Salut les cocos ! Est-ce que ça vous dit de repartir, loin, loin, loin de votre morne clavier d’ordinateur, de l’ennuyeux chuintement de l’imprimante qui ne va pas tarder à faire un bourrage papier et de votre collègue qui jacasse sur son week-end, dont vous vous fichez comme d’une guigne ? Don’t worry, Manon Woodstock is here avec la suite du récit de son super road trip étatsunien de l’année dernière 😉

Est-ce qu’on part à Boston les enfants ? JE NE VOUS AI PAS ENTENDUS, EST-CE QU’ON PART A BOSTON ??? Ouaiiiiii *scènes de liesse dans les bureaux* *papiers administratifs qui volent dans les airs* *Michel de la compta qui débute une macarena debout sur son bureau*

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Eh bien, allons-y, dans la joie et la bonne humeur !

Jour 1 – Welcome to the United States of America (10/11/2018)

Ce matin, nous attendons notre Uber pour l’aéroport Pierre-Eliott Trudeau de Montréal, que nous avons réservé la veille et qui nous a couté à peu près 25€ (sachant que le bus, c’est 20€, que la ville n’est pas super desservie et qu’il faut se faire chier avec les bagages…le choix est vite fait). Le mec arrive à peu près à l’heure (et on se rendra compte plus tard qu’il nous a facturé des frais d’attente alors que c’est nous qui l’avons attendu…Logique capitaliste, je crie ton nom !). Je pouffe de rire en écoutant l’affreux CD Jazzy que nous colle le chauffeur – en mode truc que tu achètes en désespoir de cause sur une aire d’autoroute pour briser le silence de l’habitacle (tu sais, du style ‘Les Beatles repris par Jojo et son orchestre’, ‘Les plus grands tubes Love chantés par Monica Diamond’…). Donc voilà, Baby one more time et My heart will go on au saxo, je confirme que ça n’est ni fait ni à faire 😆

Nous arrivons à l’aéroport où l’on se déleste de 35€ supplémentaires pour faire enregistrer nos bagages en soute – ce qui n’est pas si pire, nos billets pour Boston ne nous ayant pas coûté très cher. Au moment du passage des contrôles, Ludo est – of course – sélectionné pour un petit contrôle aléatoire des familles – passage aux rayons X, grosse fouille au corps, la totale. Je suis morte de rire parce que c’est TOUJOURS sur lui que ça tombe !

On passe ensuite un autre contrôle spécial « passage de la frontière des USA » (oui, oui, les amerloques, ils aiment bien ‘contrôler’ – parfois on ne sait pas trop pourquoi, mais je vous rassure, on s’y fait 😛 ) – ce qui fait qu’on n’aura finalement rien à faire à Boston. Le mec qui nous checke est un tantinet stressé de l’anus – mais rien de fifou – on a eu le droit au combo empreintes digitales + photos (+ je répète FORT et avec AGACEMENT ce que ces cons de touristes n’ont pas l’air de comprendre 🙄 ), mais rien de bien méchant (ou rien de comparable aux conditions des contrôles que l’on m’a décrites lors de passages à JFK par exemple).

Nous prenons un embryon de petit-déjeuner chez Tim Hortons, THE chaîne de fast-food du Canada – fondée par un ancien joueur de hockey (ça ne s’invente pas, hein 😉 ) et qui sert, entre autres, des donuts, du café et des bagels. Je prends un bagel au cream cheese et Ludo opte pour un donut ainsi qu’une part de cake. Tout est correct compte tenu de ce à quoi nous sommes en droit de nous attendre, mais nous sommes une fois de plus en intense réflexion face à tous ces contenants jetables. Cup de café (sur laquelle nous refusons le couvercle plastique), MAIS entourée d’un cercle de carton complètement inutile – parce que tu te crames quand même les doigts – et puis toutes ces patoches fichues dans du papier qui est jeté moins d’1 minute plus tard…ça nous rend dingues !! Pourquoi l’humanité utilise-t-elle tant de ressources pour des choses si inutiles ? Quand je vois un mec se faire délivrer un donut dans un emballage kraft, le jeter 5 secondes après pour manger son beignet, je me dis « était-ce bien nécessaire ? ». Tant d’incohérences en ce bas monde…

Nous embarquons ensuite pour le pire vol du séjour, avec passage de paliers bien abrupts, de MAXI turbulences et atterrissage en mode crash qui me fait presque exploser le palpitant…quand nous sortons, Ludo, peu à l’aise dès qu’il quitte le plancher des vaches, est en PLS et je dois vous avouer que moi aussi.

