Le coin des inclassables

Le prix de la différence

Sorry pour le titre très “Les chemins de la dignité”, mais rien d’autre ne me venait en ce morne lundi matin…

Je vous préviens d’ores et déjà que ce billet risque d’être extrêmement décousu et qu’il m’a été largement inspiré par une joyeuse tournée des bars effectuée samedi soir, en compagnie de 4 fringants mâles dans la fleur de l’âge.

Outre le fait que j’ai pu analyser tout au long de la soirée une institutionnalisation d’un vocabulaire extrêmement violent pour parler des femmes (mais je crois que ça sera au programme d’un autre billet), souvent utilisé sans s’en rendre compte une seconde et sans aucun égard pour moi, relativement atterrée d’entendre quelques noms d’oiseaux forcément relatifs à une sexualité jugée déviante, des jugements vestimentaires à voix haute dans la rue (MAIS de constater avec bonheur que Ludo reprend désormais ses potes en leur signifiant son désaccord, HALLELUJAH, tout n’est pas perdu pour moi 😛 ) et autres réflexes sexistes presque automatiques chez des hommes par ailleurs totalement charmants avec moi – je voulais vous partager une autre chose que m’a inspiré cette épopée magnifique.

Alors que je discutais avec le plus jeune des 4 larrons le lendemain matin (notez ‘le lendemain midi passé’ 😉 ), qui, après une déconvenue sentimentale, était en train de m’abreuver de clichés sur les femmes, ne cherchant qu’à se faire entretenir et toujours plus superficielles « Toutes les mêmes et nia nia nia » (vous me voyez lever les yeux au ciel ?) – j’ai tenté, me surprenant moi-même par ma bienveillance, un « mais enfin, regarde-moi, je n’ai aucun problème à payer les additions, je suis indépendante, et je n’ai pas la sensation d’être superficielle ». « Oui, mais toi, c’est pas pareil. Ta génération est différente ». PAN, prends-toi ça dans les dents la vioque 😀

Et cette simple phrase a amorcé une réflexion des plus totales sur le sujet, parce qu’en réalité, ce n’est pas la première fois qu’on me le dit. ‘Pour toi, c’est pas pareil’. C’est quelque chose qu’on me sort extrêmement souvent, un peu comme si j’étais une espèce d’hybride entre le saumon et la carpe koï.

Et j’ai réalisé que MA grosse différence, c’est que j’ai toujours assumé une forme de masculinité, cette dernière étant en général extrêmement bien acceptée par les hommes, qui s’émerveillent assez souvent que je ne parle pas que de vernis à ongles et de 50 nuances de Grey. Mais en fait, au-delà du fait que j’avais envie de donner 1000 conseils à ce jeune éconduit (peut-être de changer de ‘cercle’, ou de réfléchir un peu sur le fait que la société nous pompe l’air avec cette idée de LA féminité, tantôt immature, fragile, intéressée uniquement par des choses futiles, tantôt uniquement définie par la maternité passé un certain âge – mais bon, j’ai senti que je ne toucherais pas grand-chose en me lançant dans une diatribe féministe en plein lendemain de cuite ^^) ce qui m’a gênée dans la réaction dudit mec, c’est que pour lui, c’était facile et normal pour « les femmes de ma génération » (le salaud, je m’en remets pas 😆 ) d’être comme ça. Et là, nous nous sommes retrouvés face à un cas d’école de biais de perception : non seulement je n’ai absolument pas l’impression que la plupart des femmes de mon âge assument pleinement le masculin qui est en elles, mais en plus, être une femme libérée, tu sais c’est pas si facile !

Au-delà de ce simple constat, j’ai réalisé que plutôt que de me voir et de m’accepter en tant que femme à la masculinité assumée, certains mecs préfèrent me voir comme un pote. UN pote. Au masculin. Le décalage est absolument total. Et je crois qu’en réalité, beaucoup d’hommes ne voient pas les sacrifices que ma différence assumée me demande.

