Voyage

Les Woodstock à Portland et Cape Cod

Salut la compagnie !! Alors, comment vous portez-vous après la crise de foie (foi ?) du week-end de Pâques ? Pour ma part, je faisais partie des chanceux.ses en pause pour 4 jours (béni soit le Vendredi Saint 😛 Loué soit le Seigneur *aheum* pardon, je dérive !) et ça m’a fait grand bien de souffler un peu. Je n’ai personnellement pas pris de congés depuis Noël et…disons que ça commence à râcler sévère. Je commence à ‘bégayer’ un peu comme dirait mon gentil petit frère.

Ceci dit, la fatigue lancinante, tapie dans l’ombre et qui a toujours l’air d’être à deux doigts de m’emporter dans une vague tonitruante et irréversible, ne m’empêche pas de revenir par ici avec plaisir et de blablater gaiement en votre compagnie sur le sujet du jour.

Aujourd’hui, c’est douceur. Parce que le joli mois de mai arrive bientôt, tout fringuant qu’il sera avec son muguet (ses jours fériés), son soleil (ses jours fériés) et ses premiers barbecues (ET SES JOURS FERIES 😆 ).Repartons donc ensemble, si vous le voulez bien, pour une autre partie de mon périple états-unien de novembre – et cette fois-ci, je m’attaque aux deux plus petites villes que nous avons visité pendant notre séjour : Portland dans le Maine et Provincetown situé sur la pointe de Cape Cod.

Attachez vos ceintures, c’est re ti-par !

Jour 1 – Homard City (13/11/2018)

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Ce matin, nous quittons Boston. Notre prochaine destination, Portland (Maine et pas Oregon, je précise – en gros, c’est le dark Portland – carrément moins cool que sa cousine ensoleillée – disons que c’est un peu moins hype et un peu plus « week-end au bord de la mer avec pull sur les épaules et Golden Retriever 😀 ) sera atteinte avec une voiture de location, que nous devons aller chercher à l’aéroport – situé non loin de notre Airbnb (que je recommande chaudement, une fois encore). James, notre hôte, nous propose très gentiment de nous y déposer directement. Dans la voiture, on discute un peu plus que d’habitude et il nous avoue être un fan énamouré de l’équipe des New England Patriots (on avait un peu deviné au vu des nombreux gadgets à leur effigie dans son appartement 🙂 ) et être détenteur d’un billet à l’année. Il nous dévoile aussi être originaire d’un patelin paumé de l’Illinois, d’avoir débarqué à Boston pour 5 ans et ne plus en être reparti depuis 30 ans. Boston est définitivement une ville dont on tombe amoureux. On repart le cœur un peu tristoune tant on a aimé l’ambiance et l’âme de cette ville.

Arrivés au Boston Logan Airport, on récupère les papiers de notre nouvelle titine auprès de Martin, un employé Avis pas très commode – le type, il m’a donné l’impression de passer la douane américaine 😛 (un peu style bidasse à la retraite – dont tu as l’impression qu’il va sortir une règle en bois pour te taper sur les doigts dès que tu commets la moindre approximation). On va ensuite récupérer une Hyundai pré checked-in (je déteste ce principe, j’ai toujours l’impression qu’on essaye de m’enfler quand on ne prend pas le temps de faire le tour d’une voiture de loc’ avec moi…) qui nous déçoit un peu après la fantastique Mitsubishi du Canada.

On roule quelques heures sous un pluie diluvienne avant d’atteindre Portland, Maine (et j’avoue réprimer un petit frisson d’excitation tant je voue un culte à Stephen King – dont bon nombre de romans plantent leur décor dans cet état – j’apprends même qu’il est né à Portland – inutile de vous dire que je fais ma flaque 🙂 ). Donc je bassine fortement Ludo en dissertant sur Stephen, mon Dieu à moi – en disant que je reconnais bien l’atmosphère toussa toussa 😉 et il accueille toute cette excitation d’un bref haussement de sourcils.

Notre premier objectif de la journée est d’aller manger un donut dans un spot assez réputé, répondant au doux nom de The Holy Donut, ces génies qui ont la particularité d’inclure des pommes de terre du Maine dans leur préparation. Mais là, premier hic, arrivés au centre-ville, c’est juste IMPOSSIBLE de se garer. Les règles de stationnement de la ville de Portland sont justes in-com-pré-hensibles. Du genre ‘stationnement interdit du 1 et 17 les mois pairs de 8h47 à 17h12 et réglementé les semaines paires de mois impairs de 9h43 à 22h01’. OK LES GARS, encore pire qu’au Canada 🙄 Les panneaux de stationnement se contredisent absolument tous et après une demi-heure à tourner sans trouver de place où l’on est sûrs de ne pas se prendre un gros chèque, on finit par devenir chèvre. On décide alors sagement d’aller se garer près de notre Airbnb du jour (où il est un peu tôt pour le check-in) et d’aller au centre-ville par nos propres moyens. Retour chez Holy Donut à pinces, en éliminant ces merveilles du paradis par avance (ha ha, même pas en rêve Manon, c’est directement sur le cul tout ça 😛 ).

