Salut la compagnie 🙂 J’espère que tout le monde va bien !

Et si je vous parlais un peu de l’excellent article écrit par Nora Bouazzouni que j’ai lu sur Slate il y a quelques semaines ?

Si vous ne l’avez pas encore vu passer, je vous encourage à aller le parcourir sans plus attendre, tant il a résonné avec ce que je peux ressentir au quotidien – et je suis absolument persuadée qu’il devrait parler à bon nombre de femmes dans l’assemblée !

Ce qui m’a d’emblée frappée, c’est que je me suis complètement reconnue dans la sensation ambivalente qu’elle y décrit : celle d’être extrêmement fière d’en être parvenue à un point où je parviens à faire un tas de choses moi-même sans devoir passer par la case magasin, mais où Ludo reste bien pépère dans le salon à se les glander pendant que je mesure ma maïzena et que je râpe mon savon de Marseille. Non pas que mon charmant conjoint ne s’implique pas dans les tâches ménagères (je considère même que les choses sont plutôt équilibrées entre nous), mais dès qu’il s’agit de diminuer nos déchets ou de faire plus écologique…c’est comme s’il se sentait carrément moins concerné que moi. Et depuis quelques temps, ça m’énerve tout comme ça me questionne.

Mais le pire, c’est que j’observe de plus en plus ce phénomène chez des amies pourtant féministes : les personnes qui se tapent toute l’écologisation de leur quotidien…ce sont elles ! Et ce qui m’inquiète vraiment, c’est que je constate l’émergence forte d’une forme de déni, qui leur fait dire qu’elles le font avec plaisir…tout comme elles minimisent l’aspect « suiveur » de leur conjoint quand je leur fais remarquer avec bienveillance que monsieur n’a pas l’air d’en glander une demie quand il s’agit de faire la fournée de yaourts de la semaine. Beaucoup m’avouent aussi ne plus avoir de loisirs par manque de temps, alors qu’étrangement, je viens tout juste de discuter de la meilleure technique pour battre Ganondorf avec leur cher et tendre.

Dans un autre registre, un charmant monsieur ayant récemment visité mon blog m’avait même alpaguée en me disant que j’étais bien trop dure avec les hommes – et que si les femmes s’engageaient en politique plutôt que de se focaliser sur leurs précieux enfants (ET PAF, dans ta gueule la femme enceinte 😀 ) et sur la sphère domestique, on avancerait peut-être plus. Il avait l’air outré que les femmes ne s’impliquent pas plus en politique (que je dénigrais bien trop à son goût) et que tout ne se jouait pas autour d’un coup de balai à la maison (et merci pour ce fabuleux raccourci bien machiste 😆 ). Ben voui mon gars, mais en fait, si les femmes ne s’y collent pas, qui le fait ? Parce que pour moi, c’est un sujet tout aussi politique que l’engagement public

Et punaise, tout ça, ça m’a méchamment grattouillé le slip ! L’écologie domestique serait-elle donc une sous-écologie – qui en plus, enfermerait les femmes dans leur quotidien ?

Parce que même si chez nous, le décryptage des étiquettes se fait à deux, qu’on a cœur de manger des choses pas trop dégueulasses pour nous comme pour la planète, celle qui FAIT, ça reste moi, à 80% du temps. On vit pourtant sur le même caillou…alors MERDE, pourquoi est-ce que tout ça me parle plus à moi ?

Premières victimes du réchauffement climatiques

Figurez-vous que j’ai appris, dans cet article très instructif, que les premières à pâtir du changement climatique, c’est bien nous. Il semblerait que les décès de femmes soient jusqu’à 14 fois plus élevés en cas de catastrophe naturelle, que l’on soit les premières à pâtir des famines, mais aussi que les pollutions diverses et variées ont un impact sur notre santé reproductive ainsi que sur notre famille, dont nous devons en grande majorité nous occuper via la socialisation au « care ».

