Quotidien Green

La voiture électrique: un conte écolo qui sent le souffre

Bonjour, Bonjour la compagnie ! Comment allez-vous en ce merveilleux vendredi ? Pour moi, tout baigne – si on occulte une fatigue rampante qui menace de me faire basculer dans un dangereux abîme, que je vais tenter de combler à coup de siestes bienvenues dès ce week-end 😉 Si j’en juge par les nombreuses réactions courroucées que j’ai reçues toute la semaine, en mode « comment ça pas de publication de Manon Woodstock, c’est quoi ce binn’s ? », je note que mon absence de lundi a été fort remarquée 😀 On a été au bord de l’émeute, la population brandissant torches et fourches en bas de chez moi, réclamant à corps et à cri mon billet d’humeur ! (Ma maman et son amoureux ont même dû acheter le journal pour combler cette absence inadmissible, c’est dire si je me fous de la gueule du monde 😆 ). Sauf que moi, j’ai décidé de prendre un peu plus soin de moi et surtout, de m’écouter. Je l’avais évoqué dans le bilan de mes deux ans de blogging et que vous dire mis à part : aussitôt annoncé, aussitôt appliqué. Et quoi qu’il en soit, cette journée de lundi a été une vraie plaie. Alors que j’avais posé congé pour avancer comme jamais sur mon projet professionnel, absolument TOUT a été de travers.

Vous connaissez ce genre de journée où tout ce que vous tentez de faire se solde par un échec retentissant ? Eh ben mon lundi a été de celles-là. Alors que je comptais boucler la rédaction de ma future offre, j’ai soudain été prise dans le feu nourri de la guéguerre Apple VS le reste du monde, rendant catégoriquement impossible la lecture d’un document élaboré sous environnement PC – cornichonnerie qui m’a amenée à envisager de travailler sur mon téléphone (trouveras-tu une fausse bonne idée dans la phrase précédente ?), ce qui, cela va s’en dire, a achevé de me faire péter un câble…et de renvoyer ma rédaction d’offre aux calendes grecques, non sans pester vigoureusement contre la technologie 😛 On est moins déçu.e.s avec une feuille et du papier, c’est moi qui vous le dit ! Puis, il a fallu s’occuper de la migration prochaine de mon blog – qui a bien failli m’arracher des sanglots déchirants (en gros, pour moi, le site internet d’OVH = mandarin sub-oriental) et je remercie encore Manon Godard, ma future webdesigner – pour l’apport des brillantes lumières qui m’ont permis d’acquérir un hébergement sans éclater en sanglots. Alors après tout ça, rédiger un article sur mon téléphone ou sur ma tablette capricieuse ? Vraiment ? No way les gars ! J’ai préféré consacrer le reste de ma journée à faire quelque chose de productif, c’est-à-dire à aller barboter (dans un fond d’eau très chaude, j’essaye de rester aussi écolo que possible malgré mon amour pour les bains) tout en faisant des sudokus et en me délectant de la vapeur. Le top de la productivité. N’empêche, je suis quand même vachement fière d’avoir lâché prise et d’avoir pris toutes ces couilles pour des signes que je devais peut-être ralentir et prendre un peu de temps pour moi.

Donc ouai, faut vous habituer. Des fois, je ne serais plus là, comme ça, pouf ! Sans prévenir. Parce que j’ai besoin d’une pause, que je suis fatiguée ou que j’ai 1000 autres choses à faire. Et je suis très fière de commencer à mettre en place (avec succès !) ce nouveau mode d’auto-écoute.

Aller, trêve de blabla, parce qu’aujourd’hui, on est repartis pour une longue et dangereuse enquête dont j’ai le secret et que vous aimez tant. Cela fait maintenant de nombreux mois que je ne sais plus sur quel pied danser avec la voiture électrique, toute prise entre deux feux que je suis par, d’un côté, les proches qui s’équipent et qui sont persuadés d’améliorer leur empreinte écologique, et d’autres qui crachent tout leur venin sur cette pauvre Zoé dès que l’occasion se présente. Pour ma part, j’étais, avant de rédiger cet article, plutôt dans le camp des opposant.e.s – y voyant en l’espèce une tentative à peine masquée des industriels de remplacer le parc automobile mondial en plaçant leur gros doigt boudiné et orné d’une chevalière en or pile sur notre culpabilité environnementale – le tout en nous vendant un truc pas si clean que ça. Dans le cas présent, après moult lectures, je me permets de mettre de l’eau dans mon vin et de nuancer un peu – sans tomber dans la démagogie écolo qui voudrait ne voir qu’un seul côté de la pièce. Oui, la voiture électrique est polluante – mais elle n’est pas inintéressante pour autant. On est partis pour une petite enquête des familles ?

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La voiture électrique – Késako ?

Bon, je vais essayer de ne pas tomber dans le ‘kessessé’ totalement basique – notamment parce que je pense que tout le monde a une idée plus ou moins globale de ce qu’est une voiture électrique. Rien que vague. Pour ma part, le doux bruit très étrange produit par ce véhicule ne manquant pas de me faire sursauter dès qu’un spécimen passe à côté de moi (j’ai la désagréable impression de me faire survoler par un drone), je classe ça dans la catégorie « robots qui m’effraient » (qui comprend également les aspirateurs « Wall-E » et les barrières automatiques dont j’ai une terreur absolue, persuadée que je vais me les prendre sur la tronche…).

