Le coin des inclassables

La déprime du dimanche soir

Dimanche – 18h00. Elle est en train de revenir. Je le sens. Je n’y faisais presque plus attention, toute tapie dans l’ombre qu’elle était. Je sens ses pattes qui glissent autour de mon cœur et commencent à l’envelopper insidieusement. C’est la fin du week-end, et comme à chaque fois, l’araignée de l’angoisse enserre mes poumons, balance un jet d’encre noir dans mes pensées et me fait ressasser cette immémoriale question « Pourquoi ? Oui, pourquoi dois-je y retourner ? ».

C’est LE mal du siècle, au même titre que la dépression ou les lombalgies. Il est sur toutes les lèvres, tout le monde l’a ressenti un jour ou l’autre – mais il est encore tellement tabou…Je parle bien sûr de cette sensation fort déplaisante et assez surréaliste ressentie la veille d’une reprise du travail qui équivaut, dans notre inconscient, à un retour pieds et poings liés dans un lieu à mi-chemin entre le goulag et la prison haute-sécurité. A une plongée en apnée après avoir repris sa respiration pendant 2 jours.

Personnellement, ce mal me poursuit depuis le tout début de ma vie. Chaque dimanche soir, c’est la totale loose. C’était déjà comme ça à l’école, ça s’est amplifié depuis que je mène tant bien que mal ma barque chaotique de salariée plutôt mécontente. J’ai un cafard phénoménal à partir de 17h00, je n’arrive pas à m’endormir, j’ai des bouffées d’angoisses invraisemblables – qui émaillent une nuit de sommeil déjà bien agitée…Lors de mes moments d’insomnie, je tape « changer de vie » dans ma barre Google (oui, je suis TOTALEMENT désespérée ! 😀 ) – comme si le grand prêtre de la surveillance l’information mondiale allait me donner une réponse toute faite – et que je connais déjà, quoi que j’en dise.

Quand le réveil sonne et que je tire tant bien que mal ma carcasse éprouvée d’une nuit de cauchemar, je me dis « Mais pourquoi tu t’infliges ça ? ». Sensation encore renforcée quand j’arrive au travail et que je me rends compte que je ne fais que reprendre une routine « pas si pire » si on s’y arrête deux secondes et que ça ne valait décidément pas les 15 heures de torture que mon corps a décidé de m’infliger. Moments classiques dans mon quotidien de (très) grande angoissée.

Et encore, je ne parle même pas des retours de vacances. Vous savez, ceux où se faire trancher un bras au couteau à beurre plutôt que d’aller bosser semble être un deal plutôt satisfaisant ? Ce moment où tu sais que tu vas devoir affronter tes collègues, tel un toréro végétarien se laissant submerger par ses émotions – tous les « alors c’était bien les vacances ? » (Non, c’était nul et je suis tellement happy de te revoir 🙄 ), « ça va, tu es reposé.e » ? (Oh ta gueule ! Bien sûr que non !) et autres « oh la la, trois semaines de vacances et tu trouves que c’est pas assez, je ne sais pas ce qu’il te faut moi, hein » qui donnent envie de réaliser un remake de La Dernière Maison sur la Gauche – grandeur nature. Et nous sommes beaucoup à nous accorder sur le fait que « reprendre le travail » se fait pratiquement toujours dans la douleur.

Alors j’analyse. Pourquoi est-on si mal ? A force, ne devrions-nous pas être habitués ? Ne débloquerais-je pas total, comme d’hab ? Je ne crois pas ! Parce que si ce phénomène est décuplé chez moi (je le répète, on ne refera pas l’angoissée chronique que je suis…), je sais aussi qu’une proportion absolument dingue de personnes qui m’entourent avouent à demi-mot souffrir d’un mal analogue. Je m’interroge. Pourquoi déprimons-nous autant à chaque retour au travail, allant jusqu’à gâcher et grignoter un peu plus les rares moments de répit que le joyeux monde de l’entreprise nous offre gracieusement chaque semaine ? Parce qu’on ne veut pas s’infliger quelque chose qui nous rend malheureux.ses après avoir passé 2 jours à faire ce qui nous plaît vraiment.

