Quotidien Green

Comment la société de consommation nous rend assisté.e.s

Bonjour à toutes et à tous ! J’espère que vous vous portez bien où que vous soyez et quoi que vous soyez en train de faire 😉 Pour ma part, j’écris paisiblement cette divagation du jour depuis le TGV pour Biarritz (après un échange Gare du Nord – Montparnasse assez…hum…rocambolesque !) où je rejoins ma maman et son amoureux pour une dizaine de jours. Vous qui êtes confortablement attablé.e.s devant votre ordinateur, vous avez loupé le plus intéressant, c’est à dire Manon Woodstock en train de courir péniblement pour avoir sa correspondance, de traverser le boulevard du Montparnasse sur un passage pas piéton du tout beuglant à Ph Woodstock, qualifiant de raccourci le fait de se jeter sous les voitures (dans la famille, je demande le frère !), « mais arrête tes conneries, je suis en enceinte bordel » le tout au bord de la crise d’apoplexie d’essoufflement (si, ça existe 😀 ) après avoir mangé une énorme plâtrée de lamens au poulet entre deux trains. Une autre journée au bureau chez les Woodstock.

Maintenant que je suis à peu près posée (côté fenêtre, je crois que le pauvre monsieur à côté de moi ne s’imagine pas le nombre de pipis de femme enceinte que 4h30 de train représentent 😆 ) et que j’ai retrouvé mon souffle de jeune fille, venons-en à l’humeur du moment.

Alors que je suis en pleine finalisation du mini-cours gratuit qui sera bientôt disponible sur le blog (oui, ceci est bien une annonce…restez branchés, j’en dirais plus très vite par ici – tout ce que je peux lâcher, c’est qu’il sera question d’écologisation du quotidien, mais surtout d’utilisation de son temps et de son argent en conscience, le tout sur fond d’humour tout aussi décapant que d’habitude – vous n’aurez pas à baver trop longtemps, quelques jours tout au plus #parentheselapluslonguedelunivers). Bref. Parlons peu mais parlons bien, dissertons tout de suite sur l’assistanat dans lequel nous plongent les industriels, parce que c’est bien de ça dont il est question dans ce climat de TGV post-digestion de nouilles chinoises (oui, je sais, sans peur la meuf 😀 !).

En rédigeant une partie à ce sujet dans mon mini-cours, je me suis rendu compte que je tenais vraiment quelque chose. Que j’avais mis le doigt sur un problème d’ampleur dans la société de consommation actuelle.

Parce que s’il y a bien une chose qui me frappe réellement depuis que j’ai changé de perspective, c’est cette perte presque totale d’intelligence pratique dans laquelle la société de consommation actuelle nous a fait basculer. Je sais que tout cela sonne décidément très théorique pour l’après repas, mais je vais schématiser pour que vous puissiez mieux comprendre.

On nous met dans la tête que sans Actifry, pas de frites ´moins grasses’. Que sans mixeur, pas de chapelure. Que sans dentifrice à la formule testée en laboratoire (avec des intermittent.e.s en blouse qui manipulent de dangereux béchers vides), pas de dents propres. Que sans Babycook, ça sera de l’eau et du pain sec pour bébé. Et on peut reproduire cet exemple à l’infini et au delà ! En fait, c’est un peu comme si la société de consommation avait créé une solution pour chaque micro problème, pour chaque micro interrogation. Tu as besoin de faire quelque chose ? Il doit sûrement y avoir un truc à acheter pour faciliter ça. Et Biiiiim, dans ta gueule le portefeuille !!!

Quand j’observe la majorité de mes proches, il devient très rare d’être face à des personnes qui s’interrogent d’abord s’ils ne pourraient pas faire avec ce qu’ils possèdent déjà. Et je ne leur jette pas la pierre, parce qu’en réalité, avoir grandi dans cette consommation à outrance nous a conditionné.e.s jusqu’à l’os. Le constat est simple et triste: on ne réfléchit simplement plus, notre intelligence pratique ayant été anesthésiée à coup de marketing.

