Bonjour mes petits canards ! Comment allez-vous en cette superbe matinée – génératrice de tant d’espoirs et de rayons de soleils impromptus ?? *Nom de dieu Robert, je crois que le médecin de Manon Woodstock lui a enfin prescrit du Tercian – elle est d’un gai ce matin !* 😀

Oui, oui, c’est indéniable, je suis réellement satisfaite. Déjà, j’ai réussi mon incroyable challenge de ne pas décéder après l’ingestion d’un yaourt périmé d’un jour – qui a encore plus passionné Instagram que les dernières facéties de Kim Kardashian (et OUAI, on peut manger un yaourt plusieurs mois après la date les cocos !). Et de deux, j’ai vaincu la procrastination, que j’avais chassée de chez moi par la grande porte et qui s’était décidée à me rendre une petite visite en passant par la fenêtre, me faisait lambiner comme une grosse faignasse. J’ai donc stoppé net mes multiples tergiversations à propos de la création de ma Fan Page Facebook (que je vous invite d’ailleurs à aller « liker » sans plus attendre, ça me permettra d’avoir une visibilité plus « stable » – cette dernière étant (very) up and (very) down ces derniers temps – c’est l’éternel problème d’internet, il faut se réinventer en permanence, sous peine de passer pour un vieux crouton qui radote dès 15 jours sans le moindre changement – ça s’appelle « Manon Woodstock – Blogueuse Ecolo – Ecrivaine – Cinglée en liberté » !). Beaucoup d’autres modifs sont en attente pour le blog – toute motivée que je suis à passer un grand coup de balai, après incitation dans ce sens dans le super groupe pour entrepreneures et futures entrepreneures créé par la talentueuse graphiste Manon Godard, qui me booste un peu plus chaque jour et me remotive lors de mes coups de mou. Elle en avait dit quelques mots par ici et je vous invite à la contacter, si vous êtes intéressées.

Aujourd’hui, j’ai décidé de faire dans le réactionnel (et non le réactionnaire – coucou Eric « Mou du Bulbe » Zemmour et les horribles insultes proférées à l’encontre d’Hapsatou Sy – Non mais quel connard ce type ! Mais que les médias se décident à ARRETER de l’inviter BORDEL !! Je pense que je parlerai un peu de tout ça dans un autre post, tant ça m’a dégoûtée et révoltée 👿 ) et de réagir à un article fort intéressant que j’ai lu. Coline, du blog « Et pourquoi pas Coline ? » (merci Manon pour cette super info mondiale sur le nom de l’autrice – dont on ne se serait pas doutés une seconde 😛 ) nous a posté un billet bien énervé par plus tard que la semaine dernière (je vous pose le lien par-là) et nous a confié à quel point elle avait ras le pompon de la culpabilisation ambiante, actuelle reine incontestée de la blogosphère écolo.

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La blogo écolo en ce moment, résumée en une image !

La première fois que je l’ai lu, j’ai applaudi des deux mains, sans me poser de questions. On lit TELLEMENT de posts de blogs qui te font te sentir comme la dernière des merdes (et ça va de « QUOI, tu te dis écolo et tu prends encore l’AVION – non mais allo quoi ? » à « Ben allez-y, bouffez du Nutella, une dinde aux marrons (salauds de spécistes !! Meurtriers !!) et carrez-vous votre putain de brosse à dents en plastique dans le cul » – et autres joyeusetés absolument positives et productives) que j’ai eu l’impression de me prendre une bouffée d’oxygène et que j’ai rigolée comme une niaise, complètement shootée à l’O2, en scandant « mais c’est génial, qu’est-ce que c’est génial » en boucle, tel une horloge parlante en plein bug de l’an 2000.

Depuis, j’ai bien réfléchi. Et…je trouve toujours qu’on devrait lire BIEN PLUS d’articles comme celui-là. Il y a des points sur lesquels je suis plus réservée (et je vais vous expliquer pourquoi, point d’inquiétude 😉 ) et d’autres qui me donnent envie d’imprimer une photo de Coline, de l’encadrer, de créer un petit autel d’offrandes et de la vénérer au beau milieu de mon appartement (Comment ça, j’en fais TROP ? 😛 Moi je dis qu’on est passionné.e ou on ne l’est pas, hein !).