Je fais le choix d’accepter pleinement ma part masculine, tout en me sentant bien dans mes baskets de femme (c’est un peu plus compliqué depuis ma fausse couche – notamment parce que j’ai l’impression que la douleur de l’évènement m’a forcée à couper les fils avec mon féminin – mais je précise bien que je considère cette phase comme temporaire). Je ne me sens pas du tout femme à 100%, en tout cas mentalement ; et je ne refreine pas du tout cet état de fait – l’important étant bien de me sentir en cohérence avec ce que je suis.

Oui, j’aime la NBA (et j’en maîtrise à peu près les règles – à la sidération de certains mecs qui me regardent comme une bête curieuse quand je vocifère que « putain quel flopping, ça vaut pas passage en force ça !! » 😀 ), j’aime boire un bon coup, j’aime la politique et l’analyser, j’aime ouvrir ma gueule et donner mon avis sans filtre, j’aime apprécier un bon alcool fort, j’aime faire la tournée des bars, j’aime jouer à des jeux-vidéo considérés comme typiquement masculins, j’aime la compagnie des mecs en tant que « copains », je déteste les soirée nénette à coup de muffins, de rosé cerise et de make-up pailleté, je n’aime pas les enterrements de vie de jeune fille, les baby showers, je ne suis pas nécessairement fana de mode et je hais le shopping de toute mon âme. En plus de considérer et de laisser toute leur place à ces caractéristiques, je n’hésite pas à les revendiquer.

En fait, assumer sa masculinité en étant femme, c’est prendre en permanence le risque d’être rejetée, cataloguée, considérée comme la cheloue de service, comme « pas une vraie femme ». Et ça, c’est une indéniable souffrance. Que certains mecs me rejettent, je m’en tamponne assez – comme je dis toujours, que les connards qui ne m’aiment pas continuent à me détester, ça me fait des vacances ! Mais c’est plus avec les autres femmes que l’incompréhension est profonde. Ce n’est un mystère pour personne : toutes imprégnées par la culture patriarcale et du modèle de ce que devrait être LA femme (quelle connerie, on croirait presque que nous sommes assemblées en usine façon Wall-E !), certaines femmes sont d’une violence extrême avec celles qu’elles considèrent comme des brebis égarées. Lors de combien de soirées entre ami.e.s me suis-je sentie prise entre deux feux, avec d’un côté les nanas ne parlant que maternité, enfants ou désir de maternité (et que j’ai été jugée parce que je n’étais pas dans le délire), et de l’autre les gars paniquant en me voyant arriver, genre « merde, une espionne sous couverture » 😛 et moi de m’agripper à Ludo en mode « me laisse pas seule steuplé ». Beaucoup. Beaucoup trop. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Ne me sentir à ma place nulle part, c’est mon quotidien.

Pour prolonger ma réflexion, la seule fois où j’ai réellement senti une vraie solidarité féminine, c’est quand j’ai fait ma fausse couche. J’en ai été presque surprise. D’un coup d’un seul, je me suis retrouvée entourée et comprise par mes paires. Et même si j’ai été éminemment touchée et pleine de gratitude, je trouve que ça en dit quand même très long sur la vision générale de la femme. Alors que j’ai très souvent été rejetée, mise de côté et conspuée par mes semblables, là POUF, magie, je me suis retrouvée entourée comme jamais du fait de la douleur que m’a infligée cette maternité avortée – un peu comme si l’on me disait « ah ça y est, tu fais partie du clan maintenant ». Je ne parle pas bien entendu de celles et ceux qui auraient été là quoi qu’il arrive – mais là, j’ai eu des soutiens inhabituels et ça m’a plongé dans une profonde réflexion. Pourquoi aura-t-il fallu que je passe par un évènement aussi dramatique pour avoir réellement l’impression de faire partie du ‘groupe’ des femmes, qui m’a souvent rejetée par le passé ?

J’ai bien évidemment conscience que c’est moins dur pour une femme d’assumer sa part masculine que ça ne l’est pour un homme voulant assumer sa part féminine (je le vois bien quand Ludo OSE afficher certains comportements traditionnellement féminins et que certains sont à deux doigts de lui demander de baisser son slip pour vérifier qu’une bite pendouille bien entre ses deux guiboles – et enchaînent les remarques mettant en doute sa masculinité (souvent de la part des hommes, mais certaines femmes ne sont pas en reste), j’en suis complètement abasourdie…ça me rend folle furieuse tant je trouve ces comportements cons et dépassés). Mais, être une femme et accepter/aimer le masculin en soi, ça n’est pas non plus envolées de papillons et glace à la fraise, je peux vous l’assurer !