Donc voilà, z’avez une voiture, z’avez une batterie qui permet d’accumuler l’électricité et qui sert à faire tourner docilement ces petites bêtes – un plein d’électricité vous permettant une autonomie de 270km pour la Nissan Leaf à 482km pour la Hyundai Kona. Le plein se fait soit chez vous (suite à l’installation d’une prise de recharge adaptée à votre véhicule, soit sur une des nombreuses bornes disponibles un peu partout dans le monde. Voilà pour la vulgarisation à l’extrême, parce que nous conviendrons vous comme moi que nous ne sommes pas vraiment là pour parler Watt, mécanique des fluides et autres trucs qui pompent l’air à à peu près tout le monde.

Donc quand on voit la jolie pub de la Leaf, glissant telle une feuille de peuplier sur l’eau à travers une forêt so green et que le constructeur nous sort THE info, tel un véritable pompon sur la Garonne : tout ce beau monde fonctionnerait sans aucune émission de Co2…Tu te rends compte Jacqueline ?? inutile de vous dire que j’en connais plus d’un.e qui jetterait son slip dans les airs pour foncer illico chez Nissan.

Sauf que. La voiture électrique a vite été présentée comme LA solution à tous nos malheurs écolo, notamment par les gouvernements et les industriels – et ça, il faut dire que c’était déjà tout de suite un peu plus louche. Certain.e.s ont commencé à sentir la couille pointer dans le potage et à aller faire des recherches. C’est ainsi que la voiture électrique est devenue extrêmement malaimée dans de nombreux milieux écolo, au point que je n’avais plus que deux arguments à me mettre sous la dent. « C’est Satan » ou « C’est génial ».

Mais comme je sais d’expérience que la vérité se situe trèèèèès souvent pile entre les deux et rarement aux extrêmes, j’ai décidé de mener moi-même ma petite enquête pour vous livrer mon ressenti (qui n’appartient qu’à moi, hein – pas la peine de m’accuser de prosélytisme zélé ou de quoi que ce soit – je ne fais que donner mon humble opinion à l’instant T). Et je dois dire que les premières trouvailles ne sont en effet pas bien brillantes.

Des ressources rares très problématiques.

Le 1er début de couille au niveau de notre chère électro-auto, c’est l’utilisation de métaux rares dans sa construction, notamment celle de sa batterie (qui a, pour la petite histoire, une durée de vie de 150000 km minimum, soit la moitié du kilométrage attendu d’une voiture classique – pour la petite histoire, sur ma précédente voiture – la bien-nommée C3 Mobile, j’ai tout de même changé la batterie 2 fois en 250000 kilomètres).

L’extraction des métaux rares et moins rares, en fait, ça pose problème ! De uno parce que c’est très polluant et de deuzio, parce que ça a souvent lieu dans des régions où les conditions de travail sont disons…assez moyennos, pour schématiser grossièrement.

Les métaux rares (et moins rares) viennent souvent de pays ou de régions en voie de développement, dans lesquel.le.s la législation sociale et environnementale est souvent très faible ou nulle : exploitation des populations, pollution à grande échelle et mise en danger au niveau local ne sont que des conséquences parmi tant d’autres. Je peux citer, pêle-mêle, les mines de cobalt en République Démocratique du Congo et autre exemple qui me vient spontanément en tête, les exploitations de terres rares en Chine qui donnent lieu à des drames humains absolument insoutenables (selon Guillaume Pitron, auteur du livre ‘La guerre des métaux rares’, l’eau des villages les plus proches des exploitations est très souvent empoisonnée – certains devenant réputés pour leur…taux de cancer 😦 ).

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Pour la petite info supplémentaire, les batteries lithium-ion embarquées dans les véhicules seraient extrêmement gourmandes en métaux rares (4 fois plus gourmandes que leurs copines traditionnelles selon Guigui Pitron) – notamment lors de leur fabrication…et comment vous dire que voili voilou, l’extraction de ces derniers ne se faisant pas à coup de corne de licorne, mais bien souvent à grand renforts de produits chimiques et d’autres techniques tout aussi caca pour la planète (et encore, je passe sur les rejets qui se font souvent directement dans les sols et dans les courts d’eau), eh ben ça cause une pollution irrémédiable et une détresse sociale grandissante (en ref’ à l’absence de CDI avec congés payés et assurance maladie + aux cancers des habitant.e.s) dans de nombreuses régions. Moyen moyen, n’est-ce pas ?

Mais le plus fou dans toute cette histoire, c’est que les produits des batteries seraient entièrement recyclables ! Donc là, tout le monde se dit ‘Mais c’est super !! Allez, hop, on remballe tout Michel, filons chez Renaud acquérir cette bonne vielle Zoé’ – sauf qu’en fait…le coût de ce recyclage est encore très élevé – ce que les constructeurs automobiles ne veulent pour l’heure par assumer. Ah ben merde alors ! C’était pourtant un si beau conte de fée !!

De plus, selon les spécialistes (rahhhh j’adore cette phrase qui a le don d’enfoncer des portes ouvertes, surtout quand elle n’est pas sourcée pour un sou – Aller, laissez-moi ce petit plaisir, je vous en prie ! Vous pouvez aller vérifier ma biblio, c’est indiqué dans presque chaque article de toute façon 😛 ) la demande en lithium, qui n’est pas considéré comme une ressource rare, risque fort de péter le plafond ces prochaines années, au risque de poser un réel problème sur le long terme si la demande en véhicules électriques venait à s’accroître fortement. Il n’y aurait apparemment que 14 millions de tonnes de lithium économiquement exploitables sur la planète, ce qui serait très insuffisant pour faire de la voiture électrique le mode de transport du futur (et ne pourra jamais permettre de couvrir les besoins du parc automobile mondial). Lithium dont l’extraction nécessite également, il faut le préciser, une quantité d’eau visiblement pharaonique.