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Il y a un drapeau américain parfaitement repassé dans chaque station – Ici, on ne plaisante pas avec le patriotisme !

Pas de contrôle à signaler à l’arrivée, puisque nous l’avons passé à l’aéroport de Montréal. Nous prenons une navette un peu au pif (les indications sont moyennement tourist friendly) et on descend un peu au hasard aussi – mais ça doit être notre jour de chance : nous avons tout bon. Arrivés à la station de métro, je galère totalement pour acheter nos Charlie Ticket (précieux sésame qui nous ouvre l’accès au ‘’T’’ de Boston pour 7 jours, et qui nous coûte la modique somme de 21$25 pièce (environ 19€ (eh oui, fini le taux d’échange avantageux du Canada !), ce qui est plutôt honnête pour une semaine de métro en illimité) et je dis merci à la gentille hôtesse qui m’explique comment me dépatouiller de l’automate récalcitrant (et je signale qu’à part anglais ou espagnol, il n’y a aucun autre choix de langue – donc quand les explications sont nébuleuses, c’est un peu chaud patate !).

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Le métro de Boston…ahh, c’est toute une histoire d’amour 😀 Ce bon vieux « T » ! Je crois que je n’avais encore jamais vu un métro aussi pataud et mou du genou. Il est lent, il s’arrête toutes les deux minutes (et visiblement c’est bien horrible sur certaines lignes, notamment sur la verte), il y a des retards non-stop…Mais j’en garde un souvenir ému ! Encore aujourd’hui, je peux vous réciter toutes les annonces automatiques par cœur <3

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Non, non, je ne me suis absolument pas dit « Meeeerde, la photo ! » après m’être jetée sur le lit ^^

Après quelques minutes de métro, nous arrivons dans notre Airbnb, une chambre privée située chez James, située dans le quartier d’East Boston (Orleans Street). Et franchement, c’est le top. Nous sommes accueillis par Nico, son adorable chien – encore dans sa cage (que les défenseur.e.s des animaux ne paniquent pas, elle était très grande et adaptée 😉 Je suppose que certaines personnes sont moyennement chaudes à l’idée de se faire sauter dessus par un énorme chien en faisant leur check-in). Arrivés dans notre chambre (qui ferme à clef), nous constatons qu’un petit message nous dit qu’on peut le libérer si nous sommes ok pour le faire – j’accours donc immédiatement pour libérer le dangereux animal, m’exposant ainsi à une dangereuse avalanche de sauts périlleux et de léchouilles (et là tu te dis, ok, le toutou totalement inefficace en cas de cambriolage xD ) et les deux chats, qui réclament de grosses papouilles sans cesse.

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L’appartement de James est méga clean (avec tous ces animaux, ça m’a vachement surprise) et il nous aura mis café et fruits à disposition tous les matins. C’est un hôte adorable, toujours généreux sur les conseils et ultra discret (n’ayant jamais entendu le début d’un commencement de bruit d’aspiro, on s’est même demandé s’il ne passait pas le balai en silence !).

Après s’être posés, on prend le métro pour le centre-ville (obligatoire, l’autre option étant…la nage 😛 ) et je suis CON-QUISE. Quand je pose un pied hors du métro, je sais déjà que cette ville va voler mon cœur. Y a un truc. Un mélange de moderne avec les grandes barres d’immeubles et d’ancien avec les bâtiments historiques, les statues…je suis sous le charme.

Nous allons boire un verre au Warehouse (40 Broad Street), bar sportif devant lequel on nous demande notre pièce d’identité (ça fait un de ces chocs, j’ai bloqué devant le vigile au moins 30 secondes – genre « mais comment ? » ! Mais en effet, je me souviens qu’il faut avoir 21 ans pour consommer de l’alcool aux USA – Ils sont où mes 21 ans, hein ?? *pleurs déchirants*) – c’est plutôt sympa et sachez qu’on peut y manger.

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Nous préférons quant à nous mettre les voiles et aller picorer une bricole au Quincy Market (4 S Market St). Ce lieu est bondé de stands de bouffe à n’en plus finir !

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Mais pas de chance, premier fail du séjour, on tombe sur deux Arancini dé-gueu, après lesquels nous décidons sagement de repartir sur East Boston pour aller voir le match des Boston Celtics dans un bar. Nous atterrissons donc au Maverick Marketplace Cafe (154 Maverick St ), bar extrêmement sympatoche où nous assistons à un concert (bonus : les musiciens sont très bons). Mais c’était sans compter sur notre première déconvenue américaine : si tu ne consommes pas au restaurant ou dans un bar, tu es gentiment prié de te casser. Donc on fait traîner notre bière autant qu’on peut, mais à moins de 2 cm de breuvage dans le verre, on te demande si tu en veux une autre – et si ce n’est pas le cas – BOOM, addition ! Nous finissons par rentrer sous une pluie diluvienne.

