Bonjour la compagnie !! Aujourd’hui, ça sera du « sans transition Jean-Pierre » !!! J’ai tant à dire sur les serviettes périodiques lavables que je suis toute excitée.

*Moment de flottement dans le public, qui hésite désormais à partir en courant ou à aller se faire une thermos de café pour pouvoir venir à bout de la lecture d’un affreux pavé de 14 pages*

Meuh nan, restez donc avec moi, c’est juste que je suis remplie à ras bord d’enthousiasme. Parce que j’écris aujourd’hui un article autour duquel je tournais depuis longtemps, mais que je me réservais bien au chaud, me promettant de me faire le cadeau de m’autoriser à la rédiger un jour.

[SPOILER : Ce papier est susceptible de choquer les personnalités sensibles, les individus atteints de pathologies cardiaques, les femmes un peu précieuses et…certains hommes]. Je suis, un évènement prévu et redouté, qui arrive tous les 28 jours environ dans la vie d’une femme fertile, j’implique du sang, des poils, du coton, je suis, je suis…Les affreuses méchantes règles qui font peuuuuur. Bouhouhouhou !!! (et là je pouffe comme une imbécile en pensant à tous les gens qui débarquent sur mon blog via mon article sur la distillation de la mirabelle et qui doivent se demander où est-ce qu’ils sont encore tombés 😀 ).

Ce matin, je vous parle serviettes périodiques lavables et vous donne mon avis sur la question. Mais avant toute chose, j’ai voulu retracer un peu la manière dont j’ai vécu mes règles et choisi mes protections tout au long de mes 15 années de ‘femme fertile’. On y go ?

Remontons le cours des rivières pourpres !

Pour que cet article s’inscrive dans une certaine chronologie, j’ai envie vous lister quelles ont été mes choix de protections périodiques au fil des années et de mes règles – qui n’ont pas toujours été telles qu’elles sont aujourd’hui. On y va pour un petit cours d’anthropologie du fleuve écarlate, façon MW.

J’en avais déjà parlé lors de mon papier sur le syndrome du choc toxique (SCT), mais il me semble important de resouligner les choses par ici : j’ai, pendant des années, été utilisatrice de la coupe menstruelle, qui m’avait déjà pas mal changé la vie à l’époque. Mais ça n’a pas toujours été le cas, loin de là.

Au début, quand j’ai commencé à avoir mes règles – vers 12-13 ans si mes souvenirs sont bons (je me rappelle juste avoir trouvé un jour quelques taches brunes dans ma culotte et m’être dit « oh mon dieu, ça y est ! » toute émue d’être une ‘grande’ et n’imaginant même pas la longue période de joyeux emmerdements qui débutait pour moi 😛 ). Pendant un an ou deux, j’ai eu des menstruations très irrégulières – genre rien du tout pendant 3 mois et hop ça repart (admirez la décontraction totale de la jeune Manon Woodstock 😀 aujourd’hui, j’ai 3 heures de retard, je suis dans tous mes états et je cours acheter un test de grossesse 😆 ) et ça s’est régulé au bout d’un an ou deux. Et là, j’ai commencé à avoir mal. Très mal. A avoir des contractions telles que je me tordais de douleur à même le sol et qu’il me fallait des décontractants musculaires pour phlébite, juste pour espérer passer la journée dans de bonnes conditions. J’avais des montées hormonales équivalent à l’aigu d’une Mezzo Soprano, qui me rendaient totalement hystérique ou dépressive, voir les deux, quand c’était vraiment pas de chance. Et je perdais beaucoup de sang. Vers mes 15 ans, ma gynéco ‘vieille France’ de l’époque à réglé tout ça à coup de pilule contraceptive (sans même m’exposer les autres options) et je suis encore sciée aujourd’hui qu’un.e praticien.ne puisse se dire ‘elle a mal, allez hop, je lui colle la pilule – ça endormira le tout !’. C’est aussi con que de prescrire ça parce qu’on a des boutons ! On masque les symptômes, mais on ne traite en aucun cas la cause. La gynécologie en France, c’est encore beaucoup trop « avale et tais-toi » (sans jeu de mots hasardeux…). Pendant ces années de démarrage, j’ai essentiellement tourné aux serviettes hygiéniques pas bio.