Vénère, la Coline !

A la lecture de son article, qui a déjà l’air d’avoir déclenché pas mal de réactions, on ressent bien qu’elle en a PAR-DESSUS LA TETE des gens qui s’accusent les uns les autres d’être coupables de la destruction de la planète. Et je la comprends x 1000. C’est absolument indéniable, 80% des articles « écolo » qui passent sur la blogosphère sont encore très culpabilisateurs. On nous fait nous sentir bien sale à coup de « Tu peux faire bien mieux que ça ! », « Etouffe toi avec ton avocat, connasse ! », « Faire ses produits soi-même, ce n’est pas Zéro-Déchet, je refuse que ça soit associé à mon nom » (coucou Béa Johnson 😉 ), « tu prends ta voiture pour emmener ton gamin chez le médecin, mais c’est irresponsable !! » *Mais, il avait de la fièvre, il pleurait beaucoup, j’allais pas le faire march…* « Et la planète alors ? Tu vas lui laisser quoi à ce pauvre gosse ? » #anxiogèneàmort #uneordonnancepourduXanaxsilvousplait.

Et je suis entièrement d’accord avec Coline : à force, ces injonctions à être écologiquement parfait, c’est d’un lourd ! Quand je vois les gens se livrer à un véritable pugilat pour savoir qui est écolo et qui ne l’est pas, ça me rend dingue. Est-ce qu’on ne devrait pas dépasser ça les gars ? Qui peut dire qui est un « vrai écolo » ? (c’est comme quand quelqu’un me dit « regarde, j’ai acheté des vraies fraises !! » – je lui demande toujours immanquablement ce qu’il/elle considère comme des fausses fraises. Ça m’intrigue, vraiment 🙂 ). On va toutes et tous à notre rythme selon nos moyens, ça n’a pas à devenir une course – comme à peu près tout dans ce monde de dingues. Au fil des lectures, c’est juste super soulant de voir que les messages positifs, réellement informatifs (parce que je crois qu’on peut informer sur les travers d’un produit sans nécessairement culpabiliser toute son audience) et encourageants se font très rares. Allons un peu à contre-courant, de grâce !

Même Ludo, d’habitude si conciliant, s’est déjà aventuré une fois sur ce terrain miné à coup de « Non mais attends, tu parles d’écologie, mais tu as quand même un blog avec des centaines d’articles qui sont stockés sur des serveurs ultra polluants » (le coco a vite ravalé sa salive et m’a lancé le même regard que celui d’un lapin dans les phares d’un 38 tonnes ‘ouh la, je crois que j’ai merdé’ quand il a réalisé que j’avais été chercher le couteau à pain dans le but de le trancher en deux 😀 ) et franchement, ce genre de réflexion, ça soule. Mais ça SOULE puissance 140. Tu te dis ‘putain, je passe des heures et des heures à m’informer, à faire des recherches, à écrire dans le but d’informer les gens et de transmettre la bonne parole des petits gestes, pour qu’on me critique avec un « ouai ton site internet pollue, grosse conne »’ (et qui doit correspondre à quoi ? 1 goutte d’1 millionième de gramme comparé au dangereux océan du Dark net ?). Ce genre de réflexions est toujours contre-productive, et ce dans tous les domaines où elles sont faites. Parce qu’on a constamment l’impression que les gens se concentrent uniquement sur nos comportements améliorables (je refuse de dire mauvais !), plutôt que sur tout ce qu’on fait ‘dans le bon sens’. A la longue, c’est usant pour tout le monde et j’en connais beaucoup qui se découragent complètement et repartent dans des dynamiques négatives de ‘oh, puisque c’est comme ça, j’m’en tape, je vais prendre ma voiture pour aller chez le glacier qui est à 50 mètres, je vais opter pour un parfum Nutella arrosé d’un Ristretto Nespresso dans un gobelet plastique, avec une touillette en plastique et demain, je prends l’avion pour passer une journée en Nouvelle-Zélande !’ NA 😆 Pour pousser les gens dans la bonne direction, il faut du positivisme et surtout relativiser un max : quelques gestes anti-écolo ne font pas de nous des mauvaises personnes. Nous sommes simplement des gens sur la voie de la progression (+ contradictoires et parfois imparfaits, car humains !).

