Hello la compagnie !

J’espère que vous allez bien et que votre semaine s’annonce aussi passionnante que la mienne 🙂 Si tel n’est pas le cas, sachez que je vais me faire le plaisir de vous distraire un peu avec l’article du jour ! Qu’il éclaire vos journées, qu’il vous sorte de vos tableurs Excel sans queue ni tête ou de l’impasse totale que constitue une discussion avec Jean-Louis du service informatique – qui vient tout juste de rentrer de ses vacances en Ardèche (et qui est déjà en train de sortir une photo de lui dans un kayak).

Aujourd’hui, j’avais envie d’analyser quelque chose qui me frappe toujours autant à propos de mon audience ! Après pratiquement 2 ans et demi de blogging, je suis maintenant en capacité de faire de vrais retours en arrière et d’analyser de nombreuses choses ayant trait à mon blog. Et s’il y a bien une chose qui est assez incontestable, c’est que je m’adresse à au moins 90%…de femmes ! Etant très orientée écologie du quotidien, je me suis demandé ce que ça voulait dire très concrètement et surtout pourquoi ce domaine n’attirait pas plus d’hommes. On analyse tout ça ensemble ?

Une quasi-incapacité masculine à se projeter 

C’est un fait indéniable : la plupart des mecs ont été littéralement élevés à vivre dans l’instant. A se conduire en mode “action – réaction” – et je crois que c’est une dérive incontestable de l’éducation genrée puante avec laquelle on signe et persiste depuis des décennies. La majorité des femmes est plutôt, a contrario, dans la projection permanente. L’écologie demandant tout de même un minimum d’imagination, beaucoup d’hommes considèrent simplement que ça ne les concerne pas. Là, tout va bien, j’ai tendu mon auriculaire, la température me va et pas de météorite en vue – c’est bon pour l‘espèce humaine les gars 😀 Alors bien sûr, il y a des exceptions à la règle, évidemment – nous ne sommes pas là pour jouer les ayatollahs de la psychologie ^^ Et encore une fois, je précise bien que ça n’est absolument pas une histoire débile de “cerveau masculin” et “cerveau féminin” – je n’adhèrerai jamais à ces conneries pures – mais bien d’éducation culturelle. Je pense que c’est lié au fait que les femmes ont été pendant bien longtemps exclusivement cantonnées à la sphère du foyer – et que nous sommes encore trop souvent en charge de toute l’organisation du quotidien. Je le vois bien, même chez moi ! Alors que je vis avec un homme totalement impliqué dans les tâches ménagères, quand il s’agit de changer nos habitudes et de faire un peu plus écolo – c’est moi qui m’y colle, quasi systématiquement.

Finalement, quand tu es une femme, tu te retrouves dans un cercle vicieux où tu prévois en permanence – ce que beaucoup de mecs ont un mal FOU à faire. C’est quelque chose qui me frappe complètement depuis le début de ma grossesse : alors que je suis en plein stress pour faire garder notre future descendance et que je suis en train de me foutre la rate au court-bouillon à l’idée de ne pas avoir “tout ce qu’il faut” en vue de la naissance (d’ailleurs, si quelqu’un voulait bien me faire la liste de ce que c’est “tout ce qu’il faut”, parce que dès que j’explore les magasins de naissance, j’avoue être à deux doigts de la syncope !) – Ludo est quant à lui totalement relax. Cool Raoul le type ! Enfin…lui, son dada, c’est la chambre ! Il faut que ça soit nickel, peint, rangé et qu’on ait une pièce pour accueillir bébé (notez bien le “action – réaction” dans toute sa splendeur) – et il s’est juste mis une pression de malade pour ça. Par contre, ça lui irait parfaitement de choisir un prénom au feeling le jour de la naissance, de le faire dormir sur un matelas à même le sol et de le laver dans l’évier de la cuisine. Les nounous ? “Boarf, on a le temps, des crèches y en a plein ! » (ah ah ah, mais quel grand naïf ce mec 😀 ). Et quand bien même il est très impliqué dans cette grossesse, je RAME COMME UNE MALADE pour le forcer à anticiper ne serait-ce qu’un minimum. Je digresse par rapport au sujet principal, mais je trouve que c’est une parfaite allégorie : alors que je suis en train de faire un véritable arbre de probabilités en vue de la naissance, à voir jusqu’à la scolarisation de notre adorable enfant, Ludo est comme qué-blo dans le moment présent, prêt à réagir en cas d’attaque nucléaire 😆

Je pense que cette non-éducation à la projection joue dans le fait que les hommes délaissent l’écologie, pour des secteurs plus ancrés dans le moment présent.