Playtex_tampon

Après, ça a été les tampons, avec lesquels j’ai toujours entretenu un rapport ambivalent. Je me rappelle encore avec un frisson d’effroi des premières fois où j’ai essayé d’insérer ces bâtons ouatés dans mon vagin…Quand tu n’es pas encore sexuellement active et que tu ne connais pas ton corps (non qu’avoir déjà fait l’amour implique une connaissance chevronnée de son intimité – je ne me suis personnellement sentie vraiment à l’aise que vers mes 25 ans, donc déjà réglée depuis plus de 10 ans !) aïe aïe, aïe, c’était dur dur, j’ai plusieurs fois fini en pleurs de frustration. En tout cas, j’ai personnellement très mal vécu ma rencontre avec cet objet, devenu si banal pour une grande partie des femmes du monde. Ah…et puis retirer un tampon…quel bonheur sans limites ! L’impression que tout l’appareil reproductif va venir avec, cette petite sensation bien sympa de raclement le long de la paroi vaginale, suivi de la délivrance où je me disais immanquablement à chaque fois *ouf, aller, souffle un grand coup, c’est fini…ah non, merde, faut recommencer dans 4 heures…et pour 5 jours* 😥 Dammit ! Enfin bon, nous ne sommes pas toutes pareilles et peut-être que pour certaines d’entre vous, le petit passage spécial ‘changement de tampon’ était une vraie partie de plaisir. Unlimited Fun. C’est la fête aux chiottes. Mais permettez-moi d’en douter un poil. En bref, le tampon, c’est plus pratique que la serviette hygiénique, mais aussi bien plus pénible à gérer niveau sensations physiques. Et je ne parle pas du fait qu’on a tendance à l’oublier, surtout quand on est en fin de règles et qu’on n’a plus autant de douleurs qu’au début – où ces bonnes vieilles menstrues ont la fâcheuse habitude de venir me filer un bon coup de pied dans les reins et de me paralyser les jambes en pleine nuit à coup de *Coucouuuu c’est moiiiii* 😛 Arf, vous m’aviez tellement manqué…Donc messieurs, qui nous lisez peut-être (je l’espère secrètement) et femmes au début de leur fabuleuse ère de menstruations, un tampon, ça n’est pas hop ! On se le fourre là-dedans et terminé. C’est très pratique parce que beaucoup moins invasif qu’une serviette hygiénique, mais il y aussi pas mal d’inconvénients.CUP

Ensuite, je suis passée à la coupe. Et ça a été avant de savoir que les protections classiques étaient bourrées de cochonneries très toxiques pour l’organisme, et bien avant d’en apprendre plus sur le choc toxique, qui a conduit un nombre croissant de femmes à la mort depuis l’avènement du tampon (encore une fois, je vous redirige vers mon article – je n’ai pas vraiment envie de passer pour une radoteuse sur le retour 😉 ). Donc je ne vais pas commencer à me la raconter à mort en vous culpabilisant à coup de « OH.MY.GOD tu te fourres des pesticides et de la dioxine dans la minette tous les mois. On devrait trop te mettre en prison meuf », parce que ça serait l’hôpital qui se fout de la charité. Moi, j’ai commencé avec la coupe pour réduire mes déchets (parce qu’on ne se rend pas compte comme ça, mais une femme qui a ses règles, c’est 10000 à 15000 produits menstruels qui partent à la poubelle dans une vie. Multipliez ça par 3,75 milliards et des cacahuètes de femmes et…vous venez, comme moi, de vous mettre à chercher frénétiquement un Xanax à croquer 😛 ). Mon deuxième objectif avec le passage à la coupe n’a été qu’une tentative désespérée de réduire la fréquence des mycoses vaginales qui m’ont pourri la vie pendant pratiquement 10 ans.

