Le coin des inclassables

Et que vive l’instabilité !

Ces derniers temps, j’introspecte à foison (ça se dit ? Aller, c’est lundi matin, je crois que cette affirmation excuse tout à elle seule 😀 ). Pas une semaine ne s’écoule sans que je ne repasse aux rayons X d’aujourd’hui des évènements de ma vie passée. Ayant plus d’outils dans ma malette de Bobbie la Bricoleuse qu’à l’époque, je trouve toujours extrêmement intéressant de revivre, en l’écrivant dans mon petit carnet, un moment de jadis – et de le passer au grill en mode ‘qu’est-ce que ça implique pour toi aujourd’hui ? Que peux-tu en retirer toutes ces années après ?’. Au-delà du côté extrêmement instructif d’analyser son passé avec un regard présent, je remarque que ces réminiscences en font souvent ressurgir d’autres, comme par un étrange effet de dominos. Si certains embranchements ne donnent rien et me provoquent une moue boudeuse – un peu comme quand ce maudit rectangle de plexiglas refusait de tomber et ne nous permettait pas de découvrir le fabuleux panda croquant un morceau de bambou (savamment assemblé par les esclaves bénévoles surmenés de Domino Day 😆 ) – d’autres me reviennent en mémoire et enclenchent des prises de conscience qui se révèlent être assez primordiales par la suite.

Depuis que j’ai entamé un long et douloureux processus de reconversion professionnelle (qui suit son cours, n’ayez crainte 😉 ) – qui s’avère être la 4 ou 5ème de ma vie (si l’on compte les nombreuses réorientations scolaires que j’ai envisagées) – m’est revenu une réflexion faite par un pote quand je m’étais mise à travailler, juste après l’obtention de ma licence Administration Economique et Sociale à la fac de Metz (dont je n’usais décidément pas beaucoup les bancs 😛 Oui, j’ai été une ENORME sécheuse – je sais, c’est mal – à tous les d’jeun’s qui me lisent : à ne pas reproduire à la maison !). Alors que je travaillais sur mon premier poste (qui est aussi mon poste actuel, ça va, vous suivez toujours ? 😀 ,) et que l’on discutait de notre avenir à brûle-pourpoint, je lui parlais de mon envie de tout plaquer pour faire autre chose une troisième fois (après avoir eu envie de bifurquer vers un diplôme de comptable (AHAHAHAHAH la bonne blague – vous me voyez remplir des comptes en T, vous ?) – et avoir sérieusement envisagé d’opter pour un CAP cuisine en accéléré (AHAHAHAHA bis – les choix portnawak, typiques des paumé.e.s de la vie) – puis de changer complètement de secteur dans ce toujours joyeux et gai monde du travail, croyant encore naïvement et dur comme fer que j’allais bien finir par trouver un emploi salarié me correspondant en tous points). Bref. Le couperet ne s’était pas fait attendre : « Mais t’es super instable toi en fait ! ». Cette réflexion m’avait fait l’effet d’une gifle.

Il est loin d’être le seul à m’avoir dit ça, mais je crois bien que c’était le tout premier d’une longue liste et ça m’avait fait vraiment bizarre à l’époque. Et je dois dire que les quelques personnes qui m’ont balancé ça à la figure dans ma vie l’ont systématiquement fait comme si c’était la pire des tares en ce bas monde. Paf, le douloureux diagnostic est tombé, docteur. ‘Instable’. Encore plus grave qu’un cancer métastasé en phase terminale. Ne vous approchez surtout pas de cette fille, elle est contagieuse 😛 A donner envie à un trader de devenir toiletteur pour bichons maltais.