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Arrivés dans ce temple du bonheur, on opte pour un classique, sans aucun glaçage, ainsi que pour un fourré aux pommes de Maine avec un léger glaçage à la cannelle. C’est officiel, en fait, je n’ai jamais vraiment su ce qu’étaient des ‘vrais’ donuts. Mais là, bordel, c’en est. C’est tellement délicieux, qu’après s’être pourléché les babines (et je peux vous dire que celui à la pomme doit avoir été créé par Hadès en personne) qu’on craque pour un autre donut diablement bon : le Dark Chocolate Sea Salt. Du chocolat noir, des petits cristaux de sel, un glaçage léger. Après ça, tu te dis que tu peux mourir foudroyé OKLM.

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Après cette orgie de donuts, c’est bien farcis que nous entamons une promenade dans la ville. Et effectivement, c’est Homard Town. Ça dégueule de cages et de bateaux de tous les côtés.

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Tous les restos proposent quantité de fruits de mer (il faut dire qu’on est en bord d’océan donc logique 😉 ), il y a un tas de micro-brasseries, de petites boutiques typiques sympa…En gros, c’est pas vraiment une ville pauvre ^^

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Je trouve même des voitures dont le capot surpasse presque mon mètre 62 !

Cependant, je sens qu’une question vous brûle les lèvres…Mais oui, POURQUOI Portland ? Au risque de vous décevoir, pas pour Seigneur King. A la base, nous sommes venus pour le Lobster Roll. Le mari de ma cousine (qui habite à Asheville, en Caroline du Nord) nous avait tannés lors d’une visite à Paris, en nous disant que Boston, c’était pas si chouette (menteur !!) et qu’on DEVAIT aller goûter le sandwich démoniaque réalisé par le food truck Bite Into Maine à Cape Elizabeth. Selon lui, ne pas le goûter revenait à rater sa vie, rien que ça 😆 Cela dit, j’étais plutôt enthousiaste à l’idée de visiter deux villes à taille humaine parmi notre road trip monstre de grandes mégapoles. Voici pour l’explication rapide.

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Après la joyeuse balade, nous retournons à notre Airbnb où nous sommes chaleureusement accueillis par Alex (qui nous confirme que même les locaux ne comprennent rien aux règles de stationnement de la ville 🙂 ) ainsi que par son fils (4-5 ans au garrot) et une amie à lui – qui sont en plein trip roi et reine de la jungle. Ils nous traînent par la main et nous font visiter leur tanière (le salon entièrement customisé, c’est assez drôle), il y a des serpents en peluche, des branchages, un feu de camp en Kapla, ça nous amuse et pour le coup, c’est très sympa (Alex a d’ailleurs l’air ravie qu’on joue le jeu). On s’installe dans une chambre privée cosy et propre (la salle de bain et les toilettes sont partagés, mais ça ne nous aura pas dérangé le moins du monde – cela dit, je ne la retrouve pas et je crois qu’elle a arrêté de faire Airbnb…Dommage !) – pour étudier les environs et ce que nous avons envie d’y faire. Vers 19h00, c’est une Manon et un Ludo absolument vaillants et plein d’enthousiasme à l’idée de s’enfourner du homard noyé dans la mayonnaise qui demandent conseil à leur hôtesse, qui indique deux adresses.

On décide d’aller boire un petit verre en attendant l’heure du repas. On se redirige vers le centre-ville, situé à 15 minutes à pied de notre logement et on atterrit au Thirsty Pig (le cochon assoiffé en VF 🙂 ).

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Ce bar propose des bières locales, ainsi qu’une vaste carte (sandwichs, hots dogs, salades) faisant honneur à leur large choix de saucisses maison (qu’ils vendent aussi sous vide à emporter) – le tout dans un cadre très sympa (et ça sent trèèèèès bon 😛 ).

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Après s’être sustentés d’un excellent breuvage, nous nous mettons donc en quête du fameux Graal et commençons à errer dans les rues de la ville. Nous sillonnons Portland au fil des conseils donnés par Alex, tournons les talons plusieurs fois avant de se regarder dans le blanc des yeux et de se demander (attention, cachez les yeux des enfants) : « toi aussi, t’as envie d’une saucisse ? ». Allez hop, retour au Thirsty Pig ! Et là les gars, je peux vous dire que ce fut une des émotions culinaires du séjour. On commence par un bretzel chaud généreusement enduit de beurre et accompagné de deux sauces : fromage fondu à la bière et mayonnaise à la moutarde. Divin. J’opte ensuite pour un Chicago Hot Dog accompagné d’un coleslaw au vinaigre.