[Petite parenthèse paillettes et glamour pour celles qui n’auraient pas encore eu l’immense bonheur de vivre ce merveilleux désagrément fongique – et pour ceux qui aimeraient comprendre pourquoi leur chère et tendre peste comme une furie tout en se grattant généreusement l’entrejambe], une mycose vaginale, c’est de la merde en barre. Pour schématiser grossièrement, le vagin des femmes, c’est comme un super bouillon de culture composé de bactéries, de levures, et cetera – où tout le monde est mélangé et s’entend à merveille (le Rassemblement National devrait en prendre de la graine !). Cependant, il arrive que tout ce petit monde soit chamboulé par un facteur X ou Y (vêtements trop serrés, sous-vêtements hors coton, rapports sexuels, tampons, contraception, épilations de la foune, und so weiter) et que l’un ou l’autre des habitants de notre grotte bien aimée décidé que ça ne lui convient pas du tout. Il se transforme alors en dangereux syndicaliste FO et il se multiplie, multiplie, multiplie, jusqu’à déclencher écoulements purulents TRES désagréables, démangeaisons aux frontières du réel, petites lésions, maux de ventre et rougeurs. Inutile de vous préciser que C’EST LOURD. Quand tu découvres « présence de nombreuses colonies de : CANDIDA ALBICANS » sur le compte rendu de ton prélèvement vaginal, tu as VRAIMENT envie d’arroser tout ça avec du napalm et d’y foutre le feu, je peux te l’assurer 😛 Le problème avec les mycoses, c’est que c’est un vrai cercle vicieux. Ça se traite avec des pommades fongicides (sous forme d’ovule à insérer dans le vagin et en tube pour la vulve et tout ce qui est accessible en surface) et de savons spéciaux qui détruisent la flore, qu’il faut parfois rééquilibrer à coup de probiotiques (où le concept très chelou de se bourrer la chatte de gélules 😆 ). Pendant 10 ans, j’en faisais de 6 à 10 par an. Presque une à chaque cycle pendant certaines périodes. Ça a été très pénible, je l’ai mal vécu. Et POUF, depuis que je suis passée à un stérilet cuivre, aux serviettes hygiéniques lavables, que j’ai arrêté les savons « spécial foufoune » et que je fais ma toilette intime à l’eau (comme préconisé par ma sage-femme et mon ancienne gynéco), PLUS RIEN depuis 6 mois. Inutile de vous préciser que je nage littéralement en plein bonheur 🙂 [fin de la parenthèse champis relous].

Donc, après ce moment de grâce, j’en reviens sur ma coupe, que j’ai presque arrêtée – cette dernière entraînant un risque de choc toxique pratiquement aussi élevé que celui des tampons. J’avais, en effectuant mes recherches sur le SCT, pris conscience que je ne pouvais pas continuer à porter ma coupe en permanence – parce que le choc toxique me fait peur et que je ne voulais plus vivre avec un tel couperet au-dessus de la tête, en plus de mes règles. Je me suis donc tournée vers les serviettes périodiques lavables, toute convaincue que j’étais déjà par les protège-slip « Les Tendances d’Emma » (dont j’avais fait l’acquisition il y a fort longtemps), les très bonnes vidéos et articles de Coline (du blog ‘Et pourquoi pas Coline’) sur le sujet et de l’article rédigé par ma copine Anousha (du blog ‘Anoushapati’).

J’ai donc décroché mon téléphone (ou plutôt dégainé mon email) et j’ai contacté ma copine Sandrine, la talentueuse couturière qui se cache derrière ‘L’Atelier des Etoiles’, pour lui commander 2 serviettes périodiques lavables « absorption ++ » (j’en avais déjà acheté une dans mon magasin de vrac (OUNI) à Luxembourg ‘pour tester’) et 3 serviettes périodiques lavables « absorption normale ». Si on ajoute les 3 protèges slips que j’avais déjà, ça fait une dizaine de serviettes pour un cycle, et moi, ça me convient.

Présentation de la bête.

J’ai donc investi dans 3 serviettes périodiques lavables 20 cm avec une épaisseur d’éponge (flux léger à moyen) et 2 serviettes de 22 cm et deux épaisseurs d’éponge (flux moyen à abondant).

