Le coin des inclassables

Entamer un suivi psy : les 10 plus gros clichés passés au lance-flamme

Hello chère bande ! Je souhaite de tout cœur que tout aille merveilleusement bien pour vous. Pour moi tout baigne plus ou moins, toute secouée que je suis encore par mon éprouvant témoignage (c’est pas de sitôt que je vais refaire une vidéo ‘opération à cœur ouvert’ façon Docteur House en train de se trifouiller lui-même dans sa baignoire, c’est moi qui vous le dis 😆 ). Aujourd’hui, j’avais envie d’un truc plus léger. Plus ‘raclette entre ami.e.s’. Plus ‘caniche frisé’. Plus ‘tournée des bars impromptue’ quoi ^^ (ahh vous m’avez comprise, ne dites pas le contraire 😉 ). C’est pour cette raison que j’ai décidé d’aller faire un tour du côté de ma petite bibliothèque de sujets à traiter, pile sur l’étagère qui se trouve dans l’équivalent du grenier de mon cerveau. Et c’est munie de mon plus fringuant plumeau Swiffer (non, ceci n’est pas un billet sponso) que j’ai exhumé une idée qui m’avait fait sourire à l’époque : casser tous les clichés qu’impliquent le fait de consulter un psy.

Pour vous resituer ma propre pratique de la chose, je me suis « fait suivre », comme on a coutume de dire pour cacher un peu cette tare, qui vous ferait à coup sûr tomber en dessous de ce pauvre Benoît Hamon dans les sondages d’opinion, deux fois au cours de ma vie. Une fois par une pédopsychologue quand j’étais gamine, à cause d’insomnies récurrentes et de terreurs nocturnes. Et une fois dans ma vie d’adulte, par une psychologue, alors que je venais de réchapper de justesse au cercle vicieux infernal qu’étaient devenues la maladie psychiatrique et la personnalité narcissico-perverse de mon charmant père. Encore un VASTE sujet, grand comme tous les océans du monde, mais qui n’est décidément pas pour tout de suite. Parce qu’aujourd’hui, on a le droit de rigoler un peu, hein, merde 😀 ! Et alors que je l’avais un peu vécu comme une contrainte en étant gamine, c’est une prise en charge qui a changé ma vie d’adulte, et je pèse mes mots. Je n’occulte cependant pas non plus le fait que j’ai croisé, au fil des années, des personnes qui se disaient psychologues et avec qui ça s’est très mal passé (je me souviens avec émotion d’une sombre abrutie, chargée de dresser mon profil psychologique et qui m’était rentrée dans le lard lors d’un bilan de compétences, qui m’avait dit que j’étais, je cite « vouée à être une salariée instable et en arrêt maladie constant » – Merci, ça fera 2000€ – trop, trop sympa la meuf ! Et en plus c’est complètement faux, bref…). La différence avec ma psy actuelle, c’est que j’ai choisi d’aller la voir – on me l’avait décrite comme bienveillante et c’est justement ce dont j’avais besoin.

Avant toute chose, un psy, Kessessé au juste ? Est-ce qu’ils sont tous comme Robin Williams dans Will Hunting ? C’est quoi la définition du Robert, Manon ? Permettez-moi de différencier 4 types de spécialistes : le/la psychologue clinicien.ne (5 ans d’études universitaires), le/la psychothérapeute (pas de diplôme, mais des certifications plus ou moins sérieuses), le/la psychanalyste (pas de diplôme à proprement parler) et le/la psychiatre (médecin qui s’est spécialisé et qui est le/la seul.e habilité.e à prescrire un traitement médicamenteux). [Petite note informative : tout autre titre que ceux cités précédemment n’étant pas réglementés, il convient donc de consulter avec la plus grande prudence]. Comme j’ai des tendances extrêmement fainéantes ces derniers jours, qu’on est là pour rire à s’en taper les cuisses et pas pour se farcir du Lacan pendant 67 minutes, je vous redirige vers l’excellent article, très clair, qu’avait rédigé l’amie Line Mourey – psychologue de son état et talentueuse rédactrice du blog « La Parenthèse Psy ». Voilà, z’avez toutes et tous été bouquiner comme des grand.e.s ? C’est très bien, je vous félicite ! On sait donc maintenant un peu mieux où est le culcul et où est la têtête dans ce fascinant monde de l’inconscient et des pulsions.

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Bon, c’est pas le tout, mais moi je suis là pour cramer du cliché au napalm, tel Rambo s’allumant un barreau de chaise au lance-flammes en pleine jungle vietnamienne (Eric, si d’aventure tu me lis, t’as vu, j’ai bossé mes refs quand même 😛 ). Donc on y va pour les 10 plus gros clichés qui ont la vie dure quand on consulte un psy. Mise à feu…Go !

