Salut Salut les cocos ! Comment c’est t’y qu’ça va bien ? 

Si vous le voulez bien, on va faire du “sans transition Nelson” aujourd’hui, parce que là, y a urgence, faut qu’j’vous parle les ami.e.s 😉 !

Figurez-vous qu’alors que j’étais négligemment en train de discuter par commentaires interposés avec Marine de l’excellent blog La Petite Créature, v’la t’y pas qu’elle sort – au détour de la conversation – un groupe de mot qui m’a littéralement fait bondir de ma chaise, telle une diablesse sortant de sa boîte à malice. Le syndrome de la bonne élève. Sur le coup, ça m’a fiché un bon vieil électrochoc des familles. “MAIS, MAIS, c’est fou, moi qui en souffert si longtemps à un stade très avancé, je n’en ai encore JAMAIS parlé sur le blog ? Mais faut réparer ça tout de suite !!!”. Marine, si tu me lis, je te remercie grandement, parce que ça faisait très longtemps que je n’avais pas ressenti une telle urgence à écrire un truc. Bonn, c’est pas le tout, mais…j’vous essplik ?

Le syndrome de la bonne élève, c’est de la merde en barre – ni plus, ni moins. Cela consiste, plus ou moins – je vulgarise comme toujours – au fait d’être obsédé.e par l’idée de toujours vouloir tout faire parfaitement – au point que ça peut devenir assez handicapant dans la vie de tous les jours, notamment pour les projets perso qu’on entreprend. J’en ai souffert pour ma part pendant de très nombreuses années (et j’en souffre encore, mais à un degré bien moindre qu’auparavant) et je peux sans nul doute dire que ça m’a pourri la vie. A l’école, la moindre erreur prenait des allures de drame. Au travail, un seul petit couac de ma part et je m’auto-flagellais à coup d’agrafeuse devant des collègues horrifié.e.s (je blague hein 😉 je ne voudrais pas être responsable de quelconques cauchemars !). Tout ce système à la con étant perpétré par le poncif qui voudrait que les filles soient plus travailleuses à l’école, plus soigneuses, plus fifille poney avec une belle écriture bien soignée (ouuh que j’ai souffert avec mon écriture de médecin !) – et plus tard, par l’idée qu’une femme est forcément un tout petit peu moins compétente qu’un homme (parce que faut dire qu’elles tombent enceintes (de qui, ça je me le demande bien tiens 😛 ) et qu’elles ont leurs règles ces connes, faut quand même pas charrier). Une personne très bien dont je ne me rappelle plus du nom a dit un jour que dans la sphère professionnelle, tout aura été gagné quand une femme aura le droit d’être aussi médiocre qu’un homme sans déclencher des torrents de dégueulis mascu sur son passage. Je plussoie.

Au-delà de ces constats assez moches sur une éducation genrée qui fait encore beaucoup trop de dégâts, je peux vous assurer que quand on blogue – d’autant plus quand on est une femme, le syndrome de la bonne élève, c’est un sujet qui revient trèèèèès souvent. “Mais pourquoi ça touche moins ces adorables messieurs Manon ? Dis nous tout !”. En fait, c’est très simple: les mecs, ils sont éduqués depuis leur plus jeune âge à être dans l’action, dans le faire quoi qu’il en coûte et ma foi, si on se coince une couille dans le piano, ben on avisera ma gueule ! 

Pour les femmes, c’est TOUT AUTRE CHOSE. On nous apprend, dès la sortie du couffin, à être dans la passivité. Dans le “je regarde, j’observe avant d’agir”, “surtout je ne fais pas trop de bruit”, “je me dois d’être parfaite” ou autre “je ne dois pas déranger les hommes”. Et toute cette éducation moisie finit par nous ancrer bien profondément dans le crâne que pour se mettre en lumière ou faire quoi que ce soit d’autre, nous nous devons d’être ULTRA-VALABLES. 

Et franchement, pour être passée par le long et dur chemin de cette remise en question moi-même, je peux vous assurer qu’il faut des années avant d’exploser la tronche à des trucs tous aussi pénibles les uns que les autres – que j’ai nommés le syndrome du “je ne suis pas assez bien” (i.e. manque de confiance en soi et d’estime de soi), le syndrome de l’imposteur (i.e. sensation de ne pas se sentir légitime) et le fameux syndrome auquel j’ai choisi de tailler un costard : celui de la “bonne élève” ou comment tout doit être absolument parfait, sinon on va tous mûûûûûûrirrrrr ! 