Je complète le tout avec 3 protèges slips ‘Les tendances d’Emma’, que j’avais également acquis chez OUNI, que j’utilise déjà depuis très longtemps – et qui me servent pour la fin de cycle (vous savez, ce moment où les règles reviennent pour un final surprise, en mode « et non, c’était pas fini en fait » – donc plutôt que de foutre mes culottes en l’air, je mets des protège-slips de sureté les deux derniers jours théoriques. Point d’accident jusqu’à présent).

J’ai pu choisir les tissus qui me plaisaient. J’ai donc opté pour de très jolis papillons et de fiers toucans pour les serviettes périodiques lavables spéciales ‘chutes du Niagara’, et pour les protections moins épaisses, j’ai jeté mon dévolu sur un motif feuillu, un motif ethnique et re des toucans (pour lesquels j’entretiens une fascination maladive, un peu comme pour les ratons laveurs – ce qui ne manque jamais de faire sourire Sandrine quand je m’extasie à corps et à cri dès que je vois une queue rayée (roooh mais ça suffit cet esprit mal tourné, enfin ! 😛 )).

Le tout est en Oeko tex (label qui assure que le tissu respecte les seuils niveau cochonneries chimiques – et qui limite même les produits encore non réglementés) et en coton bio (pour la partie en contact avec les parties intimes). Voilà pour la présentation sommaire.

Est-ce que c’est confortable ?

A fond. Je n’aurais jamais cru dire ça un jour – pour moi, la serviette en tissu, c’était le comble du désagréable et j’étais sûre que j’allais passer mes journées à gigoter dans tous les sens en me tripatouillant l’entrejambe à cause de la gêne. Et en fait, PAS DU TOUT. La serviette, tu la mets, tu l’oublies. C’est comme d’avoir un petit coussin doux entre les jambes et ça rend la chose un tantinet moins insupportable. Quand j’utilisais des serviettes jetables, je trouvais que c’était d’un inconfort absolument total. Avec ailettes, ça me gonflait – sans ailettes, elles finissaient toutes par se ratatiner dans la raie des fesses (ami.e.s de la poésie, un grand bonjour 😀 ) – je ne trouvais pas de solution acceptable. J’avais l’impression d’avoir un sac plastique ensanglanté coincé dans la foune ! Et puis, qu’est-ce que ça me démangeait ces machins !! Au bout de 2 heures, j’avais la sensation d’être trempée, que la serviette était déjà ‘usagée’ et ‘bonne à jeter’ – alors que là, pas du tout !

Petit point de vigilance : avec les robes sans collants en été, les serviettes périodiques lavables sont plutôt inconfortables – personnellement, je ne me sens pas assez ‘maintenue’ et ça me gêne. Après, ne pas portez de robe 5 jours par mois pendant la belle saison, c’est ok, je n’en fais pas une maladie. Et je peux toujours repasser à ma coupe pour une journée si j’en ai vraiment envie.

Le bouton pression est-il gênant ?

Absolument pas. Je sais que Sandrine s’était elle-même posé la question avant d’opter pour les serviettes périodiques lavables, mais je vous assure qu’une fois que c’est bien en place, on ne le sent pas du tout (et elle en est arrivée au même constat que moi).

Mais il va falloir que je nettoie CA ??? QUELLE HORREUR, CERTAINEMENT PAS !!!

Ecoute meuf, mis à part si tu es ultra-sensible à la vue du sang, il n’y a aucune raison d’être dégoutée !! AUCUNE. Parce que si on analyse trois secondes, pourquoi est-on écoeuré.e.s par le sang des règles ? Parce que c’est tabou. Parce que ça sort du vagin et que pour une raison que je ne comprends pas, c’est encore considéré comme sale (d’ailleurs, dans certaines cultures, certaines femmes sont encore obligées de totalement s’isoler pendant leurs règles, parce que considérées comme impures). De toute façon, on le voit bien même à la télévision et dans les médias, dans toutes les pubs pour les protections périodiques, PAS UNE GOUTTE de sang n’est montrée à l’écran. Je suis même persuadée que certains mecs croient que les femmes, ça saigne bleu 😆