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Ludo craque pour la Hot Italian Sausage avec salade de pommes de terre creamy à l’aneth.20181113_200914

OH. MY. GOD. C’était tellement bon que j’en salive encore rien qu’en l’écrivant. Et en plus, on s’en est tirés pour vraiment pas grand-chose au vu de la qualité servie…Que demande le peuple…On remballe les gaules à 21h00 avant de s’effondrer de sommeil comme deux loques.

Jour 2 – Virée chic à Cape Cod (14/11/2018)

Ce matin, on se réveille assez tôt, il faut dire qu’on est en semaine et que le fils d’Alex n’est pas dispensé d’école (et visiblement, c’est un peu le drame au moment de partir #viedeparent 😉 ). Pas grave, on a un peu de route, et on avait prévu de partir tôt de toute façon. On met donc les voiles toutes à 8h00 pétantes, se mettant en quête d’un endroit pour déjeuner. On arrive sur la jetée, mais on ne comprend tellement rien à ces maudits panneaux de stationnement (les trucs, tu me les aurais collés en berbère ancien que j’aurais été tout aussi avancée…), qu’on décide de squizzer le petit-déj et de partir pour notre prochaine destination : Provincetown, petite ville située tout au bout de la pointe de Cape Cod.

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Sauf que ce que Ludo n’a pas encore capté après pas loin de 7 années de vie commune, c’est que quand je ne petit-déjeune pas, je suis ronchon puissance 50000. Donc c’est parti pour 4 longues heures de route assez interminables avec une Manon foin-foin au possible. Ludo s’arrête à une station prendre des merdouilles infames pour ‘se caler’ (ie. des saloperies au beurre de cacahuète type Snickers, ce qui lui vaut des regards atterrés de ma part 🙄 Vous noterez qu’à ce moment du séjour, j’éprouve encore une certaine réserve culinaire – qui sera définitivement oubliée à Philly – où manger des chips à 10h00 du matin me semblera être d’une normalité absolue) et cède devant mes supplications affamées pour aller grignoter quelque chose à midi. Nous nous arrêtons donc dans la ville de Sandwich…pour manger un sandwich, ça ne s’invente pas !! Arrêt chez Cafe Chew !! Ludo s’enfourne une délicieuse soupe au maïs (selon l’expert, il faut ‘toujours choisir la soupe’, parce qu’en général, c’est frais du jour…je dois avouer qu’il n’a pas tort), et pour ma part, c’est un sandwich dont le contenu est très bon, mais le pain est juste dégueulasse. On sent le truc décongelé bien sécos qui me fait vraiment m’interroger sur l’utilité du truc…On sirote deux thés glacés maison (disponibles à volonté en refill, comme très souvent dans les restaurants aux USA – cela dit, la caissière m’ayant servi 50cl…avec cette satanée maladie des glaçons, même en plein mois de novembre…je dois dire que j’ai assez) et on disserte un peu, assez choqués de l’âge visiblement très avancé du personnel. La caissière et la serveuse ont toutes deux l’air d’avoir la soixantaine bien tapée…et chez nous c’est juste super rare de voir des personnes de cet âge servir dans un fast-food ou équivalent…on commence tout doucement à entrevoir l’envers de l’American Dream. Et ici encore, on a le droit à deux grands classiques : le tout-jetable et la tyrannie du TIP. Bien que l’on soit attablés sur place, absolument tout ce qu’on mange nous est servi dans des contenants jetables…et c’est vraiment dur de refuser quoi que ce soit, ils ont beaucoup de mal à comprendre (parce que pas habitués, je pense). Ecologie, zéro pointé. Deuzio, on nous encourage à laisser 20% de TIP sur la facture alors qu’on commande au comptoir et qu’on débarrasse nous-mêmes. Euh, je suis désolée, mais là, va falloir arrêter la pigeonnerie…Quand je suis dans un restaurant avec serveur.se.s à table, ok – mais là, on est dans de l’abus pur et simple…No way pour moi les cocos !

Après une dernière heure de route assez longue, nous arrivons enfin à Provincetown – qui compte à peu près 3000 habitant.e.s, mais qui fait un gigantesque bond jusqu’à 60000 en période estivale ! On sent la station balnéaire assez chicos et bourge, mais en gardant un petit côté artiste et bohème. C’est très, très beau. Nous sommes en bord de mer, il y a des galeries d’art partout, des drapeaux arc-en-ciel qui flottent à tous les coins de rue (cette ville est un haut lieu de la culture LGBT+) – l’atmosphère y est paisible. On s’y sent tout de suite bien.