Coline a également raison sur un point essentiel : une brosse à dents ne va pas changer le monde, je plussoie complètement ! Ces marques qui basent leur marketing sur « avec ce super aspirateur, vous allez sauver la planète » me hérissent le poil. C’est du marketing déculpabilisateur de merde pour vous pousser à acheter toujours plus. Parce que NON, on ne va pas changer le monde en achetant un truc qui relève du détail le plus total dans le processus du changement climatique.

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Vous brosser les chicots ne sauvera pas le monde – par contre, ne pas exposer les autres à votre haleine de chacal sauvera des vies 😉

Elle souligne bien qu’on casse les bonbons de tout le monde à propos des pailles et/ou des trajets en voiture, alors qu’en réalité, ce sont de toutes petites gouttes d’eau dans l’immense lac de la pollution. Et ça la gonfle prodigieusement qu’on point les gouttes du doigt en faisant semblant de ne pas voir l’océan. Je la comprends complètement.

Alors, dans cette histoire, c’est kiki pollue ?

Le chef vous présente aujourd’hui son escalope snackée de statistiques, revenue dans du beurre mousseux d’analyses comparées, le tout à la mode Coline (en gros, j’énumère les stats listées sur son blog……dites, ça se voit que j’ai la dalle 😛 ?)

  • Les filets de pêche abandonnés représentent 46% des déchets en mer, contre 0.03% pour les pailles.
  • 60 des plus gros bateaux polluent plus que toutes les voitures du monde.
  • Les 10 entreprises les plus polluantes émettent 70% des gaz à effet de serre de la planète. On dénombre parmi elles 3 producteurs de charbon (Coal India, Russian Coal Co, China National Coal Group), 1 producteur de gaz (Gazprom) et 6 producteurs d’hydrocarbures (Saudi Arabian Oil Company (Aramco), National Iran Oil, ExxonMobil Corp, Pétroleos Mexicanos (PEMEX), Royal Dutch Shell PLC, China National Petroleum Corp).

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Alors, c’est vrai, je vous l’accorde, quand on voit tout ça, on aurait plutôt tendance à dire ‘not my fucking problem’, mais je pense que c’est un peu plus compliqué que ça…Et je pense que ce côté du problème pêche un peu (sans mauvais jeu de mot les gars – c’est le Super Tanker, je suis dans l’ambiance 😀 ) chez Coline.

Je trouve, et c’est le seul reproche que je peux lui faire, qu’elle ne va pas assez loin dans l’analyse. Elle sous-entend que ce n’est pas une paille dans un soda ou un achat de t-shirt chez H&M, en tant qu’actes isolés, qui pourrissent la planète. Certes. Mais en fait, moi, je crois que si, un peu quand-même. Individuellement, c’est une goutte d’eau, mais je pense que c’est bien cette multiplication de gouttes d’eau qui contribuent à défoncer notre belle planète bleue. Les 10 entreprises les plus polluantes sont toutes dans le secteur de l’énergie, essentiellement du charbon et du pétrole. Un individu lambda pourrait se dire, saloperies de bagnoles, saletés de cargo transporteurs, cochonneries d’avions et continuer comme ça 1000 ans. Mais au final, qu’est-ce qu’on transporte en masse dans tous ces transports ? Eh bien des produits consommables pardi ! Des fruits, des légumes, des contenants en plastiques, des fringues, des objets électroniques, de la déco…Et vous pouvez continuer comme ça jusqu’à l’infini et au-delà. Parce qu’en fait, cette barquette dans laquelle sont mes sushis a demandé…du pétrole ! Ce pull-over made in China a peut-être été produit dans une usine qui marche…au charbon (et probablement dans des conditions de travail s’approchant plus de l’esclavage que du CDI avec tickets resto) ! Et on multiplie par 7,5 milliards d’êtres humains pour contempler le carnage.