Je n’ai jamais pigé que l’on puisse trouver ‘impur’ un truc si normal et naturel physiologiquement parlant. Les femmes ont leurs règles, c’est comme ça, point barre. Qu’on puisse les discriminer, les mettre au ban de la société et parfois même aller jusqu’à les licencier à cause de ça me dépasse (ça s’est vu récemment – une hôtesse de caisse qui avait un flux très abondant et qui devait aller se changer régulièrement s’est fait licencier comme une merde, oui, on est en 2018 et non, je ne blague pas…). Les règles, pour beaucoup d’entre nous, c’est une putain de plaie. C’est chiantissime. C’est souvent inconfortable, douloureux, frustrant, générateur d’émotions vraiment pénibles – certaines meufs doivent en plus se taper l’endométriose, dont je ne parlerai pas ici, mais qui fait de plus en plus de ravages (pour info, une femme sur 10 est diagnostiquée, mais il semblerait que beaucoup en souffrent sans même le savoir) alors LÂCHEZ-NOUS LA GRAPPE BON SANG !! Les règles, c’est encore trop souvent vu comme honteux, dégueulasse. Il faut le cacher. Que de moqueries à ce sujet au collège, au lycée et même encore aujourd’hui, dans la vie d’adulte. Le *ah ah, t’as tes règles ou quoi ?* ponctué d’un rire gras me donne juste des envies de meurtres. Saigne de la bite pendant 5 jours avec l’impression qu’on te râcle l’intérieur du ventre avec une spatule de tapissier et on en reparlera putain ! Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai dû recadrer Ludo et le mari d’une amie qui se sont soudain dit que ça serait trop lolant de faire une plaisanterie à base de ‘dessert au coulis de fruits rouges’ après que je me sois saigné dessus sans prévenir. Je peux vous dire qu’ils ont pris cher, de notre part à toutes les deux. Ils l’ont écrasé sévère et je crois qu’ils ont compris, on ne les y reprendra plus. Mais quand on en vient à entendre ça dans la bouche de deux hommes pourtant si bienveillants et respectueux 99% du temps, je vous assure qu’on mesure la longueur du chemin restant à parcourir.

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Tout ce pamphlet féministe pour dire que le sang des menstruations n’est pas sale et que vous pouvez même faire l’amour pendant vos règles si vous en avez envie (et que ça ne dérange ni vous ni votre partenaire). Ce n’est pas de la merde, c’est du sang. Un coup sous l’eau et il n’y paraît plus.

Pff, ça doit être chiant à laver tout ce binn’s

Les serviettes périodiques lavables, c’est tout con à nettoyer. Perso, je l’enlève, je la frotte légèrement au savon (temps estimé : 15 secondes) [EDIT: avec de l’eau froide, ça va de soi – notre objectif premier n’étant pas de faire du boudin 😉 ], je la rince et je la mets à tremper dans un mélange d’eau et de percarbonate de soude (eau oxygénée). Je les essore, les mets à sécher, puis les balance dans ma machine de fringues habituelle. Et voilà. Le nettoyage des serviettes périodiques lavables, c’est 45 secondes maxi, un tout petit peu d’eau, de savon, de percarbonate (si on tient absolument à détacher) et après, elles filent dans les machines de la semaine (ça c’est pour les gens de mauvaise foi qui vont vous dire « NAN MAIS TU TE RENDS PAS COMPTE TOUTE L’EAU QU’IL VA FALLOIR CONSOMMER POUR LAVER CE TRUC», rahhhh et tu crois que la fabrication des serviettes lavables, c’est Water Free peut-être ? D’ailleurs, j’ai posé la question à Ludo (qui est le maître des énergies chez nous 😛 ) et depuis que je suis passée au tout lavable…on consomme moins de flotte qu’avant ! Sûrement parce qu’on fait plus attention au quotidien, et du coup, l’éventuelle petite conso supplémentaire a été totalement absorbée).