Je crois, profondément et entièrement, que nous avons, au-delà de notre sexe de naissance, deux parts qui s’équilibrent – un peu comme le Yin et le Yang. Hommes, Femmes ou Autres ont toutes et tous en eux une cohabitation plus ou moins équilibrée entre féminin et masculin. Mais plus le temps passe et plus je réalise que cette vision de la chose effraie les esprits trop formatés – qui ne voient la société qu’en noir et blanc et aiment à nous voir comme des sortes de monstres / rebuts traitres à leur sexe à mettre au ban de la société. C’est souvent les individu.e.s de notre propre sexe qui sont les plus virulents (d’où la propension de certains mecs à croire que c’est facile et naturel d’être comme moi – et la violence exclusive de très nombreuses femmes que j’ai croisées), mais cela peut aussi venir du sexe opposé. Tout ça est très compliqué et j’espère que les combats actuels menés (notamment par la communauté LGBT+ que j’admire avec force) nous permettront de faire reconnaître cette dualité permanente qui est en nous.

Non, être une femme féminine à la masculinité assumée n’est pas facile. Ça m’a demandé des années de déconstruction, d’affirmation de moi-même et de ce que je suis tout au fond de moi, des centaines de lectures sur le féminisme, sur le genre, ET m’a très souvent value d’être exclue par une caste bien particulière de femmes se considérant comme le seul modèle valable + d’être traitée comme un mec par d’autres mecs.

Mais vous savez quoi, je crois que ça en valait le coup.

Et que vive le gris.

Je vous embrasse !

Manon Woodstock.

19 réflexions au sujet de “Le prix de la différence”

  1. C’est assez étrange de lire tout ce que tu racontes, parce que j’aurais pu écrire tout ça presque mot pour mot. Être celle qui détonne complètement dans les soirées parce que plutôt que d’entretenir bien gentiment les stéréotypes à discuter allaitement et régurgitations dans le clan des meufs roses-à-paillettes, je les passe en général du côté des gars, à boire tout ce qui passe dans les gobelets et à rire gras. C’est marrant, parce qu’à chaque fois qu’ils disent un truc un peu « too-much », ça leur arrive de prendre un air craintif en me jetant des coups d’œil en mode « OMG on est allés trop loin avec cette histoire de boules, elle va virer hystérique et nous balancer son tube de gloss à la gueule ». Bref, ça me fait toujours halluciner ce canyon qu’il y a, dans mon entourage, entre la caste des femmes et celle des hommes. Ce n’était pas aussi marqué quand je vivais en région lyonnaise. ça ne l’est pas non plus dans mon coin d’origine. Est-ce une question d’époque, ou de lieu ? Je n’ai pas l’impression que ça ait changé dans ces endroits, alors il y a peut-être des lieux plus propices à cette cassure ? Je ne sais pas. En tout cas, ça me laisse toujours profondément perplexe.
    Ce que j’ai de plus en plus de mal à comprendre, c’est qu’on arrive encore à dire d’une femme qui s’affirme qu’elle « a des couilles », comme si avoir du caractère était un attribut exclusivement masculin et donc valorisant, et quand un mec est gentil, ou fait la vaisselle, ou porte une chemise rose, c’est une tantouze, comme si c’étaient des attributs féminins et donc dévalorisants. Ce n’est pas parce que tu as des traits considérés comme « masculins » que tu es une femme qui assume sa part masculine. Tu es juste une femme, avec ton propre caractère, qui a ses côtés doux et ses côtés rugueux, ses côtés maternels et ses côtés graveleux. Tu es une femme au même titre que n’importe quelle autre personne qui se considère comme une femme, qu’elle s’habille tout en rose, qu’elle ait les cheveux à la « garçonne » ou qu’elle ait une bite dans son string en dentelle. Tout comme un homme qui aime faire de la couture est juste un homme, au même titre que tous les autres, sans qu’il y ait besoin de dire qu’il a des côtés féminins…
    Bref, il y a tellement de choses que m’inspire ton article que je pourrais en faire une annexe à ton article, mais en tout cas, MERCI, ça fait du bien à lire ^^
    Des bisous ! ❤