Autre problème souci majeur qui risque fort de nous péter à la gueule : la localisation des ressources rares est extrêmement concentrée. En gros, pour les nullos en géo, y en a pas partout. Tout le monde n’a pas du scandium sous le parterre de géraniums de son jardin. Les terres rares étant majoritairement situées en Chine et le lithium en Amérique Latine (Argentine, Bolivie, Chili), on craint déjà des futures ententes sur les prix débouchant sur de potentielles pénuries (en prenant plus ou moins exemple sur les magouilleurs de l’OPEP – Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole).

On est donc, à mon sens, dans la configuration classique des pays occidentaux qui se vautrent dans le greenwashing – et dans le cas de la voiture électrique, nous ne sommes que dans une délocalisation de la pollution dans des pays bien plus pauvres. Du très grand classique. On se donne bonne conscience tout en fermant outrageusement les yeux sur les contradictions de ce mode de transport et du mal qu’il cause – le plus loin de nous si possible, pour qu’on continue à réussir à avaler notre tartine au petit-déj’.

On déplace la pollution à l’autre bout du monde, juste pour se donner bonne conscience. Mais en réalité, ce n’est même pas le seul problème…Aller v’nez, je vous emmène dans une autre pièce !

L’électricité, clean, vraiment ?

Premièrement, l’article d’Usbek et Rica dans lequel j’ai découvert notre fier Guigui m’apprend que la construction d’une voiture électrique nécessiterait 3 à 4 fois plus d’énergie qu’une voiture classique. Premier mauvais point. La construction des véhicules électriques est en effet très énergivore, la réalisation des batteries nécessitant l’usage de four très haute température qui plombent considérablement l’addition. Des ingénieur.e.s seraient en train de potasser sur le sujet – mais les résultats n’ont pas encore l’air d’être au rendez-vous.

Deuzio, selon une étude menée par la Revue Natura Energy, les voitures électriques auraient tendance à être rechargées pendant les heures pleines – en plein pic de consommation d’électricité. Et là, eh ben tu fais juste péter les compteurs de Co2 mon coco ! Parce que pour te fournir ta petite électricité, les centrales à charbon tournent à plein régime…et rejettent plus. Dire qu’une voiture électrique n’émet pas de Co2 est entièrement faux : elle en émet bel et bien, mais – et c’est là que c’est assez pervers – de manière totalement détournée.

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En 2017, comme le montre un très joli camembert sur le site de ces escrocs de chez EDF, la consommation mondiale d’électricité se repose encore grandement sur le thermique à flamme (65,1% – dont fait partie le charbon). Donc l’effet des voitures électriiques est pour ainsi dire nul, voir pire dans les pays qui sont encore à fond dans le trip ‘j’aime la houille’ comme la Chine ou les USA, pour ne citer qu’eux. Déployer une cohorte de véhicules électriques n’a aucun sens si on continue à produire l’électricité à partir d’énergies fossiles ultra polluantes.

Cependant, en France, pays qui ne fait décidément rien comme les autres, c’est le nucléaire qui représente 71,6% de la production énergétique (contre 10,4% dans le reste du monde, à titre indicatif). Certes, la production d’énergie est largement décarbonée toussa toussa, mais on s’est détourné de la peste pour le choléra là les gars !!! Coucou les centrales nucléaires et leurs déchets hautement dangereux et non-recyclables qu’on ne sait toujours pas comment stocker sans risque ! La conclusion est donc plus ou moins la même : en France (même si les véhicules électriques ne représentent pour l’instant que 0.2% du parc automobile): plus de rechargement aux heures pleines = centrales nucléaires qui tournent plus = multiplication des déchets nucléaires non-recyclables.

Cela dit, une autre étude, menée par l’université VUB de Bruxelles et réalisée pour l’ONG Transport & Environment tempère un peu les choses en soulignant qu’au niveau global, une voiture électrique émettrait 25% de Co2 en moins dans un pays comme la Pologne (où la production d’électricité est grandement tributaire du charbon) et 80% de moins en France – où l’énergie est essentiellement nucléaire. Donc ça serait effectivement un peu moins dégueulasse pour l’environnement, mais d’un certain côté seulement – sans considérer le problème dans sa globalité. Selon moi, ça ne règle pas le problème des déchets nucléaires qu’on ne sait pour le moment pas recycler, préférant les stocker sous terre dans des sites comme celui de Bure, malgré les risques maintes fois prouvés du procédé.

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Je vous conseille, pour terminer cette partie, d’aller lire un bon article trouvé sur Médiapart, assez détaillé et qui vulgarise assez bien le principe de consommation d’énergie…mais qui m’a un peu soûlée sur certains points notamment avec cette espèce d’obsession pour les bobos. ‘Piège à bobos’ ‘mirage à bobos’ ‘déculpablisateur à bobos’. Comment te dire que ta gueule quoi ? J’en ai, mais marre de lire partout que ce sont de faux écolos, des faux convaincus…Je crois qu’on se trompe VRAIMENT de cible là…C’est quand qu’on arrête d’accuser les bobos de tous les maux de la terre ? Et puis, c’est quoi un bobo ? Une catégorie aussi vague et inutile que les millenials à mon humble avis ! Mais l’article reste intéressant, donc allez-y – en occultant cette haine du bobo – que je n’arrive pour ma part toujours pas à définir (parce que largement fantasmé, à mon sens !).

Une solution aussi polluante qu’une autre…VS des critiques assez hypocrites.

Force est donc de constater, après l’examen de ces quelques points, qu’on est quand même très loin du zéro émission promis par les industriels. Ces derniers jouent volontiers avec notre éco-culpabilité en usant d’arguments marketing assez mensongers, et ça je trouve que c’est juste dégueulasse. D’ailleurs, quand est-ce qu’on attaque ces cons pour publicité mensongère ? Parce que je suis désolée, mais c’est juste ce que c’est.