Je ne vais pas mentir, se dépatouiller de ce cercle vicieux brise-ovaires est loin d’être de tout repos !! Il faut entreprendre un énorme travail sur soi et ça ne se fait pas en claquant des doigts, loin de là…Cela dit, j’avais envie, en ce début de semaine un chouïa plus frais (toute la France redécouvre la vie à 25°C avec bonheur 😀 ), de vous donner 5 pistes pour commencer à vous mettre sur le chemin qui vous permettra de péter les dents de devant de ce syndrome à la con. On y va ?

  1. La vie est elle parfaite ? UN GRAND NON ! Quand on y pense rien que deux secondes, la vie quotidienne est littéralement faite de couacs. De rendez-vous manqués, de “ah non, c’est pas le bon formulaire ça Madame, il fallait nous ramener le 42Cf – vous pouvez repasser demain entre 12h15 et 12h20, après on ferme”, de trucs pas finis, pas aboutis, pas complets…et c’est pas grave en fait ! La perfection reste une vue de l’esprit dont on s’abreuve pour se rassurer. Tu n’es pas parfait.e, c’est bien, parce que je t’annonce que tu es complètement raccord en fait !
  2. FAIT !! Vas-y, lance toi ! La meilleure manière de progresser, c’est bien de faire et certainement pas de rester dans son coin à imaginer le truc le plus parfait possible pendant 500 ans. Et je te garantis qu’en 500 piges, t’as le temps d’en faire des trucs – et d’aboutir à un résultat bien plus génial que celui que tu avais imaginé au début. Quand tu commenceras, bien sûr que ça sera certainement bof-bof, pas fluide ou ce que tu veux – mais le fait d’être dans l’action va te permettre d’améliorer tout ça à une vitesse fulgurante – et sans tomber dans la psychose, s’il te plait !
  3. Il y aura des erreurs et des approximations dans tout ce que tu feras, tout simplement parce que l’erreur est humaine. Ici encore, tu es parfaitement raccord avec la nature. Nous ne sommes pas des cyborgs surentraîné.e.s et il y a juste des fois où on merde, c’est comme ça, it’s the life mes cocos ! A partir du moment où l’on accepte que l’on va faire des erreurs et que c’est acté – quelle raison y-a-t-il pour ne plus y aller ?
  4. Arrivera le jour fatal où tu sortiras une énorme connerie devant la face du monde. Et tu sais quoi ? Ben quand c’est fait, c’est fait quoi…Tu l’as commise ta grosse boulette, tu t’es bien ridiculisé.e comme il faut…et oh ! Ben ça alors, surprise ! Non seulement tu n’as pas été aspirée par une gigantesque porte dans une autre dimension temporelle comme dans Star Trek…mais…c’est fou !! Tu es toujours en vie, tu respires et la terre continue de tourner !! Tout le monde dit des conneries, tout le temps et moi la première. Tant que tu gardes ta capacité à discuter et à être dans le dialogue, je peux te garantir que tu auras l’occasion de faire amende honorable à chaque fois (et encore, ça sera quand les gens auront relevé ton énorme bêtise, ce qui est loin d’être systématique, je peux te le garantir !).
  5. Ce que tu as à dire, personne ne le dira à ta place (merci, merci à Lyvia Cairo de m’avoir rentré cette phrase dans le crâne à coup de pied il y a 3 ans). En fait, tu es face à deux possibilités: soit tu peux choisir de mouliner mentalement pendant 3 décennies et que ton message ne soit pas entendu – ou alors, tu peux choisir de t’exprimer et de faire entendre ce message haut et fort. De le crier au monde. Peut-être qu’il y aura des fautes d’orthographe, peut-être que tu vas oublier un mot par-ci par-là, peut-être même que tu vas zapper de dire quelque chose d’important…mais tu sais quoi ? Ce n’est pas grave du tout, parce quand tu es dans le faire, tu sais que tu pourras toujours le dire plus tard. Et puis on a beau dire, quand on est dans le flow, dans l’énergie pour transmettre quelque chose et que l’on choisit d’attendre, je trouve que quelque chose se casse, inexorablement. C’est un peu dans cette dynamique que je publie ce papier : j’ai ressenti un terrible feeling qui m’a pratiquement braqué un Colt sur la tempe et qui m’a dit “maintenant tu écris, j’ai dit” Euuuh…ok, chef, j’me rends ! 😀 

Je m’arrête là pour aujourd’hui, billet d’humeur oblige (alors que je pourrais sans problème écrire un bouquin sur le sujet en fait 🙂 mais faut savoir se calmer aussi dans la vie) !

Et vous mes loulous, aviez-vous déjà entendu parler du syndrome de la bonne élève ? En avez-vous déjà souffert ? Quels sont vos conseils pour lui envoyer un bon vieil uppercut en plein estomac ?

J’attends vos commentaires comme un chat surexcité devant un paquet de croquettes.

Des bises.

Bonne élève illusoire et Flow dévorant.

Manon Woodstock.