Ce qui manque dans l’analyse de Coline, c’est de souligner que chaque achat, c’est un vote. Même le tout petit cheese qu’on vient de s’enfourner chez MacDo (et ce n’est pas grave en soi, mais il faut comprendre qu’en gros, un cheese x 3 milliard de personnes qui se disent « oh, aller, c’est pas la mer à boire », ça pèse quand même). En fait, tout ce pétrole qui dézingue la planète, on l’utilise parce qu’on n’arrête pas d’acheter, acheter et acheter encore (et jeter et recommencer). Quand vous allez faire vos courses au marché du coin plutôt que chez Carrefour (même si ce n’est pas pour tout), c’est voter pour une relocalisation de l’économie. Partir en vacances en France plutôt qu’au Nicaragua, c’est utiliser moins d’énergies fossiles. Acheter une fringue nickel de seconde main plutôt que de pousser la porte d’un magasin, c’est utiliser les choses produites jusqu’au bout – pour leur utilité première : ne pas être nus dans la rue. Je ne dis pas que je suis tous ces préceptes à la lettre, mais j’en ai conscience et je crois que c’est déjà pas mal.

Pareil pour les filets de pêche abandonnés qui représenteraient la majeure partie de la pollution, certes, mais dans ce cas ne faut-il pas remettre en cause nos comportements de consommation et manger moins de poisson ? (je précise quand même que TOUS les types de pêche à grande échelle posent problème d’une manière ou d’une autre). Et là, je ne peux pas m’empêcher de faire coucou aux lobbys alimentaires qui nous martèlent, par différents biais, qu’il faut manger de la viande du poisson ou des œufs au moins une fois par jour !

L’important est d’avoir conscience que chacune de nos actions engendre une conséquence. D’y penser, sans se rendre malade. On ne sera jamais parfait.e.s, c’est tout bonnement impossible. Mais notre devoir est d’essayer de faire un peu mieux, dans la mesure du possible. Ça ne sera peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas dans un an, mais on a la possibilité de s’améliorer à l’infini et ça, c’est juste SUPER 🙂

Chacun fait comme il/elle peut et j’ai bien conscience que nous n’avons pas toujours l’opportunité de faire au mieux. On ne peut pas tous se passer de voiture ou tout faire en vélo, surtout dans les territoires loin de tout. On fait ce que l’on peut avec ce que l’on a. Il ne faut pas non plus oublier que nous sommes loin d’être les seul.e.s à avoir notre responsabilité dans la destruction de la planète : les gouvernements sont COUPABLES de leur manque d’ambition écologique, d’accointance toujours plus étroite avec les lobbys industriels et de gestion des politiques de transports calamiteuse. Quand on voit que Manu « pour emploi, suivez le passage piéton » Macron est en train de saborder la SNCF, de fermer toutes les petites lignes et de promouvoir le bus à coup de grosses couillasses posées sur la table basse, alors que le train est un des moyens de transport de masse les plus écologiques, je me dis mais BON SANG, qu’est-ce que tu fous là ? C’est un non-sens absolu et un désastre écologique programmé !

Je crois que la responsabilité est collective. Mais je pense aussi que les gouvernements sont coupables de ne pas agir, parce qu’ils pourraient définitivement le faire à leur niveau.