Dans un rapport de 2016, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) écrit noir sur blanc que dans la globalité et sur toute la durée de vie du véhicule, un modèle électrique a à peu près la même empreinte écologique qu’un véhicule diesel ou essence. L’empreinte énergétique serait effectivement drastiquement diminuée si elle venait du photovoltaïque ou de l’éolien…mais là encore, c’est pas « zéro-émission » ces machins-là ! Eux aussi nécessitent des ressources rares et ne sont pas 100% clean pour autant. Oui, c’est mieux que les centrales à charbon ou les centrales nucléaires, mais ce n’est pas la panacée pour autant !

Ce qui est absolument déplorable, et l’article d’Usbek et Rica le souligne bien, c’est que l’Etat investit en masse dans les véhicules électriques alors même qu’il délaisse totalement les réseaux de transports en communs, qui représentent une vraie alternative et diminuent la facture énergétique. Pendant qu’on arrose généreusement Zoé (et la e-Tron de chez Audi – MAIS QU’EST-CE qui est passé par la tête des gars du marketing, hein ?? Dites-le-moi !) et consorts de subventions, on laisse le réseau SNCF partir en décrépitude, on ferme toutes les petites lignes, on coupe du monde des villages entiers – dont les habitant.e.s sont alors obligé.e.s de se déplacer en bagnole pour garder un semblant de vie sociale. C’est une évidence, quand le gouvernement nous sort une campagne de pub de folie pour l’électrique, c’est autant d’argent et de place médiatique qui n’est pas utilisé pour rénover les réseaux de transports collectifs, promouvoir le vélo ou même la marche à pied (parce que non, j’en suis la preuve vivante, se servir de ses deux jambes n’a jamais tué personne).

Je n’oublie pas non plus que le grand plan Climat de notre regretté Nicolas H. (qui doit à présent jouer à la canasta devant un canon de blanc au PMU du coin pour soigner ses angoisses existentielles), avait évoqué l’arrêt de la production et de la vente des voitures diesel et essence dès 2040 – quand bien même l’électrique n’est encore qu’une solution très insatisfaisante. Et je trouve que c’est inquiétant de se dire, ‘dans 20 ans, on mise tout sur l’électrique’, alors qu’on connaît déjà pertinemment les problèmes épineux que ça pose. Ça fait très ‘pari sur le futur’ peu assuré tout ça.

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Cela dit, je trouve aussi, et ça ne tient qu’à moi, qu’il y a une certaine forme d’hypocrisie chez les détracteurs forcenés de la voiture électrique. Je constate tout de même que le fait d’avoir des tablettes, des smartphones, des téléviseurs, des ordinateurs et autres gadgets électroniques – et d’en changer très régulièrement – n’a visiblement pas l’air d’effleurer la conscience de certain.e.s, ni de pointer l’énorme contradiction de leur discours. Certes, les batteries des voitures électriques sont polluantes et peu recyclées pour le moment – mais les cocos, vous croyez qu’il va où votre Samsung Galaxy S45 s’il ne peut plus être reconditionné ? Et l’écran de votre ordi sur lequel vous lisez cet article à l’instant même quand il sera fichu et irréparable ? En décharge mon pote et figure-toi que c’est tout aussi polluant !! Des ressources rares, on en utilise de plus en plus pour tout. Alors et si on réfléchissait juste deux secondes à comment les diminuer dans notre quotidien ou alors à trouver des méthodes pour rendre leur recyclage viable ? Je constate aussi que j’ai changé deux fois de batterie pour ma précédent bagnole (qui était au diesel), qu’elles ont probablement été en décharge – alors que je n’aurais probablement changé qu’une fois avec la voiture électrique. On oublie de prendre en compte toutes les pièces qu’on change sur une voiture classique et on a tendance à ne voir qu’un seul côté de la pièce…

Je ne sais pas combien un téléphone ou une tablette contient de ressources rares, mais permettez-moi d’avancer le fait que le commun des mortels achète plus de portables que de voitures et que l’échelle n’est donc pas la même. Je ne dis pas que la quantité de ressources rares est équivalente – mais la question se pose. Pourquoi psychoter sur la voiture électrique alors que des centaines d’autres objets du quotidien, bien plus souvent renouvelés, posent également problème ? Je trouve que ça manque de vision d’ensemble, comme souvent…C’est un peu comme la polémique sur le glyphosate sur laquelle on se focalise complètement alors que des milliers d’autres produits posent problèmes. Certes, la voiture électrique n’est pas propre, c’est tout simplement faux d’avancer un tel argument – mais il faut garder en tête que ça reste un symbole et que d’autres objets posent aussi un réel souci écologique.

Et si les modalités étaient différentes ?

Partons d’un postulat simple : et si on découvrait une manière efficace de recycler les matériaux rares (et moins rares) nécessaires à la construction des voitures électriques ? Et si on inventait une nouvelle manière révolutionnaire de capter une énergie 100% renouvelable, en utilisant le moins de ressources possibles ? Si on se base sur ses postulats, la voiture électrique deviendrait alors une solution réellement intéressante !