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Nous arrivons vers 15h00 dans ce qui aura été le gros craquage logement du séjour (il en fallait bien un 😛 ) : une superbe maison ancienne entièrement rénovée, tenue par Ilene et Alli et affublée du curieux nom de « Roux ».

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Et là, on est pantois tellement c’est le top du top. La maison est HYPER originale, ça part dans toutes les sens niveau style – mais c’est fait avec un goût indéniable et surtout, qu’est-ce qu’on s’y sent bien !!

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Ilene nous annonce d’emblée que nous seront les seuls clients pour la nuit et que nous pouvons de ce fait choisir n’importe quelle chambre, sans supplément de prix. Ludo avait opté pour la moins chère (déjà superbe au demeurant), mais je dois dire qu’on ne s’est pas trop fait prier pour choisir la « Not your mama’s rules » (nouvellement renommée « Golden Hour »), toute parée de rose et de froufrous, avec lit king size et baignoire ancienne à pieds crochus. Les autres chambres ont des thèmes complètement barjot (« Poulet-vous » avec ses rideaux ornés de cocottes, « Blame it on Mozambique » avec son décor ethnique) …C’est super accueillant et chaleureux, on adore !!

Ilene et Ally nous convient également à un Happy Hour à 18h00, avec vin et snacks à disposition. D’habitude, elles organisent cela pour que les client.e.s se rencontrent et fassent connaissance – mais là, ça sera un apéro privé. Je dois dire que c’est bien la première fois que je séjourne dans un lieu qui propose ce genre de service et je suis ravie.

Nous allons ensuite nous promener dans Provincetown, car il est 15h30 et le soleil décline déjà. La ville est vraiment superbe.

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Comme on est hors saison, c’est désert au possible, mais on s’en moque complètement : on peut déambuler tranquille dans le calme…Il n’en fallait pas plus pour nous séduire. On croise moult studios d’art, toutes fermées, dont on admire les œuvres, on erre dans les galeries marchandes désertes (mais pleines de boutiques typiques).

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On sent que c’est une ville où…disons que ça palpe un peu 😀 On s’arrête dans un des seuls magasins ouverts et on s’offre un l’unique souvenir ‘acheté’ qui nous raccompagnera en France : une superbe plaque d’immatriculation du Massachussets, pour la modique somme de 10$. On termine notre virée sur la plage où l’on profite d’un coucher de soleil féérique (ce que je ne dis pas, c’est qu’il fait quasiment -15°C et que ça MEULE sévère !

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Mais je dois dire que ce qui nous entoure est tellement beau qu’on prend sur nous) avant de rentrer profiter de notre superbe Bed and Breakfast.

On fait un crochet dans une sorte de petite supérette de quartier qui vend des salades en tout genre ainsi que des produits alimentaires un peu chicos à usage quotidien. C’est HYPER cher, et j’ai l’impression que leur situation exclusive de seule micro-supérette ouverte fait qu’ils se lâchent un peu sur les tarifs…Et pour couronner le tout, la vendeuse est aimable comme une porte de prison + ne comprend rien à ce que je dis (et elle a l’air clairement soulée que je ne parle pas mieux anglais…euh oui, je fais ce que je peux miss !). Mais les restos étant encore plus chers, on sacrifie 30 dollars pour deux malheureuses salades accompagnées de crab cakes.

On rentre ensuite chez Roux où nos hôtesses nous ont concocté un Happy Hour aux petits soins, une bouteille de vin pour deux (on n’a même pas tout bu, on a été sages 😛 il faut dire qu’une deuxième nous attendait sagement dans notre chambre !), un fromage entier (c’était pas un truc fifou…plutôt genre Caprice des Dieux – mais quand le dernier bout de fromage vaguement correct que tu as mangé date de plus de 2 semaines, tu te jettes sur n’importe quoi 😆 ), des olives, du chocolat, des crackers…Un apéro de rois !

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On remonte dans la chambre se faire notre petit repas improvisé, avant de redescendre vers 21h00 pour boire un thé (proposé en libre-service) et aller fureter dans l’immense bibliothèque à disposition des client.e.s. On termine la soirée complètement morts de rires en feuilletant un livre sur la cuisine française SO années 80 et bourré de clichés – ce qui fait sourire Ally et Ilene, qui rentrent d’une soirée au restaurant au même moment et à qui on essaie d’expliquer le pourquoi de notre hilarité.