Jour 2 – Burger et chaussettes rouges (11/11/2018)

Ce matin, nous décollons vers 11h00 sous une pluie diluvienne et ça me file un énorme coup de mou (punaise, 1 an d’organisation pour passer un mois sur la flotte…Je sais bien que nous ne sommes pas faits de sucre glace mais tout de même, que la météo fasse un petit effort !).

Nous petit-déjeunons / déjeunons (tout nouveau concept inventé pour tenter de parer aux généreux tarifs américains, ainsi qu’au taux de change bien dégueulasse – ahhh, elle est loin l’époque du 1,50$ pour 1 € !! – nous avons donc pris l’habitude de « manger » un vrai repas chaque jour vers 11h00 puis de tenir jusqu’au soir) au Thinking Cup (165 Tremont St). Ludo se tape un énorme grill cheese ‘Smoking Jamaïcan’ avec dinde épicée, poivrons rôtis, chutney de mangue et piments – avec lequel il me pompe encore régulièrement l’air, en mode madeleine de Proust perdue – et j’opte pour un breakfast sandwich au pâté de saucisse + un porridge aux bananes de bonne facture. Tout est très bon, mais ce qui est archi relou, c’est qu’une fois de plus, on nous sert tout dans des contenants jetables, malgré le fait que nous mangions sur place. Ça me file un coup de cafard monumental ! Le déluge + la mort très récente de mon grand-père + le désastre écologique des restaurants + être loin de la maison et de ses plaids tous chauds = Manon Woodstock avec la larme à l’œil devant un Ludo désemparé !

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Regardez moi ce massacre…

Après cet intermède de flottement pendant lequel j’hésite longuement entre fondre en larmes au milieu d’un café, dans une ville que je ne connais pas, au milieu de gens que je ne connais pas et prendre le premier charter pour retourner me rouler en boule au fond de mon lit, nous partons nous promener dans le parc juste à côté du café. Et là, magie ! Il s’arrête de pleuvoir et oh mon dieu, que c’est beau !! La ville est d’ailleurs littéralement truffée de parcs, de verdure, de statues. Je retrouve les bonnes sensations de la veille et ça me fait sécher mes grosses larmes de crocodile.

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Mise en abîme

On s’arrête à la Boston Public Library (700 Boylston St) où les toilettes sont gratuites (eh eh, il faut bien évacuer tout ce café ^^ Aux USA, le petit format, c’est 33 centilitres !) et où je furète quelques dizaines de minutes.

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J’y fais des découvetes…intéressantes 😀

Le bâtiment est sublime ! Ludo profite quant à lui du Wi-fi gratuit pour consulter deux-trois bricoles. Si vous en avez l’occasion, passez-y, le lieu est vraiment coolissime.

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On se dirige ensuite vers le mythique quartier de Fenway Park, où se trouve le stade des légendaires Red Socks, l’équipe de baseball de Boston. Pour nous y rendre, nous marchons à travers des parcs, des jardins communautaires…C’est définitif : cette ville a volé notre cœur et on se verrait bien vivre ici. Tout me rend hyper enthousiaste !

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Le quartier de Fenway est hyper sympa et rien que de se retrouver devant le stade, imposant bâtiment en briques rouges, Waow. On touche l’histoire du bout des doigts.

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On essaie de rentrer à l’intérieur, mais il faut passer par un portique et on nous demande un billet (ou alors je n’ai pas très bien compris l’accent du gentil monsieur de la sécurité, ce qui est une possibilité à envisager 😀 ) – du coup on renonce.

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Mais c’est loin de nous gâcher la journée tant nous sommes émerveillés. On furète dans les boutiques de goodies sans rien acheter. Comme nous sommes arrivés après les World Series, pas de matchs au programme – mais figurez-vous que les Red Socks ont gagné le championnat cette année ! Je n’ose même pas imaginer l’ambiance dans la ville à ce moment. Ça devait être au bord de l’émeute de joie !!

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Lorsque nous nous éloignons, je suis surprise et heureuse de constater la présence d’affiches de prévention contre le harcèlement islamophobe. A quand la même chose en France, hein ?