1 – Voir un psy, c’est un truc de gonzesse sensible, ou alors il faut forcément être un peu dingue

Ahhhhh, le TOP OF THE BEST argument, qui sent bon les petits pochons à la lavande que ta mamie mettait dans ses placards 🙂 Si comme moi, tu as déjà vécu ce moment de grâce où tu parles de ton suivi psy sans aucun tabou avec des potes et que certain.e.s se mettent à te dévisager comme si tu allais leur refiler un trouble obsessionnel compulsif en éternuant – bienvenue au club ! Même si ce cliché s’est un peu atténué à l’ère moderne dans laquelle nous errons comme des âmes en peine, je constate qu’il y a encore des préjugés. Et c’est bizarre, parce que je trouve qu’autant certains parents parlent très ouvertement du fait que leur gamin voit un.e pédopsy – c’est SWAG, ça fait ‘je prends les problèmes de mon enfant à bras le corps’, mais avouer qu’on y va soi-même, c’est déjà un petit plus chaud patate. Je ne pense pas que les enfants parlent à donf de leurs consultations psy les uns les autres (en tout cas, il ne me semble pas l’avoir fait quand j’étais en primaire, pour ma part), mais les parents ont de moins en moins de mal à balancer que leur enfant se fait suivre entre le fromage et le dessert. C’est devenu BANAL. Quand t’es jeune, t’as le droit de péter un maxi-boulon, mais en revanche, quand t’es adulte, faut se maîtriser mon petit père 😉 [Bien sûr, cet exemple ne vaut que pour les jeunes enfants, parce que plus tard, ça devient méchant, ça mord, ça pue le Scorpion et le chewing-gum à la fraise – et le SWAG du psy retombe].

Alors que répondre à cet argument tout pourri ? Ben tout simplement que là, ça va, on est en 2019 – je pense qu’on peut raisonnablement creuser un trou pour y mettre ce cliché et verser du béton à prise rapide dessus pour qu’il ne ressorte plus jamais. Voir un.e psy n’a jamais fait le/la dingo, pas plus qu’aller voir un ORL ne permet de conclure que vous êtes sourd comme un pot. Il est temps d’imprimer qu’il y a une hiérarchie dans les troubles mentaux – et qu’il n’est pas nécessaire d’être « malade » pour consulter. Aller voir un.e psy, si l’on considère la question en dehors de tout trouble invalidant, c’est voir un.e professionnel.le pour essayer de régler un souci dans sa vie qui ne relève pas d’un dysfonctionnement physique. C’est une sorte de doc du mental.

Quoi qu’il en soit, pour analyser un peu, j’y vois une volonté de déclarer le mental inférieur au physique – ou dans tous les cas, moins important. La psychologie est peut-être une discipline désormais très répandue, mais jusqu’à il n’y a pas si longtemps, c’était complètement impensable de payer un.e docteur.e juste pour parler. Un médecin, ça a une blouse, un dico VIDAL posé sur le bureau, un paquet d’ordonnances et un stéthoscope autour du cou. Voilà. Et c’est vrai que beaucoup ont encore du mal à envisager que l’on puisse aller voir quelqu’un qui ne pratique rien physiquement sur nous, qui ne nous prescrit pas de médocs et avec qui on ne fait finalement qu’échanger. Pour 60 balles. Maistuesdinguemafille. Et ça s’ajoute à l’idée reçue que si l’on ne va pas bien mentalement, c’est qu’on est faible. Mouai…autant vous dire que j’ai réellement du mal à adhérer à cette théorie…Qui est plus faible entre quelqu’un qui va avoir le courage d’aller vider son sac et tous ses secrets les plus intimes face à un.e inconnue pour mettre les problèmes de sa vie à plat et quelqu’un qui va tout enfouir et nier l’évidence parce que « ouin ouin, j’ai peur de passer pour un.e frappadingue » ? Je crois qu’on est d’accord : il n’y a pas de match.

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J’ai réalisé des trucs de fous (sans mauvais jeu de mot !) lors de mon suivi psy, j’ai avancé à pas de géant dans ma vie – ce que je n’aurais jamais pu faire (pas à cette vitesse en tout cas) sans cette béquille salutaire. Ça m’a permis d’aller déposer de lourds bagages chez quelqu’un de neutre, de rendre réel tout ce que j’avais vécu en le disant et de bénéficier de conseils et de constatations sur mon existence qui ne me seraient jamais venus à l’idée.

