Réduction des déchets

La taxe sur les emballages plastiques non-recyclés…Est-ce qu’on débouche le champagne ?

Hey, hey, hey, comment ça va les gens ? J’espère que tout roule dans votre coin de prairie plus ou moins verdoyante, selon que vous habitiez une région désolée comme la mienne – où les températures sont déjà passés en dessous de 5°C en matinée – ou que vous résidiez sous un soleil ardent comme ma copine Anousha, qui n’est décidément pas prête de revêtir les collants résille de sitôt (TMTC, comme disent les jeunes d’il y a 5 ans 😆 ). De mon côté, je suis toujours en mode Koh Lanta de la vie quotidienne, au bord de la rupture permanente – et quand je liste tout ce qui m’attend les 3 prochains mois, c’est encore pire, je bloque tel un ordinateur en fin de vie en monde ‘404 error not found’. Hier, c’était le pompon de la pomponette quand je me suis rendu compte que j’étais à découvert par accident (je ne pense pas vous mentir en vous disant que c’est la première fois que ça m’arrive !), que ma banque ne m’avait absolument pas prévenue et que j’allais certainement me faire prélever des agios gratos, juste pour une bête erreur d’inattention (et que ce n’est pas trop le moment de lancer mes billets verts par l’oscillo-battant). Alors, je me suis assise directement sur le sol de ma cuisine et j’ai attendu que cette sensation de savon qui me glisse entre les mains passe. Puis je me suis relevée, j’ai réglé la situation et je suis repartie pour d’autres aventures. Manon Woodstock survivra-t-elle jusqu’à vendredi prochain ? Finira-t-elle par brailler au milieu d’une rue de Yutz dans l’indifférence générale ? La suite au prochain épisode les enfants !

Hop ! On embraye illico presto (le tout prononcé avec un super accent italien raté) sur le sujet d’aujourd’hui ! Je dis recyclage, je dis plastique, je dis Emmanuel Macron, je dis #encoreunetaxe et…peut-être que je vais même dire Elise Lucet si vous êtes bien sages !

Aller, j’vous dresse le tableau 😉 Il y a déjà quelques temps de cela, Ludo m’avait alertée sur un projet du gouvernement qu’il avait découvert sur RTL (ou la radio qui ME GONFLE au possible, mais qui est malheureusement la référence transmise de père en fils dans la famille de mon cher et tendre…Si tu me lis, je t’aime très fort mon amour 😛 ) et qui l’avait complètement soulé. Toute étonnée que j’étais de ne pas être au courant d’une information beuglée en boucle par Laurent Bazin depuis 6h30, je m’étais penchée sur le sujet en me promettant, jurant, crachant de vous en parler un jour. Parce que ce que Laurent a doucement murmuré à l’oreille prude et chaste des auditeurs.rices RTL, eh bien ça m’a un peu fâchée.

Vous reprendrez bien une petite taxe ?

Je vous le dis tout de go : non, je n’ai pas été étonnée d’apprendre que le gouvernement allait créer une nouvelle taxe. Manu, on le connaît bien maintenant et on sait que son tour de passe-passe préféré, c’est celui où il fait croire aux contribuables qu’il va leur faire un ENORME cadeau pendant qu’il les encule avec du gravier ailleurs – et le pire c’est que plus c’est gros, plus ça passe. Bref. Une nouvelle taxe du gouvernement, c’est un haussement de sourcil chez les Woodstock. So boring le mec, quoi…Mais là, c’est différent. Parce le gouvernement a décidé de mettre en œuvre, sous la houlette de l’ex Ministre de l’Ecologie, notre regretté Nicolas Hulot (non qu’il soit mort le bougre, mais je me l’imagine bien squatter le PMU du village à boire des Suzes et à radoter à longueur de journée ses actions ratées devant un barman qui se félicite de son récent diagnostic de surdité), une taxe sur les produits utilisant un emballage en plastique non-issu du recyclage, couplé à une augmentation de la taxe générale sur les activités polluantes (enfouissement) mais aussi une baisse de la TVA sur le recyclage. Tout reposant sur le fameux principe des vases communicants que Manu manie déjà si bien (tu sais, le « oh regardez, je vais supprimer la taxe d’habitation », pendant que le prix de l’essence est en train de prendre tout le monde à la gorge, que les APL diminuent, et cetera et cetera…Moi, j’appelle ça le +1-1=0).