Jour 3 – The Shity day ou la pire journée jamais vécue en voyage (15/11/2018)

Aujourd’hui, nous nous levons tôt car nous avons un sacré périple à enquiller pour rejoindre notre prochaine destination : Philadelphia. Nous voici donc debout à 7h00 après une nuit dans un lit ABSOLUMENT fabuleux (élu pieu de ma vie, sans aucune hésitation 😀 ), remballant nos affaires rapidos. Ally et Ilene ont gentiment accepté de nous faire le petit-déjeuner plus tôt et nous descendons boire un tasse de « Strong French Coffee » (selon leurs dires, mais qui s’avèrera être un jus de chaussette américain de plus 😛 ). Nous dégustons ensuite une merveilleuse quiche aux oignons et olives avec des pommes de terre rôties cuisinées minute (et j’apprends d’ailleurs sur Trip Advisor que le petit-déj est différent chaque jour).

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Au final, Roux restera mon gros coup de cœur du séjour. Oui, les chambres ne sont pas données-données (environ 150$ la nuit pour deux personnes), mais pour la qualité de service qui est proposée, j’y aurai bien passé une semaine entière ! Nous quittons Ilene et Ally en les remerciant chaleureusement sur les coups de 8h00.

[Petite parenthèse destinée à celles et ceux qui voudraient y séjourner] J’ai récemment reçu un email d’Ilene et Allison, qui ont annoncé à leur clientèle qu’elles partaient en Californie et se lançaient dans le business des huiles essentielles bio. Le Bed and Breakfast a été repris par Steven et Michael, un couple d’anciens habitués, depuis début avril 2019 – mais je n’ai aucun doute quant au fait que ça restera tout aussi bien ! Juste que vous ne soyez pas surpris.es d’être accueilli.e.s par 2 mecs alors que je vous avais parlé de 2 femmes – elles sont juste parties changer le monde à l’autre bout des USA !

8h00 sonne donc le début de la route vers (la maudite) New Haven – où nous devons prendre un bus qui nous emmènera à Philadelphia. Et là, je sens que tout mon auditoire ne tient plus ‘’Mais Manon, POURQUOI DONC s’arrêter à mi-chemin pour prendre le bus ?’’. Parce que Ludo, les gars. Pour l’organisation du voyage, c’est lui qui s’est occupé de toute la partie ‘transports’ et j’ai pour ma part couvert toute la partie hébergement (sauf à Philadelphia). Et pour y aller, il s’est vite avéré qu’il faudrait passer par New-York – et ça, ça a commencé à méchamment démanger le slip de l’adorable cornichon dont je partage la vie depuis bientôt 10 ans. « Oui, mais tu te rends pas compte, conduire à New-York !!!! Et si on tombe dans les bouchons ???? Et si on n’arrive pas à se repérer ??? ». Oh ben dis donc, mon pauvre canard ! C’est un fait, bien qu’il habite désormais dans une ville relativement peuplée, Ludo reste un indécrottable garçon stressé de la campagne – qui chope des palpitations dès que lui vient l’idée de conduire dans une agglomération de plus d’1 million d’habitant.e.s (et ce bien qu’il soit bon conducteur…on ne se refait pas !). Big drama au pays des Woodstock. Ayant l’habitude de pratiquer la bête, je lui ai dit de gérer au mieux selon lui et de s’organiser en conséquence. Not my fucking problem 😉 D’où cette histoire de bus, nous permettant d’éviter la terrifiante jungle New-yorkaise aux grandes dents pendant les heures de pointe.

J’ai donc avalé les 4 looongues heures de voiture nous séparant de la gare routière de New Haven et là les mecs, ça a commencé à merder sévère. Mais BIEN SEVERE. Tu la connais, cette journée, dans n’importe quel voyage à l’étranger, où tu sens soudain poindre une légère odeur de crottin ? Eh bien la voici et je vais te la conter !