Aujourd’hui, après avoir ré-analysé tout ça et percuté que mon pote me balançait certainement sa propre crainte d’être lui-même instable en pleine face, j’ai aussi réalisé que je me tamponnais désormais résolument le coquillard de ce que les autres pouvaient penser de ma vie. Vous vous voulez que je vous dise ? La stabilité, ça me fait chier. Il suffit de prononcer les mots « métro – boulot en CDI – dodo – 2 enfants – un pavillon avec un trampoline Cars – un bac-à-sable Reine des Neiges – et un Retriever en surpoids – et ce pendant 40 longues et douloureuses années » pour que j’ai envie d’avaler cul sec un flacon entier d’Alprazolam. Peut-être que c’est ton rêve à toi, fidèle lecteur/lectrice qui dévore cet article avec délectation (on peut tous rêver, c’est Manau qui l’a dit en 2005 😉 !) et je le respecte profondément. Je sais bien que c’est THE DREAM vendu par la société toute entière – c’est donc entièrement normal que ça le soit pour quelques-un.e.s – mais moi, merde, ça me donne envie de me pendre avec le fil de mon clavier. Moi, je veux du mouvement, des aventures, de l’inattendu, des prises de risques, des échecs qui font apprendre et avancer, des victoires qui tirent vers le haut et font évoluer. Je veux du mouvement. Je veux de la vie. Et ça ne sera jamais totalement compatible avec le parfait rêve de la petite maison de banlieue. Cette vie, j’en ai fait le deuil avec bonheur le jour où je me suis rendu compte que j’avais le droit inaliénable que ça ne me corresponde pas.

Mais en vérité, ce qui m’a fait chier à l’époque où mon pote m’avait sorti que j’étais une bonne grosse instable, c’est que dans la bouche du commun des mortel.le.s, ‘instable’ sonne comme une énorme insulte. La logique néo-libérale capitalistique dans laquelle nous nous trouvons implique une efficacité poussée à son maximum. Et être efficace, c’est savoir. Direct, dès la maternelle. BIM ! Privé de gommettes tant que tu ne m’auras pas rempli cette fiche d’orientation de l’ONISEP !! Au-delà de mon exagération un peu grossière, qui n’a pas ressenti une angoisse lancinante à un moment de son année de Terminale devant la fameuse ‘case vide’ ? Qui SAIT réellement ce qu’il/elle veut faire toute sa vie à 18 ans ? A 20 ans ? Objectivement, combien ? 1% de la population ? J’ai toujours trouvé extrêmement cruel de nous obliger à faire un choix aussi crucial que celui de l’orientation en plein stress du bac (qui se résume d’ailleurs très souvent à faire ce qu’on (les parents/les profs) nous disent et à se crasher en beauté dès que le précieux diplôme est en poche). Personnellement – et si ça ne s’est pas passé comme ça pour vous, tant mieux – j’ai mis presque 30 ans à savoir réellement ce que je voulais faire professionnellement parlant. Il a fallu que je me retrouve avec une énorme crise existentielle sur les bras à 25 piges pour que je décide de me faire accompagner par des personnes se souciant VRAIMENT que je trouve une de mes voies. Il a fallu que je déconstruise TOUT, pour repartir à zéro, que je définisse d’abord ce que je ne voulais pas, puis pas à pas, que je liste ce que je voulais, comme en miroir. Et rien que ce processus m’a presque pris 2 ans. Mais en fait, quand on y pense, 2 ans pour savoir exactement ce que l’on veut, c’est loin d’être si pire, non ? Si tu m’avais dit ça en Terminale, alors que j’avais envie de m’enterrer dans un trou de terreur de ne pas savoir ce que je voulais faire de ma vie, ça m’aurait complètement soulagée ! 2 ans, c’est super court !! Et bon sang, avec le recul, qu’est-ce que je suis contente de me les être consacrés ces 730 jours !

