Ouhhhh elle est fâchée la petite dame aujourd’hui !!! Je crois même qu’elle a besoin de pousser un bon petit coup de gueule !!

C’est officiel, les écolos culpabilisateurs ont encore frappé et je suis très en peine de vous annoncer que je commence à présenter tous les symptômes d’une maladie incurable en pleine recrudescence : je veux bien entendu parler du fameux essoufflement du colibri. Eh ouai, c’est moche, force est de constater que ça arrive même aux meilleur.e.s 😛

A dire vrai, je crois bien que ça fait maintenant quelques mois que ça couve…Alors que je commençais déjà à me dire que j’avais perdu pas mal de mes illusions quant à la sphère écolo dans sa globalité (quand tu débarques là-dedans, tu t’attends presque à te faire accueillir sur un tapis moelleux d’herbe bien verte pendant qu’on te sert un chocolat chaud avec du lait bio et de la poudre de perlimpinpin achetée chez La Vie Claire…et en fait, tu réalises qu’il y a BEAUUUCOUP d’intolérance, de jugements et de personnes fermées d’esprit qui adorent étaler leur intellect !), j’ai soudain réalisé d’un coup d’un seul que j’en était arrivée à un stade où je n’arrivais même plus à me féliciter de tout le chemin que j’avais déjà parcouru.

Et pourtant, bon sang de bois, c’est pas faute d’y aller ! Alors que j’ai déjà énormément écologisé mon quotidien ces dernières années – je peux aussi fièrement vous annoncer que je n’ai absolument RIEN acheté de neuf pour le tout petit bébé qui nage gaiement dans mon ventre (et qui arrive dans 2 mois DAMMIT *panique intense* 😯 ), si ce n’est un lot de tétines pour son biberon. Mais figurez-vous que même ça, ça ne suffit plus à ce que je dise « putain, c’est quand même un tour de force d’avoir tenu bon dans cette société de consommation merdique et d’avoir privilégié l’achat de seconde main et la récup ». Mais non. Je bute constamment sur ce que je fais encore mal. Sur les gâteaux industriels de petit dej’ qui hantent toujours mes placards, sur la viande et les produits animaux que je mange plusieurs fois par semaine – bien qu’ayant énormément réduit, sur mon ordinateur portable et ma tablette.

Et j’ai réalisé que si je bloquais, c’est avant tout parce que je me sentais culpabilisée en permanence…alors que j’essaie de tout mon cœur de faire du mieux que je peux. J’en suis au point dramatique où je commence à faire des listes de tout ce que j’ai déjà mis en place pour rendre ma vie plus écolo – afin de ne pas complètement perdre le fil…ce qui m’a donné envie d’analyser un peu pourquoi nous aurons beaucoup de mal à aller de l’avant tant que la sphère écolo telle qu’elle est actuellement ne se remettra pas méchamment en question. On y va ?

La recherche permanente (et vaine) du coupable

Quand tu furètes un peu sur les groupes Facebook, sur la blogosphère, sur Instagram et autres joyeusetés, tu te rends bien vite compte qu’au lieu de chercher des vraies solutions pour pouvoir avancer main dans la main, tout le monde est en réalité bien trop occupé à se tirer dans les pattes.

*prend une intonation stridente de soprano mal embouchée* « QUOIII ? Tu utilises encore du gel douche bio acheté en magasin dans du vieux plastique dégueulasse ? Tu ne saponifies pas encore ton savon toi-même ? Nan mais j’hallucine, ça ne prend que 45 minutes par semaine et ça sauve la planète quoi – pendant que toi tu la pollues avec ton savon greenwashing à deux balles ».

Et paf, prend toi ça dans les dents alors que tu essaies juste de faire un peu mieux selon tes moyens. Et le pire, c’est que j’exagère à peine.

On a aussi souvent droit à « de toute façon, c’est d’la faute des politiques et des industriels, nous à notre niveau, on ne peut rien faire ». Alors certes, je suis la première à le dire, c’est un fait : ils ont indéniablement plus d’impact que les individuels (qu’on adoooore faire passer pour les salauds de l’histoire – il faut dire que ça arrange tout le monde !) et il faut relativiser nos impacts respectifs. MAIS. En quoi ça fait avancer le schmilblick de dire « de toute façon, on n’y peut rien – si l’état ne fait rien, rien ne bougera » ?

Je crois que tant qu’on ne s’avouera pas qu’on a toutes et tous merdé à notre niveau, qu’on ne fera pas table rase du passé et qu’on n’arrêtera pas cette recherche effrénée d’un coupable unique qui n’existe pas, on n’y arrivera effectivement pas.