Je ne me considère personnellement pas du tout comme une malade mentale (OUI, vous pouvez photographier cette phrase pour la postérité 😆 Je vais peut-être même en faire un poster que j’accrocherai dans mon salon tiens !) – mais il y a environ deux ans, ma vie était tout simplement devenue trop lourde à porter pour moi et mon trouble anxieux s’était aggravé au point qu’il devenait assez invivable. Insomnies, terreurs nocturnes, crises d’angoisses et crises d’hyperventilation étaient mon quotidien – au point que ça devenait difficile pour mes ami.e.s, et surtout pour Ludo et moi – car nous en étions réduits à une sorte de gestion court-termiste pour rendre chaque crise la moins invivable possible. Et aujourd’hui, après 2 ans de séances tous les mois, puis tous les 2 mois, puis tous les 4 mois – je me sens sortie d’affaire et solide. Et ça, ça n’a juste pas prix !

2 – Aller s’allonger sur un divan en velours rouge à côté d’une boîte de mouchoirs me paraît ridicule, non, décidément, je ne peux pas !

Point d’inquiétude parce que chez toutes les psys chez lesquelles j’ai été, j’étais bel et bien assise sur une chaise ! Chez l’actuelle, j’ai bien constaté la présence de la sacro-sainte banquette, mais je n’ai pas encore eu le plaisir de m’y allonger (je suppose que ça doit être réservé aux exercices de sophrologie qu’elle propose à d’autres patient.e.s – moi je n’en ai pas eu besoin).

Il y a bien la fameuse boîte de mouchoirs dont j’ai dû me servir une fois (on s’était attaquées à un truc très dur au marteau-piqueur et j’ai craqué, voilà 😆 ) – mais ce n’est pas une obligation de finir en larmes à chaque séance, comme dans les films américains ! Chacun son style en fait – Venez comme vous êtes, comme chez Ronald !

3 – De toute façon, je sais déjà qu’il/elle va me dire que tout est de la faute de ma mère – C’est Freud qui l’a dit !

Ah mais non, mais non, laissez votre pauvre maman tranquille 😉 ! (ou pas, tout dépendra de ce qu’en dit votre thérapeute). Freud est loin d’être la seule figure de cette vaste discipline et les problèmes de tout un chacun peuvent avoir des milliards de sources et de significations. Tout dépendra de l’école de laquelle votre psy se sent le/la plus proche – mais il peut y avoir autant d’interprétations différentes qu’il y a de praticien.ne.s !

Et chères mamans, n’ayez crainte, on ne va pas vous dire que tout est votre faute si ce n’est pas le cas (et celui ou celle qui le ferait serait un drôle d’hurluberlu…).

4 – Ils/Elles ne font qu’écouter sans rien faire et/ou gratter sans but dans un carnet (en plus, je suis sûr.e qu’ils/elles gribouillent juste des nuages ou des petits lapins !) et pour le prix que ça coûte, je peux LARGEMENT me psychothérapeutiser moi-même !

Ahhh, l’éternelle excuse du tarif !! ‘Tu dépenses 60€ JUSTE pour parler 2 heures – eh ben, si tu veux je te donne mon IBAN et je fais le psy hein’ [Ah ah, non, ça ira, gros abruti]. MAIS MEC TOI TU DEPENSES UN SMIC POUR UN TELEPHONE ALORS ME FAIS PAS CHIER 👿

Ne nous leurrons pas cependant, OUI, une séance psy n’est pas à la portée de toutes les bourses. Si des consultations chez les psychiatres sont remboursées dans le cadre de certains troubles mentaux graves, ce n’est pas le cas pour les séances chez les psychologues et les psychothérapeutes. Quelques articles sur le net parlent d’essais pilotes de remboursements des consultations par la CPAM dans 4 régions pour les personnes souffrant de troubles mentaux légers à modérés (Haute-Garonne, Bouches-du-Rhône, Landes, Morbihan) de 2018 à 2020 (ce que je trouve très très court, mais bon – je ne m’appelle pas Agnès Buzyn et n’ai donc aucun pouvoir réel de décision). Et cette mesure aurait notamment été mise en place pour combler les besoins des patients qui ne peuvent pas forcément se tourner vers les structures proposant des consultations gratuites comme les CMP (centres médico-psychologiques) – où les délais frisent parfois la démence – avoir une place pour les Rolling Stones à guichet fermé, c’est plus simple, en gros. Je ne sais pas si c’est déjà le cas aujourd’hui, parce quand le gouvernement utilise le terme « bientôt »…je sais pas pour vous, mais moi j’ai tendance à me méfier des ‘bientôt’ de Manu 😛 La mesure a été saluée par la profession quoique jugée largement insuffisante (quoi qu’il en soit, j’espère sincèrement qu’au terme de cette expérience, nous parviendrons à voir si cela peut réellement diminuer la consommation d’antidépresseurs des Français.e.s). Dans ce dispositif, les médecins traitants orientent les patient.e.s vers des psychologues clinicien.ne.s ou vers des psychothérapeutes agréés pour une vingtaine de séances maximum. Mais les professionnel.le.s du secteur n’ayant pas été impliqué.e.s dans cette prise de décision, beaucoup fustigent le fait que le nombre et la durée des séances soient standardisés – alors que par définition, chaque psy fonctionne différemment.

