c’est cette sensation dégueulasse qui m’étreint le cœur – et qui voudrait qu’une fois que plus, nous nous sommes fait enfiler bien comme il faut !

A un moment de la campagne et au début de la présidence, on entendait parler absolument tout le temps de ce fameux retour de la consigne…alors que maintenant, ça a l’air d’être redevenu plus ou moins lettre morte, en mode bonne vieille promesse de campagne qui attire 2-3 voix écolo – et hop, une fois le parvis de l’Elysée passé, tu me glisseras bien cette petite poussière sous le tapis Jean-Michel !

C’est d’un relou de voir que la SEULE mesure un tantinet sympa pour l’environnement que comptait prendre le gouvernement est sans cesse remise aux calendes grecques…J’avoue que ça a un côté extrêmement désespérant de constater que même pour des petites mesures pas extraordinaires comme celle-là, tout PREND des plombes et que pour un pas dans la bonne direction, on a le sentiment de devoir passer par 10 pas en arrière…

Et je dois vous avouer que mon sentiment de désespoir n’a pas été brossé dans le sens du poil quand j’ai réalisé que le retour de la consigne comportait aussi ses contradictions

Une pratique imparfaite…

Après quelques recherches de mon cru, je suis tombée sur un très bon article publié sur le blog d’Edeni (je vous laisse aller chercher tou.te.s seul.e.s, leur système de blog étant un peu merdique, je n’arrive pas à vous copier le lien !) qui explique bien que la consigne a, elle aussi, son côté obscur de la force.

En tant que Français.e.s, on est tout le temps en train de nous citer l’Allemagne comme exemple pour tout (Regardez-moi ces contrats précaires ce taux de chômage formidable ! Cette écologie si bien intégrée ! Et en plus, leur économie est fleurissante ! Wunderbar 😛 ) – mais il semblerait bien que le système de consigne, pourtant largement implémenté chez eux depuis des années, ait depuis montré de grosses limites.

Le post d’Edeni cite en effet un article paru sur l’excellent média Reporterre, qui analyse le phénomène – et qui est au regret de nous annoncer que la consigne a entraîné une hausse absolument faramineuse de la production des bouteilles à usage unique en Allemagne (de 40% en 2003 à 71% en 2018). En réalité, ce qu’il est bon de savoir, c’est que le système allemand n’impose ni que les contenants consignés soient réutilisables, et encore moins : qu’ils soient réutilisés. On se retrouve donc avec une véritable aberration sur les bras : seuls 25% des contenants de retour de la consigne sont effectivement réutilisés.

Depuis le 1er janvier 2019, nos voisins germaniques ont décidé de réagir face à l’hémorragie et ont voté une loi qui vise à imposer 70% de contenants réutilisables dans le système actuel de consigne.

Ce n’est qu’une petite partie du problème, mais on voit déjà que si elle n’est pas particulièrement encadrée, cette pratique peut vite se vautrer dans le greenwashing le plus total.

Cependant, je continue à penser que c’est une bonne idée de la restaurer !

…Mais, un pas dans la bonne direction

Je crois avant toute chose que le retour de la consigne représenterait ne serait-ce qu’UN pas dans la bonne direction. Non, ça ne sera pas parfait. Non, ce n’est pas LA solution à tous nos problèmes. Bien sûr qu’il y aura des dérives, des inconvénients, des illogismes, des industriels et des acteurs de la grande distribution qui ne joueront pas le jeu – mais je suis persuadée qu’on continuerait à se battre pour que les choses changent ET qu’on pourrait se servir de l’exemple de l’Allemagne pour imposer de suite, par exemple, un quota obligatoire de bouteilles réutilisables dans le processus.

A l’heure actuelle, vous ne le savez peut-être pas et je suis toujours aussi effarée à chaque fois que je l’écris, mais…3% des contenants en plastique que nous mettons gentiment dans notre joli bac jaune sont effectivement recyclés et réintroduits dans le processus de production !! Donc si le retour de la consigne nous permettait de passer ce taux à 70%, ça serait déjà une maxi victoire. Une augmentation de 67% de la réutilisation, c’est quand même un coup à déboucher le Perrier-Jouët, ça, non 😀 ?

Donc voilà, même si la consigne semble très imparfaite, allons-y ! Commençons enfin à aller de l’avant et à changer le système actuel ! Parce que si on tergiverse pendant 25 ans à vouloir trouver la solution idéale, on est pas sorti.e.s de l’auberge…Et de toute façon, quoi qu’il en soit, existe-t-elle, cette solution idéale ? Je crois que l’imperfection inhérente à l’humanité nous prouve chaque jour le contraire 😉

J’avoue qu’il y a certains moments où je me dis, seigneur, une pratique aussi inégale et nos politiques freinent déjà les 4 fers…Le désespoir n’est pas loin ^^ Mais c’est sans compter sur l’indécrottable optimiste qui sommeille en moi et qui veut croire que nous sommes toutes et tous capables d’enclencher la dynamique du changement – mais surtout que nous sommes bel et bien en capacité de nous améliorer chaque jour.

Et vous les enfants, que pensez-vous du principe du retour de la consigne ? Saviez-vous que cette pratique comportait des travers ? Voyez-vous une autre solution pour que l’orgie de déchets se calme ?

Je vous souhaite une agréable semaine 🙂

Courage politique und schöne Flasche !