    J'aime

    1. Ah ah ah, ça me parle trop ces moments où les mecs disent un truc un peu limite, qu’ils s’en rendent compte et te regardent soudain comme si tu cachais un coutelas dans ta manche 😀 Mais en fait, ce qui m’arrive souvent, c’est que certains gars ont l’air totalement étonnés de pouvoir avoir une conversation cool avec moi, sans affrontement ni opposition. Genre ‘ah ouai, en fait, on est juste deux êtres humains qui discutent’ – oui, oui, les gars c’est possible 😉 ! Ce qui saute aux yeux à travers ces situations, c’est de voir à quel point nous avons été conditionnés à s’opposer en tant qu’hommes et femmes, à être persuadés que nous ne sommes pas en capacité de nous comprendre, que nous sommes trop différents pour être ‘amis’ en quelque sorte…ça me rend super triste de constater ça !
      Ce que je vais dire est peut-être con et cliché, mais j’ai l’impression que c’est vachement plus prononcé dans les lieux moins peuplés et dans certains cercles de relation. Je vais continuer mon étude sociologique au fil des années – mais c’est la tendance globale que je relève.
      Pour ma part, j’ai une définition bien particulière du féminin et du masculin – qui me sont totalement propres – et qui ne correspondent pas du tout à ce qui est communément admis. Je reste une femme, mais je revendique ce droit à être mouvante et à me définir différement chaque jour qui passe. Le masculin et le féminin en moi n’ont aucune connotion négative, ils se complètent et sont aussi essentiels l’un que l’autre.
      J’ai vraiment hâte de lire tout ce que tu pourras écrire sur le sujet !
      Des bises et une belle journée à toi !

      J'aime

      1. Je trouve complètement légitime de se revendiquer une part masculine en étant femme et vice-versa, après tout personne n’est complètement binaire. Je trouve juste dommage que souvent, on détermine cette non-binarité en fonction de nos actes et de ce la façon dont la société les définit, et non en fonction de nos sentiments. Si tu te sens, disons, 90% femme et 10% homme (ce sentiment pouvant être fluctuant selon les jours), ces 10% homme ne se définissent pas, à mon sens, sur ta capacité à tenir l’alcool ou à raconter les blagues les plus grasses (ou même à tenir une conversation tout à fait naturelle et amicale avec un homme), mais bien sur ce que toi tu ressens de ton être. A l’inverse, on peut avoir des comportements perçus comme masculins, mais se sentir 100% femme. J’imagine que je ne suis pas trop claire, mais comme tu le dis bien, on a tou-te-s, effectivement, notre propre façon d’envisager les choses et c’est ça qui rend les discussions intéressantes 🙂
        C’est effectivement probablement plus marqué dans les milieux « ruraux » (milieu dans lequel j’évolue effectivement, ce qui n’était pas le cas en région lyonnaise et ce qui est moins le cas dans l’extrême sud du Finistère 😉 ). Après, je ne suis pas sûre qu’on puisse en faire une généralité. Je suivrai tes études sociologiques à ce sujet avec assiduité 😛
        Quant à moi, je ne prévois pas pour le moment d’écrire à ce sujet, il y en a qui le font bien mieux que moi et je me contente de les lire ^^
        Gros bisous à toi !

        J'aime

      2. Mais c’est SUPER intéressant en fait !! Je ne crois pas qu’on puisse généraliser non plus et il y a tout un tas de facteurs à prendre en compte. La région, la géographie, la situation sociale, le passé industriel ou non…

        J'aime

  2. C’est amusant, contrairement à toi, j’ai toujours ça facile d’assumer sa « part de masculinité » quand on est une femme … Au contraire de ton expérience, j’ai toujours eu de très bons retours des copains du style « Au moins avec toi on peut parler, on ne se prend pas la tête ! ». La grande, grande majorité de mes amies sont comme ça (bon en même temps, on vient de la forêt et on est toutes cavalières, faut pas avoir peur de se salir) et je n’ai jamais trouvé qu’on était différentes. Enfin, au collège si, bien sur, on était différentes des fifilles à vernis à ongle qui nous crachaient dessus mais passés nos 15 ans, c’est terminé.
    Le fait qu’on parle politique, qu’on travaille la terre, qu’on tise pas mal, parfois surprend un peu mais TOUJOURS dans le bon sens, les mecs que je fréquente ont toujours été agréablement surpris et ont demandé du coup plus de contact.