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Donc pour les entreprises, tu te dis ‘bon, il y a une hausse de taxe d’un côté, mais une baisse d’un autre’ (avec grande valorisation du recyclage). Mais pour les consommateurs, en gros, il se passe quoi ? C’est bien simple Madeleine : une hausse des prix à la vente pour les produits qui ne sont pas en plastique recyclé. Parce qu’attend, ces cons ne sont déjà même pas foutus de traverser la route pour aller faire un job en intérim au SMIC avec horaires coupés, mais si en plus ils achètent du plastique vierge, il faut leur faire payer un max pour qu’ils comprennent la leçon ! Une compensation pour les ménages les plus démunis ? Non m’dame. Ça sera juste plus cher. Selon le gouvernement, il y aura toujours une alternative non taxée. Je ne sais pas vous, mais moi j’y crois quand même moyen moyen.

Va donc être mis en place un système de bonus-malus allant jusqu’à 10% du prix du produit en question (je trouve que c’est juste énorme comme augmentation 😯 ) et la fameuse consigne, tant acclamée par Macron himself, me faisant presque esquisser un demi-sourire – ce qui, au vu de mon désamour profond pour le président français, relève de l’exploit toutes catégories – eh ben, on l’oublie pour l’instant. On explorera même pas la piste de la consigne sur le plastique (où il s’agirait de fixer une caution sur les emballages – payée par le consommateur à l’achat et rendue sous forme de bons quand il ramène ses contenants), qui demanderait visiblement ‘trop d’adaptation’ du système de collecte et qui menace de tuer dans l’œuf des fonctionnements déjà très vertueux dans certaines régions, nous a dit Brune Poisson (secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire), il y a peine quelques mois. Argument.à.deux.balles.cinquante.

Mais ce n’est pas tout, puisque visiblement, ce « packaging législatif » comme on adore en faire depuis quelques années, comprendra aussi une réforme de l’affichage sur les emballages, qui sera désormais plus clair. Parce vous l’ignoriez peut-être, mais le petit biniou vert avec les 3 flèches qui vont vers le centre ne veut absolument pas dire que votre emballage est recyclable, mais bien que l’entreprise verse une contribution à un éco-organisme (ah, ah, je vous en bouche un coin là, hein ?).

Inutile de vous préciser que ces diverses mesures m’énervent profondément, parce que pour moi, le recyclage n’est pas la solution ultime. Le plastique recyclé est, à l’heure actuelle, une vaste fumisterie. Alors que l’on devrait se concentrer sur le verre et la consigne, je ne comprends pas que l’on puisse continuer à dérouler le tapis rouge à un matériau polluant, dangereux pour notre santé, dont on connait très mal le temps de dégradation et qu’on ne sait pas éliminer sans relâcher des polluants dans l’air et dans l’eau.

Deuzio, pour le moment, un peu plus de 20% des plastiques sont effectivement recyclés (Manon Woodstock rebouche tous vos coins pour le prix d’un aujourd’hui !). *Attends, tu veux dire que cette bouteille de Sprite que je viens amoureusement de mettre dans mon bac de recyclage va finir brûlée ou enfouie plutôt que recyclée ?* Je suis au regret de te dire qu’il y a 80% de chance que ça soit le cas. Du fait de la structure moléculaire chimique des plastiques, on ne peut pas associer tous les types les uns avec les autres en faisant ce que l’on veut. Le plastique c’est sectaire, ça ne fait des parties fines et ne mélange ses fluides qu’avec les autres plastiques qui sont exactement comme lui. C’est une vraie merde à recycler et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on est très loin d’être au point sur la question.