Soyons tout à fait réalistes, le fait de déprimer le dimanche, c’est n’est pas et ça ne sera jamais normal. Le fait d’hésiter à arroser son repas dominical de ciguë ne devrait pas faire partie du pack de départ « bienvenue dans le monde du travail ».

A une époque plutôt lointaine où cette terreur du lundi était devenue relativement invivable, j’avais beaucoup lu Lyvia Cairo, la fondatrice de jemecasse.fr (qui a bien évolué depuis !) et j’avais décortiqué avec attention les articles où elle prônait une « vie sans lundis ». Ça m’avait énormément parlé à une époque où ce fameux lundi sonnait comme un glas pire que la mort, au moins un cran au-dessus. Et je crois que c’est la clef pour anéantir cette terreur de la reprise : s’orienter vers une activité où le lundi n’existe plus. Où on arrive le dimanche soir sans boule au ventre à l’idée d’aller travailler. Et je sais que ce n’est pas évident. J’ai conscience qu’il faut qu’on évacue des montagnes de croyances limitantes avant de réaliser que c’est bel et bien possible.

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Le problème trouve ses racines jusque dans l’étymologie du mot « travailler » qui signifie, en somme, torturer avec un trepalium, sorte d’instrument médiéval à 3 pieux – conçu pour occasionner un max de douleur. Fun, isn’t it ? Depuis la nuit des temps, on imprime dans l’inconscient collectif que travailler, c’est forcément en baver un peu. Sinon « ce n’est pas du travail ». Combien de débats enflammés ais-je eu avec certains de mes proches qui refusent de considérer les dizaines d’heures que je consacre chaque semaine à l’écriture comme un travail effectif, parce « ça ne compte pas, tu aimes ça ». Vous êtes chiés les gars, quand même ! Cependant, j’arrive à faire la distinction entre les autres (qui sont englués jusqu’au coup dans le slime infernal du « travail-souffrance ») et moi-même qui ait un peu plus avancé sur le sujet. Ce qui me fait venir au conseil numéro un : commençons à réfléchir à une activité qui, sans être le nirvana total (ça n’existe pas) pourrait nous apporter du bonheur au quotidien. Je crois, surtout dans le monde actuel, que ça revient à trouver un vrai sens à ce qui occupe la plus grande partie de notre vie, exception faite des bras de Morphée.

Deuzio, il faut d’urgence sortir de cette logique surréaliste qui fait que la plupart des employeurs nous PERSUADENT qu’ils nous font une fleur en nous offrant un travail. Les seules personnes qui ont quelque chose à offrir, c’est nous. Si on analyse, finalement, le boss, c’est celui ou celle qui est bien embêté parce qu’il y a une partie du process qu’il/elle ne maîtrise pas et que quelqu’un d’autre est nécessaire pour l’accomplir dans de bonnes conditions. C’est nous, les salarié.e.s, qui offrons notre force de travail à l’employeur. Nous mettons nos qualités intrinsèques au service d’une personne qui en besoin – et pour cette mise à disposition, on nous verse un salaire en contrepartie. L’emploi salarié, ce n’est rien de plus, rien de moins que ça. Mais, pour une raison que j’ignore, la tendance s’est inversée et ce sont les employeurs ainsi que les décideurs politiques qui nous ont gravé au burin dans le crâne qu’on se doit de baiser les pieds du premier péquin qui nous embauche en intérim. Et pas dans LE travail qui nous correspond, hein. Dans UN travail. Même s’il est à 1000 lieues de ce que nous avons à offrir ! A nous de nous adapter ! On nous effraie avec une soi-disant insécurité constante, avec des responsabilités toujours plus grandes qu’il faut assumer. On nous assure qu’en nous enterrant dans un sombre boulot inintéressant, on la joue « safe ». Mais je vais vous dire une bonne chose, RIEN dans ce monde n’est sécurité. Il peut nous arriver une montagne de merdes inimaginables, nous pouvons tomber malade, nous faire licencier, perdre un proche…Et même qu’à la fin de la vie, on meurt. [Je sais, je viens de plomber l’ambiance – mais patience, la conclusion (joyeuse) arrive ! 😀 ]