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Nous filons ensuite vers le TD Garden en bons fans de NBA que nous sommes – et constatons une fois de plus qu’il y a des portiques – et qu’on doit payer pour entrer dans le stade et visiter une espèce de musée des sports. Sans nous, on reste à l’extérieur ! Pour le moment, ça me gonfle encore modérément, mais ça atteindra son paroxysme à New-York. Aux USA, absolument TOUT est payant. Et j’avoue que c’est la partie de la mentalité américaine avec laquelle j’ai eu le plus de mal – tout pue le business à plein nez…Bref. Nous profitons de notre passage au stade pour consulter le prix d’une place pour assister à un match de hockey (que nous n’avons pas pu voir au Canada – et ça tombe bien, parce que Boston a une super équipe (ndlr : les Bruins)), mais c’est trop cher (120 dollars à deux tout au sommet du stade 😯 ) et nous décidons de reporter ce moment (pour vous donner une idée, on aura payé 2 fois moins cher à Brooklyn – bon certes, il y a ZERO AMBIANCE dans la stade, mais ça aura fait la rue comme dirait ma belle-mère 😉 ).

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On bouge vers le quartier italien et pfff – je suis presque lassée de tous ces coups de cœur (#problèmederiche). En fait, j’aime TOUT dans cette ville. TOUT. Boston, veux-tu m’épouser ? 😆

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Tout est en briques rouges, les immeubles sont assez petits (4/5 étages max), ça parle italien à tous les coins de rue, ça grouille d’épiceries, de trattoria.

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Après avoir bu un verre dans un bar quelconque, on zone un peu dans le Financial District alors que la nuit tombe (à 16h45, je rappelle que nous avons reculé d’une heure au Canada…).

Nous rentrons ensuite chez James pour nous reposer un peu avant de ressortir. Et commence alors l’heure la plus improductive de tout le séjour…où nous zonons sans fin sur…je vous le donne en mille…Trip Advisor !!! MAIS DIEU QUEL FOU RIRE. En consultant les avis du restaurant « The Warren Tavern », je suis tombée sur des gens qui m’ont fait littéralement pisser de rire ! Extraits choisis :  « Quand l’histoire rencontre les burgers », « Déjeuner sur les traces de Georges Washington et Paul Revere » – paye ta chronique littéraire 😀 Et a alors commencé la farandole des bonnes notes à tire larigot (MacDo noté 4 étoiles WTF), et des « best », « top of the world », « World famous » (ce qui s’avèrera être TRES américain aussi – je rappelle que chez nous, quand tu es dit que tu es le ‘best’ ça veut dire que tu ne l’es pas vraiment 😛 ), même nos arancini dégueu de la veille y sont décrits comme « Best Arancini, Very tasty » (Mais mec, t’as pris de la drogue ou quoi ??)… Il faudrait que je vous compile les perles de Trip Advisor un jour où je m’ennuie, tiens ^^ On finit par faire confiance à Mathilde, qui tient un excellent blog voyage (je crois que si je retourne à Boston un jour, j’achèterai son guide !) et on se décide pour un bon vieux burger chez Tasty Burger (1 Nashua St). C’est pas mal, mais ça reste du fast food… Le personnel est sympa, mais ça n’est pas le meilleur qu’on aurait fait du séjour (cela dit, c’est plutôt bon marché et c’est toujours ça de « prix » ah ah ! Pardon, je sors !).

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Jour 3 – (Don’t rain on my) Parade

Vous ais-je déjà dit à quel point le lit de la chambre que James met à notre disposition est fabuleux ?? Une raison de plus de conseiller cet Airbnb, le pieu, tu n’as qu’une envie, c’est de te faire enterrer avec !!

On lézarde chez James un partie de la matinée, entre café, câlinage du chien et des chats, grignotage de fruits et écriture pour moi – avant de se rendre en ville pour assister à la parade du Veteran’s Day (la journée des ancien.ne.s combattant.e.s pour les nul.le.s en engliche 😉 ).

Nous allons manger un petit truc au Café 26 (situé 26 Temple Pl – non loin du lieu de la parade) et là les gars, je mange juste le cheesecake aux myrtilles de MA VIE. Le truc, il doit contenir au moins 3 kilos de Philadelphia, je vais avoir le cul comme une cathédrale en rentrant, mais je m’en tamponne total, c’est l’orgasme culinaire !! Ludo prend un muffin aux canneberges ultra moelleux et nous arrosons ces excellentes trouvailles d’un chai latté. Calés pour 10 dollars à deux, on a rarement fait mieux – et en plus, chose non négligeable, nous ne nous sommes pas servis de Trip Advisor. Et c’était trop bon. Hip Hip Hip, Hourrah !