Mais ce qui me fâche beaucoup plus c’est que ceux qui vont payer, c’est encore et toujours nous. Et pour illustrer mon propos, il faut quand même que je vous dise deux mots sur le dernier Cash Investigation.

C’est l’histoire d’Elise Lucet qui mord le mollet d’un patron…

Notre brave Elise, que j’idolâtre par-dessus tout, a donc jeté son dévolu sur le plastique dans sa dernière émission. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’équipe frappe très fort et parvient à mettre à jour les stratégies absolument puantes des entreprises, qui arrosent les lobbies à grands coups de chèque à zéro multiples dans le seul but de culpabiliser les consommateurs en se dédouanant au passage. Parce que vous avez bien lu, les grandes entreprises pourvoyeuses d’emballages en plastique extrêmement polluants n’ont qu’un objectif, vous ancrer dans le crâne que si l’océan est en train de se transformer en bouillon cube de polyéthylène, c’est de votre faute – OUI TOI, petit connard ingrat en train de siroter ton coca devant le dernier article de Manon Woodstock, et TOI AUSSI, la conne de hipster en train de mastiquer ton California roll saumon avocat en feuilletant les dernières tendances Instagram !! Si le monde va mal, c’est à cause de VOUS ! Le tout ponctué d’un gros rire satanique bien angoissant, ouvrant lui-même la porte aux sociétés pharmaceutiques qui prennent le relai et qui viennent vous prescrire des petites pilules qui font voir la vie en rose (mais c’est VOUS qui polluez avec vos plaquettes de médocs vides bande de sagouins !) – C’est bon, vous l’apercevez le BOA qui se mord la queue là ? Et pendant ce temps-là, les entreprises continuent à faire dégueuler toujours plus de plastique de leurs usines, tous en jouant les ingénus avec les mains dans les poches à coup de « c’est pas moi, c’est les autres ». « C’est vous qui achetez après tout ». Cette logique est pourrie jusqu’à la moëlle, parce qu’avec des raisonnements pareils, on n’avance jamais. Bien sûr que les consommateurs ont une responsabilité dans le fait d’acheter des produits à des entreprises qui pourrissent la planète, mais ces dernières ont une responsabilité 1000 fois plus grande d’être à l’origine première de cette pollution. Et pour l’instant, on continue de les laisser s’en laver les mains et de nous montrer du doigt. « Ah oui, je produis du Nutella avec plein de cochonnerie d’huile de palme dedans » dit l’entreprise Ferrero, « mais regardez », poursuit-elle « tout ça c’est de la faute du petit Kévin qui est en train de le bouffer à la petite cuillère devant une rediffusion de Peppa Pig !! Salaud de pollueur !!! Crève, pourriture communiste !! » 😀 Mais vous savez quoi, le pire, c’est que ça marche et que l’on fonce droit dans le panneau !