Je crois que le monde du travail, tel qu’il est actuellement, est un gâchis inimaginable. Nous venons toutes et tous au monde avec un talent. Avec quelque chose que nous savons faire mieux que les autres. Quand les gens me voient gratter des pages et des pages, la réflexion la plus courante, c’est « oh la la, je ne sais pas comment vous faites, moi j’en serais incapable ». Oui, certes, moi, j’écris, c’est comme ça – c’est un de mes talents. Mais ! Vous êtes aussi capables de bien d’autres choses pour lesquelles j’ai le niveau bulot tétraplégique et…c’est super ! Nous avons tous quelque chose à offrir, un talent qui fait que nous avons une expertise bien particulière, un don que nous prendrons plaisir à exercer et qu’il faut découvrir (si ce n’est pas déjà fait !). Et je suis intimement persuadée que pour que le monde se mette à tourner plus rond, il est urgent que nous commencions à remettre nos « oui mais ce n’est qu’un boulot » en cause et que nous entamions une réflexion sérieuse sur l’activité qui nous permettrait non seulement d’atteindre un certain bien-être, mais aussi de mettre nos talents à disposition d’un monde qui en a besoin. Gardez en tête que nous avons toutes et tous quelque chose d’unique à mettre à disposition, que la sécurité que l’on nous vend est une vue de l’esprit et que pour des dimanches sans déprime, la seule solution reste de pratiquer une activité que l’on aime et qui a du sens au plus profond de nous.

A bas les lundis !

Belle semaine à vous.

Manon Woodstock.

26 réflexions au sujet de “La déprime du dimanche soir”

  1. En attendant le début de mon changement de vie (i.e. la fin de mon boulot actuel, le temps que l’employeur et moi trouvions un moyen convenable de nous séparer), je fais un bilan de compétences, et ça aide beaucoup à trouver des réponses à ces questions. A trouver (ou construire) un cadre professionnel qui convienne vraiment à ce que j’aime faire (car en attendant, les bulles « ce que j’aime faire » et « ce que je sais faire professionnellement » me donnent l’impression d’être complètement disjointes, ce qui n’est pas super épanouissant…)
    Bonne chance à toi pour trouver la voie qui supprimera ton mal-être du dimanche ! 🙂

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    1. Hello Tocca, merci pour ton commentaire 🙂 ! J’ai totalement conscience que confondre les sphères « ce que je sais faire » et « ce que j’aime faire » ressemble à une montagne impossible à gravir. Parvenir à faire coïncider tout ça m’a pris presque deux ans. Mais avec beaucoup de travail sur soi et une réflexion dirigée, force est de constater qu’on y voit déjà bien plus clair (même s’il reste un tas d’ajustements à opérer).
      La première étape, c’est de s’interroger, même si, finalement, on décide de ne pas changer d’emploi ou de vie. Il faut se demander si c’est possible. C’est une question qu’il faut amener dans sa vie, nous avons tout à y gagner.
      Je te souhaite de trouver ta route dans ce bordel à ciel ouvert qu’est le monde. Que les petits cailloux que tu sèmes te guident vers TON chemin. Belle journée !