Je prends un exemple tout bête. L’année dernière, alors que j’étais en train de m’éclater comme une bête en stage de falaise, m’est venue l’envie, lors de mon soir de cuisine, de faire plaisir à mes petits camarades de grimpe avec un des seuls desserts que je maîtrise : la Key Lime Pie. Du lait concentré, des petits beurres eux-mêmes arrosés de beurre, de la crème épaisse, du citron vert, faut bien ça après une journée entière à tâter du rocher, non 😛 ? Et ce fut toute guillerette que j’ai commencé ma préparation, touillant, mélangeant telle une fée du logis, quand soudain le drame !! « Mais comment je vais t’y faire pour émietter deux paquets de shortbread sans mixeur ? Sans pilon ? Sans boule à écraser ? (sauras-tu trouver la meuf qui manque cruellement de vocabulaire ?? Maudits lamens, ils ralentissent ma pensée 😉 )»…quand tu es au milieu de nulle part et que la supérette la plus proche est un truc mi-Vival mi-dépôt de pain…pas le choix, faut trouver un système D ! Et c’est donc bien vaillante que j’ai mis mes shortbreads dans un saladier, que je les ai recouverts d’un torchon, et que je les ai pillés directement avec une boîte de lait concentré. Et je peux vous confirmer que nous avons mangé une excellente Key Lime Pie, peut-être un peu brûlée (à ma décharge, je pense que le four devait être plus vieux que moi !), mais tout aussi junk et réconfortante que dans mes souvenirs. Ce qui me frappe dans cette anecdote, c’est qu’il y a quelques années, à l’époque où j’avais perdu cette habitude du ´penser autrement’, j’aurais juste abandonné, ou pire, j’aurais été acheter un pilon rien que pour l’occasion. Et peut-être même l’apocalypse : j’aurais été claquer 50 balles pour un mixeur vit’ef, dont je n’aurais eu aucune utilité par la suite.

En fait, si je réapplique ce principe et cette anecdote à mes objets ´dispensables’ cités ci-dessus, pourquoi acheter une Actifry à 150 balles si tu as déjà un four (dans lequel ça va tout aussi vite) ? Pourquoi acheter un mixeur si tu as déjà un pilon qui fait bien le job (et inversement) ? Pourquoi acheter un dentifrice de ouf qui coûte un oeil alors que le faire toi-même pour 6 mois te prends 5 minutes et deux ingrédients ? Pourquoi acheter un Babycook si tu as déjà un cuit vapeur et un écrase purée ? Parce que le marketing les gars. Parce qu’on te fait croire que tu vas gagner un temps de ouf et que c’est faux.

C’est un dur constat, beaucoup d’entre-nous sont tombé.e.s dans une forme de paresse intellectuelle pas toujours consciente qui nous fait perdre énormément de temps et d’argent – mais aussi où les industriels et les magnats de la pub pensent à notre place. Même si se laisser porter semble très tentant, n’oubliez JAMAIS que ces gens-là voudront toujours plus vider votre porte-monnaie que vous libérer du temps.

Je réalise qu’il faudra aussi que je vous parle de la perte de transmission des savoirs pratiques, qu’on a allègrement dénigrés au profit des savoirs intellectuels – mais ma digestion atteignant le stade de la sieste, je suis au regret de vous dire que ça sera pour un autre billet d’humeur.

Je conclurai en disant qu’il faut d’urgence que nous apprenions à ne plus céder aux sirènes des pubs et du marketing, qui nous vendent de la supposée facilité (et je vous garantis que si on cumule temps passé sur les sites de vente / dans les magasins + efficacité réellement gagnée, le résultat est loin d’être systématiquement en faveur de l’achat, vs le faire avec ce que l’on a déjà), mais aussi que nous recommencions à nous servir de notre matière grise, en nous lançant des petits défis – par exemple. Détachons-nous de cette forme si malsaine de consommation en nous concentrant sur les montagnes de choses qui dorment déjà dans nos placards et qui font tout aussi bien l’affaire. Pour finir, rappelons nous chaque jour que si nous avons un toît, que nous sommes au chaud et que notre frigo est bien rempli, c’est que nous avons déjà plus que la majorité des habitant.e.s de la planète Terre.

Alors, que vous inspire ce billet d’humeur les ami.e.s ? Pour la partie défi, de quoi / de quel achat allez-vous essayer de vous passer ? Aujourd’hui, figurez-vous que je serais ravie que vous me partagiez un instant « galère » où vous avez touché au but, rien qu’avec des bouts de ficelle, comme je l’ai fait avec ma délicieuse tarte 🙂 J’attends vos récits et vos commentaires avec impatience, comme toujours.

Je vous souhaite une belle semaine.

Mac Gyver du quotidien et Gâteau (pas si) brûlé.

Manon Woodstock.