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5 – J’ai entendu dire qu’un.e psy, c’est quelqu’un qui fait semblant d’écouter et qui marmonne en alternance « huummm » et « continuez »

Merci les clichés véhiculés par les films et les séries !

Peut-être que certain.e.s fonctionnent ainsi, mais je peux vous assurer que ça n’est pas du tout le cas pour la mienne. Chaque séance est un vrai dialogue où je lui expose mes problèmes et mes blocages et où elle ponctue les deux heures que nous passons ensemble par des anecdotes, des histoires et des conseils de son cru.

Quoi qu’il en soit, je crois qu’il est erroné de croire que l’on va forcément trouver le/la psy qui nous convient du premier coup. Certain.e.s vont avoir besoin de parler et qu’on les écoute, d’autres de dialoguer – d’autres encore de se faire secouer un peu les puces. Moi j’ai voulu de la bienveillance, de l’écoute et du dialogue et c’est exactement ce que j’ai eu.

6 – De toute façon, ce n’est même pas de la vraie médecine !

Ah bon ? Une pratique qui atténue les insomnies, les crises d’angoisses et qui allège tous les poids qui pèsent sur l’âme, vous appelez ça comment ?

Si certaines personnes préfèrent s’assommer à coups d’anxiolytiques, de somnifères et d’anti-dépresseurs plutôt que de faire face à leurs problèmes et considèrent que « c’est de la vraie médecine » parce que leur médecin leur a fourré une ordo de Lexomil dans la main – grand bien leur fasse. Que l’on s’entende bien, je ne crache absolument pas sur les psychotropes, il m’est moi-même arrivé d’en prendre sur des périodes très courtes – notamment quand mon syndrome d’anxiété devenait trop insoutenable – mais jamais au grand jamais sur du très long terme – pour ce que je considère comme un trouble léger. Moi, je vois ça comme de l’abrutissement qui ne règle rien. Si certaines de nos caractéristiques mentales deviennent temporairement insupportables à vivre (je parle ici de certains cas de dépression et de syndrome d’anxiété qui touchent une GRANDE partie de la population et non de pathologies mentales lourdes qui nécessitent un traitement médicamenteux sur le long terme), Ok pour se servir de ces médicaments comme d’une béquille momentanée avant d’aller travailler sur ses soucis personnels, mais ça ne devrait jamais être considéré comme une forme d’endormissement à long terme (ce qui est encore bien trop souvent le cas en France, malheureusement).

Encore une fois, je crois qu’il est URGENT d’arrêter avec ce tabou qu’est la santé mentale et qu’elle « irait forcément de soi » si l’on est quelqu’un de droit, costaud et équilibré. Et « qu’aller mal » se guérisse forcément en se bourrant de gélules aux effets secondaires parfois lourds (et qui agissent sur le cerveau – soit dit en passant).

7 – Mais ? Mais ? Ne va-t-on pas se regarder dans le blanc des yeux avec une immense gêne ?

Peut-être ! C’est une question qui a méchamment travaillé Ludo quelques mois après le début de mon suivi. J’ai vu l’Homme avec un grand H complètement déstabilisé, se demandant ce que je pouvais bien aller blablater à ma psy pendant 2 heures « mais comment ça se passe ? » – sous-titré, ‘lui as-tu parlé de mon dangereuse addiction à la série « La fête à la maison » et si oui, qu’est-ce qu’elle en a dit ?’ (arf, même elle n’a pas compris, mon amour 😆 ).