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J’avais déjà subodoré des conflits d’intérêts à peine croyables à l’époque où j’avais été consulter la liste du Conseil d’Administration de Citéo (ex Eco-Emballages) pour mon article sur la taxation des éco-bouteilles de Yumi – et j’avais failli m’étrangler avec mon porridge matinal quand j’avais découvert que ce n’était non pas Jean-Michel de la ZAD de Notre-Dame des Landes, Maya de celle de Sivens et Naïm de celle de Bure, mais bien Lactalis, Nestlé, L’Oréal, Evian, Coca Cola, Auchan, Carrefour, La Redoute et consorts qui étaient aux manettes. Je m’étais réellement interrogée après la lecture de l’extrait K-bis de la société, parce qu’en fait, Citéo, c’est quand même l’organisme qui récolte les éco-participations sur les emballages auprès des entreprises, et qui décide, entre-autres, des bonus-malus à infliger. Alors, à un moment, faut m’expliquer…comment peut-on mettre en place des politiques de recyclages et de réduction des emballages ambitieuses et le principe d’économie circulaire si l’on est, en même temps, ces mêmes entreprises qui gagnent à vendre toujours plus de produits, toujours plus chers et donc toujours plus suremballés ? On est à la limite de la crise schizophrène là, vous ne trouvez pas ? En gros, pour schématiser, c’est comme si un vendeur de barres chocolatées bien dégueulasses pour la santé, dirigeait, en consortium (en bande, si vous préférez – je vais bientôt devoir appeler un marabout pour exorciser toute cette start-up nation qui est en moi 😛 ) avec pleiiiin d’autres sociétés vendant des trucs vilains pas bons pour votre corps un organisme chargé de taxer les produits mauvais pour la santé (pratique pour tacler d’éventuels concurrents cela dit !). Ça n’a absolument aucun sens et c’est à la limite de la limite de la prise illégale d’intérêts. On nage en plein délire !

Dans ce nouveau ‘Cash’, j’ai appris que c’était juste pareil pour l’organisme « Gestes Propres » – vous savez, celui qui vient de mettre en œuvre la grosse campagne d’affichage « vous auriez pu laisser une plus belle trace sur Terre » avec le vilain gobelet en carton « jeté par Marie Trucmuche le 20 septembre » (que je vois tous les matins en gare de Thionville). J’ai été relativement sidérée lorsque l’équipe d’Elise Lucet a expliqué qu’en gros, « Gestes Propres » était drivée par le « Clean Europe Network », lobby européen destiné à lutter contre la pollution générée par les déchets sauvages, situé à Bruxelles – dont le secrétaire général, Eamonn Bates n’est autre que son propre Doppelgänger, puisqu’il assure la même fonction pour Pack2Go, un lobby de l’emballage. Donc le type, il lutte contre la pollution causée par les emballages – mais il milite aussi pour la prolifération de ces mêmes emballages. Oh seigneur, il va me falloir un Doliprane là 😦 !

Ce reportage m’a mise dans une colère NOIRE. Chaque minute de ces presque 2 heures de ce docu nous montre à quel point les industriels se foutent de notre gueule en se masquant à peine, à quel point ils saccagent et polluent les pays en voie de développement – semant toujours plus de misère pour donner quelques euros de plus à ces pourris d’actionnaires chaque année. On a pu voir des images sidérantes de montagnes de plastiques en Tanzanie portées par dizaines de kilos sur le dos d’employés sous-payés et de pauvres gens pelleter les décharges publiques à mains nues pour gagner moins de 2 € pour une journée d’un travail éreintant et dangereux.

En plus de ces jeux de manipulation à tire larigot, je vous passe le souci des plastiques recyclés complètement pollués aux retardateurs de flammes bromés (que l’on mettait en masse dans tous les objets plastiques jusqu’à encore très récemment – dans l’objectif premier de réduire le risque de propagation des incendies domestiques) et dont certains ont été considérés comme cancérogènes, perturbateurs endocriniens, toxiques pour la reproduction, persistants ou neurotoxiques par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) en 2015. Et si on considère par exemple une vieille télé que l’on va recycler et dont le plastique est bourré de ces substances, il faut bien comprendre qu’il y a un risque que le plastique recyclé fabriqué avec soit contaminé. Les entreprises productrices de plastique recyclé assurent qu’elles respectent les taux européens de concentration de brome et qu’elles ont des super détecteurs pour virer les morceaux de plastoc inconvenants, mais il faut savoir que c’est toujours « en moyenne » et qu’il y a des défaillances (comme ça a été prouvé dans l’émission).

Je comprenais déjà plus ou moins que le plastique n’était pas et n’avait jamais été une bonne idée, mais là, les bras m’en sont tombés. Alors vous conviendrez que rien qu’à l’idée que ça soit encore à nous de payer les pots cassés, je vous avoue que j’ai ressorti ma poupée vaudou à l’effigie de Macron.