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  2. en fait, c’est ce que tu décris qui m’a amené a faire ma reconversion. je veux aider les personnes qui sont en mal être au travail, parce que moi non plus, je ne considère pas que ça soit normal. et ça me fait mal au bide que des personnes fassent ça pendant 40 ans en se disant que c’est comme ça ! car même un travail qui nous semble pénible, si on sait pourquoi on y va, si on sait en quoi c’est utile pour nous à ce moment là, alors ça passe mieux. le tout c’est d’avoir un objectif qui nous attire, au final. ça peut être mettre de l’argent de coté pour autre chose, avoir un point stable alors qu’on est en train de se séparer… bref, une raison qui nous parle. En tout cas une chose est sure : tu ne peux pas continuer des années comme ça avec une telle boule au ventre. Tu as raison, c’est nous qui offrons nos services, et pas l’inverse. Je crois d’ailleurs qu’au Danemark, les gens choisissent leurs emplois et leurs boites,, et non l’inverse…

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    1. Hello Sophie, merci pour ton commentaire. Tout est une question de point de vue en fait ! Certes l’employeur « offre » un emploi, mais à la base, qui a besoin de qui ? (sans parler de relation d’argent). C’est bien l’employeur qui a besoin du salarié ! Et on a beau nous bassiner avec le fameux « y en a 150 qui attendent dehors pour ta place », l’expérience me fait dire que non seulement c’est complètement faux, mais je réponds aussi que jusqu’à preuve du contraire, ces autres ne sont pas moi 😀
      C’est super que tu aies cette envie d’aider les autres et de les amener vers une vie où l’on arrête d’avoir cette maudite boule au ventre. J’entends TOUS les jours des gens dire que « c’est normal » et le pire, ce sont ces personnes au bord de la retraite qui te martèlent qu’il faut souffrir au travail, alors que toi, tu es au début de ta vie professionnelle. Donnez-moi une corde ^^ Ce qui est sûr, c’est que ta vocation va t’amener du taf, j’en suis persuadée ! Passe une belle journée 🙂

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  3. J’ai la chance de ne plus avoir le cafard du dimanche depuis que j’occupe mon poste actuel, même si je ne dirais pas non à 1 ou 2 jours de week-end supplémentaires 🙂 Je ne fais pas un boulot considéré comme passionnant (secrétaire) mais je me sens utile et il y a une très bonne ambiance avec mes collègues et mes supérieurs. Ça et des horaires qui me permettent d’avoir une vie après le travail, c’est essentiel à un bon équilibre je trouve. Tout le monde n’a pas forcément de vocation et je me demande si on ne se rajoute pas une nouvelle pression de nos jours: tout est soi-disant possible alors si on ne fait pas un job de rêve super bien payé qui nous rend euphorique du matin au soir, c’est de notre faute et on est un-e raté-e.

    Ta réflexion sur les employeurs convaincus de faire une faveur unilatérale à leur personnel est tellement juste. Aux dernières nouvelles, je ne connais personne qui soit payé à se prélasser dans un hamac à longueur de journée (si ça existe j’envoie mon CV de suite). J’ai beaucoup de mal avec certains petits chefs qui se croient en droit de mépriser leurs subordonné-e-s (rien que ce mot, déjà…) pour cette raison. En haut ou en bas de l’échelle on a besoin les uns des autres alors respectons-nous, bon sang de bois (oui j’ai pioché cette expression dans d’anciens articles ^^). Quant à la logique du « Le travail c’est normal que ça soit horrible sinon c’est pas du travail », WTF en effet.

    Je te souhaite de pouvoir évoluer vers un travail qui ne te noue plus l’estomac dès le générique de Vivement dimanche prochain.

    Bonne semaine!