Petit intermède spécial « extinction de l’espèce »

Je crois que ce qu’il y a de PIRE au rayon de la culpabilisation généralisée, ce sont les abruti.e.s qui accusent tous les parents ou futurs parents de crime contre l’humanité parce qu’ils ont eu l’audace de faire un enfant. Quand je vois que fleurissent partout des relou.e.s à moitié survivalistes qui te culpabilisent rien que parce que tu as sauté le pas, ça me DEPRIME. Ok pour faire de la prévention et expliquer aux gens que NON, il n’est pas souhaitable que chaque femme ait 5 gamins, que ce n’est écologiquement pas tenable (mais après, chacun reste libre de faire ce qu’il veut) – mais je pense qu’il faut d’urgence arrêter avec cette histoire d’extinction souhaitée de l’espèce. A un moment, c’est quoi notre ambition en tant qu’humains ? Arrêter complètement se reproduire et s’éteindre ? N’y a-t-il pas non plus une finalité dans le fait de faire des enfants pour leur transmettre les bons comportements et créer une prochaine génération plus respectueuse que l’actuelle ? Oui, l’être humain est INVASIF, il se prend pour le maître du monde, considère toutes les autres espèces comme inférieures, veut plier la nature à ses quatre volontés, mais est-ce que nous en sommes pour autant illégitimes à être là ? Les moustiques sont une espèce invasive, les méduses sont une espèce invasive – est-ce qu’il faut souhaiter qu’elles disparaissent ? En mode « Madame Moustique, je vais vous ligaturer les trompes et vous aller m’arrêter tout de suite cette reproduction éhontée ! ». Non, je crois que l’être humain est légitime, mais qu’il faut le reconnecter d’urgence à son environnement de vie. Et même, vous vous rendez compte de la violence des propos pour les gamins qui entendent ça ? Eveiller les consciences, oui – Prôner la fin de tout et l’extinction, non – ça s’appelle de l’extrémisme, et ça j’aime pas !

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Regarder moi ces enflures ! Pourritures communistes ! 😀

Rabats-joies de tous bords : arrêtez de faire chier le monde !

Je crois, effectivement, comme Coline, que la culpabilisation ne marche pas, qu’elle entraîne exacerbation des comportements anti-écolo et du découragement. Moi non plus je ne suis pas parfaite, j’adore voyager, je prends l’avion au moins une fois par an, parfois j’achète des gâteaux suremballés parce qu’on les aime bien, je mange de la viande. MAIS. J’avance chaque jour et ça, personne ne pourra me dire le contraire. Je suis passé de 0 repas végétariens à au moins 7 sur les 14 que compte la semaine ; quand j’achète un paquet de gâteaux suremballés, j’y pense et je m’interroge – globalement on essaye quand même de privilégier ceux qui ne le sont pas et on commence à faire nous-mêmes – et puis, je voyage quand même ! Tout en ayant conscience que prendre l’avion, c’est caca et que ça participe à faire de moi quelqu’un d’imparfait. Les voyages m’apportent énormément d’ouverture d’esprit et quoi qu’on en dise, ça compte beaucoup dans la prise de conscience. Il faut remettre en perspective ! Quand je vois que dans mon boulot, on réserve des vols pour le bout du monde à tour de bras pour une simple réunion qui aurait pu se faire par Skype, je refuse de me rendre malade pour UN VOL PAR AN.

Rappelons-nous systématiquement que nous sommes quand même constamment manipulé.e.s par les lobbys (il FAUT que vous regardiez le Cash Investigation sur le plastique – ça résume très bien à quel point on nous prend pour des truffes, en nous pointant du doigt – VOUS HORRIBLES SALAUDS QUI BALANCEZ VOTRE PLASTIQUE DANS LA NATURE – pendant que les industriels se lavent gentiment les mains à coup de « oui, on produit tout ce plastique, mais on a rien à voir dans le problème » 🙄 et hop, un petit coup de repeat VOUS HORRIBLES SALAUD QUI BAL *sbaff* Ta gueule ! On a compris ton embobinage Jean-Louis !). C’est une véritable stratégie des entreprises que de se dédouaner de la pollution qu’elles sont finalement les seules à produire. Elles ne cherchent pas de solution tout en nous encrant dans le crâne qu’elle ne passe que par nous. Sauf que ce qu’elles n’ont pas compris, c’est que les pauvres hères qui ont le porte-monnaie, c’est nous aussi. Et qu’on peut décider de les boycotter et d’orchestrer leur pétage de gueule en beauté après s’être pris les pieds dans le tapis du CAC 40.