En bref, ça ne prend pas de temps (celles et ceux qui disent le contraire ne sont pas honnêtes. Qu’on n’ait pas envie d’y consacrer du temps, je peux parfaitement l’entendre – mais dire que ça te prend des plombes de laver tes serviettes, bon…disons que je suis moyennement d’accord avec l’argument), ça ne fait pas péter le plafond de la consommation d’eau et il n’y a pas besoin d’être sortie de Saint-Cyr.

Mais quelle idiotie, de toute façon, elles vont finir toutes tâchées…

OUI, on est d’accord, le sang, ça tâche bien comme il faut (mon jean violet s’en souvient encore avec émotion, presque deux ans après « l’accident » ou la fois où mes règles sont arrivées sans prévenir, en plein marathon de transports en commun et où je n’avais pas mis ma coupe en anticipation. Que.du.bonheur !), mais rien d’insupportable.

Perso, je mets de l’eau du robinet bien chaude (38-40°) [EDIT: après avoir préalablement savonné mes serviettes périodiques lavables et retiré la majeure partie du sang, je reprécise 😛 ] dans une bassine avec un peu de percarbonate de soude au jugé – j’y laisse tremper mes serviettes après les avoir légèrement savonnées et je les ressors NICKEL. Ce truc, c’est magique. Et une fois que le percarbonate a été dilué la première fois, vous pouvez garder la mixture et faire tremper toutes les serviettes de votre cycle à tour de rôle (point de crainte de ‘ahhh mais c’est sale’ à avoir, vu qu’elles passent à la machine derrière). Jusqu’à présent, j’ai toujours réussi à récupérer mes serviettes (même si je me dis que là encore, ce n’est qu’esthétique et norme sociale – vu que si elle est tâchée, qui va le voir à part moi ? Je ne crois pas que Ludo en soit encore au point où il fait du fétichisme avec mes serviettes périodiques lavables et donc rétrospectivement, QUI ça gêne si c’est tâché ? Pour ce qu’on en fout…)

*Mais ton chéri est ok pour que tu laisses traîner une bassine pleine de serviettes dans la salle de bain ? et nia nia nia*. Vous savez quoi, même s’il n’était pas content, figurez-vous que je l’emmerderais quand même. Il vit avec une femme – qu’il aime (tout du moins je l’espère secrètement 😀 ) et s’il n’était pas capable d’un minimum de compréhension et d’empathie face à un truc qui m’arrive une fois par mois, qui me laisse souvent sur le carreau tellement j’ai mal et qui me fait me transformer en monstre terrifiant contre mon gré – je crois que je lui montrerais la porte. L’important, c’est de bien vivre vos règles. C’est aux autres de s’adapter, pas à vous. Et je répète qu’il n’y aucune raison d’en faire toute une histoire.

Ça se change tous les combien de temps ?

Perso, je change toutes les 12h environ, parce que c’est à partir de ce laps de temps où mes serviettes lavables commencent à devenir inconfortables – et qu’elles ont besoin d’aller patauger un peu pour se faire une petite toilette (bien que loin d’être gorgées de sang). Je sens que je viens d’en choquer plus d’une, mais je répète, il faut se défaire de cet hygiénisme ambiant dicté par les industriels. Moi, si ma serviette n’est pas pleine, qu’il n’y aucune mauvaise odeur et que ce n’est pas inconfortable pour moi, je ne vois pas pourquoi je la changerais.

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EUUUURK tu gardes ça une journée ? Mais non, tu mens, ça doit puer le rat crevé ton truc !!

Eh bien, c’est très étrange – j’en suis la première surprise, mais figurez-vous que pas du tout. Autant, avec les serviettes jetables, c’était une infection au bout d’une heure – pire qu’un ragondin en décomposition depuis deux semaines (ce qui me fait vraiment m’interroger sur la composition des protections jetables – pourquoi ça pue autant ? Y a un truc, c’est pas possible !), autant mes serviettes lavable, il y a une légère odeur de sang – mais rien de comparable.

Et je rappelle que je les utilise depuis environ 6 cycles, et pas UNE mycose, infection, allergie ou quelconque problème. Que quelqu’un vienne me dire que je devrais en changer plus souvent n’y changerait rien : j’ai une foune en parfaite santé et c’est tout ce qui compte.