Quand c’est toujours à nous de casquer !

Quand j’ai appris que c’était les consommateurs qui allaient se faire taxer, je vous assure que j’ai viré au violet parme. Depuis quand ose-t-on se foutre de notre gueule avec autant d’outrecuidance ? Parce que si on analyse deux secondes 30, c’est exactement la MÊME stratégie que pour cette histoire du petit Kévin qui serait responsable à lui seul du décès des derniers orang-outangs juste parce qu’il s’est fait une petite tartine de Nutella tranquillou. Là, on nous envoie le message de « c’est de votre faute, alors on va vous faire payer ». Dans le cas présent, on va décider d’une taxe sur certains produits en plastique non recyclable – et je suis sûre que ça sera fait par un organisme à la Citéo – regroupant tous les industriels, qui vont au passage bien augmenter leur marge tout en tendant un nerf de bœuf et un manuel d’auto-flagellation aux consommateurs. Alors j’ai envie de dire une seule chose : QUAND, OUI, QUAND est-ce que quelqu’un va enfin avoir les couilles/le clito politique de taxer LES ENTREPRISES qui sont à la source de la pollution, sans leur laisser la possibilité d’augmenter leur prix de vente ? Quand est-ce qu’on commence à responsabiliser les industriels, à les obliger à agir et à changer de pratiques ? Quand est-ce que l’on va arrêter de faire intégralement peser tous les efforts environnementaux punitifs sur les citoyen.ne.s, qui ne font que se traduire à chaque fois par un « écartez un peu plus s’il vous plait ! » ?

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L’association Zero Waste France a réagi à cette mesure, en houspillant le flou qui l’entourait (je sens, comme eux, qu’on va pouvoir contourner cette petite mesurette par quelques astucieux tours de passe-passe dont les grandes entreprises ont le secret…) et soulignant que le gouvernement était en train de s’enfermer dans le « tout-recyclage » alors qu’il faudrait commencer à se remonter sérieusement les manches pour prendre le problème à la racine, c’est-à-dire agir sur notre production de plastique en tant que telle. Bon, je ne vais pas passer par 4 chemins, on se connaît maintenant, je peux tout vous dire 😛 Je ne crois pas et ne croirai jamais au zéro-déchet. Nous sommes 7,5 milliards d’êtres-humains, le zéro n’existera absolument jamais tant que nous serons sur cette planète. En revanche, je crois dur comme fer à la réduction de nos déchets, et ce au maximum de nos possibilités. Or, force est de constater que le gouvernement s’en soucie comme d’une guigne. Le recyclage est un vrai trompe-l’œil. Si vous croyiez que chaque petit carton que vous recyclez consciencieusement est réutilisé pour produire autre chose, qui est recyclé, pour produire encore autre chose et ainsi de suite, vous vous fourrez le bras entier dans l’œil les gars ! Le recyclage, c’est un business comme un autre – et puis si le cours des matériaux recyclés est plus élevé que celui des matériaux neufs, je vous laisse deviner pour lesquels optent les fabricants d’emballages…

Pour conclure, je vous laisse apprécier ces quelques faits sur le recyclage, qui sont ressortis d’une étude commandée par 60 millions de consommateurs début 2018. En ce qui concerne le carton, tous les emballages sont recyclables. Ils sont alors retransformés en pâte à papier et chaque emballage peut avoir jusqu’à 10 vies maximum (ce qui n’est pas énorme quand on se pose deux secondes et qu’on réalise la MONTAGNE de carton absolument INUTILE que nous rencontrons chaque jour). Pour le plastique, ça se corse carrément. Ce matériau, sur-représenté dans tous les domaines de la vie quotidienne, n’est effectivement recyclé et réincorporé dans d’autres emballages qu’à hauteur de 6%. Comme Jean-Pierre Coffe, vous trouvez que ‘C’est d’la meeerde’ ? Et bien sachez que c’est encore pire, car si on exclut les bouteilles et les flacons de l’équation, le taux tombe à 3%…ça vaut le coup de se faire chier à tout mettre dans le bac jaune, n’est-ce pas ? 👿 L’aluminium est recyclé à hauteur de 28%, mais il est bon de savoir que ce matériau est en théorie recyclable à l’infini. L’acier est quant à lui recyclé à 99%. Et je finis avec le très bon élève : le verre, également réutilisable à l’infini (en excluant bien sûr vaisselle, plats, objets de décoration et verres qui doivent filer à la déchetterie et non dans votre bac de recyclage), qui est très bien recyclé, puisqu’il concerne 3/4 des objets en verre vendus en France.