Après, je sais bien que tout le monde n’a pas de dépôt-vente ni de magasin de vrac à côté de chez soi. Que tout le monde n’a pas envie d’aller découvrir Saint-Charles-la Croix-de-Fer en Normandie et son festival des collectionneurs de pots de chambre (coucou Jean-Pierre Pernault 😉 ) pour les vacances. Voilà pourquoi la culpabilisation ne marche pas : parce qu’on a, à force, l’impression qu’on ne va pas y arriver et que tous nos efforts ne servent à rien. Alors que je suis convaincue que tous les petits pas comptent et qu’ils participent à une prise de conscience beaucoup plus large (et non, je ne dirais pas « Petit Colibris fait sa part », je commence à avoir envie de trucider les gens qui utilisent cette expression à tout bout de champ 😛 Oui, je deviens sociopathe et je le vis bien, merci !). J’applaudis de tout mon corps (pieds, bras, mains, coudes, jambes, la TOTALE) quand Coline dit qu’il faudrait féliciter TOUS les bons comportements, quels qu’ils soient et peu importe la personne qui en est l’auteur.rice. Saluons toutes les initiatives ! Parce que ça motive les gens plutôt que de les tirer vers le bas. Pour vous donner un seul exemple, quand je vois quelqu’un jeter son mégot de clope dans un cendrier ou dans une poubelle, j’ai l’authentique envie d’aller lui rouler une pelle. C’est un tout petit geste, mais c’est juste génialissime de voir ça !

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L’oiseau le plus mainstream de 2018 !

Mon avis perso : deux poids deux mesures et prise de conscience

Coline pense que beaucoup de gens font une bonne action écologique pour se déculpabiliser. Peut-être, mais moi je trouve ça vraiment triste. Ça n’a ni queue ni tête. Si l’on implémente des changements, il faut avant tout les faire pour soi – pour qu’ils aient du sens. Si on change pour les autres, ça ne sera jamais stable, alors que si l’on change pour soi – ça s’ancre profondément en nous et c’est acté. Et franchement, n’est-ce pas super de se réjouir de faire mieux ? C’est peut-être terriblement égocentré, mais je préfère prôner ce sentiment plutôt que la culpabilisation qui nous amène dans des cercles vicieux où l’on ne fait jamais ce qu’il faudrait.

Je suis d’accord quand elle nous dit « à quoi bon faire des efforts quand on nous répète constamment qu’on n’en fait pas assez ? ». C’est super fatiguant d’implémenter des comportements différents, qui demandent du temps, quand TOUT dans la société nous renvoie que c’est de notre faute et qu’on n’est qu’un.e gros.se naze parce qu’on a, une seule fois, oublié par mégarde notre sac de courses réutilisable et qu’on en achète un nouveau. Il est également indéniable que ça plombe le moral à -140 quand on voit tous ces gens qui s’en foutent, qui ne se laissent rien dire, rien expliquer et qui ne se sentent absolument pas concerné.e.s par le réchauffement climatique et qui achètent, achètent, achètent à tout bout de champ (et participent donc à ce même réchauffement). Donc malgré la difficulté à agir, la culpabilisation généralisée et l’inaction des politiques, il nous reste quoi ? Ben les comportements individuels. En refusant de donner systématiquement notre argent à certaines entreprises qui ruinent la nature, on participe à la lutte. NOUS tenons les cordons de notre bourse et NOUS pouvons choisir facilement de donner notre argent à des entreprises étiques ou locales – pour forcer les très grosses boîtes (Coca, Unilever, Nestlé et consorts) à changer. Oui, c’est tout petit, oui il y a aussi le secteur financier qui draine des milliards, mais en tant que consommateur.rice.s, je crois que l’on peut quand même peser d’une certaine manière. Quand les industriels feront beaucoup moins de fric, ils n’auront pas le choix !