Une vision parfois efféminée de l’écologie 

J’en avais déjà parlé avec Ludo qui me disait que j’abusais franchement et que d’ailleurs, les grands leaders écolos étaient majoritairement des hommes. Oui certes ! On a Nicolas Hulot, Pierre Rabhi, Cyril Dion, François de Rugy *oups pardon, celui-là m’a échappé” 😛 , Jérémie Pichon et consorts – mais pourquoi donc ? Parce qu’on est encore dans une société d’hommes faite par et pour les hommes ! Des leaders écolo féminines, il y en a des tas mais elles sont soit invisibilisées, soit non médiatisées. Et puis plus globalement, je constate que quand les hommes s’intéressent à l’écologie ou en parlent dans les groupes sur les réseaux sociaux, il y a quand même beauuuuucoup d’entre-soi. Concrètement, on a souvent affaire à des hommes blancs, d’un certain âge, et ayant un niveau assez élevé d’études à leur actif. Et j’ai quitté bon nombre de ces groupes, parce que 1) ça me fatiguait énormément et 2) ça mecspliquait quand même sévère là-dedans.

Au-delà de ça et j’en avais déjà parlé dans mon article sur Ecologie et Genre (que j’avais hésité à publier tant je pensais qu’on allait me tomber dessus en me traitant d’horrible misandre), l’écologie, c’est encore et toujours un domaine qui est vu comme féminin. Parce que…eh ben parce que la nature, les jolis fleu-fleurs et les petits sacs en tissus floqués d’un slogan hipster – qui font quand même moyennement grosses burnes au regard de la clique des mâles alpha. OUI, certains hommes s’y mettent. Mais va faire un micro-trottoir dans la rue et tu verras bien que pour une immense majorité, l’écologie et la protection de la nature, c’est un truc de gonzesses. Les vrais mecs, ça casse, ça crie et ça va faire la guerre !

Une difficulté à s’intéresser au quotidien 

Je finirais avec une des dernières raisons qui me vient à l’esprit : je crois que c’est encore tatoué dans les crânes que quotidien = truc de fifille poney. On a tendance à l’oublier, mais la génération précédente (ie celle de nos parents – je précise pour celles et ceux qui ne sont pas encore réveillé.e.s !) étaient encore, malgré les avancées des droits des femmes, très dans le “l’homme mène sa carrière” et “la femme se sacrifie pour élever ses enfants et pour s’occuper de la maison”. Ce n’était pas partout comme ça, ni dans le 100% total, mais c’était encore bien présent. Donc finalement, comment voulez-vous donc que nous, la génération d’après, nous nous soyons totalement affranchis de ces représentations en mode “c’est bon, maintenant, vos conneries, on en a soupé” ? Il reste forcément des traces, même dans les couples les plus ouverts et équilibrés. Et ce n’est parfois présent que par petites touches.

Quand je regarde de manière globale toutes mes amies qui sont dans un trip écolo ou zéro déchet, leur mec joue le rôle de suiveur plus ou moins intéressé dans 100% des cas. Et j’avoue la vérité crue devant vous : c’est pareil chez moi. Non qu’ils n’ont pas envie de nous aider, mais il y a encore, bien présente, cette idée ancrée dans leur crâne qui fait qu’ils ne se sentent pas concernés par ce qui se joue au quotidien. Eux sont dans le plus grand, dans le plus immédiat. On parle politique, économie, réchauffement climatique. En bref, on parle beaucoup ^^

Et encore une fois, en sortant un peu de notre bulle et en considérant la société dans son ensemble, pour une part énorme de mecs, le quotidien, c’est juste pas sexy. C’est chiant, c’est routinier, c’est indigne d’intérêt – aller hop, et si on laissait les bonnes femmes s’en charger ? C’est encore souvent comme ça que ça se passe !

Donc pour conclure, selon moi, il y a une espèce de triforce surpuissante composée d’incapacité à se projeter, d’image féminine de l’écologie et d’un désintérêt global pour le quotidien. Pour l’instant, je n’ai pas réfléchi aux solutions pour contrer cela (ça fera sans doute l’objet d’un autre article), mais je serais déjà ravie d’échanger avec vous afin qu’on explore d’autres raisons éventuelles. Des idées ?

Je vous souhaite une excellente semaine.

Quotidien parsemé de paillettes et Ecologie musclée.

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