Ben alors Manon, pourquoi est-ce qu’on ne passe pas au 100% verre-acier-aluminium ? ça serait quand même plus simple, non ? Ah, mais non ma pauvre Josette, y a du fric à se faire, enfin ! C’est assez logique quand on y pense : on brasse bien plus de maille avec du matériau vierge qu’avec du matériau recyclable à l’infini. Parce que pour ce dernier, il suffit d’un bon système de collecte, de quelques usines de transformation et roulez jeunesse ! Pas de quoi fouetter un boursicoteur du NASDAQ ! Mais un matériau vierge ou foutu après X recyclages, c’est quand même bien plus chouette…Déjà il faut extraire la matière première pour fabriquer l’emballage ou couper des arbres dans le cas du carton (et je suis désolée de vous apprendre que très souvent, ce ne sont pas des poneys virevoltants sur des nuages roses qui turbinent joyeusement – mais bien des ouvrier.e.s sous-payé.e.s et mal traité.e.s dans des pays en voie de développement – dont on pille allègrement les ressources naturelles par la même occasion) que l’on revend bien plus cher que ce que l’extraction nous a réellement coûté, ensuite, on fabrique les emballages (là encore, zut alors, ce ne sont toujours pas des riches en costard Armani et Rolex qui s’y collent, mais bien des travailleur.se.s pauvres qui se cassent le dos à bosser à la chaîne) – On se fait une deuxième petite marge en vendant le truc bien plus cher que ce que l’on a dépensé pour la production. Le consommateur lambda l’achète, le jette ou le recycle et HOP, c’est le business du recyclage, de l’enfouissement ou de l’incinération qui prend le relai. Il y a tellement de fric à se faire, que même l’oncle Picsou aurait honte d’avoir une telle piscine de flouze.

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Le plastique, c’est un peu particulier – car c’est fabriqué 100% chimiquement – mais là encore, point de péril en la demeure, c’est un matériau qu’on peut produire à l’infini pour presque rien et qui est répercuté bien comme il faut sur le prix de tout ce que l’on achète (et sur nos impôts pour sa gestion post-mise à la poubelle !). Donc les industriels de tous bords, du premier au dernier stade, n’ont absolument aucune raison de voter en faveur du verre, de l’aluminium ou de l’acier – simplement parce que ça fait moins de biff’ pour tout le monde. Et vu que nos politiques (et je lisais encore un article à ce sujet tout à l’heure) passent sans relâche du privé au public, au privé et re-au public, les frontières sont complètement abolies et les conflits voir les prises illégales d’intérêts sont devenu.e.s légion au plus haut niveau de l’état. En gros, nos dirigeant.e.s sont en général issu.e.s de la Haute Fonction Publique, puis passent dans le privé (grands groupes, banques, fonds de pension et cetera) et reviennent dans le public par la suite – ce que l’auteur de l’article, co-fondateur du journal Médiapart, appelle le rétro-pantouflage. Tout ce joyeux monde fait donc sa petite balade de santé tantôt dans le public, tantôt dans le privé avec un seul objectif : garantir les intérêts des un.e.s et des autres. C’est en partie ce phénomène qui fait que nos dirigeant.e.s ont un peu trop tendance à faire des cadeaux outranciers aux industriels et qu’ils favorisent des politiques…qui les favorisent (et qui les favoriseront s’ils retournent dans le privé pour leur fin de carrière – ça va, vous suivez toujours ? 😛 ). Ce système m’écœure jusqu’à la nausée et il y a certains jours où je me demande bien jusqu’où le délire devra aller avant que quelqu’un qui le peut ne réagisse.