Et en plus, une serviette pour un jour, tu dois t’en foutre partout, non ?

Non, du tout. J’ai la chance, pour ma part, d’avoir un flux relativement tranquille. C’est un peu plus soutenu le premier jour, mais rien d’insurmontable, donc ces serviettes me tiennent la journée.

Et pour faire du sport, tu fais comment ?

Je n’en mets pas pour faire du sport, parce que je ne me sens pas à l’aise. Pour faire de l’escalade ou courir, je repasse à la coupe pour quelques heures – pour une question de confort personnel.

Mais combien ça coûte ces trucs-là ?

J’ai payé mes 3 serviettes périodiques lavables flux moyen 33€, soit 11€ pièce. Pour les ‘flux abondant’, c’était 26 les 2, soit 13 balles l’unité. Je sais déjà que certaines risquent de rugir que « c’est cher ».

Franchement, je ne suis absolument pas d’accord avec cette critique. Déjà, ça me paraît complètement ok de mettre ce prix-là dans un produit que j’estime être de l’artisanat local et bio. Et deuzio, je vais vous pondre un petit calcul imparable dont j’ai le secret.

Un paquet de Tampax standard « Regular » c’est 2.55 € les 22. La marque distri sans applicateur, c’est 1.09€ les 24. Un paquet de serviettes marque distributeur non bio, c’est en moyenne 1.30€ les 16. Si on part sur du Nana standard, c’est 2.61€ les 16. Les serviettes spécial « nuit » c’est 1.19€ les 12 en marque distri et 1.61€ les 10 en Nana. Des serviettes bio NatraCare Nuit, c’est 3.20€ pour 10 et 2.45€ les 14 pour les serviettes ‘de jour’. Les tampons NatraCare, pour ne citer qu’eux, c’est 3.59€ les 16. Pour info, tous les prix ont été trouvés sur LeclercDrive et GreenWiz. On va partir sur un cycle de 5 jours, où on se change toutes les 4 heures la journée et où l’on met une serviette de nuit avant de dormir. Mettons que vous vous levez à 7h00 et que vous vous couchez à 0h00. Ça fait 4 tampons (ou serviettes) par jour + une serviette la nuit. Multiplié par 5, ça fait 20 tampons (ou serviettes) par cycle et 5 serviettes, au minimum. X 12 cycles, ça fait plus ou moins 240 tampons (ou serviettes) et 60 serviettes par an.

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Si vous êtes en tout distributeur, vos règles vous coûteront de 16.85€ (tampons + serviettes) à 26.95€ (serviettes) par an.

SI vous êtes en tout Tampax, ou en tout Nana, vos règles vous coûteront de 37.71€ à 48.81€ par an (dingue, hein ?).

Et si vous êtes en bio, on arrive dans le grand n’importe quoi, avec une fourchette allant de 60.85€ à 73.05€ l’année.

Comme vous pouvez le constater, il y a de GROSSES disparités. Pour vous faire un petit bilan, mes protèges slips des tendances d’Emma, j’avais payé ça une trentaine d’euros les 3, avec le filet de voyage. Si on ajoute 3 serviettes périodiques lavables de chaque, ça fait 30€ + 39€ + 33€ d’investissement total, soit exactement 102 €. Je me vois les utiliser au moins 5 ans sans problème (je parle à l’extrême minimum – je tablerais plutôt sur 10, voir plus). Etalé sur cette période, mes règles me couteront 20.40€ par an. C’est moins cher que presque toutes les autres options, c’est bio, je ne mets aucune cochonnerie en contact avec mon corps et en plus, c’est zéro-déchet.

QUE VEUX LE PEUPLE, je vous le demande 😀 ??