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    1. Hello Linda, merci pour ton commentaire – c’est très intéressant ce que tu dis 🙂 Je crois que beaucoup de salarié.e.s se mettent effectivement une pression de dingue dans la recherche de l’emploi parfait (qui n’existe pas selon moi). Il y a cette espèce d’injonction au bonheur permanente qui peut en stresser plus d’un.
      Cependant, ce qui m’horripile particulièrement, ce sont ces personnes qui DETESTENT leur taf et qui ne font jamais ce qu’il faut pour en changer. Qui ne postulent jamais ailleurs, qui ne se remettent jamais en question. Là, non, non, non quoi ! Le pire, c’est que ces personnes pourrissent souvent l’ambiance générale au boulot et c’est tout le monde qui casque. On a, quoi qu’on en dise, une responsabilité dans le travail qu’on occupe, et s’il ne nous convient pas vraiment, libre à nous de trouver une autre solution !
      Je crois aussi que nous avons toutes et tous un don. Pas une vocation parce que le concept me semble un peu trop étroit pour ce que je veux dire, mais disons…plusieurs voies à suivre ! On sait tous faire quelque chose mieux que les autres et si on repart aux origines de ce que devrait être une société, notre devoir serait logiquement de mettre cette capacité au service de cette dernière.
      Après, j’ai complètement conscience qu’on ne vit pas en utopie, que certaines personnes trouvent très bien leur place sur le marché du travail et que beaucoup pratiquent des activités qui leur conviennent. Chacun voit midi à sa porte finalement !
      J’ai personnellement besoin que mon activité me fasse vibrer, je me dis que le travail, c’est la chose dans laquelle on passe le plus de temps dans la vie et je ne peux pas me contenter d’un truc qui me convient à moitié. J’ai besoin de sens, d’action.
      Pour conclure, je crois que chacun devrait se sentir libre d’explorer les différents modes de travail et trouver ce qui lui va le mieux.
      Très belle semaine à toi 🙂
      Ps: dans mon travail actuel, ce sont mes collègues qui me SAUVENT – comme quoi, c’est parfois plus important qu’on ne le croit !

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  4. Ton titre d’article m’a fait sourire. J’ai toujours eu le cafard le dimanche soir et pourtant j’aime mon travail. Pour moi c’est plus parceque je n’ai pas eu le temps de faire tout ce que je voulais pendant le weekend ou alors qu’il a fait super mauvais et que je n’ai pas pu sortir de la maison. Une journée entière sans sortir me déprime.

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    1. Hello Mélodie 🙂 Merci pour ton commentaire. En effet, je crois aussi qu’il y a cafard du dimanche soir et cafard du dimanche soir. C’est très différent de se dire « ah zut, j’aurai aimé faire tellement plus de choses durant le week-end » et « oh mon dieu, pitié, je ne veux pas y retourner ! ». Tu fais bien de préciser la distinction entre les deux, je n’y avais pas pensé 😉
      Je suis comme toi, je ne suis pas faite pour vivre enfermée. Un jour ou deux maximum avant que je ne mette à errer sans but dans l’appart’ tel un fantôme dépressif. L’extérieur c’est la vie 😀 Belle journée à toi !

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  5. Fais des projets en rapport avec l’écriture ? Tu aimes tellement ça et tu le fais si bien !
    Je te comprends tellement, tes mots m’ont beaucoup touchés, ceux quand tu parles de l’angoisse que tu subis, je me suis vraiment reconnue. Mais pas maintenant, je la subissais quand j’étais à l’école. Après l’école j’ai eu énormément de mal à trouver ma voie. En réalité, je ne voulais pas travailler, je n’y arrivais pas, je ne pouvais pas vivre cette angoisse tous les jours de ma vie et le dimanche encore plus intense… Alors j’ai mis du temps, mais j’ai trouvé, en me demandant ce que je voulais faire quand j’étais plus jeune, et c’est venu tout de suite : m’occuper d’enfants. C’est la première fois, cette année, que j’ai eu une rentrée qui m’a rendu joyeuse.. Et j’écris aussi, et j’essaie de faire en sorte que ça devienne un complément, un jour aussi… Alors fonce, vis tes rêves, tu le sais, tu l’as si bien dit.. Quand tu seras une mémé, tu ne te diras pas : « oh qu’est-ce que j’ai bien travaillé, je suis heureuse de la vie que j’ai mené. » il vaut mieux que tu te dises « j’ai fait en sorte de vivre mes rêves, j’ai vécu de mes passions, c’était merveilleux. » 😽💛