Donc, en fait, c’est un peu comme si un instinct de survie mystérieux guidait nos pas, qu’on se disait « putain, on va prendre cher et on ne pourra compter que sur nous-mêmes ». On ajoute une propension inquiétante à prendre soin de l’autre et à se sacrifier pour lui (tout nous ayant été transmis via l’éducation) et paf ! Retour à la cuisine pour sauver le monde les girls ! (et donc au travail domestique non-salarié générateur de charge mentale – pour celles et ceux qui ne suivaient pas 😉 ).

Mais perso, je ne suis juste pas d’accord avec tout ça !! C’est comme si soudain, c’était à nous de sauver la planète, que c’était notre rôle de nous sacrifier, pendant que la société patriarcale qui l’a détruite nous regarde faire d’un œil en matant une série sur Netflix de l’autre. On ne s’est pas battues pour l’égalité pour régresser à ce point, non ?

L’écologie doit être aidante

Ces constats me font rebondir sur deux points.

Primo, pour moi, l’écologie n’a aucun sens si elle nous complique la vie. Je ne vois pas où est l’intérêt de tout faire soi-même et de sacrifier des centaines d’heures en recherches sur internet – pour au final tomber dans une forme d’esclavagisme moderne. 

L’écologie doit simplifier la vie, elle doit faire gagner du temps et de l’argent. Toute pratique qui va à l’encontre de ces 3 principes ne devrait pas être mise en place au quotidien.

L’écologie domestique ne devrait pas reposer essentiellement sur le dos des femmes. Je n’ai malheureusement pas encore la recette magique pour impliquer la majorité des messieurs récalcitrants…mais je garde coûte que coûte l’envie d’aider toutes ces femmes au bord du burnout en établissant une méthode alliant condensé de savoir ET solutions simples à mettre en place.

Je n’ai pas la solution miracle pour augmenter l’implication globale des hommes, ayant tout essayé moi-même. Je continue cependant d’y réfléchir et je fois dire que j’ai tout de même une petite idée du coupable !

Un système éducatif et social à exploser

Mes nombreuses réflexions de ces derniers temps m’ont amenée à me poser une seule question centrale : au fond de tout ça, il y a quoi ?

Eh bien une éducation genrée à l’extrême, qui, dès les premiers jours après la naissance, va assigner garçons et filles dans des rôles prédéfinis. Alors que les petits garçons seront en général poussés à expérimenter et à prendre des risques, les petites filles seront quant à elles soigneusement éduquées à prendre soin, et surtout à ne pas faire trop de bruit.

Je crois donc que tant que nous reproduirons ces modèles d’éducation genrée et que nous persisterons à rester dans un système capitaliste et patriarcal, rien ne changera, ou si peu – à coups d’efforts titanesques des femmes et d’une minorité d’hommes.

Depuis quelques semaines, je me surprends à me détendre de l’élastique et bon dieu, ça me fait du bien ! Je réalise que NON, tout ne changera pas parce que je fais mon propre dentifrice – et que le plus important est peut-être bien de se battre pour dynamiter ce système de merde.

Je ne pense pas que féminisme et écologie soit incompatibles, bien au contraire – mais je crois qu’il devient urgent de faire attention. J’ai de plus en plus l’impression que l’on s’engage sur la pente glissante de la régression qui va renvoyer les femmes tout droit dans leur cuisine.

Il faut accompagner notre lutte écolo d’une lutte sociale, bien plus globale. Parce que ça n’a juste aucun sens de suer sang et eau, de se sacrifier pour réparer quelque chose que ce système continue impunément à détruire.

Je sais que cet article est un peu décousu, qu’il y aurait encore énormément à dire – mais j’avais avant tout besoin de réagir à chaud et de vous partager mon sentiment !

Et vous les ami.e.s, aviez-vous lu cet article de Nora Bouazzouni ? Qu’a-t-il déclenché en vous ? Qu’en pensez-vous ? Je crie comme le faisaient jadis les ados pré-pubères du générique de Fan2 rien qu’à l’idée de vous lire.

Passez une très belle semaine !

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