Pour l’instant, il n’y a aucune obligation légale de recycler intégralement les batteries au lithium contenues dans les voitures électriques. Selon l’article de Médiapart, j’apprends que la directive européenne 2006/66/CE de septembre 2006 impose un recyclage de 65% minimum des batteries au plomb, de 75% mini pour celles au nickel/cadmium et de 50% mini pour toutes les autres (dont fait partie celle au lithium). J’ai tendance à ne pas placer mes espoirs dans la législation, mais au fond, qui sait ? Qui dit qu’on ne va pas imposer un recyclage bien plus drastique et donc viable dans les années à venir ? ça peut peut-être paraître naïf, mais ça reste une possibilité parmi tant d’autres – et en tout cas, je préfère largement garder un peu d’espoir que de me conformer à la vision cauchemardesque que les plus pessimistes d’entre nous voudraient nous imposer à gros coups de godillot – comme s’ils détenaient une forme de savoir universel. Certes, l’état actuel des choses ne laisse guère présager ça, mais au fond, qui sait ? Qui a une boule de cristal lui permettant de prédire l’avenir ? Personne.

J’ai aussi été piocher un peu chez Mr Mondialisation, qui tempère quand même vachement les choses, en disant notamment que si la voiture électrique n’est encore pas viable d’un point de vue écologique, il y a cependant de bons espoirs pour qu’elle le devienne un jour. Rappelons que nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements et que Tesla – par exemple – promet des batteries recyclées à 90%, ainsi que sans métaux lourds et biodégradables. Pour tout vous dire, j’ai été assez étonnée de découvrir qu’ils avaient l’air assez pro-voitures électriques – mais cela dit, pourquoi pas ! Je ne suis pas de celles qui ont une vision manichéenne du monde – pour moi tout est plus gris que noir et blanc. Je suis persuadée que l’humanité a les ressources pour faire en sorte que les batteries des voitures électriques deviennent 100% recyclables et pour trouver des sources d’énergies propres et renouvelables. Mais. Restent l’omnipotence des lobbies du nucléaire, du charbon, du pétrole et de l’électrique – et cette insupportable mode du greenwashing à coup de publicités mensongères qui font qu’on est pas sorti.e.s du bois.

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Il y a aussi un autre point qui m’inquiète réellement : selon nombre d’articles que j’ai lu, on court droit à la discrimination écologique – et je crois bien qu’on en prend malheureusement le chemin…Alors que l’Etat a mis en place des subventions et des avantages assez faramineux pour qui passe à l’électrique (bonus écologique de 6000€, prime supplémentaire à la conversion jusqu’à 4000€, carte grise gratuite, possibilité de se déplacer même en cas de pics de pollution, etc.) – on se retrouve confronté à l’envers du décor : l’interdiction de la vente des voitures ‘conventionnelles’ d’ici 2040 va très certainement faire exploser le coût de l’occasion – et, l’Etat étant tout à fait capable de nous pondre une taxe sur ces véhicules, ça sera triple peine pour les catégories les moins aisées de la population : impossibilité d’acquérir un véhicule électrique (qui reste très cher malgré les subventions), de se déplacer en cas de pic de pollution, sans oublier la taxation des véhicule essence/diesel (avec une flambée des prix des carburants à la clef, sans aucun doute). Et paf, dans votre gueule les pauvres ! Z’avez qu’à vous déplacer à pied bande de faignasses ! Dans un monde où on encourage les personnes au chômage à être ultra mobiles et d’accepter des emplois qui obligent à faire toujours plus de kilomètres, on marche sur la tête. Pour la faire courte, celles et ceux qui en auront les moyens pourront rouler et se déplacer, tandis que les pauvres seront bien emmerdé.e.s #histoiredumonde

En conclusion, même si j’ai mis de l’eau dans mon vin quant à la voiture électrique et que j’ai appris à considérer ses inconvénients tout comme ses avantages, je reste persuadée que ça pue le bon filon industriel, l’idée de croissance infinie à plein nez – ET qui surfe sur notre culpabilité écolo par-dessus le marché. La solution n’est pas là. En tout cas, pas pour le moment. A l’heure actuelle, une voiture électrique est équivalemment polluante par rapport à la voiture conventionnelle et je crois qu’il est bon de le rappeler encore et encore. Je sais que celles et ceux qui optent pour cette solution pensent (et veulent) bien faire – mais à l’heure actuelle, on vous ment les gars ! #complotisme #zone51

La vraie solution serait déjà de commencer à repenser nos déplacements, à opter un maximum pour les déplacements à pied, en vélo, avec les transports en commun (train, bus…) et en covoiturage quand on en a l’opportunité – afin de n’opter pour la voiture qu’en dernier ressort. C’est aussi accepter – notamment pour les déplacements d’agrément (pour les loisirs, les vacances, etc.) d’aller moins loin et d’intégrer le fait qu’il n’est pas souhaitable d’être partout à la fois.

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En conclusion : un soupçon de bon sens, une pincée de ralentissement et un peu de pommade anti-greenwashing. Aller, v’là mes sources :

Alors les cocos, qu’avez-vous pensé de cette enquête ? Avez-vous une voiture électrique ? Si oui, aviez-vous toutes ces informations à disposition ? Et plus généralement, quel est votre avis sur la question ? Vous vous en foutez et vous avez envie de me parler de la loutre du Canada ? Qu’importe, venez cher.e.s ami.e.s ! Je prends toutes les belles choses que vous aurez à me dire.

Il ne reste qu’à vous souhaiter un week-end enchanteur et à vous envoyer une pluie de baisers.

Charbon Calciné et Batterie Déchargée.

Manon Woodstock.

19 réflexions au sujet de “La voiture électrique: un conte écolo qui sent le souffre”

  1. La loutre du Canada est une espèce de loutres vivant en Amérique du Nord. On trouve évidemment cette loutre dans les fleuves mais aussi dans les lacs, les rivières, les marais côtiers, les baies maritimes et même les…

    OK j’arrête !

