Que faire quand la vie dérape ? Quand toutes les composantes du quotidien partent tellement dans tous les sens qu’on a la désagréable sensation d’être dans un rafting, balloté dans les rapides d’une tumultueuse rivière (c’est beau hein ? Je me sens d’humeur poétique en ce beau lundi matin 🙂 ) ?

Figurez-vous que je sais plutôt de quoi je parle. Parce qu’en ce moment, ma vie, c’est juste le cirque total. Un cirque que je n’aurais jamais imaginé, même dans mes pires fantasmes négatifs – tu sais, ceux où tu listes l’une après l’autre toutes les tuiles qui pourraient te tomber dessus. Depuis quelques mois, ma vie révèle son talent créatif insoupçonné pour le chaos. A chaque fois que j’ai le sentiment d’avoir touché le fond et que j’ai la vague sensation de remonter, je me reprends une bourrasque qui me noie un peu plus et me donne l’impression que je ne vais jamais réussir à refaire surface. Que je vais rester au fond de l’eau pour de bon. Manon 0 – La vie 5 – Knock-out. Fin du game.

Il y a quelques années, pourtant, je me souviens avoir volontiers levé le sourcil quand certains de mes proches me disaient que parfois, tout arrive en même temps dans la vie. Qu’il arrive que l’on se prenne soudain un méchant shoot de casseroles, de nouvelles bouleversantes, de décès, de couacs en tout genre – comme si notre existence se disait tout à coup « aller, je lui en mets une bonne rasade avant de prendre congé ». J’avais toujours l’impression que celles et ceux qui me mettaient en garde contre ces « tempêtes de vie » exagéraient ou surinterprétaient un quotidien un tout petit plus chargé que d’habitude. Jusqu’à ce que je me rende compte que j’étais moi-même en train d’en traverser une bien méchante.

Tu ne vois pas de quoi je parle ? Laisse-moi t’esquisser le truc. Une tempête de vie, c’est une période – d’une durée indéterminée et indéterminable – pendant laquelle tu te mets soudain à cocher toutes les cases les plus pourries de l’existence. Cela peut se présenter sous la forme de décès en cascades, de périodes où tu as l’impression que toutes les décisions que tu prends sont catastrophiques, d’épreuves de vie particulièrement difficiles à vivre ou encore de torrents de malchances qui semblent assez surréalistes sur le moment. Pour tout vous dire, je cumule. La vie a décidé de m’offrir un joli panaché d’emmerdes, juste avant que ne sonnent mes 28 printemps. Et ces derniers temps, je peux vous assurer que certains jours, je n’ai pas été très loin de baisser les bras. De me mettre en PLS en attendant que tout passe. Bien qu’étant une authentique balle rebondissante. Bien qu’ayant une capacité d’adaptation phénoménale. Moi, Manon, j’ai voulu abandonner (et c’est là que le public en cercle dit « Bonjouuur Manonnn » 😀 ).

Aujourd’hui, alors que les choses ont l’air de commencer à se calmer un peu – et que ma vie a été rétrogradée, comme à la météo, d’ouragan force 5 à simple tempête tropicale, j’ai décidé que c’était une potentielle bonne idée de transmettre des pistes et des voies de secours à toutes celles et ceux qui traversent de tels moments déplaisants. Voici donc mes 10 conseils façon « kit de secours face aux avaries de la vie », pour commencer cette semaine du bon pied :