    C’est bien d’avoir différents sons de cloche car avant de lire ton article, je n’aurais jamais pensé que cela aurait pu être difficile à assumer. Comme quoi, il faut vraiment s’ouvrir aux autres …
    A bientôt Manon !

    J'aime

    1. Hello Marion, merci beaucoup pour ton commentaire 😀 Par simple curiosité, as-tu passé ton adolescence / début d’âge adulte en ville ou à la campagne ? (simple curiosité sociologique 😉 ). Pour ma part, les mecs qui ont l’air de me considérer comme « incasable » ou « pas pareille » ont souvent grandi dans la campagne profonde et leurs parents, en général, se conforment à des rôles très sexués – ce qui fait que je les destabilise complètement, moi qui n’ai pas du tout grandi dans la même configuration. C’est peut-être quelque chose de régional aussi (région post-industrielle – avec beaucoup de métiers durs réservés en majorité aux hommes)…C’est passionnant et ça me donne envie de creuser en tout cas !C’est super de lire ton vécu, qui est complètement différent du mien et qui donne un éclairage très positif à la chose ! La preuve que tous les ressentis et les vécus sont loin d’être les mêmes…
      Cela dit, je ne l’assume pas difficilement, je me sens même très en phase avec mes propres définitions du féminin et du masculin ! C’est plus de l’étonnement à chaque fois que je lis de l’incompréhension dans le regard de l’autre.
      Passe une très belle journée !

      J'aime

      1. Ça serait très intéressant de creuser le sujet en effet =)
        J’ai vécu (et je vis toujours) à la campagne, plus exactement au coeur de la forêt de Fontainebleau … 🙂 il est probable que la région joue beaucoup, ici nous sommes très axé.e.s nature, sport et ce sont des villages riches et éduqués généralement, j’y ai constaté moins de clichés que lorsque j’ai étudié à Sens, en Bourgogne …
        Pour le «incasable», je m’y retrouve un peu malgré tout ahah car je suis sans concession sur les sujets qui me tiennent à coeur, je ne sais pas si c’est en rapport avec cette part de masculinité !

        Belle journée ensoleillée à toi également 🙂

        Aimé par 1 personne

      2. Et j’ai oublié une partie importante : je suis moi-même ouvrière dans un métier très physique et manuel (et salissant), donc de base bon … les gens savent de suite que je ne serai pas trop froufrou et paillettes (bien que ce ne soit pas incompatible !) ^^

        J'aime

      3. Mais justement !! 😀 Tout l’intérêt reste de pouvoir naviguer à sa guise – et je crois qu' »incasable », comme tu le dis si bien, peut-être une catégorie intermédiaire très intéressante.
        Je crois que l’essentiel est de ne pas se laisser enfermer dans des rôles ou des comportements qui ne nous correspondent pas…

        Aimé par 1 personne

  3. Ah quand on se retrouve en tant que femme coincée dans un entre soi masculin et qu’on disparaît…argh.

    De mon côté j’avoue que je vois pas du tout les choses en termes de parts masculines et parts féminines, de ton et de yang. C’est déjà une construction d’associer tous les comportements que tu évoques au masculin… Aimer tout ça en tant que femme c’est juste ben être une femme qui aime tout ça, c’est pas forcément être plus « masculine ». En fait je sais pas trop ce que c’est être femme ou être homme si ce n’est faire l’objet de socialisations différentes sur la base de notre sexe biologique perçu à la naissance. C’est un mélange complexe d’interactions entre les constructions sociales et notre corps bien matériel et biologique, mais pour ce qui est des goûts et des activités en société, là je crois que c’est assez arbitraire. Et y’a une infinité de combinaisons possibles, des femmes qui adorent se maquiller se mettre en robe etc peuvent être championnes de foot, des femmes percues comme moins féminines adorer les films romantiques etc