Arrivés à New Haven, nous avons donc rendu notre vaillant destrier (non sans encombre, le drop-off Avis était tellement mal indiqué qu’encore aujourd’hui je considère comme miraculeux le fait de l’avoir trouvé…) avant de tenter de trouver notre arrêt de bus « Peter Pan ». Ayant quadrillé les panneaux devant la gare et ne tombant que sur des ‘GreyHound’ (ie. la compagnie de bus concurrente), je me décide à aller faire un tour au comptoir du même nom pour demander des renseignements. L’employée a l’air extrêmement surprise quand je lui montre mon billet de bus : selon elle, Peter Pan ne dessert plus cette gare depuis des mois. Ah. A ce moment-là, je sors mon plus beau regard ‘cette journée sent le fumier’ avant d’aller de nouveau attendre devant la gare, en espérant que cette sensation dégueulasse qui m’étreint n’est qu’un pressentiment erroné. A l’heure fatidique, pas de bus. Etant donné que les transports en communs sont visiblement très mal gérés aux USA (en plus d’être quasiment inexistants), qu’on lit des dizaines d’histoires de bus qui ne sont jamais passés ou qui arrivent avec 4 heures de retard sans prévenir, on décide d’attendre 14h30…mais toujours pas de bus. Et à un moment, tu as beau essayer de te croire dans une réalité alternative où ton moyen de transport va se pointer dans une seconde tel le Messie, arrive tout de même le temps du ‘bon kékonfé ?’…parce qu’on est un peu coincés dans une gare dans laquelle on ne parvient même pas à se connecter au Wifi ! Je tente le train, mais un guichetier au demeurant très sympathique m’annonce qu’il ne reste plus qu’une place pour Philadelphia dans le train de 20h00 et que c’est 100$ le billet. Ouch. Il me dit que la solution serait éventuellement d’aller à New-York en train pour trouver une solution alternative – mais que comme nous sommes en période de Thanksgiving, on prend le gros risque de se retrouver coincés à NYC sans solution, et surtout sans hébergement. Bon, NEXT 😀

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Je retourne au comptoir Greyhound pleine d’espoir, mais la gentille employée étonnée du début a été remplacée par un affreux tire-au-flanc super désagréable – visiblement plus occupé à se peigner les cheveux qu’à me renseigner. J’arrive à lui arracher un prix à 120$ pour deux et un départ à 16h00. Histoire d’avoir toutes les options (et comme ce mec m’a passablement énervée), je retourne chez Avis pour voir si je peux relouer une voiture pour atteindre Philly – ce qui est possible pour 160$. Devant ma déconfiture manifeste, l’employé me propose de descendre à 138$.

On retourne dans le hall pour faire un choix et c’est à ce moment qu’un bus Peter Pan arrive comme une fleur juste devant la gare !! On court, dans tous nos états, faisant crisser les roulettes de nos valises – ça, y est on est sauvés, tout ne sera bientôt plus qu’un lointain cauchemar – on demande à la chauffeuse si elle se rend bien à Philadelphia, ça y est, le rêve prend vie……‘’NO’’ *referme la porte du bus sans plus d’explications*. Alors là, pour que vous situiez bien le truc, quand tu es dans une situation pareille dans un pays que tu ne connais pas et où tu es coupé d’internet, tu as très envie de pleurer. On s’assoit dans le hall pour le débrief final qui nous fait opter définitivement pour la voiture. Il est bientôt 16h00, on en a marre et on a juste envie de quitter cette ville pourrie (dont les hébergements sont excessivement chers par ailleurs).

C’était sans compter sur ces bons vieux salopards de chez Avis, qui nous ont filé la voiture la plus POURRAVE de leur cheptel : pneus dégonflés, phare droit non fonctionnel, plein seulement au ¾ et roulement me faisant sérieusement craindre un décrochage de roue. Mais bon, pas grave, on est on the road again et c’est tout ce qui compte. Enfin. Tout ce qui compte !

30 minutes après avoir pris la route, Ludo me fait remarquer que ce qui commence à tomber sur la route, c’est du grésil. Et soudain, BIM !! THE TEMPETE DE NEIGE. En 20 minutes, il y a 5 centimètres sur l’autoroute, notre bagnole patine sévère et c’est au bord de la crise de panique que nous prenons une sortie au hasard – parce que la conduite n’est tout simplement plus possible dans ces conditions.

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On finit par atterrir au Shake Shack situé à Darien. Nous sommes encore à 3h00 de Philly, il neige à crever et le seul mot que je suis à présent apte à prononcer est ‘grande bière’. On checke nos options en sirotant notre doux breuvage et en discutant avec les client.e.s et les employé.e.s qui sont toutes et tous très sympatoches. On devient vite la curiosité du restaurant ‘les français qui doivent se rendre à Philadelphia’ – les gens étant admiratifs face à l’espoir qui nous fait croire qu’on va encore pouvoir atteindre la ville ce soir – et j’avoue que ça me remonte un peu le moral ^^ L’autoroute étant fermée, les motels du coin étant tous miteux au possible et la météo n’ayant pas prévu de s’arranger avant 22h00, on décide d’attendre le plus longtemps possible, de prendre la route si c’est praticable ou de dormir dans la voiture.