La question que je me pose aujourd’hui est la suivante : pourquoi ne m’a-t-on pas laissé perdre ces 2 ans directement après mon bac ? Pourquoi ai-je du passer par 10 ans de vie scolaire et professionnelle calamiteuses avant de m’autoriser à me poser et à faire le bilan ? 1) Parce que pendant longtemps, j’ai cru, comme beaucoup de monde, que la stabilité était un Graal. Ayant vécu une enfance et une adolescence bancales au possible, je me dégoutais d’être comme j’étais. D’être révulsée par le fameux « métro boulot dodo » et son cadre sécurisant. 2) Parce qu’on m’a foutu la pression monstre (et j’ai bien conscience que tout le monde subit à cet âge…) du ‘tu dois forcément savoir, enfin !’. Et ça été encore exacerbé par le fait que j’ai toujours été une excellente élève. Si moi je ne savais pas, on me donnait l’impression que le monde allait s’ouvrir en deux. Et avec le recul, on m’a toujours orientée vers des secteurs qui ‘recrutaient’, on m’a collée en Seconde Initiation aux Sciences de l’Ingénieur (AHAHAHAHA Ter) parce que c’était la ‘voie royale’, on m’a ensuite réorientée en Sciences Economiques et Sociales – bien que suppliant à genoux qu’on m’envoie en Littéraire. Personne ne s’est jamais arrêté une seconde pour me proposer une solution d’orientation en cohérence avec ma personnalité et mes aspirations. Maintenant que j’y pense, je suis persuadée que je n’ai jamais été faite pour le salariat et que ça aurait pu être détecté dès le lycée. Mais j’ai été coincée entre les 2 feux du « surtout n’aie pas l’air instable, sinon tu vas te retrouver au ban de la société » et du « tu DOIS savoir ce que tu veux, c’est comme ça ». Pour celles et ceux qui sont intéressé.e.s, voilà comment perdre 10 ans.
Mais le positif est que je n’ai pas laissé la relative stabilité intérieure, durement acquise et portée telle un masque pour cacher la grosse fofolle qui tentait tant bien que mal de se planquer derrière, éteindre ce que j’avais au fond de moi. J’ai trouvé la force de chercher, et surtout d’assumer que je suis et resterait mouvante (comme tout un chacun je crois, mais j’accepte d’autres points de vue 🙂 ). Mon projet actuel me correspondra peut-être pour deux ans. Et d’ici là, il existe une possibilité que j’aie envie de faire autre chose. D’être trapéziste. Ou bien pilote de Nascar. Et c’est ok. Parce que c’est ce que je serais à ce moment précis. Et tant que je me sentirais soutenue et comprise dans mes projets, ne serait-ce que par une ou deux personnes proches, ça me suffira. Pfiiiou, qu’est-ce que je vais m’amuser dans cette vie, en fait 😀 !!

Aller, j’en ai déjà trop dit pour un billet d’humeur, mais j’ai tout de même envie de vous laisser sur un sublime texte de Boris Cyrulnik paru dans Le Monde, qui dit, en somme, que parce que l’on vit de plus en plus longtemps, le fait de se « perdre un an ou deux après le bac, pour mieux se retrouver par la suite » n’a presque aucune incidence sur nos vies. Je crois qu’il est temps de terminer la divagation du jour devant tant de sagesse.
Des bises à vous tous.tes !

Manon Woodstock.

19 réflexions au sujet de “Et que vive l’instabilité !”

  1. Tellement de vérités dans cet article !! Je suis totalement d’accord avec toi sur la pression qu’on met à 18 ans (voire plus tôt encore !) pour « choisir son avenir » (alors que concrètement on se rend compte que ce qu’on « choisit » n’est absolument pas gravé dans le marbre et donc qu’il n’y avait pas de quoi faire autant de drama !!). Et c’est choisir en suivant les cases, comme tu dis c’est selon vers quoi les parents/profs nous dirigent. Un questionnaire d’orientation avait sorti que je devais être prof de dessin, et en second prof de sport x) Bah oui, si tu veux dessiner la seule case convenable c’est prof d’arts plastiques, forcément ! Il existe tellement de possibilité qu’on ne connaît juste pas. Et c’est à force de se connaître (et comme tu le soulignes, ça demande du temps) qu’on découvre toutes les possibilités qui s’offrent à nous ! 😀

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire Manon ! Mais tu sais, je crois que si on fait autant de ‘drama’ au moment de l’orientation à 18 ans, c’est parce que l’école et sa structure d’orientation sont encore bloqués dans l’ancien monde, où tu arrivais dans une entreprise à 20 ans et où tu en repartais avec la médaille du travail à 62 😀 Sauf qu’aujourd’hui…ça n’est PLUS DU TOUT le cas !! J’avais lu un article il y a quelques temps qui disait qu’en moyenne, les gens se reconvertissaient 2 à 3 fois par carrière. Donc pas de quoi paniquer 😉
      C’est clair que quand tu est dans le secteur de l’art, la seule orentiation qu’il y a dans le petit fasicule Onisep, c’est prof de dessin xD Ludo était extrêmement doué en arts plastiques au collège – son prof l’avait supplié de faire les beaux arts…et il a fini en Bac Pro Commerce…pour connaître quand même des années de galère et de chômage. Donc j’en conclue que la règle devrait être la suivante: on suit son instinct – et si on ne sait pas, on prend le temps de savoir !
      Belle journée à toi 🙂