Et Coline le dit bien, si tout le monde commence à s’enflammer sur la mode éthique et que même des grandes enseignes comme Zara et H&M s’y mettent, c’est bien parce qu’elles sentent que le vent est en train de tourner et ça, c’est grâce à nous. N’oublions pas non plus qu’être respectueux de la nature, c’est aussi se respecter soi-même et prendre conscience de tout ce que le capitalisme nous inflige aussi à nous.

Cependant, ne JAMAIS oublier que les gouvernements sont dans l’inaction la plus totale, et que tant que nous ne voterons pas pour des gens qui se soucient réellement de la planète, nos actions individuelles resteront très limitées dans leurs effets. Alors je vous interroge, quand est-ce que le peuple français va enfin voter pour quelqu’un d’ambitieux qui veut réellement en finir avec le capitalisme et qui remettre la nature au cœur du système ? Là, vraiment, je suis désolée, mais ça ne tient qu’à nous.

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L’importance des petits pas, les potos !

Je conclurai en disant qu’il est urgent de se responsabiliser en tant que consommateur.rice, de se tourner vers les achats d’occasion, l’économie circulaire et locale et interroger en profondeur notre rapport à la (sur)consommation, dont une très grande partie est totalement inutile. C’est de la responsabilité citoyenne. MAIS (souligné, en gras et italique, toussa toussa 😛 ) quelques achats ou comportements discutables ne font pas de nous d’horribles personnes. En tant qu’êtres humains, nous sommes par essence bourrés de contradictions et nous devons vivre avec. Il s’agit simplement de s’interroger avec bienveillance et de se demander si la prochaine fois ou celles d’après, on ne pourra pas faire un peu mieux. Et si on n’y arrive pas tout de suite, ben c’est pas grave – on prendra le temps qu’il nous faut. Nous sommes loin d’être les seul.e.s à devoir agir, sauf que les élites politiques qui nous gouvernent ne le font pas. Je ne vois donc pas pourquoi nous devrions nous rendre malades alors que celles/ceux qui nous gouvernent s’en foutent royalement. Encore une fois, tout est donc dans la balance, dans le raisonnable et dans la bienveillance envers soi-même et la nature.

Voilà voilà pour le long point de vue du jour, qui me fait quand même me poser une énorme question : Vous êtes-vous déjà sentis culpabilisé.e.s par un de mes articles ? Je ne parle pas de personnes qui se seraient senties blessées juste parce que je prône un mode de vie différent du leur, c’est plutôt standard de se sentir agressé par quelqu’un qui pense différemment de nous…Mais je parle plutôt de vraie culpabilisation, ais-je une fois dit, ‘si tu fais ça, c’est que tu es un gros nul ?’. En allant plus loin, que pensez-vous de tout ça ? Qu’est ce qui, selon vous, marche le mieux pour encourager les comportements plus respectueux de l’environnement ? Agit-on seulement pour se dédouaner ?

C’est sur ces bons mots que je vous laisse chers enfants, je m’en vais tout droit vers un petit week-end cool et reposant – en miroir du week-end dernier, où nous avons bien festoyé pour un départ à la retraite (cela dit, mon corps à étonnamment bien encaissé le truc et il arrive encore à me surprendre ! Pour une soirée où nous sommes rentrés à 4h00 du matin et où j’ai sifflé une quantité…*hum*…significative de verres de vin blanc (avec petite notification auto-générée dès le premier verre, du style « es-tu sûre de vouloir t’engager sur cette pente plus que glissante ? » et Ludo me lançant des regard genre *oh putain, mais qu’est-ce qui te prend ? Je ne te GERERAI pas si tu es malade, je te préviens* 😆 ), le tout en me couchant curieusement sobre et me réveillant presque fraîche et pimpante…Moi je dis qu’il y a encore de l’espoir pour tous.tes les trentenaires 😀

Je vous embrasse !

Petit pas de géant et Brosse à dent mensongère.

Manon Woodstock.