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On mange un petit morceau, et je dois dire qu’ils servent des burgers d’assez bonne facture. Pas fan des frites crawlées, mais on a fait pire (et ce n’est certainement pas le moment de pinailler) ! On sympathise avec un employé (qui a l’air d’avoir 70 ans passés et qui balaye le sol du fast-food…dure réalité américaine, une fois de plus…) qui nous dit de faire attention à ne pas nous intoxiquer au monoxyde de carbone si on laisse tourner le moteur pour le chauffage. On apprend également qu’il habite à 20Km et qu’il envisage de rentrer à pied parce que sa femme ne conduit pas par temps de neige. ‘J’en ai vu bien d’autres’. Immense respect pour ce monsieur auquel je pense très souvent ❤ J’aurais bien proposé de le ramener, mais le piteux état de notre voiture rend la conduite sur neige impossible et on ne peut pas faire plus de quelques mètres…Quand le restaurant annonce fermer à cause des conditions météo, on décide (après avoir plaisanté avec le caissier sur le fait de s’associer pour ouvrir un Five Guys à Cannes – il était halluciné quand je lui ai expliqué que l’ouverture de fast food hyper banals chez eux étaient de vrais évènements chez nous 😀 ) de trouver le parking du fast-food 24/24 le plus proche – afin qu’on puisse éventuellement capter un Wifi et aller aux toilettes pendant la nuit si on dort dans la voiture. Notre ami de l’entretien nous aide à déneiger notre voiture avec son balai – et je suis très touchée par ce monsieur qui a l’air d’en avoir tellement bavé mais qui donne tant.

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Et là, en un claquement de doigt, il est 22h00, tu es sur le parking d’un Dunkin’ Donuts en train de frauder le Wifi sur le parking – dans ta bagnole, congelée de froid en train de tenter de te distraire avec un Mentalist. Ludo est complètement abattu. Il a à peine pu manger, il est prostré sur le siège conducteur en position fœtale – et je crois que si je n’avais pas réagi au milieu de la morosité générale en mode « Bordel de merde, maintenant, ça commence à bien faire cette journée !! », on serait encore sur ce parking à l’heure où je vous parle. C’est donc vers 23h00, après un 4ème épisode de Mentalist, que j’ai complètement craqué. ‘Passe-moi le volant, on arrivera à Philadelphia cette nuit même si je dois rouler pendant 10 heures’. « Oui mais si on se trompe de route, on n’aura pas de Wifi et on ne pourra pas se rediriger, on sera perdus au milieu de nulle part ». ‘Note l’itinéraire, je te désigne comme copilote officiel et tu n’as pas INTERÊT à te planter’. Ludo a donc obtempéré, a scrupuleusement noté chaque changement de direction jusqu’à Philadelphie dans les notes de son téléphone et…on est repartis, avec la pluie et 4 heures de route annoncées (de toute façon, on devait ABSOLUMENT être à Philly pour le lendemain, parce que c’était le jour de notre big craquage (ie. le match de basket ‘folie’ pour lequel nous avions dépensé 400$)).

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Patrick Jane, l’allié des situations désespérées…

A ce moment du séjour, j’étais tellement sur les nerfs que j’aurais pu conduire jusqu’à 6 heures du matin easy. J’ai donc roulé, roulé et encore roulé. Nous sommes arrivés à New-York vers 1h30 du matin. Ça glissait beaucoup par endroits, le roulement de la voiture faisait un boucan d’enfer et il y a avait un TAS de voitures accidentées – mais l’avantage, c’est que comme la route était déserte, dès que je sentais le véhicule déraper, je lâchais tout et je laissais faire, avant de reprendre ma voie. La dernière heure aura été extrêmement longue et dure-dure. J’ai papillonné un nombre incalculable de fois et il faut dire que les longues autoroutes américaines ultra monotones n’ont pas vraiment aidé.

Nous finissons par arriver à Philadelphia sur les coups de 4h00 du matin, délestés de pas loin de 200$ imprévus – entre l’essence, les péages et la location – mais indéniablement soulagés. Objectif ultime : aller se vautrer dans un Airbnb que l’on rêve accueillant et cosy.

On trouve de la place dans la rue, on sort les valises, on bataille un peu avec la boîte à clef du logement, la tête pleine de rêves…et là, (non ce n’est pas une blague) LE LOGEMENT EST JUSTE INFÂME. C’est dégueu, il y a des tâches partout, des poils, des cheveux, la salle de bain est ultra vétuste, le matelas est méga tâché avec un énorme creux milieu, le chauffage fait le bruit d’un réacteur d’avion…La totale. A cette heure-ci, une tuile supplémentaire me paraît tellement grotesque que j’en rigole. Comme il est 4h00 du mat’ et qu’on a pas d’autre solution, on décide de passer la nuit et je récite au moins 50 Ave Maria pour ne pas choper de punaises de lit dans ce bouge. On dort très mal, dans un appartement glacial.