Pour une taxation des industriels et pour que les gouvernements aient enfin le courage politique de faire changer les comportements et payer les tout premiers pollueurs de la chaîne ! Je le dis et le martèlerai toujours, un achat = un vote (et c’est souvent fait sans même que l’on s’en rende compte). Pensons-y à chaque fois que nous achetons quelque chose, sans en faire une maladie ! Je suis convaincue que le changement global passera par celui des comportements individuels – mais là, il est juste question de justice. De mettre les pourvoyeurs de pollution face à leurs responsabilités, tout autant qu’on le fait avec nous, tout petits acteurs du bas de la pyramide.

Pour agir

  • On peut essayer de diminuer autant que possible sa consommation de plastique (en achetant en vrac et dans des contenants en verre), tout en se rappelant que même si nous consommons du plastique, nous ne sommes pas les seul.e.s coupables de toute cette pollution qui nous entoure. Je rappelle que la dangerosité de l’interaction entre plastique et aliments n’est plus à prouver.
  • On peut conseiller avec bienveillance à ses proches de faire de même (en leur parlant de vos super découvertes plutôt que de pointer ce qui ne va pas chez eux).
  • On peut boycotter certaines marques (perso, après ce Cash, je ne suis pas sûre de vouloir retoucher à du Coca Cola !) et refuser de leur donner l’argent que nous possédons dans notre porte-monnaie.
  • On peut aller voter aux prochaines échéances électorales et prier pour tomber sur un.e candidat.e / liste qui a de vraies ambitions écologiques et sociale – ET qui respectera ses engagements.
  • On peut s’impliquer dans sa région et se rapprocher des réseaux associatifs qui luttent pour peser dans la construction d’un monde plus juste et pour change de paradigmes.
  • On peut prendre conscience, simplement, pour soi. Se rendre compte qu’à chaque achat c’est nous qui payons pour rattraper les conneries des industriels, à qui on ne demande pratiquement rien et qui ne reculent devant aucune pratique agressive et culpabilisante pour se faire plus de maille.

Aller, voilà mes sources !

Et voici pour le billet énervé et un peu décousu du jour les enfants ! Et vous qu’en pensez-vous ? Croyez-vous que c’est juste de faire payer les consommateurs pour ‘sanctionner’ des matériaux utilisés par les industriels ? Quelles solutions proposez-vous pour s’impliquer dans la résistance ? J’ai hâte de lire vos retours ! Je frétille telle la queue de castor que je vais engloutir dans exactement 25 jours 😀

Je vous envoie de l’amour.

Polyéthylène Démoniaque et Bocal en Verre Recyclé.

Manon Woodstock.

4 réflexions au sujet de “La taxe sur les emballages plastiques non-recyclés…Est-ce qu’on débouche le champagne ?”

  1. Il faut absolument qu’on regarde ce Cash investigation, j’ai toujours pas pris le temps mais je me suis ouvert la page Youtube là, je vais essayer de regarder ça ce soir !
    Je me pose souvent des questions sur le recyclage dans d’autres pays : en Allemagne par exemple, il y a la poubelle « divers », la poubelle cartons / papier, et la poubelle plastique (sans parler des 6 poubelles de verre x)). Mais je ne sais pas trop ce qu’ils font du plastique, du coup, vu que ça semble si difficile à réellement recycler.
    En Irlande ils ont une poubelle « déchets alimentaires », je trouve ça pas mal !