    Pour en revenir au sujet de ton post, j’ajouterais, comme véritable solution qui éviterait carrément d’utiliser tout véhicule pour les trajets maison-boulot, qui représentent quand même une majorité des trajets que nous faisons quotidiennement, un VRAI développement du télétravail. Je ne comprends toujours pas pourquoi, à l’heure actuelle, les patrons français sont toujours si frileux concernant ce sujet… Le télétravail est selon moi la solution à bien des problèmes : non seulement la pollution, mais aussi le stress engendré par les embouteillages, l’absentéisme à cause des gamins malades, ou parce qu’on s’est pété une jambe et qu’on ne peut donc pas conduire, etc.
    Bref, le gouvernement devrait imposer des quotas de salariés en télétravail (concernant bien sûr les secteurs où c’est possible), ce qui diminuerait drastiquement le nombre de bagnoles sur les routes à 8h et à 17h-18h. (bon j’avoue que c’est aussi un plaidoyer pour moi car franchement, je suis de plus en plus démotivée à l’idée de devoir m’habiller, me préparer, préparer ma boîte de bouffe, prendre ma bagnole, supporter certains symptômes de mon côlon irritable en serrant les dents pour faire bonne figure au lieu de rester chez moi à bosser avec le coussin chauffant sur le bidou, mais bref !)

    Et en effet, comme tu le dis si bien, au lieu de nous bassiner avec leurs voitures électriques, et de tout faire pour forcer la main des plus aisés tout en oubliant les pauvres au fond de leurs trous (et de leurs cambrousses isolées), nos chers gouvernants feraient mieux d’améliorer le réseau de transports en commun !

    Bref merci pour cet article très intéressant !

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    1. Hello Skyler, un grand merci pour ce dossier spécial loutre, ça manquait cruellement à ma journée 😛
      Oh la la, le télétravail, MAIS PARLONS-EN 😆 (est-ce que mon enthousiasme se voit ?). Je travaille pour ma part au Luxembourg où c’est plutôt développé (pour info, le pays est extrêmement saturé et c’est un réel cauchemar de se rendre au boulot tous les matins – tant il y a d’embouteillages, de problèmes avec les transports en commun, etc. – pour ma part, je suis à 3h40 de transports par jour…) mais manque de bol, pour mon employeur, c’est NIET. Sans aucune PUTAIN de raison valable. Je fais partie du pool secrétarial et on nous le refuse systématiquement depuis des années – alors même que nous sommes celles qui parcourent les plus grandes distances quotidiennes…mais que c’est bien sûr autorisé pour les avocat.e.s et les managers – qui habitent toutes et tous au Luxembourg ou tout près. Donc on essaie d’avancer, de les convaincre qu’en plus d’être totalement gérable sur des équipes de 3 ou 4 pour deux jours par mois, on seraient aussi moins absentes, moins fatiguées, moins malades, que ça serait pratique en cas d’enfant malade, de rendez-vous médical chez un spécialiste…Je suis un peu la porte-parole et je creuse sans m’arrêter en espérant voir le bout du tunnel.
      C’est d’autant plus pratique pour les femmes qui ont, comme toi, des soucis de santés péniblos à gérer ou même des règles douloureuses…Après, il faut légiférer sur de vraies limites, sur un droit à la déconnexion etc…mais ça reste l’AVENIR – et beaucoup de patron.ne.s/managers frileux.ses ne veulent pas regarder la réalité en face…Mais bon, implémenter ça, ça veut dire moins de possibilité de harceler moralement, moins de flicage des salarié.e.s et surtout accorder un truc assez fictif dans le monde du travail…la confiance ! Ouuuh ça mérite un article tout ça 😀
      Bon, ben on n’a plus qu’à aller faire la révolution pour la réhabilitation du réseau SNCF, qu’en penses-tu 🙂 ?
      Une belle journée à toi !

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      1. De rien pour la loutre ! 😉

        Ah ça, accorder la « confiance » à ses employés, c’est encore du domaine de l’utopie !
        Je ne pensais pas qu’au Luxembourg ils étaient aussi coincés et vieux-jeu qu’en France sur ce sujet !

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      2. Ah…malheureusement pas. Sous des couverts de pays très avancé et proposant des conditions de travail intéressantes, ce n’est en réalité qu’un gigentesque foyer d’esclavage moderne à ciel ouvert avec un droit du travail proche de zéro ^^

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  2. Tu confirmes mon ressenti sur la question. Perso, j’utilise avec bonheur au max un vélo électrique pour le boulot et mes courts déplacements (une centaine de kms par semaine) mais de mon point de vue la voiture électrique est une aberration. Il faut une énergie électrique « de dingue » pour faire déplacer cet amas de ferraille sans compter les multiples problèmes éthiques et écologiques de sa fabrication. Je pense que l’électricité est intéressante pour les petits moyens de locomotion, c’est rentable à tous les niveaux. Mais ça ne l’est pas pour les gros véhicules (les voitures) tant qu’on ne saura pas produire une quantité phénoménale d’électricité proprement. A vue de nez, avec UNE recharge d’une zoé pour 270km j’alimente mon vélo pour plus de 6 mois et 2700 km. Au lieu de donner à la pelle des primes pour les voitures électriques ce serait plus intelligible de rétablir celles qu’ils ont arrêter pour les VAE. On ne peut pas se passer de voitures mais si déjà on en limitait leur usage ça serait déjà bien. Je passe un peu pour un original dans mon coin mais pour moi c’est juste du bon sens (en plus j’économise quelques 80€ de carburant par mois ce qui n’est pas anodin pour financer nos voyages et l’entretien de Luma ;)). C’est de prendre la voiture pour aller au boulot à 4 kilomètres (et souvent moins) qui n’est pas normal. Après, quand la météo est vraiment mauvaise évidemment je prend la voiture, mais même en hiver, si ça ne gèle pas, je prend le vélo (et j’aime ça en plus de prendre l’air en allant au boulot, ça a des allures de promenade matinale tranquille ^^).