Je ne peux pas vous dire grand-chose mis-à-part que je ne suis pas dans votre tête et ne peut pas vous garantir que, lors de votre première séance, vous n’allez pas vous sentir bloqué.e ou intimidé.e – comme à un premier rencard où l‘on aurait peur de puer de la gueule et de laisser échapper un pet de travers 😀 – mais dans les deux cas où j’ai eu affaire à des psys, ils m’ont quand même posé des questions, ne vous faites pas de bile ! Lors de notre première séance, ma psy actuelle m’a simplement demandé pourquoi je venais consulter – et ce qui n’était qu’un petit ruisseau inoffensif dans lequel pataugeaient paresseusement quelques crapauds est très rapidement devenu l’équivalent de la Loire un jour de tempête ^^ J’ai parlé, parlé, parlé pendant 2 heures sans m’arrêter – un peu comme un ballon qui se dégonfle ! Bon, je dois dire que dans mon cas, y avait du dossier et un sacré package de problèmes à régler, mais quoi qu’il en soit – si vous pensez avoir un réel problème dans votre vie, vous trouverez quoi dire – faites-vous confiance !

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Ma psy m’a plusieurs fois dit que selon certaines études, il se passait en moyenne entre 6 mois et 2 ans entre le moment où l’on dit « il faudrait que je voie un.e psy » et celui où l’on décroche effectivement son téléphone. Pour ma part, je crois qu’il m’a fallu une bonne année et demi. Je savais que j’allais mal, mais je ne sautais pas le pas – essentiellement par peur de me retrouver face à quelqu’un de malveillant.

Mis à part si vous tombez face à une personne dont c’est la méthode de se taire (et il existe des gens qui ont besoin de ça) – il y aura en général du dialogue. Certain.e.s vous laisseront patauger comme un beau diable s’ils/elles estiment que c’est nécessaire dans la prise en charge, d’autres vous guideront plus…Là encore, il s’agit de s’informer et de se mettre au clair quant à ce qu’on attend d’une séance chez un.e psy.

8 – Il / Elle va me bidouiller le cerveau et me reprogrammer à mains nues

Non, tu as trop regardé Total Recall mon petit 😉 [Et non, ne me dit pas « celui avec Colin Farrell ? », parce que je crois que ça mérite que je te jette une bombe à eau en pleine face].

Chez un psy, en général, on discute, on se concentre sur ce qui pose problème – mais la probabilité pour qu’il/elle débarque avec un pic-à-glace pour vous lobotomiser est pour ainsi dire nulle (et dans ce cas, c’est votre praticien.ne qui aurait bien besoin d’un.e psychiatre, c’est bon, vous suivez toujours ^^ ?).

9 –  Tous.tes les psys utilisent la même méthode, ils/elles se valent toutes et tous

Non, c’est totalement faux ! C’est même nier les différences propres qu’ont les êtres humains les uns par rapport aux autres. Il n’existe pas « un psy » – espèce d’avatar masculin marmonnant et fumant la pipe avec les jambes croisées en vous disant « continuez » toutes les 7 minutes – mais bien des psys – qui ont toutes et tous une pratique différente de cette fascinante discipline qu’est la psychologie humaine.

Il y a des principes de déontologie communs, certes, mais il y aussi avant tout des pratiques – propre à chaque professionnel.le.

Il faut choisir son psy avec le plus grand des soins – selon ses besoins propres et son ressenti. Je vous redirige vers le très bon article de Line sur le sujet – où elle donne quelques pistes pour choisir un.e praticien.ne qui nous convient.

10 – Non, mais celles et ceux qui vont voir un.e psy, c’est des gens traumatisés – des personnes dont Francis Heaulme était le tonton ou qui ont passé leurs jeunes années dans une secte cannibale. Moi, je n’ai que des « petits problèmes », ça ne me concerne pas

Détrompez-vous 😉 On peut aller consulter un psy « juste » parce qu’on stresse trop ou qu’on a l’impression d’être un peu perdu.e dans sa vie. Parce que votre conjoint.e vous gonfle. Parce que votre Setter Anglais fait sa crise d’adolescence. Je crois qu’il n’existe pas de bonne ou de mauvaise raison de consulter. L’essentiel est de ne pas y aller sous la contrainte ou « parce qu’on vous l’a conseillé », mais bien parce que vous en ressentez le besoin et/ou l’envie.

Il n’y pas de motif de consultation plus valable qu’un autre – et ça va de l’envie de vider son sac chez quelqu’un de neutre, à la nécessité d’aller de l’avant face un lourd trauma que vous auriez vécu et que vous voulez surpasser.

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Ahhh, ce bon vieux test de Rorschach – Moi, je vois le lapin de Donnie Darko – Dis Line, est-ce que c’est normal 😆 ?

Aller se livrer, ça aide à faire une sorte d’énorme retour sur sa vie, à faire « le point » en quelque sorte (ON FAIT LE BILAN CALMEMENT EN SE REMEMORANT CHAQUE INSTANT 😀 oups, pardon, ça m’a échappé !) et je crois, finalement, qu’il serait fort utile à tout un chacun de passer par là une fois dans sa vie.