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    1. Hello Justine, merci pour ton commentaire ! Tu sais quoi, je rêve de dire les deux quand je serais vieille 😀 Parce que travailler n’est pas forcément péjoratif et j’y prends parfois beaucoup de plaisir – je serai donc extrêmement heureuse d’avoir beaucoup (et bien) travaillé tout en ayant mené à bien mes passions et en ayant twisté ma vie 😉
      Merci pour le partage de ton expérience perso. Je constate que beaucoup de gens ont vécu l’angoisse de la reprise dès l’école et pour le coup, je mets ça sur le dos d’un système qui bourre le crâne des élèves, qui leur enlève toute envie d’apprendre et qui ne tolère pas la différence. Ou on a les clefs, ou on ne sait pas comment faire et on nage pour ne pas couler. Moi j’ai toujours eu ces clefs, mais ce n’est pas pour autant que j’ai tout appris avec bonheur. Il y a beaucoup à faire pour réformer un système scolaire dépassé, qui n’a comme unique objectif que de modeler des petits employés bien dociles (et non de révèler le potentiel de chacun…).
      Pour le projet dans l’écriture, l’écologie et la transmission, c’est en cours 😛 Et ça devrait se concrétiser très bientôt ! Mais chuuut c’est un secret 😉
      Très beau week-end à toi !

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  6. J’ai lu le commentaire de Mélodie et je suis assez d’accord, parfois on peut déprimer le dimanche soir même si techniquement, on est plutôt content.es de son boulot. Je ne dirais pas que comme toi ou d’autres personnes de ma connaissance, je sois terriblement angoissée le dimanche soir, honnêtement le mardi ou le mercredi je suis presque plus déprimée car je me dis « putain on est QUE mardi / mercredi » hahaha. Je n’ai jamais détesté / redoutais ce que je faisais, et c’est une chance immense que je reconnais. Les seuls moments où je redoutais TOUS les lendemains, quels qu’ils soient, c’était cette année en Allemagne, mais pour diverses raisons (et pourtant j’avais un cadre de travail et des collègues super). Cette année je viens de commencer donc je ne peux pas en parler, mais je sais que généralement je suis triste à la fin du week-end principalement car… je vais pas pouvoir dormir !!! Je suis un véritable panda et faut que je dorme tellement d’heures pour être en forme, c’est ça qui pour moi est dur toutes les semaines ^^
    Mais sinon sur le principe je suis 100% d’accord avec ton article, je voulais juste parler de mon petit cas personnel 😀

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    1. Ah ah !! Vive les pandas 😀 Moi aussi, je suis un véritable panda refoulé – pour qui se lever avant 7h00 est un véritable supplice (et pourtant, c’est 5h30 depuis 5 ans…quand je dis que ça ne va pas du tout ce boulot, hein ^^). J’ai besoin de MINI 8/9 heures par nuit pour me sentir vaguement reposée et la semaine avec un boulot salariée et une…une vie quoi, c’est compliqué.
      Après, comme j’ai répondu à Mélodie, je suis entièrement d’accord, votre « déprime du dimanche », c’est plus *oh, j’aurais tellement voulu que ça dure plus longtemps*, alors que moi j’en suis plutôt au *au secours, je ne veux pas y retourner*. En ce difficile lundi matin, je peux te dire que je viens de me taper une nuit entière d’angoisses diverses et variées, que je n’ai pas beaucoup dormi et que je vais très certainement être au radar toute la semaine…y a mieux !
      Après, dans le *pff, on est que mardi* (ou n’importe quel autre jour de la semaine ! Pas de racisme sur MW 😉 ), est-ce que tu dirais que c’est parce que certaines composantes de ton travail (qui te plaît beaucoup au demeurant), ne sont pas exactement comme tu le souhaites ? Ou plutôt parce que tu manques de temps pour autre chose ? Ou vraiment parce que tu étais en Allemagne et que tu rêvais d’être ailleurs ?
      J’ai hâte d’avoir ton point du vue sur la question 🙂