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    1. Hello 🙂 Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je trouve extrêmement utile la comparaison que tu fais entre le rechargement d’une Zoé et celui de ton vélo électrique. Toutes les personnes qui en ont fait l’acquisition m’en disent grand bien et je crois que c’est en effet une solution idéale pour les déplacements quotidiens modérés (entre 10 et 50 km). Sur mon précédent de lieu de vie, j’avais abandonné la voiture pour me rendre à vélo à la gare (enfin, avant que je ne me le fasse voler *soupir*) – située à 3km de chez moi et je suis complètement d’accord avec ton constat: on arrive au boulot dans d’autres dispositions. Plus frais, plus disponible – en étant bien réveillé. Mais les gens ont des a priori à la con (et ma fois, je crois qu’on ne peut leur en vouloir qu’à demi, aucune éducation n’étant faite à ce sujet…) et s’offusquent que tu ailles en vélo toute seule quand tu es une femme (OMG tu n’as pas peur de croiser un satyre/un violeur/un terroriste ? C’est bon, calmez-vous, à 5h50, je ne croise pas grand monde mis à part quelques travailleur.se.s endormi.e.s ^^), ou que tu circules même en hiver (ouh la la, le risque d’accident 😯 Ah oui, et en voiture, on ne risque rien peut-être ?). Bref, il y a des préjugés à combattre !
      Maintenant que j’habite dans une grande ville et que je ne me sert pratiquement plus de ma voiture (idée de revente en cours…), je constate, comme toi, les économies faramineuses (tant mieux si ça te permet d’économiser pour Luma 🙂 !) et surtout une certaine tranquilité d’esprit que je n’avais pas avant.
      Donc nous sommes d’accord: les véhicules électriques ne seront pas viables tant qu’on ne trouvera pas une méthode pour produire de l’énergie propre en masse.
      Passe une très bonne journée !

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  3. Mdr j’adore le ton de tes articles, celui là est juste parfait !! Merci pour cette petite enquête made in Woodstock !! Je pense aussi que la voiture électrique est plus marketing qu’autre chose, et qu’on cherche ENCORE à se faire de l’argent sur nos têtes…

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    1. Hello miss 🙂 Merci à toi pour ton commentaire !! Eh oui, malgré des caractéristiques très intéressantes qui mériteraient d’être repensées plus avant par des ingénieur.e.s – je crois bien qu’on tient le porte-étendard le plus représentatif du greenwashing…
      Passe une très belle journée !

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  4. Bonjour Manon.
    Je partage vos points de vue, sur le fait de repenser nos déplacements, et surtout que l’Etat nous contraint à être plus « mobiles »… Je possède (jusqu’au 18 avril) une voiture électrique en LLD sur 3 ans, tout en connaissance de cause (grosso modo). Je suis écolo de base, récupération de l’eau de pluie, panneau solaires photovoltaïques sur le toit ainsi que thermiques pour produire de l’eau chaude, isolation de ma maison (bientôt), tout ça pour être un peu plus en adéquation avec notre mère Nature. Pour ma part, je ne reprend pas un autre véhicule électrique, parce que cela coûte très cher malgré les primes, que ma situation financière à changée, que j’ai pu avoir une petite voiture essence avec très peu de km à bon prix, et que je vais l’équiper d’un boitier flexfuel. Pour défendre un tout petit peu l’électrique (quand-même), je regarde simplement le début des véhicule thermiques, qui, consommaient des litres et des litres d’essence, et qui au fur et à mesure, on réussi à diminuer très fortement leurs consommations… J’espère que l’on arrivera à en faire autant pour l’électrique… D’autre part, j’ai aussi adoré conduire cette voiture électrique qui fait beaucoup moins de bruit, qui, suivant dans quel mode on se trouve, permet de de ne quasiment plus toucher à la pédale de frein, ce qui fait que cette conduite électrique vous oriente naturellement vers une éco conduite, et cela devient (pour ma part en tout cas) un challenge voir une philosophie. Pour moi, un véhicule électrique est vraiment fait pour la ville (pour le moment, et suivant ses évolutions), surtout que lors d’embouteillage ou d’arrêt fréquents, elle ne consomme quasiment rien. Lorsqu’on lâche la pédale d’accélération, le véhicule se recharge, et il est aussi intéressant (et jubilatoire) de voir qu’un trajet de 6 km, peut (par exemple) ne « consommer » que 3km d’autonomie. Justement, pour parler de l’autonomie, les constructeurs oublient (comme sur les véhicules thermiques) de préciser d’une part que l’autonomie théorique (sur le papier) ne sera JAMAIS atteinte dans le réel, et d’autre part que celle-ci baisse très fortement en hiver, du fait de l’utilisation prolongée des feux de croisements, des essuis glaces, du chauffage, mais aussi et surtout que les batteries ne supportent pas bien le froid (autonomie sur le papier 212km, réelle en été 174 km au mieux, réelle en hiver 130 km au mieux.
    Voilà, merci pour votre réflexion sur le sujet.
    Bonne journée,
    Bertrand