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Cette tuerie !!

Nous nous dirigeons ensuite vers le lieu du défilé. Ludo trouve par hasard un drapeau américain à agiter tombé par terre et il est comme un ouf. Il se la joue patriote d’un jour, sous les yeux d’une Manon Woodstock mi amusée mi atterrée. Nous regardons tout ce beau monde passer devant nous, à grands coups de patrouilles de police en moto – chaque escadron étant signalé par une banderole.

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Certain.e.s ancien.ne.s combattant.e.s me paraissent tellement jeunes…ça finit par me plonger dans une intense réflexion sur la guerre – et sur cette forme de glorification qui en est encore faite. Nous avons d’ailleurs l’immense bonheur d’avoir une MEGA patriote juste en face de nous – et on s’amuse de ses « Thank you ! Thanks a lot guys » dès qu’une patrouille passe devant elle. On se marre jaune canard quand passent les ‘Veterans for Peace’ et qu’elle ferme outrageusement sa gueule…C’est ce qu’on appelle du ‘patriotisme à sens unique’ 😉 !

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Un gentil monsieur me distribue un très joli texte qui explique que le Veteran’s Day le restera toujours, mais qu’il ne faut jamais arrêter de militer pour que personne ne connaisse jamais les horreurs de la guerre. Je plussoie x 10000. On sent que c’est écrit avec de grosses pincettes et que le ‘pour ou contre’ la guerre reste un sujet extrêmement sensible aux USA. Bon, c’est pas le tout ma bonne dame, mais y’s’fait faim 😀

Après moult tergiversations, nous atterrissons vers 15h00 chez Carmelinas (307 Hanover St.), dans le quartier italien, pour déguster un excellent plat de pâtes. J’opte pour une puttanesca et Ludo pour une carbonara.

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C’est très bon et généreusement servi. Ludo opte même pour l’option ‘crédit conso’ en arrosant ses pâtes d’un verre de vin rouge horriblement cher (10 dollz tout de même !). On s’affole un peu que ça soit le premier prix et mettons ça sur le compte du côté ‘resto étranger’ (grossière erreur, tout le vin aura été affreusement cher aux USA – c’est pas vraiment le pays pour se taper une bouteille de pif à 5 balles OKLM…).

Ce qui est chouette, c’est que nous sommes face à la cuisine ouverte, que l’on peut observer à loisir. Nous sommes médusés par la rapidité des cuisinier.e.s et on regarde un vrai spectacle de la vie courante. Cependant, au fil de nos récentes observations, nous commençons à réaliser que la société américaine a l’air encore extrêmement raciste dans sa structure : les noirs et afro-américains font en grande majorité les jobs les plus pénibles (propreté, entretien, fast-foods…) et que TOUS les cuistos que nous croisons ont l’air d’être latinos. Ça nous fait beaucoup réfléchir. Est-ce si segmenté en France ? Sûrement, et c’est en grande partie le fait que l’on soit tous les jours dedans qui nous fait occulter le problème, je crois. C’est toujours différent de voir les choses d’un œil de touriste.

Nous décidons ensuite d’aller à Harvard, THE mythique université que tu vois dans tous les films américains, juste pour voir (pour l’info, Boston est une grosse ville universitaire, qui abrite aussi le non moins célèbre MIT) – pour laquelle il faut un peu sortir du centre-ville et gagner la banlieue.

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Eh ben franchement : ni fait, ni à faire. C’est bondé de touristes, de ces imbéciles de perchaselfie, et il n’y a rien de spécial à voir. Que l’on s’entende bien, les bâtiments sont chouettes et c’est un lieu à grande dimension historique, mais de grâce, fuyez, ça n’en vaut pas la peine ! On lâche l’affaire quand on assiste (atterrés) à la descente des marches du Main Hall par une espèce de fashionista qui se fait filmer par ses copines. Aller, NEXT !!! Je suis un peu désolée (et je m’écrase pour la bonne cause !) parce que j’ai lourdement insisté pour qu’on aille y jeter un œil et c’était nul ! On a aussi été super choqués de la non-sécurisation du site…Tout le monde peut entrer dans les bâtiments, dans les salles de classes…On fera part de notre étonnement à James le lendemain qui nous confirmera que c’est un piège à touriste – effectivement très peu sécurisé – et nous rassure un peu en nous disant que ce n’est en réalité qu’une toute petite partie du campus réel, qui est disséminé dans toute la ville de Boston – et que la fac de médecine dentaire dans laquelle il est enseignant est « very secure ». Ça va, les futur.e.s dentistes ne risquent rien, je suis soulagée 😀