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      1. Nan mais je t’admire TELLEMENT car je ne sais pas comment tu survis avec ton rythme de vie !! J’ai l’impression que tu es une super woman, à te lever grave tôt, à te taper des longs A/R au boulot, à bosser, et en dehors, à écrire deux articles de qualité par semaine, à faire du sport, et avoir une vie sociale et une vie de couple… J’arrive pas à faire la moitié de tout ça avec plus de temps que toi, et je suis tout le temps fatiguée, c’est la honte ! Donne-moi ton secret 😀
        Alors cette année je verrai comment ça se passe les mardis / mercredis ^^ mais l’an dernier ouais c’était juste que je me faisais chier donc j’attendais le week-end avec impatience, et quand on était seulement mardi ou mercredi c’était le désespoir. Mais même quand je m’ennuie pas, c’est vraiment parce que le week-end = PAS D’HEURE DE REVEIL, PAS DE CONTRAINTES, PLUS DE LIBERTE… 😉

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      2. Oui, donc il y avait quand même une forme d’ennui qui ne te convenait pas. C’est terrible de s’ennuyer au travail, ça rend fou…
        Et cette histoire d’horaires, c’est un vrai problème dans le monde salarié, je crois. Je ne comprendrais jamais pourquoi on ne nous laisse pas nous organiser comme bon nous semble dans la limite du raisonnable ! (mis à part contraintes horaires obligatoires dans les magasins et pour les boulots de représentation). Trop de carcans dans ce fichu monde du travail !
        (et pour ta gouverne, je ne suis pas vraiment une super woman, juste…une femme qui en fait trop 😆 Y a des fois où je me dis que je suis complètement barjo de m’imposer tout ça…même si je blogue essentiellement au boulot parce que je n’ai rien à faire, c’est de la folie furieuse ce que j’arrive à m’imposer chaque semaine. Mais malheureusement, il y a aussi les fois où je craque…J’ai hâte d’en finir avec ce boulot inutile pour tout t’avouer !)

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  7. Le mot juste, toujours ! C’est clair que sans les compétences de leurs employés, beaucoup de patrons seraient bien embêtés.
    Je n’aime jamais entendre des gens autour de moi (un copain l’a encore fait récemment) parler « des fainéants » au travail. Tout ça parce que eux soi-disant, ils triment, ils sont performants, plus que les autres. Je ne comprends pas ce genre de discours. Surtout quand on sait qu’on est plus efficaces avec des pauses raisonnables. Pour le reste, les idées de reconversion peuvent prendre du temps, mais oui, le jeu en vaut toujours la chandelle 🙂 j’ai mis du temps à le comprendre cette année. Je cherchais des idées, je consultais des pros…mais je ne ressentais jamais d’étincelle (à part pour l’écriture de blog). J’ai compris que parfois, il faut du temps pour s’avouer certaines choses (oser faire qqch de plus artistique par exemple) et qu’on en apprend toujours sur soi en cherchant 🙂