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    1. Bonjour Bertrand, merci pour ton commentaire détaillé 🙂 ! C’est très intéressant d’avoir le retour d’un utilisateur de voiture électrique. Déjà, tu soulignes bien que ça coûte plus cher qu’il n’y paraît – ce qui est une donnée non-négligeable pour les futur.e.s acheteur.ses. Il me semble d’ailleurs que les batteries sont toujours en location dans ces voitures, tu nous confirmes ? Mon beau-père, qui travaillait chez Renaud, avait étudié un achat potentiel de Zoé et je me souviens avoir été très surprise quand il nous avait expliqué que même en achetant la voiture, il ne serait jamais propriétaire de la batterie 😯 ! Deuzio, tu expliques très bien le principe de consommation réelle et théorique ! C’est complètement logique, mais je n’aurais jamais cru que la consommation serait autant diminuée en hiver…Ce qui confirme bien que le seul endroit où la voiture électrique est pratique, c’est bien en ville. On exclue de ce fait toute la partie rurale de la population qui n’a qu’un intérêt modéré à s’équiper.
      Je trouve également très bien que tu listes les points positifs. Pour ma part, j’ai une petite essence et elle est extrêmement bruyante dès qu’on s’engage sur les autoroutes ou les voies rapides – et je conçois tout à fait le luxe que peut-être une conduite silencieuse. L’exemple des voitures thermiques est excellent – je n’en ai pas parlé pour ne pas surcharger cet article déjà long – mais il semblerait en effet qu’avec le temps, on obtiennent des résultats de plus en plus encourageants demandant de moins en moins d’énergie. Pour l’électrique, j’ai vu que Tesla avançait pas mal sur le sujet…L’avenir nous dira tous les progrès qui peuvent être réalisés dans le domaine 😉
      Je te souhaite une excellente journée !
      Ps: qu’est-ce qu’un boitier flex fuel ? ça m’intrique 🙂

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      1. Bonjour, alors pour commencer, la batterie, n’est pas forcément en location. Renault qui avait plus ou moins « démocratisé » la voiture électrique en France, met la batterie de sa zoé en location (de mémoire, 85€/mois ce qui me parait exorbitant). Il me semble que à l’heure actuelle, »ils » proposent d’autre solutions. Ce qui coûtait cher, c’était aussi l’installation d’un chargeur à domicile (et quand on en a plus besoin on en fait quoi??). Depuis, d’autre constructeurs s’y sont mit, et la plupart vendent ou loue leur voiture « complète »(batterie comprises). Ayant discuté avec un mécano du garage ou j’ai loué ma voiture, il me disait clairement que la location était la meilleur solution (et je le pense aussi) pour un véhicule électrique, du fait de la longévité des batteries, et surtout de leur évolution du point de vu technologique. Elle sont effectivement bien meilleurs en seulement 3 ans (durée de la location de ma voiture).
        Pour ce qui est du boitier Flex fuel, c’est un appareil qui s’ajoute au moteur thermique et qui permet de mettre plusieurs essences différentes dont le bio-éthanol. « Contrairement au Diesel, la carburation à l’E85 , n’émet pas de particule, et infiniment moins d’oxyde d’azote et protoxyde d’azote (gaz hilarants) destructeurs de la couche d’ozone (1g de N2O est équivalant à 300 g de CO2 !) 1 litre de Bioéthanol produit 60% moins d’émissions de gaz à effet de serre qu’1 litre d’essence » (j’ai repris ça d’un site internet). Ce carburant est aussi moins coûteux : environ 1.50€/L pour le SP95 contre 0.75€/L pour le E85, par contre on consomme plus, environ 25%, mais cela reste moins polluant au km et moins cher à l’usage.

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    2. L’autonomie à température froide est en effet quelque chose que le marketing a malencontreusement oublié … 😉 J’ai constaté ce fait avec mon vélo aussi, en-dessous de 15° la performance de la batterie diminue et plus il fait froid plus ça trinque. Je ne m’en sers pas en-dessous de 0° car elle pourrait geler et claquer…

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  5. Instructif cet article enfin selon le point de vue où l’on se place. 😉
    Les métaux rares évoqués dans cet article et dans bien d’autres servent malheureusement également à alimenter les batteries de tous les appareils électriques rechargeables: smartphone, brosse à dent électrique et tout un tas de trucs vibrants ou pas d’ailleurs. Les déchets de ces diverses batteries ne sont pas gérés de maniére optimale oh ça non. Elle naviguent par nateaux poubelles sur les mers du globe. On les retrouve en Inde où des personnes dans le plus grand dénuement tentent de les extraire au fer à souder, ou à mains nues et sans aucune protection. Bref c’est pas glop glop tout ça, non non non. Mais bizarrement on en parle pas ou peu. Bon à savoir la plupart des batteries des véhicules électriques servent à la conception des bornes de recharge pour véhicules électriques. Autre chose toi, moi et nous tous alimentons et puisons également sur le réseau électrique et faisons tourner un max de data center pour ce bel outil mignon tout plein qui alimente le réseau informatique. Et ça bouffe un max d’énergie et des tonnes de flotte potable. De quoi alimenter des villes entières. Oui, je sais écrit comme ça c’est hyper culpabilisant et pourtant tant que le courant arrive on fait comme si de rien n’était.

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    1. Bonjour Sylvain, je te remercie pour ton commentaire !
      En effet, les métaux rares se retrouvent dans une véritable masse d’objets « du quotidien » pour peu qu’on les possède. Et je suis d’accord, la voiture électrique n’est qu’un exemple parmi des milliers.
      Pour ce qui est de l’énergie que nous utilisons toi et moi, je ne nie absolument pas le constat que tu avances, mais en attendant, je préfère largement utiliser cette énergie pour informer et avoir un impact positif même minime, plutôt que de retourner dans mon ancienne boîte où j’en utilisais tout autant pour servir les pourri.e.s de ce monde. Mais là encore, c’est une question de point de vue 😉
      Passe une belle soirée !

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