Depuis 3 jours, la blogosphère écolo bande mou. On a beau multiplier les balades en forêt, se passer en boucle des reportages sur Notre Dame des Landes, avoir doublé la production de lessive maison, on n’y arrive plus, c’est tout. Depuis 72 heures, on assiste à une incroyable recrudescence de hippies à dreadlocks (même qu’ils ont voté Eva Joly en 2012 – oui, oui, il y en a 😀 !) qui débarquent dans les pharmacies avec une ordonnance pour du Xanax, parce que Tryo et la Ruda Salska n’arrivent même plus à leur remonter le moral. Je vous lance peut-être de bons gros clichés ironiques en pleine poire (et même que j’aime BEAUCOUP Tryo et la Ruda), mais au fond, la vérité, c’est que JE déprime depuis 72 heures. Parce que j’ai vraiment peur. Et ça m’a tellement prise par surprise, que l’immense colère que j’ai en moi et que j’essaye d’enfermer tant bien que mal – tel Ouranos avec les Titans dans la mythologie Grecque – est revenue d’un coup. Mais Manon, pourquoi t’es si fâchée-dépressive ? Pourquoi ? Parce que Surprise, Sidney !

comic-characters-2024745_960_720

Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique et solidaire, dont je n’étais déjà pourtant pas la groupie numéro un, a démissionné avec fracas, se retenant FORT de déverser des torrents de larmes sur Léa Salamé et Nicolas Demorand, au beau milieu d’une émission sur France Inter. Et ça m’a foutu un coup, vraiment. Je me suis dit « putain, si même lui il abandonne, mais OU EST-CE QU’ON VA ? »

« Vous êtes sérieux là ? »

C’est donc devant les deux présentateurs médusés que notre Nico national a annoncé sa démission en direct live, sans même avoir prévenu nos bons vieux Manu et Eddy (qui, pour le coup, ont du se retrouver comme deux fucking ronds de flan – et j’avoue que ça m’a vraiment, vraiment fait plaisir 😀 ). Personne ne savait. Ni ses collaborateur.rice.s, ni sa femme. Il a lâché une totale exclu devant la France entière.

Je l’ai écouté et franchement, je l’ai trouvé émouvant. Et assez lucide par-dessus le marché. Il a dit son ras-le-bol avec des larmes plein la voix. Il a parlé de « petits pas » que la France faisait, « plus que d’autres pays » certes – mais que décidément, ça ne suffirait pas. On en n’est plus là – il l’a bien souligné. Il a également dit qu’il se surprenait à s’accommoder de plus en plus de demi-mesures, à baisser constamment ces exigences, bien qu’informé des enjeux énormes que représente la crise climatique actuelle. Il a dit sa solitude, l’absence totale de soutien de la part des autres ministres. Mais aussi de la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : la présence de Thierry Coste, lobbyiste pro-chasse, à une réunion sur la réforme cynégétique de la France, à laquelle il n’était initialement pas invité, mais dont Emmanuel Macron est proche. Il a dit la toute-puissance des lobbys – qui rendent pratiquement impossible toute mesure bénéfique à la protection de l’environnement.

En juillet, Nicolas Hulot s’était déjà visiblement confié au téléphone à un journaliste de Libé (qui pensait se faire allumer après un édito sévère, alors qu’en fait pas du tout), en disant que c’était un « putain de dilemme », qu’il n’en dormait plus, que s’il se barrait, le gouvernement aller reculer sur tout, qu’il y allait y avoir 3 EPR de plus (si vous ne savez pas ce que c’est, je vous enjoins à taper « Flamanville » dans votre barre internet 😉 ). Qu’au début Macron lui avait parlé de coopération, mais que ça avait viré à la lutte et au marchandage permanent.

Le gouvernement a beau saluer un superbe bilan (tout en lâchant quand même au passage qu’ils n’ont pas trouvé sa démission très délicate (j’hésite entre « oh vos gueules ! » et « retournez donc barboter à Brégançon »)), je crois que le coco a fini par se rendre compte qu’il n’avançait(erait ?) pas des masses. Cela dit, je pense qu’il aura au moins essayé et je trouve ça très honnête d’admettre devant la France entière qu’il a échoué et qu’il abandonne. Et qui plus est de le faire par surprise sur une radio à audience nationale. Il voulait faire un coup de comm’ pour soutenir sa cause et je crois que c’est réussi. Bravo pour ça.