Après ce petit fail, nous mettons les voiles sur Chinatown – et comme dit Ludo, les communautés asiatiques sont vraiment fortes pour recréer des quartiers « comme à la maison ». C’est exactement comme dans les reportages que l’on voit sur les pays asiatiques : c’est le cirque, il y a des restos partout, tout est marqué en chinois, on voit de cours de Taï-Chi, de gym collective, des gens qui jouent aux dominos ou au Mah-Jong dans les parcs…Quelle chouette ambiance !

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On se marre pas mal, parce que j’essaie de prendre en vain la très belle arche d’entrée du quartier avec mon Instax (définitivement pas fait pour les paysages de nuit) et on n’y voit absolument rien. Ludo me met au défi de vendre ma photo aux habitant.e.s du quartier et on se bidonne comme des baleines.

Nous terminons la journée en buvant un verre au Black Rose (160 State St), dans lequel nous assistons à un super concert de violon irlandais (et en entier, s’il vous plaît !! Nous avons adopté la technique du verre le plus long du monde – petite gorgée par petite gorgée 😛 ).

Après avoir bataillé avec Ludo qui ne voulait pas manger après notre repas de 15h00 (mais moi j’ai faim rhooo 🙂 et puis ne pas dîner c’est contre ma religion !!), j’arrive à le traîner de nouveau dans le quartier italien pour manger un cannolo (pour lequel deux institutions du quartier se livrent une guerre sans merci (ndlr : Mike Pastry et Modern Pastry)). Nous nous décidons finalement pour le premier (300 Hanover St) – tant bien que mal parce qu’il y a une queue de malade dans les deux établissements (cela dit, le soir, c’est moins pire que la journée, où elle s’allonge dangereusement sur le trottoir), non sans s’être munis de dollars (parce que, comme dans de nombreux endroits aux USA, c’est « cash only »).

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Voici un aperçu de la file…

Heureusement, ça défile et on passe en moins de 10 minutes, largement occupés à zieuter les pâtisseries absolument gloubiboulgesques dans les vitrines (pour vous résumer l’affaire, je dirais qu’on est LOIN du petit entremet chiadé à la française – je m’amuse d’une cliente qui dit à sa copine « Ohhh !! Look at these giant cookies over there ». Encore une tendance qui se vérifiera tout au long du séjour, les américains aiment quand c’est ‘huge’, quand c’est ‘giant’ – sorte d’opulence un peu disproportionnée). Arrivés à la caisse et après s’être délestés de 4 dollars pour un énorme cannolo à la ricotta (les classiques, les gars, toujours les classiques !), commence une improbable bataille avec la vendeuse qui refuse de me le donner « comme ça » et qui veut absolument me le mettre dans un sac floqué. Après 2 minutes à palabrer, elle me dit qu’elle ne peut pas faire autrement pour des raisons d’image de marque (et puis y a une grooosse guerre en cours, je vous rappelle…World War 3 les mecs 👿 ) et je décide de lâcher prise – non sans être très fâchée. C’est quoi le putain de problème de ce monde ??? Ton gâteau je vais le bouffer TOUT DE SUITE, alors ne me le met pas dans un sachet que je vais jeter dans 2 secondes !! Du coup, je repars avec mon énorme tube rempli de crème (qui fait au moins 3 fois la taille des cannoli européens) très courroucée et je ne me calme que quand nous nous installons sur une jolie balancelle dans un parc face à la ville illuminée – qui est si jolie. Le gâteau est bon, sans plus, et ne valait décidément pas de faire la queue – ce qui nous fait prendre l’engagement de ne plus poireauter pour manger de tout le séjour, en repartant bras dessus, bras dessous vers le cocon de James.