Chez le/la psy, il n’y a pas de petits ou de grands problèmes, il n’y a que vous, la personne en face et tout ce que vous allez vous dire – qui restera toujours entre vous.

Aller, stopping pour le sujet très « Vol au-dessus d’un nid de coucou » du jour ! Je vous donne encore deux sources très intéressantes que j’ai pêchées chez Line et qui peuvent vous servir si vous hésitez à aller consulter et si vous souhaitez disposer d’alternatives pour voir un.e psy gratuitement :

Je vais m’arrêter là – la tartine étant déjà assez conséquente. Finalement, on peut dire que nous sommes dans un diptyque très « mort aux tabous » après la vidéo sur ma fausse couche de la semaine dernière – mais si j’ai écrit toute cette tartine rigolote (je l’espère), c’était avant tout pour vous partager mon expérience avec des psychologues (je reprécise au cas où vous seriez dûr.e.s de la feuille) – car ça n’a pas forcément grand-chose à voir avec ce qui se pratique en psychothérapie, où la variété des alternatives est tellement grande, que je ne m’aventure même pas à les lister par ici. Il s’agit encore, comme toujours, de faire vos recherches et d’opter pour la solution qui vous conviendra le mieux – si toutefois vous pensez avoir le besoin d’un suivi psy.

Et vous, fidèles lectrices et lecteurs qui avez lu cet article en entier, avez-vous déjà eu affaire à un.e psy dans votre vie ? Comment envisagez-vous votre santé mentale ? La santé physique vous paraît-elle plus importante ? Avez-vous envie de partager d’autres clichés ? Des expériences positives ? Négatives ? Je fais comme le praticien à barbe blanche de mes clichés, je fume la pipe avec les jambes croisées en attendant vos réponses. Continuez… 😛

Sur ce, c’est parti pour un week-end un peu folklo qui risque fort de me laisser sur les rotules, mais je conclurais cet article en disant qu’après tout, le mouvement, c’est bien le début de la vie, non ?

Je vous embrasse fort.

Trépanation Surprise et Inconscient Labyrinthique.

Manon Woodstock.

18 réflexions au sujet de “Entamer un suivi psy : les 10 plus gros clichés passés au lance-flamme”

  1. Je suis une fervent partisane des thérapies. Je pense même que l’on devrait obliger tous les adultes à faire une thérapie avant de se mettre en couple et de faire des enfants, la société irait mieux. Pour moi, la thérapie est le fait de personnes suffisamment courageuses pour oser se confronter à des situations inconfortables et dérangeantes. Tout le monde n’a pas le cran (surtout ceux qui disent que Oh, non, ils n’ont pas besoin !)

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    1. Hello 🙂 Un grand merci pour ton commentaire ! ça serait une idée à creuser en fait ! Une suggestion de thérapie pour tous.tes à partir d’un certain âge…C’est sûr que le monde tournerait peut-être un peu plus rond. Cependant, le secret d’une prise en charge réussie, c’est bien de vouloir travailler sur un point en particulier ou de vouloir aller mieux – sinon, on n’arrive malheureusement pas à grand chose…Mais il serait néanmoins intéressant de proposer des bilans psy à certains âges ‘charnières’ de la vie 😉 On monte chez Agnès Buzyn faire la propo 😛 ?

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      1. Bien évidemment, il faut une libre adhésion à ce travail sur soi 😉 Moi je suis OK pour aller voir Buzyn, on ferait faire de grosses économies à la société ! moins de violence sociale et familiale, moins de dépressions, moins de prescriptions d’anxiolytiques … ah zut, on va faire des chômeurs, ça ne marcherait pas comme argument !