Certes, il a obtenu le renoncement au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la fin de l’exploitation des hydrocarbures en France, la fermeture annoncée des centrales à charbon et de Fessenheim, la promotion de l’alimentation bio dans les cantines ; mais c’est très loin d’être assez et il a suffisamment de franc-parler pour le dire. Le fait que le gouvernement salue un bilan formidable, exemplaire, « un des meilleurs », signifie bien une chose : l’écologie est loin d’être leur priorité et ils ne comprennent absolument pas la problématique immense à laquelle nous allons être très vite confronté.e.s. Ils s’en balancent. Ils ne voient que croissance, chômage et économies. Alors que TOUT est lié au système actuel qui est responsable de ce bouillon de plus en plus amer que nous sommes en train d’avaler. Et la crise écologique va tout faire basculer vers du bien pire. Il le dit clairement, pour l’instant, nous n’avons pas commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous n’avons commencé aucun des efforts promis dans les conférences mondiales. On ne baisse pas l’usage de pesticides. On artificialise toujours plus de terres, la biodiversité continue à chuter de manière vertigineuse. En bref, c’est du vent.

Des réactions de PAR-TOUT

Mais moi, ce qui m’a particulièrement fâchée, c’est que tout le monde s’est mis à récupérer le truc à tout bout de champ. Petit florilège.

Nicolas_Hulot_dans_les_espaces_Générations_climat

Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, fustige ce qu’il considère être un énorme gâchis. Il constate que Mr Hulot aura beau s’être agité comme un malade, il ne restait qu’une caution écolo pour un gouvernement qui s’en fout et qui fait dans le néo-libéralisme à fond les ballons. Il resouligne qu’après l’été caniculaire que le monde vient de traverser (2018 est officiellement la 2e année la plus chaude de tous les temps), nous allons très bientôt devoir prendre des mesures drastiques.

Le site d’information Reporterre juge sa décision utile, parce qu’en claquant la porte avec un tel fracas, il met un coup de projecteur sur la cause écologique. J’ai peur que dans une société où tout n’est que buzz, ça ne fasse la une que 3 jours et qu’on passe à autre chose, comme on sait déjà si bien le faire. Beaucoup de quotidiens parlent déjà de la « crise politique » reléguant déjà l’écologie au second plan. Inutile de dire que je suis pour ma part assez pessimiste.

J’ai la réaction la plus What the Fuck du jour, qui me donne envie de m’envoyer une plaquette de Zoloft en intraveineuse…Et la palme du mec le plus à côté de la plaque revient à…SARKO, of course ! Je cite, et je vous préviens, c’est croustillant : « Qu’il y ait M. Hulot ou pas, la question de l’immigration est centrale. Qu’il y ait M. Hulot ou pas, la question du montant des impôts qu’on paie est centrale. La question “est-ce que les Anglais sont des Européens ou pas”, c’est central ». Ais-je besoin de commenter ? Non, je ne crois pas. J’en ai des frissons dans le dos. Brr.

Mr Mondialisation parle d’appel au sursaut collectif, et je suis plutôt d’accord avec eux. Ils ont trouvé que l’ex-ministre ne ménageait personne, était « assez sombre » et que, même s’il n’était pas exempt de tout défaut (on a longtemps décrié la marque « Ushuaïa » – dont il est un des propriétaires et le fait qu’il ait plusieurs voitures), il voulait sincèrement essayer de changer les choses et il n’a pas réussi.

Pour l’Elysée, Nicolas Hulot peut être « fier de son bilan » à la tête du ministère de la transition écologique et solidaire. « La détermination du gouvernement reste totale » pour l’environnement (MOUHAHA, pardon, je viens d’en postillonner de rire sur mon clavier), la présidence de la République affirme également qu’il y aura « un remaniement mais pas dans l’immédiat ». Ouai, cool – The show must go on in the start-up nation guys ! Alors que des milliers de scientifiques tirent la maxi sonnette d’alarme, tu pourrais te dire « mouai, c’est un peu inquiétant quand même, on a embauché un écolo hyper populaire – loin d’être extrême et même lui, il se barre en pleurant et en disant qu’il va commencer une cure de Valium », mais non, même pas. J’étais déjà convaincue, comme beaucoup, que la nomination de Hulot à l’Ecologie n’était qu’un coup politique pour faire croire à des prétendues préoccupations écolo de Mr Macron et…nous avions raison, une fois de plus.