Jour 4 – Le chemin de la liberté et parc (pas si) naturel (13/11/2018)

Ce matin, je réussis, Ô miracle, à trainer Ludo hors du lit pour faire un footing et du renforcement musculaire (essentiellement en vue de limiter une potentielle prise de poids que j’imagine déjà dantesque – je rappelle à la cantonade qu’on est très loin du régime paléo depuis déjà deux semaines ^^ les frites et les burgers font désormais partie intégrante de notre routine alimentaire !) dans le très mignon petit parc de Pier East Boston, non loin de chez James et ça nous occupe une bonne partie de la matinée. Et puis quand même, avoir l’opportunité de se la raconter parce qu’on a fait un jogging dans un parc aux Etats-Unis, c’est quand même la classe à Dallas Boston 😉

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Nous flânons ensuite dans le quartier, que nous n’avons pas encore pris la peine de découvrir. East Boston est vraiment chouette, on se perd au niveau du port, il y a beaucoup d’art urbain…Je m’amuse (à moitié) devant les yachts intégralement emballés dans du film plastique…

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On continue notre errance avec bonheur dans ce quartier hyper calme – qui ne l’était pourtant pas tant que ça il y a encore quelques années : j’apprends, notamment sur le blog de Mathilde, que certains gangs y ont sévi pendant très longtemps et que c’était un quartier chaud. Ici aussi, la gentrification fait son œuvre…Il y a beaucoup de nouvelles résidences, d’appartements de standing…On sent qu’un gros travail est fait pour réhabiliter ce quartier, certainement plus abordable que Boston Centre pour une partie de la population.

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Il y a aussi, et c’est une aubaine pour les gourmands que nous sommes, une grosse communauté latino dans le quartier ! Nous échons donc, vers 11h00, à la Taqueria Cancun (192 Sumner St) – qui sert une cuisine à la fois Mexicaine et Salvadorienne – petit resto sans prétention dont nous avions par ailleurs repéré le dépliant chez James. Et franchement, c’était simple, très bon et peu cher. Nous avons été servis par une serveuse adorable, j’ai goûté un fabuleux jus au tamarin (une tuerie monumentale ce truc ! Il FAUT que j’en refasse) – puis nous nous sommes sustentés d’un délicieux guacamole avec tortilla maison, ainsi que d’un assortiment de tacos simples à l’extrême – composés de petites tortillas garnies de viande (langue de bœuf, poulet et porc mariné) à assaisonner de sauce pimentée, d’oignons et de jus de citron vert.

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20 dollars à deux tout compris, que demande le peuple, n’est-ce pas ?

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Nous nous éloignons ensuite encore un peu du centre-ville pour nous rendre dans la réserve naturelle de Belle-Isle Marsh, que Ludo a repérée sur internet. Nous sommes apparemment proches du bord de mer, mais nous n’irons pas plus loin, préférant nous concentrer sur le parc.

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A l’entrée, un panneau nous met en garde – gros GLOUPS – contre les coyotes, visiblement assez nombreux à roder dans le parc. C’est donc en mode courageuse mais pas téméraire, sursautant au moindre bruit sous les yeux d’un Ludo moqueur, que je m’aventure dans ce beau coin de verdure.

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Gentil toutou, hein ! 

Nous sommes tout à fait seuls, un peu hors du temps. La nature s’étend à perte de vue et c’est très beau.

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Cependant, et c’est le point Whaaat the Fucking Fuck de la balade, le parc – initialement implémenté pour préserver la faune et la flore est en réalité pile au-dessus du couloir pour les avions qui atterrissent à l’aéroport de Boston – et c’est juste hyper choquant, on se fait survoler par d’énormes Boeing toutes les deux minutes, dans un boucan invraisemblable.

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Ma photo ne rend pas justice, mais je vous assure qu’ils volaient surper bas !

Et ça, c’est un parc pour préserver la vie des animaux ?? Ne crois-tu pas que le bruit des avions doit déranger, disons un tantinet tout ce beau monde ? On n’a pas trop compris…

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Et après un petit tour d’une heure, nous quittons la réserve (sans avoir vu aucun coyote – je suis mi triste mi soulagée 😛 ) pour nous rendre au départ du Freedom Trail, à Boston Centre.

Pour vous la faire très court, ce chemin, consistant en une grande ligne en briques rouges imbriquées dans le trottoir de la ville, sillonne Boston et nous fait passer devant (et visiter moyennant finance, of course – n’oublions pas que nous sommes dans le pays du business !) les principaux monuments de la ville – sur le thème de la révolution américaine, et en insistant bien sur des personnalités comme Georges Washington, Benjamin Franklin et Paul Revere par exemple (on ne le connait pas trop chez nous, mais aux USA, ce type, c’est une vraie star !! Il n’a jamais percé outre-Atlantique 😆 ).

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Le parcours fait environ 4 kilomètres et il permet de balayer pas mal de quartiers de la ville (dont Charlestown, où nous n’avons pas encore mis les pieds). Donc nous marchons, marchons, marchons. On se plante plusieurs fois à cause de dépliants un peu approximatifs et non-dispo en français (ce qui nous a fait réaliser la chance des touristes qui visitent notre pays !).