    J’essaie vraiment de limiter le plastique dans ma vie, aussi difficile que ce soit… j’ai un article écrit entièrement dans ma tête mais aucune ligne écrite en vrai, où je parle de petites actions accessibles pour réduire ses déchets, j’espère le sortir avant la fin de l’année ^^ »

    Concernant le Coca, ça fait moult années que je n’en bois plus une goutte. Quand j’étais petite, je ne buvais jamais d’aucun soda, puis ado j’en buvais rarement mais occasionnellement en soirée (vu que je bois déjà pas d’alcool, parfois j’avais pas trop le choix…). Maintenant c’est 0 goutte de sodas industriels de merde, et tant pis si ça soule les gens que je boive ni alcool ni soda 😛 « mais tu vas pas trinquer au jus ? » ben, si, en fait 😉

    (au fait, merci de mentionner mon nom et le soleil de Toulouse hahaha !)

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    1. Alors, alors, tu l’as vu ? (ou tu es comme moi et tu t’ouvres de pages et des pages pour te rendre compte que la vie est trop injuste et que ces connes de journées ne font toujours pas 48h ? 😀 ).
      Dis donc, y en a de la poubelle en Allemagne xD Le pays où il faut être expert en tri des déchets pour survivre ! (cela dit, quand je vois à quel point on trie mal en France, je me dis que ça ne peut pas être pire…). Le plastique, il est brûlé ou enfoui les 3/4 du temps. Cette histoire de plastique recyclé, c’est monté de toutes pièces pour que l’on continue à se bercer de douces illusions. La solution, c’est de le diminuer – mais ça, les gouvernements n’ont pas l’air de vouloir le comprendre. Big up pour les poubelles ‘compost’, il me semble que ça devrait être aussi bientôt généralisé en France (Ludo l’a entendu sur RTL 😆 ). Après, ça ne change pas un autre souci : il n’existe aucun site de compostage industriel en France. Donc en gros, on trierait les déchets alimentaires pour qu’ils finissent au même endroit qu’avant. Immobilisme politique ? J’en ai bien peur.
      Moi maintenant, je ne tourne qu’à la limonade, ou aux sodas artisanaux que j’achète de temps à autre. Après, je n’en suis pas dingue et je peux vivre sans. Je préfère la bière en fait 😛 Le jus je n’en suis pas fofolle non plus – ça, c’est le truc du Ludo (qui est d’ailleurs très relou avec les gens qui trinquent sans alcool – ce que j’essaie de lui faire régulièrement remarquer 🙂 ).
      Ps: j’ai hâte de lire ton article sur la réduction du plastique. J’y travaille aussi, mais bon sang, c’est loin d’être évident, comme tu le dis si bien !

      Aimé par 1 personne

      1. Ouiiiii on l’a regardé ce weekend et on était choqués, révoltés, dépités, énervés… et même pas surpris. On essaie désespérément de réduire nos emballages, surtout plastique, mais ce genre de « wake up call » fait encore plus réagir. Mais c’est tellement rageant de se dire qu’on aura beau essayer de faire de notre mieux, ça sera pisser dans un violon car on se fera éternellement niquer par les grosses entreprises et les politiques… MAIS QU’IMPORTE, je continuerai à déverser ma vessie dans des contrebasses s’il le faut.

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      2. AHAHAHA j’adore ton expression, je valide « déverser ma vessie dans des contrebasses » 😀
        C’est cool que vous l’ayez regardé 🙂 Perso, je ne suis même pas choquée de ces pratiques, ça ne m’étonne pas – c’est plus le manque de respect envers l’équipe de Cash qui me fait hérisser les cheveux sur le crâne (et le foutage de gueule outrancier, un peu, aussi !).
        Je me rappelle de celui sur le travail où l’attitude d’un patron m’avait vraiment choquée. Il était condescendant, limite insultant…Mais WTF ??
        Comme pour tout, il faut garder ce genre de reportage dans un coin de sa tête et « en faire quelque chose » même si ça ne sera pas pour tout le temps.
        Passe une belle journée !

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