Réac, la sphère écolo ?

Je n’aurais jamais pensé dire ça un jour, mais maintenant que je patauge joyeusement dedans depuis quelques années…Carrément, par moments !

Entre certain.e.s extrémistes Zéro Déchet et DIY (qui restent tout de même des modes de fonctionnement peu inclusifs pour les personnes loin de tout / en situation financière et/ou sociale difficile ou peu sensibilisées) et les survivalistes utopistes, on n’est vraiment pas sorti.e.s de l’auberge. Parce que pour certain.e.s d’entre eux, si tu n’es pas à fond dans le même délire qu’eux, t’es qu’un gros salopard qui mérite de mourir étouffé.e par des pailles en plastique.

Et le pire, c’est qu’on se rend compte que très souvent, ces modes de pensée sont générateurs d’enfermement…pour les femmes !!! Qui se retrouvent à passer 90% de leur temps libre à faire leurs yaourts ou à râper du savon de Marseille pour leur dernière fournée de lessive – sous les benkestufé éberlués de leurs conjoints. Et du coup, quand tu dis non à ça, tu es forcément un.e pourrie qui participe à maintenir le système.

Il y a aussi cette quête mortifère et sans fin de « THE bonne solution » (qui rejoint l’idée très capitaliste de perfection supposément atteignable) – qui en fait immanquablement arriver à « l’être humain ne mérite pas d’être sur Terre, de toute façon, vivement qu’on s’éteigne ». Oh pitié, allez vous faire une camomille et laissez-nous bosser 👿 !!!

Tant que la sphère écolo sera remplie de réactionnaires de tout poils qui sont persuadé.e.s de détenir la vérité absolue sans vouloir discuter ni faire preuve d’aucune bienveillance…la transition ne prendra pas !

Le manque de perspective

Je terminerais rapidement sur ce que j’appelle le syndrome « tête dans le guidon » dont souffrent un jour ou l’autre la plupart des écolos.

En fait, à force de ne côtoyer QUE des personnes aussi conscientisées que nous, on finit par croire que tout le monde en est au même point– que c’est NORMAL, que les autres sont des gros baltringues qui n’ont rien compris à la vie. Et Paf, on se retrouve exclusivement entre personnes majoritairement blanches, de 25 à 45 ans, avec un certain niveau d’études à leur actif…en train de tourner en rond entre nous. Perso, je REFUSE d’en arriver là.

Le problème majeur, c’est que la popularisation des démarches DIY et ZD ont eu tendance à focaliser l’individu sur sa sphère personnelle et…à le pousser à ne plus mettre le nez en dehors. C’est donc avec un effarement certain que je constate que certaines personnes n’arrivent tout simplement plus à passer à la dimension collective du problème et à rester ouvert.e aux autres.

Au-delà de ça, je trouve qu’il y a une vraie difficulté à voir les choses dans une forme de globalité. A se dire, je fais ce que je peux à mon niveau (mais je ne peux pas sauver le monde à moi tout.e seul.e), je m’implique collectivement (tout en n’oubliant pas que l’état et les industriels auraient leur rôle à jouer), je fais selon la méthode qui me convient le mieux (mais ce n’est pas dit qu’elle convienne à tout le monde).

Et pour entrer dans ce nouveau monde que la plupart d’entre nous voulons tant, je crois qu’il faut d’urgence se remettre dans une perspective globale – et que l’on parvienne à améliorer le passage de l’écologie particulière (tout part souvent de là) à l’écologie collective.

Je voulais aussi préciser que je ne vise personne via ce que j’écris aujourd’hui. Je sais que certaines personnes appartenant à la sphère écolo ainsi qu’aux mouvements ZD et DIY pourraient croire que je les déteste cordialement 😀 alors que ce n’est pas le cas. Je m’inspire beaucoup d’un tas de modes de pensée et j’aime piocher dans ce qui me convient là où mes divagations m’emmènent. Je suis un peu obligée de faire dans le général pour théoriser. Je sais que la grande majorité d’entre vous est raisonnable et ouverte d’esprit <3 J’ai complètement conscience d’avoir affaire à une minorité qui pourrit le game !

Alors les ami.e.s, que vous inspire cet article ? Quelque chose à rajouter pour faire avancer le débat ? Je tortille de la queue en pompon tel un caniche à un concours canin rien qu’à l’idée de vous lire.

Des bisous par milliers.