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    1. Ah… »les fainéants ». Qu’est-ce que ça me fatigue aussi ! J’ai beaucoup de proches qui sont persuadés que si tu ne trimes pas comme un.e malade, c’est que tu n’es qu’une grosse faignasse. C’est fou mais je crois que tout ça vient du terme !! Une énorme partie de la population est encore persuadée que travailler veut dire souffrir. Et que si tu ne souffres pas, c’est que ce n’est pas vraiment du travail. Donc par ricochets: pauses = pas vraiment du travail, temps morts = pas vraiment du travail et si tu parles avec ceux du secteur industriel, travail de bureau ou travail artistique = pas vraiment du travail.
      De tout ceci ne ressort qu’une immense frustration de gens incapables d’exercer leur métier dans une certaine harmonie – et qui sont dans une logique de « je souffre donc tu devrais souffrir au moins autant que moi ». Je ne bataille plus avec ce genre d’individus – qui m’épuisent littéralement. De plus, si on suit la logique pure, si tu dois faire à mort d’heures sup ou trimer comme un fou, ça signifie justement que…tu n’es PAS performant ! Sauf cas où on t’innondes de trucs à faire, chacun doit pouvoir exercer les tâches qui lui sont assignées dans le temps imparti par ses horaires de travail…
      La reconversion, c’est très long à accepter – et en général, il faut un élément déclencheur. La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il faut prendre le temps qui convient (et c’est très différent pour chacun) pour que les choses se mettent en place harmonieusement, dépasser beaucoup de blocages et croyances limitantes…Comme tu dis, cette phase de transition est extrêmement formatrice et on en ressors grandi !

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  8. Ah et fatigue oblige, j’ai oublié d’écrire la moitié de ce que je voulais dire : je parlais de ceux qui jugent les autres fainéants. Parce qu’ils s’estiment performants là où les autres seraient médiocre. A cause de cette idée, effectivement, que si tu ne souffres pas au travail, tu n’es pas performant.e. Je trouve ça assez malsain et détestable. Comme le concours de celui qui restera le plus longtemps au bureau…pour se faire bien voir (heureusement, on ne voit pas ça partout, loin de là).

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    1. Arf, moi je trouve qu’on le voit de plus en plus. La norme devient de rester au bureau. Combien de fois ais-je entendu un « tu pars DEJA ? » alors que je respectais juste mes horaires de travail (mon envie de réponse oscillant entre « euh, ta gueule ? » et « c’est sur que quand j’arrive à 7h30, toi tu es encore au lit ! »). Maintenant, j’emmerde le monde et je pars tous les jours à l’heure, mais c’est vraiment pénible et malsain d’entendre ce genre de commentaires.
      Après, la société d’aujourd’hui étant littéralement basée sur le culte de la performance, tout ça ne m’étonne qu’à moitié. Eternel concours de qui a la plus grosse…

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  9. C’est clair. Je subis moins la chose car ces dernières années, mes collègues étaient anglo-saxons (un plaisir de bosser avec eux, vraiment, respect des horaires et comme tu dis, quand tu pars à l’heure, c’est juste que tu gères, je les ai beaucoup appréciés pour cela). A présent, mes collègues ont en moyenne 10, 15 ans de plus que moi et j’imagine qu’un certain nombre a dépassé cette idée débile de savoir qui pissera le plus loin. Mais je me souviendrai toujours de mon premier « chef » qui, dans une start-up, nous disait, si on partait entre 17h30 et 18h… »tu as pris ton après-midi ? ». C’était mon premier job « sérieux », à mes yeux, et je ne comprenais pas son cynisme. XD Je l’ai haï pendant 2 ans. Les réunions duraient des heures…Et on avançait pas. XD

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    1. Bahh quelle horreur. Ce genre de personnalité de cheffaillon tyrannique me file des pustules ! Et puis c’est quoi ce délire de réunion qui dure des heures ?? Une réunion, c’est 20-30 minutes max pour échanger et synergiser, basta. Mis à part énorme projet, c’est contre-productif de mobiliser les salarié.e.s pendant plusieurs heures ! L’exemple même de l’improductivité !

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  10. Je déprime peu le dimanche soir, en revanche je combats le rythme du travail toute la semaine en me couchant trop tard…ce qui ne fait du mal…qu’à moi. XD

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    1. Hello Gertrude, un grand merci pour ton commentaire ! Je suis…un peu pareille ! En mode grosse arnarchiste de canapé tout au long de la semaine – à me répéter « aller, ce soir, au lit à 9h00 » pour me réveiller à 0h30 en position improbable sur le canapé 😛 On est bien d’accord que la seule personne en piteux état le lendemain…c’est nous !
      Très beau week-end à toi 🙂

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