15 réflexions au sujet de “Comment la société de consommation nous rend assisté.e.s”

  1. C’est rigolo, j’ai fait le changement Gare du Nord / Montparnasse jeudi et hier 😉 Et j’ai passé deux trajets de 4h30 en compagnie de gamins qui m’ont gavée, je pense qu’ils étaient pires qu’une femme enceinte à la vessie comprimée XD

    Pour rebondir sur le reste de ton article, je trouve qu’une des machines qui illustre bien ça est le robot presse-agrumes, et j’ai l’impression qu’on en a déjà parlé 😀 En cuisine il y a un tas d’ustensiles plus débiles les uns que les autres… Je ne comprends pas non plus l’utilité d’un séparateur de blancs d’oeufs – mais il y a encore pire, là évidemment je n’ai plus d’exemples qui me viennent en tête à l’instant mais le moindre tour dans un magasin de cuisine ou même un Gifi quelconque et je perds encore foi en l’espèce humaine ^^ les magasins types La Chaise Longue ne vendent presque QUE des « petites merdes qui servent à rien », c’est horrible :O Et souvent ça fait envie, car c’est tout mignon tout coloré, avec des formes trop rigolotes… L’HORREUR !!

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    1. Merci pour ton commentaire Anousha 😊 oui, c’est vrai que tout compte fait, je me vois plus pénible que je ne suis réellement 😜 !
      On avait déjà discuté du presse agrumes en effet, et c’est toujours dans ma liste d’articles à rédiger. D’ailleurs, ça serait une idée de faire des courts billets pour un tas d’appareils électriques du quotidien !
      C’est clair que quand tu vas dans les magasins de merdouilles, tu prends vite peur…et ça n’est QUE du bon vieux plastique made in China. Et en plus, comme c’est « peu » cher, les gens achètent en masse et dépensent une fortune sans même s’en rendre compte. Il faudrait vraiment taxer ces chaînes pour les désinciter à vendre des trucs qui vont aller à la poubelle au bout de 3 utilisations…
      Passe un très beau Weekend ❣️

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  2. Je suis de ton avis, ça m’énerve de voir à quel point les gens sont « zombifiés » par cette société de consommation ! Mes collègues qui ont eu des bébés ont toutes acheté le fameux Babycook, là où moi je me servais du vieux robot ménager que ma tante m’avait donné ; pour d’autres c’est impensable de ne pas avoir le fameux super robot multifonctions dont j’ai bouffé le nom mais qui coûte un SMIC…
    Un jour j’ai dit à une jeunette en CDD qu’on avait pas de lave-vaisselle (on est 3 à la maison), sa réaction : « han mais com-ment-vous-fai-tes ????? Avec mon copain on est que 2 mais on pourrait pas se passer du lave-vaisselle » ! Comment je fais ? Ben avec une éponge, du liquide vaisselle, de l’eau et de l’huile de coude, tout simplement !
    D’autant que tous ces appareils-gadgets sont électriques pardi ! Alors plutôt que d’écraser ses petits gâteaux soi-même (perso je le fais avec une bouteille en verre, ça fait les bras ^^), on branche le super-mixer-machin-truc et hop !

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    1. Hello Skyler, merci pour ton commentaire ! Je te rassure, je ne compte pas acheter de Babycook 😜 j’ai un mixer et je pense que ça fera très bien l’affaire. Moi ce qui m’alarme, c’est surtout ces magasins type Action ou Foir’Fouille où les gens achètent en masse dans l’idée que ce n’est pas cher et dépensent des fortunes sans même s’en rendre compte.
      Tu peux reproduire la réflexion sur un tas d’objets du quotidien…à chacun de trouver ce qu’il lui est absolument INDISPENSABLE et ce qui relève du gadget total. Peu de monde parvient à faire la différence malheureusement.
      Merci pour le partage de ton expérience, je te souhaite un beau weekend 😊

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    1. Hello, merci pour ton commentaire 😊 tu vois ! C’est chouette que ton voyage te permette de telles prises de conscience ! Je suis tout à fait d’accord avec le fait qu’on perd des savoirs-faire importants. Je te souhaite un beau weekend ❣️