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  2. MA-NON-PRÉ-SI-DENTE !
    Ah, pardon, je l’avais déjà faite, hum.
    Encore un chouette article. Je pense tout comme toi et j’ai vécu mes deux ans de psy exactement comme toi, à un ou deux microdétails près. C’est de moins en mois tabou mais c’est vrai que certaines personnes restent persuadées que voir un psy, c’est signe de déficience mentale. Perso, si la conversation m’y amène, je n’ai aucun mal à dire que j’ai vu une psy pendant deux ans et que ça m’a probablement sauvé la vie. En tout cas, ça me l’a grandement améliorée. C’était aussi une femme très bienveillante, un peu tête en l’air vue comme ça, mais avec un énorme acuité. Il lui a fallu cinq minutes et deux questions pour voir que mon principal problème n’était pas celui pour lequel je pensais être venue. Les premières séances, j’ai beaucoup pleuré, beaucoup parlé et je sortais de là complètement épuisée mais ça me faisait déjà un bien fou.
    Quelques années avant ça, j’avais eu un gros épisode dépressif. Mon médecin m’a fait prendre des AD pendant 6 mois et il m’avait donné le numéro du planning familial pour voir une psy là-bas. J’en était sortie au bout d’une demi-heure encore plus désespérée qu’avant. La psy était une espèce de coquille de bonne femme vide, à la mine renfrognée et qui marmonnait en me jetant des coups d’œil comme si ça la faisait incroyablement chier d’être là…
    Bref, comme tu le dis, il faut bien choisir son psy et ne pas hésiter à les essayer jusqu’à trouver le bon, comme un jean ! ^^
    En tout cas, c’est très souvent que je conseille à certains interlocuteurs déroutés, mal à l’aise dans un période de leur vie ou juste un peu tristounets d’aller rendre visite à un psychologue à l’occasion. Je suis intimement convaincue que la dépense, à condition d’avoir « le bon » psy, sera quoi qu’il arrive un excellent investissement, autant sur le court que le long terme. Et qu’il n’y a pas de honte à avoir pour ça. Au contraire, comme tu le dis bien, il faut faire preuve de courage pour admettre qu’on a besoin d’un coup de main, puis prendre son téléphone et demander de l’aide.
    Bon, j’arrête ma tartine ici, désolée ^^’
    Bisous et bon week-end ! ❤

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    1. Hello Marianne 😉 Merci pour le roman, ça m’a fait de la lecture en ce mardi bien morne à mon travail…
      Je te remercie également pour le partage de ton expérience, qui montre bien la diversité des pratiques. Comme partout, certain.e.s adorent leur métier et d’autres font ça mécaniquement, par obligation…Et alors là, si on est dans un vrai moment de faiblesse, bonjour les dégâts…
      Je suis complètement d’accord avec le fait que la dépense vaut largement le gain final – personnellement, si ma psy me demandait de payer deux fois plus cher pour 2 fois moins de temps, j’y retournerai encore sans problème. Quand on est 2-3 ans après et qu’on réalise que notre psy nous a sorti du gouffre, on est forcément reconnaissant.e, même si ça impliquer d’aller touiller dans la crasse et de passer par des séances difficiles.
      Je suis toujours très impressionnée par cette faculté qu’ont certaines personnes de savoir en 3 secondes 6 l’exacte raison qui t’a amenée chez elles – c’est un véritable don !
      Je te souhaite une très belle semaine et t’envoie une volée de bisous !

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  3. Témoignage super intéressant ! Malheureusement chez les hommes en particulier il y a encore beaucoup cette idée que si on va voir un psychologue c’est un aveu de faiblesse, qu’on se plaint pour rien etc

    Du coup, psychanalystes et psychothérapeutes ne sont pas des psychologues… ça a trait a la psychologie quand-même, une bonne partie des psychanalystes sont aussi psychologues (certaines formations intègrent de la psychanalyse en France, même si on doit être un des derniers pays qui y accordent autant de crédit ; d’autres formations sont plus tournées vers la neuropsy). Tu m’as appris quelque chose concernant la régulation du titre de psychothérapeute, je pensais que c’était encore moins régulé que ça en fait ! A priori y’a quand-même un lien avec l’exigence d’un diplôme… https://www.iledefrance.ars.sante.fr/usage-du-titre-de-psychotherapeute

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    1. Ok en fait maintenant c’est « psychopraticien » qui est une mention non associée à un diplôme, mais au suivi d’une formation délivrée par différentes écoles ou établissements indépendants

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      1. C’est ça ! Et visiblement, certaines écoles sont plus sérieuses que d’autres. Après, comme tu le dis dans ton précédent commentaire, c’est extrêmement fréquent de voir un.e psy cumuler les casquettes et diversifier sa pratique.

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    2. Merci pour ton commentaire Irène 😉 Oui, c’est tout à fait exact ce que tu dis pour la perception des hommes du suivi psy – les femmes en parlent beaucoup plus ouvertement et un homme qui va mal dans sa tête et consulte est encore très souvent catalogué comme ‘faible’. J’ai souvenance d’un cours de socio que j’avais suivi il y a des années lumières en arrière, où notre professeure avait un peu parlé de division des genres à l’école et notamment de la psychologie – largement investie par les femmes (alors que les psychiatres qui sont des médecins spécialisés, sont encore majoritairement des hommes j’ai l’impression !). A creuser ! Il y aurait une étude intéressante à faire 😉

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  4. Bonjour Manon, c’est avec émotion que je découvre ton article ! Je me balade toujours sur ton blog avec plaisir (une tasse de thé à la main) et j’ai eu une sacrée surprise en découvrant ton dernier sujet ! Merci pour toutes ces références 😀

    Les clichés m’ont toujours beaucoup fait rire et j’ai passé un bon moment à te lire les défoncer au lance flamme. Et effectivement, tu n’y vas pas de main morte ! Mais tu as raison, ce genre d’article fait du bien. Ca lève les derniers tabous restants, désacralise la profession: on en a besoin pour faire avancer les choses. M’autorises-tu à le partager sur ma page Facebook professionnelle d’ailleurs ?