Je sais que 10/15€, ce n’est pas abordable pour tout le monde, mais ce n’est pas le bout du bout du monde non plus. Si vous êtes un peu charrette sur le budget, je vous conseille d’acheter petit à petit, selon ce que vos finances vous permettent. Je peux vous garantir que si ce mode de protection vous convient, c’est un investissement qui permet des économies de fou. On reste à 100% d’accord que les protections périodiques des femmes devraient être remboursées, qu’on devrait nous les donner. J’ai toujours une pensée pour toutes celles qui sont en grande précarité et qui n’ont même pas les moyens de s’en payer ou d’avoir des conditions de menstruations décentes. Quand on sait que jusqu’à récemment, toutes les protections périodiques étaient encore récemment taxées comme des « produits de confort », il y a de quoi s’arracher les cheveux…

Où s’en procurer ?

  • Chez « Dans ma culotte » (comptez une quinzaine d’euros pour le protège slip – 17/19 pour une serviette plus ou moins absorbante)
  • Chez Hannahpad, (de 9.50€ le protège slip, à 25.5€ la serviette ULTRA absorbante – ce que je trouve intéressant pour celles qui souffrent d’endométriose ou de règles très importantes). Le prix d’une serviette standard, c’est 16€50).
  • Chez Plim (14€ le protège slip – serviettes allant de 17 à 22€)
  • Chez « La ferme des peupliers » (c’est moins cher par ici, 12€ les 3 protèges slips et 18.50€ les trois serviettes périodiques lavables – quelqu’une dans la salle a testé ? ça me paraît presque trop peu cher pour être honnête 😛 !).

On fait le bilan, calmement, en se remémorant chaque instant

Vous vous en doutez un peu, je suis extrêmement satisfaite de mes serviettes périodiques lavables. Elles sont confortables, très économiques sur la durée et je ne sais pas, c’est peut-être mon côté superficiel, mais moi, je trouve bien plus sympa de retrouver mes toucans et mes papillons chaque mois, plutôt que de sempiternelles bandes blanchâtres recouvertes d’un revêtement plastoc.

C’est très écologique : on est à zéro génération de déchets pour ce mode de protection, que l’on peut allier à la coupe (ou autre) si l’on fait du sport. Le lavage est loin d’être aussi pénible qu’on se l’imagine, la consommation supplémentaire d’eau est anecdotique, ça prend une grosse minute de nettoyage par serviette et franchement, c’est pas la mort d’un cheval. Si vous optez pour des serviettes en coton bio, vous limitez l’interaction entre votre corps et certains produits chimiques toxiques. En bref, je trouve que l’investissement en vaut largement la chandelle.

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Je terminerai en vous disant que l’essentiel, c’est que vous vous sentiez au mieux pendant vos règles. A vous de juger comment vous organiser selon leur abondance et la durée de votre cycle. Informez-vous. Des articles sur les manières d’envisager ses menstruations, il y a A LA PELLE sur le web. Si vous êtes tentée, n’achetez pas toutes vos serviettes d’un coup, testez d’abord avec une seule. Voyez si ça vous convient. Nous sommes toutes différentes et chacune a le droit inaliénable d’opter pour la solution qui lui permet d’être au mieux dans son corps de femme. Ici, je ne fais qu’informer. Si vous voulez rester aux serviettes et tampons pas bio, et que vous vous sentez bien comme cela, c’est ok. Si vous n’avez pas envie de vous emmerder avec ça ou que vous n’en n’êtes pas là dans votre réflexion, c’est ok aussi.

Je le dis et je te répète, souligne, met en gras, et cetera : chaque femme doit être libre de penser ses règles comme elle le souhaite – et d’être bien dans son corps, tout simplement.

O.M.G. le pavé que je viens de vous envoyer en pleine tronche 😯 Merci pour celles et ceux qui sont arrivés au bout, vous méritez presque une médaille gravée à votre nom 😆

Alors, qu’avez-vous pensé de cet essai littéraire article ? Les filles, qu’est-ce que ça vous inspire ? C’est quoi vos protections périodiques du moment ? Que pensez-vous des serviettes périodiques lavables ? Envie de me faire des petits bisous dans le cou ? Je vous invite à passer en zone de commentaire mes petits chouchous 🙂

Bon, aller, j’vous laisse vous remettre de vos émotions ! Un beau week-end à vous, on se dit à lundi !

Règles Joyeuses et Toucans Flottants

Manon Woodstock.