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  3. Yes ! C’est assez effrayant comme on se maintient/les autres nous maintiennent/les industriels nous maintiennent dans ce rôle d’hyperconsommateur irréfléchi. Le système D est simple à mettre en place dans tant de domaines. Ce que tu décris fait écho pour moi, aussi, à notre paresse face aux outils informatiques. Un écran d’ordi pété ? Tout le monde te conseille de racheter un ordinateur, alors qu’on peut aussi bien acheter un écran d’occasion + clavier = souris et les relier à l’ordinateur dont l’écran est cassé. Ok, ça dépend de l’utilisation que l’on en fait, mais si c’est juste personnel, un ordinateur qui vit sa vie sur ton bureau depuis des années…pourquoi en racheter un neuf ? Autre exemple : notre paresse collective devant toutes ces applications qui siphonnent nos données. Mon préféré : Whatsapp. Whatsapp est connu pour ne pas être safe. Et pourtant, tout le monde le propose d’emblée pour des échanges de groupe, entre amis. Pourquoi y-a-t-il si peu de monde sur Signal et Télégram ? Etc. etc. L’information n’est pas toujours facile à trouver, mais quand même, en fouinant un peu. Je m’arrête là et repars vadrouiller de blog en blog.

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    1. Hello Sissi, merci beaucoup pour ton commentaire 😊 en fait, c’est assez dingue de se rendre compte le cercle vicieux dans lequel on se trouve. Les industriels impulsent, et tout le monde s’auto convainc mutuellement afin qu’aucun mouton ne sorte du troupeau. Mais il faut bel et bien en sortir pour se rendre compte de cette logique mortifère…
      Ahh des applis qui siphonnent nos données, il y en a des tas…pour ma part, je n’utilise pas WhatsApp mais je sais que certaines personnes en sont extrêmement friandes. Un grand merci pour tes suggestions d’applis plus safe. Je te souhaite un excellent weekend

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  4. Pour ma part, une de mes plus grosses découvertes a été le moment où je me suis rendue compte que les produits démaquillants huileux ultra-sophistiqués-ultra-techniques-ce-que-tu-veux (et chers), à la couleur bleu fluo douteuse que j’achetais régulièrement étaient parfaitement inutiles….car n’importe quelle huile naturelle était tout aussi (voir davantage) efficace. Une seule huile = bam, plein d’utilisations differentes possibles. C’était mon point de départ dans mes tentatives pour limiter ma conso perso.

    Bonne semaine à toi aussi 😉

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    1. Hello Zyle, merci pour ton commentaire 😉 au sujet du partage de ton expérience, figure toi que je suis passée par l’exacte même prise de conscience que toi ! C’est fou comme on se laisse vite embobiner !! Je crois qu’on a toutes et tous un truc qui nous a fait débuter une prise de conscience…moi j’ai commencé par les cotons démaquillants ! Et en plus, la solution la plus simple est aussi souvent la plus efficace et la moins chère 🤗 passe un bon weekend !

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  5. Très jolie réflexion, tu as bien raison… On passe notre temps à travailler pour gagner de l’argent, argent qui nous sert à acheter des choses dont nous n’avons pas besoin, et qui nous font perdre encore plus de temps, nous obligeant à racheter d’autres choses… Un cercle vicieux dont il faut sortir 🙂

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    1. Orelsan disait dans une de ses chansons « t’as besoin d’une voiture pour aller travailler, tu travailles pour rembourser la voiture que tu viens d’acheter »…c’est exactement le fonctionnement dans lequel la société de consommation pousse bon nombre de citoyen.ne.s à rester…mais quand on change de perspective, on se rend heureuse compte que les possibilités pour faire et être heureux.ses avec bien moins sont infinies. Passe un beau weekend 🤗

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  6. Ça me fait penser au Cookimix ou je ne sais quoi dont beaucoup de gens veulent me convaincre que c’est indispensable x) Pour ma part mes deux indispensables en cuisine sont un batteur et un mixeur, tout le reste me serait superflu. Pour partager un instant « galère », ce qui me vient c’est utiliser un essoreur à salade pour essorer le linge lorsqu’on faisait toute notre lessive à la fin xD #lesbonssouvenirs

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    1. C’est marrant, ma mère, heureuse possesseure du robot multifonction Magimix, a tout fait pour me convaincre qu’il fallait absolument que j’en achète un pour la naissance du bébé. Euuuh non ? 😅 j’ai un mixeur, un cuit vapeur et ça suffit largement à mon bon bonheur pour le tout venant en cuisine.
      J’ai beaucoup aimé ton partage de galère 😉 celui ou celle qui était de corvée d’essoreuse devait se faire les bras !! Je n’y avais même pas pensé mais je trouve l’idée futée !

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