    Concernant la planche de Rorschach, ce n’est pas commun d’y voir un lapin mais rien de grave je te rassure ! Moi je perçois un de mes anciens professeur en moto alors… 😉

    A bientôt,
    Line

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    1. Hello Line 😉 C’est largement mérité, tes articles sont clairs et expliquent très simplement des concepts parfois nébuleux !
      J’y ai été volontairement à la pioche, parce que je crois qu’il devient urgent d’exploser les derniers tabous relatifs au suivi psy. La santé mentale est d’une importance capitale et elle est encore trop négligée dans nos sociétés qui placent le physique au dessus de tout.
      Je t’autorise bien évidemment à partager mon article 😉
      Bises !
      PS: je suis extrêmement soulagée par le résultat de mon Rorschach, merci pour ton analyse 😛

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  5. « Tu dépenses un SMIC pour un téléphone alors fais pas chier », tu m’as trop fait rire !! Pour ma part très bonne expérience avec les psys qui m’ont suivies lorsque j’étais enfant, par contre horrible expérience en tant qu’adulte – j’ai trouvé celle qui a voulu me retourner le cerveau, mais j’ai vu les ficelles de sa manipulation x) La première séance je suis une personne foooormidable qui est teeeellement courageuse après ce qu’elle a vécu. Deuxième séance : mais non vous n’allez pas faire comme votre mère, vous êtes une autre personne, ne vous inquiétez pas. Troisième séance, où je veux arrêter : Vous allez faire comme votre mère, et puis à 30 ans vous allez tromper votre chéri, et puis vous allez faire souffrir toute votre famille, vous verrez que j’ai raison… Okayyy ! Lorsque j’ai voulu arrêter les séances elle ne voulait pas me laisser partir de la pièce, elle voulait me forcer à prendre un autre rendez-vous – ça a vraiment été horrible et ça m’a demandé beaucoup de force de lui tenir tête et de partir. Et puis pour couronner le tout, elle avait un rapport très très particulier à l’argent : obligatoirement en cash, quitte à payer au rendez-vous suivant, et puis « si c’est un problème d’argent je suis sûre que votre famille paiera » : WTF ? Bref, je vide un peu mon sac *rires* Je pense que c’est vraiment important de trouver la bonne personne, et en même temps lorsqu’on est fragile ce n’est pas forcément évident de s’affirmer.

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    1. Pfiiou, flippant ton témoignage !! C’est exactement le genre de raison pour laquelle entamer un suivi psy a été si compliqué pour moi ! J’avais peur de tomber sur une personne jugeante, malveillante – un peu le genre de psy que tu décris 😯
      C’est très très inquiétant d’en venir à ‘séquestrer’ une patiente dans son cabinet parce qu’elle ne veut pas reprendre rendez-vous ! Perso, la mienne me laisse TOUJOURS l’initiative de la reprise de rdv et ce que tu racontes me choque d’une force !! Et cette obsession pour le cash O_o Gratinée cette dame. On te l’avait conseillée ?
      Ton partage souligne vraiment la nécessité de trouver le/la bon.ne psy, quitte à essayer plusieurs praticien.ne.s avant de faire un choix définitif. Si l’on ne se sent pas en confiance, il ne sortira rien de bon des séances…

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      1. Oui on me l’avait conseillé x) En discutant avec d’autres personnes j’ai compris que j’aurais du me méfier dès le 1er rendez-vous lorsqu’elle m’a imposé un autre rendez-vous sans me demander mon avis – comme tu dis, c’est important de laisser l’initiative ! Mais on apprend de nos mauvaises expériences, si je souhaite refaire appel à une psy à l’avenir je m’y prendrais différemment et je m’affirmerais plus 🙂

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      2. Arf, après, je trouve que c’est dur-dur de se méfier quand on va voir un.e professionel.le dans l’optique de se confier et de tout déballer ! Et quelle insécurisation quand tu l’as fait et que tu te rends compte que tu fais face à quelqu’un qui n’est pas forcément bienveillant…C’est un peu toujours la loterie – comme dans chaque interaction humaine finalement 😉 Mais c’est une excellente chose que tu aies tiré des leçons positives de cette prise en charge inadaptée 😀

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