Et cuuuuut !

Alors, qu’avez-vous pensé de ce petit bout de voyage ? Avez-vous déjà visité le Maine et la pointe de Cape Cod ? Une maxi galère de voyage à nous partager ? J’attends vos commentaires en frétillant tel un goujon des rivières.

Aller, j’vous laisse, j’ai un petit week-end en amoureux qui m’attend ❤

Homard Mayonnaise et Fucking Peter Pan.

Manon Woodstock

11 réflexions au sujet de “Les Woodstock à Portland et Cape Cod”

  1. quel galère le voyage vers Philly !! et le Airbnb pourriepour couronner le tout … 😦

    moi je n’ai pas encore connu de galère en voyage mais j’aime ton récit qui me donne envie d’aller aux USA, malgré tes galères !!!

    en plus la nourriture est top apparemment (je n’aurais pas cru !)

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    1. Hello roijoyeux, je te confirme que le voyage vers Philadelphia restera dans les annales pour très longtemps…Typiquement le genre de journée où tu as envie de régresser et de te rouler en boule en attendant que ça passe 😛
      Concernant la nourriture aux Etats-Unis, on en a entendu des vertes et des pas mûres… »c’est dégueulasse » « A New-York, j’ai pas mangé UN truc correct » (et toi de te dire « What ? Tu vas me faire croire qu’il n’y a AUCUN bon restaurant dans l’une des plus grandes villes du monde ?? ») et franchement, on a très bien mangé tout du long (on avait eu affaire aux mêmes préjugés avant notre voyage en Irlande et c’était ultra bon tout le séjour !) ! Mis à part un ou deux trucs moyen en un bon mois, on se sera toujours régalés…On a même découvert que les américains étaient vraiment les rois du sandwich (on est vraiment des petits joueurs à côté !) et on aura fait de super trouvailles culinaires ! Après, je crois que beaucoup d’européen.ne.s ont du mal (encore plus en tant que français.e.s) à sortir de leur posture de « ah, j’habite le continent de la gastronomie tavu » qui savent tout mieux que tout le monde…Une fois qu’on est sortis de notre bulle, on se familiarise avec un tout autre monde – et avec le recul, MERCI les bagels, les grilled cheese, les hot dogs, la soul food, la cuisine vietnamienne, coréenne, népalaise…et j’en passe 😛
      Passe une belle journée !

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      1. la présentation est moins belle dans les restos US d’après ce que je vois … mais merci des infos car j’ai envie d’y aller et je suis content qu’on y mange bien. Belle soirée

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  2. J’ai dévoré ton article (et l’écran de mon téléphone quand tu parlais et montrais certains de vos repas ;-)) Un vrai roman d’aventures !!! J’ai souri, j’ai ri, j’ai salivé, j’ai stressé, j’ai eu envie de partir visiter ces coins des États-Unis… bref j’ai adoré ! Faut que j’aille lire les épisodes précédents ! Merci Manon 😊😘

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    1. Hello Séverine, merci pour ton commentaire 🙂 S’il y a un truc qu’on ne pourra pas retirer aux USA, c’est qu’on y aura extrêmement bien mangé – contrairement à la légende urbaine qui voudrait que le pays ne soit qu’un ramassis de fast-foods insipides 😉 J’ai hâte de raconter les dernière étapes de ce périple au long cours – et serait ravie de te lire sous d’autres aventures déjà contées 🙂 Passe une belle journée !

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      1. J’ai mangé les meilleurs hamburgers de ma vie à New-York dans un petit resto qui payait pas de mine ! Ah la la, qu’est-ce que j’aimerais retourner à New-York (pas que pour les hamburgers lol ;-)) et faire enfin découvrir à mon chéri cette ville qui m’avait éblouie ! Mais à te lire c’est un road-trip de tous les Etats-Unis que je vais avoir envie de faire 😉

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  3. Hello !!! Alors là on pourra dire que vous avez eu pas mal de tuiles… mais au final tout est bien qui fini bien je présume, donc ça va !!! Les US étant mon pays préféré, j’ai vraiment hâte de voir par moi-même toutes ces villes dont tu parles, ça me fait rêver ! Merci pour ce bel article 🙂

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    1. Hello, merci pour ton commentaire 😉 En effet, le voyage à Philly restera dans les annales comme l’un des transits les plus pourri de notre vie – en général, dans chaque voyage, il y a toujours une journée pourrave et là, c’était juste bien comme il faut ^^ J’ai hâte d’avoir ton retour si tu prévois de visiter ces villes à ton tour ! Belle journée à toi sous le soleil (ou pas ?) néo-zélandais !

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