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  2. Tu as tout à fait raison !
    Le système français me semblait vraiment absurde quand j’étais au lycée… Alors que mes camarades trouvaient les uns après les autres leur « voie » moi je paniquais car j’étais incapable de me projeter… Les années à venir étaient déjà complètement floues, alors prévoir mon existence entière… Impossible !
    Quand je suis arrivée en Master en Allemagne à 21 ans beaucoup d’étudiant.e.s étaient choqué.e.s. » quoi tu es déjàà en Master ?!! ». Car ici c’est le norme (du moins quand on est un minimum privilégié.e) de « perdre » 1 ou 2 années après le bac. On utilise ce temps pour voyager, travailler dans une association ou dans le social. Alors quand ils.elles commencent leurs études, les étudiant.e.s sont généralement beaucoup plus posé.es et ils.elles se connaissent davantage !

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    1. Hello Zyle, merci beaucoup pour ton commentaire 😀 J’étais dans le même état que toi. L’avenir m’angoissait au plus haut point (d’autant plus parce que ma voie était censée être toute tracée – mais comme quoi, déjà à l’époque je sentais la couille dans le potage ^^) et j’enviais celles et ceux qui étaient « sûr.e.s » et qui s’y tenaient (beaucoup ont par la suite birfurqué d’ailleurs). Et en plus, quand tu es au lycée, on te communique le sentiment que si tu rates ton orientation, c’est la FIN. La terre va s’ouvrir en deux et les flammes de l’enfer vont t’avaler parce que tu as fait les mauvais voeux sur Admission Post-Bac (ouuuhh les souvenirs, on vieillit, c’est moi qui te le dit 😉 !).
      C’est intéressant ce que tu dis sur l’Allemagne. Je sais qu’en Angleterre et aux US, c’est aussi très répandu. Les élèves qui peuvent se le permettre prennent une « gap year »avant de poursuivre des études supérieures – ils travaillent, font du bénévolat, voyagent…On avait étudié un texte là-dessus en cours d’anglais et on était choqués puissance 1000 qu’un tel système soit possible…
      Aller, passe une belle journée !

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  3. Perso, j’ai changé trente fois d’orientation dans ma tête avant même d’avoir 10 ans. Au lycée, j’ai opté pour le scientifique parce que je voulais faire de la génétique (et trouver la solution qui truciderait le Sida, tranquille XD), et juste avant le bac j’ai décidé que je ferais de l’anthropologie. Puis juste avant la licence d’anthropologie j’ai décidé que j’allais me tourner vers l’environnement. Qui s’est finalement transformé en analyses de labo. Et quand j’ai eu mon BTS de labo je suis allée dans la qualité en industrie. Pour finir assistante de mon mari artisan et en voie d’essayer de tenter d’espérer vivre de sa plume, un jour… Voilà, si tu voulais encore un peu d' »instabilité » 😛
    Je suis intimement persuadée que c’est ce genre de parcours sans queue ni tête, qui reflète seulement la façon dont la vie de ballotte, qui enrichit, ouvre l’esprit et permet d’envisager les choses sous différents angles. Ce n’est absolument pas de l’instabilité : c’est de la pluripotentialité 😀
    Tu as raison, fais donc ce qui t’inspire et t’attire sans te soucier ce que les autres en pensent. Le plus important est de t’épanouir, toujours 🙂 Ce temps n’est jamais perdu, il sera toujours mis à profit d’une manière ou d’une autre.
    Des bisous !

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    1. Hello Marianne ! En fait, je trouve que ton parcours représente…la normalité incarnée ! (pour info, moi j’ai voulu être chanteuse-danseuse, maîtresse d’école, paléonthologue, égyptologue, travailleuse dans un bureau (GROS projet que j’ai réussi avec brio 😀 ), écrivaine, critique de films, cuisinière, comptable et puis…plus rien, ils m’avaient bloqués ces cons !!). La vie est faite d’un million d’embranchements et on ne sait jamais lequel on va prendre par choix (ou par obligation quelques fois…). C’est très sain de se chercher, parce que ça montre…qu’on cherche par soi-même justement ! Quand je pense que j’ai béatement écouté ce que me disaient mes profs et mes parents à l’époque de mon orientation dès le lycée, ça.me.navre.
      J’aime beaucoup ce mot que tu utilises: pluripotentialité. Il communique l’idée que tout est possible, que mille chemins s’ouvrent devant nous et que la seule chose que nous avons à faire c’est choisir celui qui nous correspond le mieux – avec une possibilité toujours présente d’en rejoindre un autre en cours de route. C’est une belle vision de la vie, je trouve.
      Le temps n’est perdu que quand on vit pour les autres. Dès le moment où l’on se recentre sur soi, tout n’est qu’apprentissage et avancée à pas de géant.
      Gros bisous ❤