    Aimé par 1 personne

    1. Hello Irène, merci pour ton commentaire (auquel j’ai déjà répondu en partie sur Instagram 😛 ). Après, qu’est-ce qui n’est pas construction en ce bas monde ? La question mérite d’être posée…Pour moi, considérer certaines de mes caractéristiques ou de mes comportements comme masculins n’a aucune connotation négative – et je vis tout à fait en paix avec eux. J’ai ma propre définition du masculin et du féminin, et je trouve complètement normal que chacun ait la sienne (ou pas d’ailleurs 😉 ). Cette construction en tant que telle me va, et ce que je revendique, c’est de pouvoir être mouvante et de me définir comme j’en ai envie à chaque nouvelle journée qui commence. Sans pour autant que le féminin ne corresponde à l’image attendue de « la femme » à laquelle je n’adhère pas (idem pour le masculin). Ce sont mes constructions, tout simplement.

      Aimé par 1 personne

      1. Tout à fait, je comprends ce que tu veux dire 🙂 (mais y’a tellement de discours autour du masculin et du féminin, de la complémentarité, du yin et du yang, que du coup j’ai tendance à être ultra méfiante par défaut avec ces formulations, ça explique en partie ma réaction… )

        J'aime

  4. En tout cas je compatis à cette expérience, les « mais toi c’est pas pareil » me font bondir aussi. Le truc c’est qu’en tant que femmes on peut être séduite aussi par cette idée qu’on est différente, que les autres femmes sont superficielles etc, qu’on est à part. J’ai souvent échangé là dessus avec des contacts féministes, on est beaucoup à avoir traversé notamment à l’adolescence des périodes de rejet du groupe « femmes » avant de réaliser que ça participait à perpétuer des clichés

    J'aime

    1. Ahhh, qu’est-ce que je peux l’entendre ‘mais toi, c’est pas pareil !!’…Ben si en fait, je suis une femme !
      Je me sens et me sentirais toujours différente, sans que ça ne m’exclue du reste du groupe. Je constate juste que globalement, je me fais encore très régulièrement rejeter par des groupes de femmes, qui, en apparence – je précise bien (parce que souvent quand on creuse, c’est bien plus compliqué qu’il n’y paraît), se conforment le plus possible à l’idée communément admise de ce que doit être une « vraie » femme. J’ai beau exposer mon point de vue et mes envies avec la plus grande des bienveillances et prendre sur moi – ça ne loupe jamais, 3 fois sur 4, je passe pour la cheloue de service ou la chieuse. Mais ça ne m’empêche pas de tenter d’autres approches ^^ et de continuer à interagir avec tout le monde. La plupart du temps, j’essaie de trouver des points communs d’accroche et ça se passe très bien 😉 J’essaie de rester sociable et de ne pas être dans l’exclusion systématique.

      Aimé par 2 personnes

  5. Punaise je me reconnais tellement dans ces mots ! Et je n’avais jamais vu les choses de ce point de vue. En fait, j’en ai toujours été très fières. Ca fait partie de mes nombreuses contradictions, j’ai d’ailleurs envie de créer une rubrique sur mon blog dans laquelle j’écrirai des articles sur toutes mes contradictions. Je suis féminine, je peux faire un peu femme-enfant, toute mimi avec ses kikis sur la tête etc… Et pourtant je bois du whisky-coca, j’adore les soirées foot et j’adore être entourés de messieurs. J’ai toujours eu des relations compliquées avec les autres filles, et je ne comprenais jamais pourquoi. Tu as sûrement mis le doigt dessus. Même si je vois un peu ça comme de la jalousie, parce qu’être proches de tous les garçons, ça veut dire qu’on est parfois proches des chéries ou futurs chéris ou chéris espérés des copines. Et forcément, ça ne plaît pas. Je me rends compte qu’il n’y a que sur mon blog et sur Instagram que j’échange régulièrement avec des femmes, et ça me fait un bien fou d’ailleurs. Sinon, je suis plus à l’aise avec les hommes, et j’en suis fière. Même si, exactement comme toi, j’ai toujours envie de les reprendre lorsque j’entends un « putain elle est bonne la meuf là-bas » Bonne à quoi ? Je me fais un plaisir de leur montrer qu’il y a largement plus attirants qu’eux aussi, et plus élégant surtout ahah
    Merci pour cet article passionnant et rassurant ! On est sûrement très nombreuses à être dans ce cas, et tant mieux ❤