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On a refusé de visiter les bâtiments divers sur le parcours, parce que c’était super cher. 10$ + 10$ + 10$ par personne sur chaque site, ça raque un peu et à ma connaissance, il n’existe même pas de pass qui permet de tout visiter en ayant une petite réduc’. Nous nous contentons donc de lire les nombreux panneaux explicatifs gratuits à notre disposition et ma foi, ça nous suffit largeos.

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Nous terminons le parcours après avoir aperçu l’USS Constitution de loin, dont la visite ne nous botte pas plus que ça (comme dirait mon homme de manière tout à fait nonchalante : « mouai, c’est un bateau quoi… » 😀 ).

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La fin du parcours, dans le quartier de Charlestown

Si je n’ai qu’une déception à propos de notre séjour à Boston, c’est que 4 jours, c’était bien trop peu ! J’aurais voulu y rester au moins deux de plus pour explorer les différents quartiers, dont Charlestown, décrit comme méga chaud dans un tas de films (coucou The Town) …C’est peut-être le cas dans certaines parties, mais globalement je l’ai trouvé très différent du reste de la ville, assez paisible et agréable pour ce que j’en ai vu. Micah, le mari de ma cousine, m’avait dit que 4 jours, c’était trop – que si on n’y allait pas pour l’histoire, on allait se faire chier, que ça n’était pas un arrêt obligatoire – et moi, en fait, j’aurais juste pu rester toute ma vie dans cette ville <3 Comme quoi, les goûts et les couleurs…

Après une contemplation très méditative devant ce navire de guerre, nous décidons de nous la jouer grands fous et de retraverser la ville pour nous rendre au Franklin Zoo – où ont été tournées quelques scènes dramatiques de l’excellent Mystic River. Cependant, en arrivant à la station de T la plus proche du zoo, on se rend compte que c’est juste méga loin, qu’il y en a pour 30 bonnes minutes de marche…et comme on est déjà totalement rincés par la journée, on jette l’éponge pour aller boire un « small coffee » (de 40cl 😛 Ces gens ne pensent pas aux micro-vessies !!) dans un coffee corner à côté de la station de métro. Après avoir éclusé le précieux breuvage, nous remballons les gaules pour quelques heures chez James afin de nous reposer.

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Au moment de sortir, je me fâche réellement après une énième session Trip Advisor infructueuse d’une bonne heure. Je finis par dire à Ludo que MERDE, on y va au jugé, que si on tombe dans un resto où c’est pas terrible, c’est pas grave, REMETTONS UN PEU D’AVENTURE DANS NOTRE VIE BON SANG !! [Petit aparté : si vous voyagez à l’étranger, n’hésitez pas à y aller au feeling (c’est comme ça qu’on fait les plus belles découvertes), où à acheter des guides locaux comme celui de Mathilde – Trip Advisor ou les autres sites d’avis, ça devient trèèèès vite relou et on y perd un temps fou pour pas grand-chose…]. Nous finissons donc, presque à contre-cœur au Democracy Brewing (35 Temple Pl) qui sert de l’excellente bière artisanale (quoiqu’un chouïa chère, mais bon, ça ne m’a pas choquée non plus)…par contre pour la bouffe, ça m’a plutôt laissée de marbre (j’ai testé les Mac’n’Cheese au brocoli, plat pourtant validé d’un « excellent choice » par notre serveuse, mais mouai mouai quoi). En plus, en partant, je me trompe sur la machine à carte bancaire au moment d’indiquer le pourboire (le premier choix était à 18%…et étant donné que le service était TRES insistant « ça va ? » « vous avez terminé ? » dès qu’on reposait notre fourchette… – je voulais m’en tenir au traditionnel 15% et j’ai sélectionné 15$ par mégarde – ce qui en a fait le resto le plus cher du séjour – THE boulet quoi 😀 ). Nous avons ensuite refait route chez James pour notre dernière nuit dans cette si belle ville…

Et cuuttt !

Que dire, mis à part, félicitation à toi, seul.e lecteur.rice qui a survécu à cette affreuse tartine – je te donne un badge virtuel de la persévérance, comme chez les scouts 😛

Et toi, as-tu déjà été dans cette superbe ville qu’est Boston ? Te souviens-tu de super adresses à ne pas manquer ? De restaurants délicieux ? J’attends ton commentaire comme un leprechaun attendant son verre de Guinness pression, je sautille d’un pied sur l’autre !

Des bisous enflammés !

Patriotisme sélectif et Paul Fuckin’ Revere.

Manon Woodstock.