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  4. Et bin moi ma mère m’a collé à l’apprentissage du chinois justement parce que c’est une langue d’avenir 🤢… Et mon avis dans tout ça ?! L’utilité d’avoir su parlé chinois jadis ?! J’ai l’impression d’avoir été poussé dans des études qui me rendait malheureuse parce qu’il faut soit disant un diplôme pour réussir dans la vie (comprendre pour gagner des €€€ et pour pouvoir les dépenser en consommant à outrance 🤔). Aujourd’hui je suis en profession indépendante, utilité de ma flopée de diplomes = zéro, je gagne peu mais je suis heureuse 😀.

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    1. Ni hao 😀 Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je suis complètement d’accord. Le point d’orgue de l’orientation, c’est en général de se fixer l’objectif d’avoir un boulot qui te permettra d’avoir un max de fric et de pouvoir consommer sans réfléchir. C’est d’un triste ! Pas une seule fois n’est posée la question de la personnalité propre à chacun.e, des envies, des histoires de vie…Je me souviens d’un copain qui voulait reprendre la boulangerie de son beau-père et qui a décidé de s’orienter vers un CAP en fin de 3ème. LE.SCANDALE parmi les profs. Vu qu’il était bon élève, la question a été sérieusement posée de le forcer à aller en général !! ça me scie rien que d’en reparler. Il a fini par aller en CAP, mais au prix de mois de négociations – et face à des profs qui lui disaient qu’il allait gâcher sa vie ! Aujourd’hui il est boulanger et tout à l’air de bien aller pour lui.
      En tout cas, ça fait plaisir de lire que tu as construit une vie qui te rend heureuse – c’est bien là l’essentiel.
      Passe une bonne journée 🙂

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  5. Un petit mot, juste pour te dire que j’adore te lire ! Ne change pas !!! C’est toi qui sais ce qui peut te rendre heureuse, ce qui peut te convenir, donc écoute toi (même si parfois ce n’est pas facile à assumer car ça ne correspond pas à ce qui est socialement convenu… mais avec l’âge on progresse sur ce point ! ça se voit bien dans ton billet d’humeur, dans tes pérégrinations et tes réactions qui ont évolué au fil des années… et crois-en une quarantenaire qui ose enfin de plus en plus être qui elle a envie d’être 😉 et tu as raison, qu’est-ce que ça fait du bien ;-)) Je t’embrasse

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire et pour le compliment Séverine 😀 S’écouter n’est effectivement pas prévu, la société nous ayant bien profondément ancré dans le crâne que ce sont les autres qui savent et qui devraient choisir pour nous. L’âge, comme tu dis, permet de s’affranchir de tout ça et de prendre du recul. On prend conscience de la nécessité de faire le point et de choisir une voie qui nous convient – et qui nous rendra heureux.ses. Je t’embrasse et te souhaite une belle journée

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  6. Ah toi aussi tu as perdu 10 ans de ta vie à cause de mauvais choix d’orientation ?

    Moi aussi j’étais bonne élève et j’ai eu droit à « la filière professionnelle c’est pour les élèves moyens, toi tu es une bonne élève, faut que tu ailles en filière générale et que tu fasses de longues études ». Résultat : là où les « élèves moyens » ont suivi la filière qu’ils voulaient vraiment et se sont rapidement retrouvés à des postes qui leur plaisaient, moi, avec mon bac+3 en langues, j’ai galéré pendant 10 ans à enchaîner chômage, formations et cdd de caissière ! Aujourd’hui je sais enfin quelle est ma vocation, mais je suis la preuve qu’on peut adorer son métier et… détester son boulot… :-/

    En tout cas je suis contente que tu ne te laisses plus embrigader pour rentrer dans les ptits moules que la société à fabriqués pour nous ! Et tu as tout à fait le droit d’avoir envie que ça bouge, car ce que d’autres appellent « stabilité » ça peut vite devenir de la routine !