  • Sachez gardez votre humour, en toute circonstances. Parce que ne plus jamais rire, c’est la mort. Maintenant, à chaque nouvelle tuile qui me tombe sur la caboche, j’en plaisante – parce que sinon, j’en pleure. Tentez de trouver le positif dans tout le négatif qui vous assaille, essayez d’exploiter tout cela et d’en faire une force. Dans mon cas, faire un pari comique sur la potentielle prochaine situation abracadabrante qui va m’arriver aide beaucoup. C’est peut-être la merde, mais au moins, on se marre comme des baleines 😉
  • Arrêtez temporairement de vous projeter et optez pour la technique du « un pas à la fois et un pied devant l’autre ». Je sais que c’est extrêmement dur dans une société où l’art de la projection est encensé (ahhh, la fameuse question « et sinon, vous vous voyez où dans 10 ans ? », reine des entretiens d’embauche et des stages de développement personnel et à laquelle j’ai toujours envie de répondre ‘en duo avec Patrick Bruel au Zénith de Paris’…Bref…), mais retenez qu’il y a des moments dans la vie où c’est ok d’y aller pas-à-pas. Où ton quotidien, tu as juste l’impression que c’est un mauvais roman de Mary Higgins Clark et qu’essayer d’imaginer un avenir radieux te bouffe trop d’énergie. Economisez-là, vous en aurez besoin.
  • Prenez du recul, dès que la tempête se calme 5 minutes. Accordez-vous de la gratitude, sachez reconnaître votre force et vous remercier d’être en capacité de traverser toutes ces épreuves. Posez tout sur du papier, le meilleur comme le pire, si ça peut vous aider.
  • Lâchez prise, complètement. C’est le plus grand apprentissage que je suis en train de réaliser, un peu à mes dépends, ces 6 derniers mois. Et finalement, j’accepte peu-à-peu le fait que je ne maîtrise pas tout et que ça ne sera jamais le cas. En ce moment, j’ai la conviction de prendre une des plus importantes leçons de ma vie, qui fera date pour les 10 prochaines années – au moins. La vie, c’est souvent le chaos et on a beau se rassurer à coups de rappels, de réveils, d’horaires, de rendez-vous et de routine rassurante, quand ça doit déraper, ça dérape et vous n’y pouvez souvent rien. Ne vous rendez pas trop malade, à parfois trop s’accrocher, on perd parfois des forces essentielles pour surpasser tous ces petits accidents de vie.
  • Tenez bon dans la coquille de noix du quotidien, gérez les imprévus au jour le jour et attendez que la tempête se calme – en essayant autant que possible de ne pas craquer ou de perdre patience. Parce qu’on a peut-être l’impression du total opposé, mais ça finira bien par arriver : le retour à la normale aura lieu, faites-vous simplement confiance.
  • Entourez-vous de personnes bienveillantes, qui prennent soin de vous et qui vous sécurisent. Exit les individus toxiques ou bien ceux qui vous reprochent de ne « pas prendre de nouvelles » ou « ah ben dis donc, on te voit plus beaucoup en ce moment hein !». OUI DUSCHNOCK, j’essaye déjà d’écoper tant bien que mal le navire aussi troué qu’une flute à bec qu’est ma vie, alors t’es gentil.le, mais tu vas aller voir ailleurs 5 minutes, y en a qui bossent ! En ce qui me concerne, je n’ai pas hésité à être très cash avec certains de mes proches, en leur disant que je n’avais pas de temps à leur consacrer en ce moment et que je les encourageais à être compréhensifs. C’est systématiquement bien passé et je ne rencontre que compréhension et respect de la part des personnes importantes. Les autres, laissez-les causer, ils se fatigueront tous seuls.
  • Autorisez-vous des moments de repos et de relâche – même s’il y a théoriquement 1001 autres choses à faire pour régler vos soucis du moment. Parce que si l’on s’oublie, on prend le risque de « pousser le bouchon trop loin Maurice », de craquer complètement et d’y laisser des plumes, qu’elles soient mentales ou physiques. Par exemple, en ce moment, environ 3/10e de mes problèmes (quelle précision, n’est-ce pas 😛 ?) se matérialisent à cause d’un achat immobilier compliqué et d’un déménagement qui s’annonce calamiteux – et en fait, j’en suis arrivée à un stade où je ne supporte plus de ne parler que de ça : c’en était arrivé au point où ça me grignotais petit-à-petit. Donc j’ai instauré une nouvelle règle : on ne parle du déménagement que 15 minutes par jour. Après, je revendique le droit de mettre mes plus beaux bouchons d’oreille et de ne plus écouter. Se préserver, toujours !
  • Sachez rester digne. Parce que quand la vie nous met des énormes drops en pleine tête, c’est souvent la seule chose qui nous reste et à laquelle on peut se raccrocher.
  • Laissez-vous balloter. Quoique vous ayez à affronter, un nouveau jour se lèvera chaque matin – c’est une certitude. Parce que si une chose est bien gravée dans la roche sur ce maudit caillou, c’est que quelles que soient les épreuves que vous traversez, le soleil continuera à se lever le jour suivant et la Terre à tourner, tourner, tourner, jusqu’à nous donner le vertige. Donc on relativise. Si on se réveille, qu’on est en bonne santé, avec un toit sur la tête, un frigo rempli et que le soleil vient de se lever en compagnie de l’ami Ricoré, c’est déjà pas si pire.
  • Retenez que vous êtes en train de prendre une énorme leçon de vie dont vous sortirez grandi.e, d’une manière ou d’une autre. Je sais que ça peut paraître extrêmement cliché et que ça fait un poil philosophe new age qui fume du chanvre au petit-déjeuner avant de faire une salutation soleil, mais c’est VRAI. Les victoires et les bons moments nous apportent indéniablement quelque chose – mais ce sont de nos défaites et de nos passages à vide que l’on retire les leçons les plus importantes, qui sont absolument capitales si l’on veut avancer. Si vous parvenez à tenir bon, vous pourrez faire un bilan et constater vous-même les bénéfices immenses que vous aura apporté la traversée de cette ère désolée. Les tempêtes de vie sont extrêmement dures à encaisser, mais il est certain que l’on en sort grandi.e comme jamais.

C’est déjà ici que ce billet d’humeur s’achève et prendre tout ce recul m’a fait l’effet d’une véritable bouffée d’air ! Et vous, avez-vous déjà vécu une tempête de vie, ce tourbillon interminable qui nous fait presque douter de notre capacité à nous en sortir ? Quelles sont/ont été vos solutions pour affronter les épreuves dans la dignité et le respect de vous-même ? J’attends vos réactions comme une chercheuse d’or sa pépite.

Pour votre info, c’est relâche vendredi et lundi prochain – je me concentre sur la résolution partielle du Rumix-Cube tout mélangé qu’est ma vie 😉

Aller, j’vous laisse, j’ai déménagement !

Très belle semaine.

Manon Woodstock.


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