    J'aime

    1. Hello Justine, merci pour ton commentaire 😀 Je suis contente que beaucoup de mes lectrices se reconnaissent dans ce que je dis – je me sens carrément moins seule ^^ D’ailleurs, je n’ai pas parlé de la femme enfant, mais elle est aussi trèèèèèès développée chez moi 🙂 J’aime m’amuser, jouer, déconner (et c’est hyper drôle, parce que quand je joue avec les enfants de mes ami.e.s, ils sont en mode ‘ah non, tu laisses Manon tranquille hein’ et moi de penser ‘mais vas-y, fous-nous la paix, tu vois pas qu’on construit un vaisseau en Lego 😆 ). Encore un énième truc que beaucoup réfreinent – parce que quand on est adulte, fini la rigolade ^^ Y a des factures EDF à payer et des courses à aller faire chez Carrefour bordel 😛 Mouai…je continuerai à faire du toboggan dans les parcs et des bombes à la piscine même endettée sur 25 ans !!
      Pour la jalousie éprouvée par les autres femmes, je ne sais pas…Peut-être pour certaines, ma foi ! Mais globalement, je ressens plus ça comme une peur de la différence – comme si on allait remettre en cause ce qu’elles sont finalement (et ça m’aide à être indulgente avec celles qui ont tendance à être rejettantes). Après, je comprends ce que tu veux dire ! D’autant que certaines femmes ont réellement du mal à entrevoir de réelles amitiés femme-homme en dehors de tout jeu de séduction. La faute à une éducation qui nous oppose dès la naissance et qui nous grave dans la tête qu’on ne se comprendra jamais…
      Je suis également très à l’aise en compagnie des hommes – même si avec beaucoup, il faut recadrer régulièrement – ils finissent très souvent par me voir comme un pote – ce que je ne suis pas ! Je suis UNE pote 😀
      Je te souhaite un excellent weekend !

      Aimé par 1 personne

  6. Oh mais quel sujet ! Je pourrais en parle pendant des heures.
    En fait quand j’y pense je ne sais pas ce que je suis (oui ça fait bien avancer le débat). Hahaha, ce que je veux dire par là c’est que je ne sais pas si dans l’absolu, j’adopte le comportement attendu de la femme idéalisée (sûrement pas). Je suis bien féminine pour certaines choses, mais bon, où se situe la limite ? Selon les critères des gens, cela diffère. Vis à vis de certains je pourrais manquer de féminité parce que je ne porte pas de talons, je ne me maquille pas… Pour d’autre je suis assez féminine dans ma façon de marcher, de parler.
    On grandit avec un schéma en tête : l’opposition homme/femme, un tel doit se comporter ainsi, une telle doit se comporter comme cela, mais putain c’est tellement plus subtil.
    Chaque être humain a des caractéristiques qu’il veut bien cultiver, après on aime ou on aime pas ^^ Mais quand je suis des conversations et que je vois à quel point les propos sont genrés, ça me désole.
    Merci pour cette réflexion 😁

    J'aime

    1. Hello Estelle, merci beaucoup pour ton commentaire 😀 Je crois que, comme tu dis, il est important que chacun.e est SA définition du masculin et du féminin. Je suis persuadée que ces notions doivent rester mouvantes et avoir leurs significations propres.
      Je suis d’accord avec la subtilité du féminin et du masculin qui ne s’opposent pas nécessairement, mais qui, dans le cadre d’une configuration harmonieuse et assumée, se répondent plus qu’autre chose.
      C’est clair que dans les 3/4 des conversations de la vie courante, c’est juste tellement navrant…TOUT est tourné autour du genre, c’est une sorte d’obsession collective ! A nous de casser les codes et de montrer qu’un autre mode d’existence est possible !
      Belle journée à toi

      J'aime

Exprime toi mon ami(e) !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s