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    1. Et oui ! Même parcours que toi ! Je crois que si j’avais voulu opter pour une voie professionnelle mes profs s’y seraient formellement opposés et mes parents se seraient fait harakiri ^^ C’était cursus général, classe préparatoire et école de commerce, puis doctorat éventuel (j’ai eu la chance d’atterrir dans une famille où si tu n’as pas minimum un master, tu as loupé ta vie 😀 ).
      Merci pour le partage de ton expérience ! Il fait écho à tellement d’histoires que j’ai entendues… je me souviens d’un reportage sur un jeune titulaire d’un master en sciences politiques, contraint de faire des ménages à mi-temps dans un Formule 1. 27 ans et encore chez ses parents, 0 embauche à la clef après le diplôme malgré les belles promesses.
      C’est une bonne chose que tu saches quelle est ta vocation. Même si tu détestes ton boulot actuel, je te souhaite d’être un jour dans une structure qui te plaise vraiment et que tu puisses te retourner en disant que tout cela n’était qu’une mauvaise passe.
      Des bises !
      Ps: pour moi, la stabilité…c’est la routine, habillement déguisée sous un autre nom 😛

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      1. On pourrait penser qu’avec le temps, les mentalités et les idées reçues changent concernant les étude pro ou générales…
        Mais il y a encore quelques années de ça, le même discours avait été sorti à ma jeune belle-soeur par sa prof principale : « faut surtout pas aller en professionnel, c’est pour les élèves en difficulté, toi t’as des bonnes notes, faut que tu suives un cursus général en vue de longues études ! »
        Résultat : elle a commencé une fac d’anglais qu’elle n’a jamais fini car ça la gavait ; ensuite elle était perdue, alors elle a tenté le commerce, ça n’était pas du tout son truc. Elle a galéré comme ça plusieurs années avant de trouver une formation professionnelle qui lui permet aujourd’hui d’exercer sa vocation : peintre en bâtiment ! Et dans cette branche, yen a du boulot !
        Si elle n’avait pas écouté sa conne de prof, elle aurait fait ça dès le début et n’aurait pas perdu des années à se chercher…
        Bref ça me révolte les discours formatés et plein de clichés des profs ! C’est incroyable qu’avec la mise en avant de l’alternance par le gouvernement, pôle emploi et j’en passe, les profs continuent de servir ce discours tout moisi aux bons élèves ! ><

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  7. Salut Manon !
    J’ai commencé à suivre tes articles il y a peu. Quelques-uns me correspondent et celui-ci en particulier. D’où mon commentaire. C’est la toute 1ère fois que j’ose parler de moi sur le net. J’ai également perdu 10 ans mais différemment à ma façon. Je me suis mis à fuir la vie vraie. Je me suis créer une super carapace, et ne sachant jamais quoi faire de ma vie j’ai très souvent baissé les bras, abandonner et même douter de mes amis en voyant du négatif partout. Instable je l’ai été aussi et longtemps. Maintenant depuis 2 ans et demi, j’ai quitter la région parisienne pour le Grand-Est. Je ne connaissait personne à part un bout de famille qui m’ont accueilli à bras ouvert! Pour avancer et aller de l’avant j’ai fait ce paris. J’ai réussi à avancer à grand pas. J’ai quand même garder mes grosses périodes de déprime voir dépression?? Mais j’ai réussi à ne plus abandonner mes boulots et ne plus me perdre dans les jeux! Il m’a fallu 2 années au Grand-Est pour me décider que je devais vraiment faire ce que j’ai envie et aller au delà de mes peurs et craintes.
    Je vais bientôt essayer un psy, tu m’as inspirée aussi pour ça. J’ai un grand besoin d’avancer dans ma vie, sur moi-même et d’arrêter de me pourrir l’esprit avec toutes ces questions qui m’empêchent de vivre et vivre au jours le jours sans plus me prendre la tête avec mes petits soucis.
    « Inutile de rajouter de la souffrance à celles, bien réelles, que les jours nous apportent tôt ou tard, me disais-je en repensant au départ d’Emilie (*sa jeune soeur de 14 ans) . Il y a de vrais soucis et les autres. Ces derniers, autant les circonscrire et les considérer comme des farces. » (Stéphanie Bodet). Je vais essayer de voir les choses comme elle, aller de l’avant et rebondir ! Comme tu le fais et y arrive.
    Merci Manon, je vois que je ne suis pas le seul et que chacuns à ses tracas de la vie ou « tempêtes de vie », plus ou moins dur. Chacun à ses défauts qui leurs sont propres, mais rien n’empêche de faire avec et de s’améliorer avec eux.

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    1. Hello Ludo, un immense merci pour ce long commentaire et pour ton partage d’expérience !
      Tu montres bien le cheminement et la tournure très difficile que peut prendre la recherche d’une de ses vocations (je reste persuadée qu’on en a plusieurs). J’ai pour ma part également connu de grosses périodes de déprime – la plus grosse ayant eu lieu il y a plus de deux ans – où plus rien n’avait de sens, où je me perdais dans un boulot que je n’aimais pas – sans projet me correspondant réellement à l’horizon. C’est au moment où j’ai décidé que j’avais besoin d’aide que tout a changé. Mes deux coaching + mon suivi psy m’ont permis d’éclore et d’avoir une vision cohérente de mon avenir.
      Aller voir un psy quand on se sent perdu.e aide ENORMEMENT, parce que c’est pouvoir déposer ses affects et ses valises sur une table qui n’est pas la sienne. Les épaules sont plus légères à la fin d’une séance. Je dois dire qu’avoir un avis extérieur et non jugeant (ce qui peut ne pas être le cas quand on demande conseil à ses proches) aide à prendre du recul sur soi.
      Se replier sur soi-même et déprimer fait partie de la vie, et parfois, c’est juste nécessaire pour pouvoir de nouveau aller de l’avant. On a le DROIT d’aller mal – le tout est de réussir à en tirer des enseignements pour définir les modalités qui nous permettront de se sentir bien.
      Le principal, c’est de rester soi et de bien s’entourer.
      Passe une très bonne semaine 🙂

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  8. Oh Manon, on a l’air d’avoir eu les mêmes types de réflexions ces temps-ci ! Je compte justement écrire un article sur le travail et l’hypersensibilité. Parce que pour moi c’est lié. Le travail étant pour moi une source de souffrance, j’ai toujours souhaité du plus profond de mon coeur ne pas avoir la sensation de travailler. Comme toi alors, j’ai mis énormément de temps à trouver ce que j’allais faire et puis j’ai été découragée par beaucoup de gens (d’où mon article : je choisis l’audace, le rêve et le possible). Mais j’ai fini par trouver et puis je suis d’ailleurs aussi en train de changer doucement de voie, même si j’adore ce que je fais. Mais tout ça me conforte dans l’idée que ce sont les personnes hypersensibles qui ne sont juste pas fait pour tout ça. La plupart d’entre nous sont des artistes, des grands rêveurs, t’es pas d’accord ? Et j’adore l’idée personnellement, maintenant que je suis capable de me rendre compte toute seule que c’est merveilleux et que je n’écoute plus tout ce qu’on me dit sur le travail 😀

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    1. Hello Justine, merci beaucoup pour ton commentaire 🙂 Je ne peux que plussoire (plussoyer ? plusser ? Ahh, j’suis vraiment fatiguée 😛 ) ! Pour ma part, l’intégralité de mes jobs salariés a été source de souffrance à un moment donné, d’une manière ou d’une autre. J’ai comme toi, du faire face aux idées reçues des autres, aux « faut t’habituer, c’est ça la vie maintenant ». Euuuh non, en fait, plutôt mourir ! Il y a à peine 3 ans, je considérais encore qu’il n’y avait pas d’autre voie possible et j’étais extrêmement déprimée. Je ne me remercierais jamais assez du coup de pied au derrière magistral que je me suis mis ^^ Je suis heureuse de lire que tu as trouvé toi aussi une autre voie qui t’épanouit et finalement, quand on choisit l’audace et le possible, on se rend compte que rien n’est jamais gravé dans la pierre et que l’on peut changer toute notre vie si ça nous chante. Qu’est-ce qu’on va s’amuser, hein ? ❤ Belle semaine à toi !

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