En revanche, ce qui me HERISSE, comme un chat qui se retrouverait face à un adversaire qui osé chier dans SON jardin, c’est qu’on essaye déjà, à peine 2 jours après l’annonce, de faire passer Monsieur Hulot pour un babtou fragile. « C’est la décision de l’homme » (sous-titre langue de bois : il a pas tenu le pauvre chouchou), « Il a quand même un super bilan » (sous-titre langue de bois : il était bien trop extrême et exigeant), « c’est comme ça, on ne peut pas faire des grands pas en une journée » (sous-titre langue de bois : heureusement qu’on en est débarrassés, on aurait tous finis en sarouel avec les cheveux gras). Oh putain, ce qu’ils me gonflent. Si vous saviez à quel point ce genre de récupérations m’énerve ! Le type, il a expliqué TRES clairement devant la France entière POURQUOI il démissionnait. Parce qu’il ne pouvait plus accepter tous ces compromis et y associer son nom. Parce qu’il ne pouvait plus supporter que le gouvernement prenne autant à la légère le problème immensément grave de la crise climatique. Il a envoyé un fort message politique, voilà ce qu’il a fait.

J’ai aussi entendu parler de l’écologie comme d’un lobby. « Attendez Michel, c’est un lobby aussi, il faut arrêter de se mentir ! ». Donc. Si je résume bien. L’écologie, courant de pensée hyper vaste qui a comme axe central le fait de protéger notre planète, vous savez celle dont nous savons qu’il n’existe pas de réplique atteignable pour l’instant (en tout cas pas avant d’avoir basculé dans un délire à la Interstellar) et disons…la NRA, le lobby des armes, qui milite pour qu’on ait le droit d’en porter une en permanence ET de tirer sur n’importe quel zozo qui cligne des yeux en nous regardant (ou pas s’il/elle est noir.e – hein, parce que quand même, ils sont suspects ces gens-là…*pitié, donnez-moi un autre Zoloft, docteur*), c’est PAREIL ? Vouloir imposer des mesures pour sauver l’espèce humaine de sa propre folie, c’est à ranger dans la même catégorie que le lobbying pour la chasse ? Euh, eh ben laissez-moi vous dire que les bras m’en tombent.

Ce qui m’en fait venir à un point qui me semble essentiel : est-il possible de concilier capitalisme et écologie ? Non. Bien sûr que non. Et ce système, toujours plus générateur de destruction et d’inégalités, s’accroche tellement – qu’il est prêt à nous envoyer droit dans le mur pour faire un tout petit peu plus de pognon. Il faut changer de système, d’urgence. Et tant que nous en faisons partie, nous avons bel et bien une responsabilité dans le désastre écologique en cours. C’est très désagréable à entendre, mais c’est une réalité.

23906771661_afcd19c892_b

Grosse colère

Pour ne rien vous cacher, jusqu’à avant-hier, je voulais me fâcher tout rouge avec vous. Parce que j’en ai TELLEMENT RAS LE BOL d’entendre des « Oui mais Manon, c’est bien beau ton écologie, moi j’ai des enfants, un crédit sur 25 ans, un labrador à nourrir, je ne peux pas changer de vie comme ça ». J’ai eu l’immense envie de de vous dire « écoutez, grand bien vous fasse ». Soyez tranquille, parce qu’en fait, si ça se trouve, la planète ne sera même plus habitable dans une cinquantaine d’années. On aura des températures avoisinant les 70°C et des catastrophes naturelles toujours plus violentes…J’ai eu envie de vous culpabiliser en brandissant vos enfants comme un étendard, parce que je crois, profondément, qu’il devient d’une urgence vitale de changer pour eux, si nous voulons – même pas qu’ils puissent vivre dans de bonnes conditions – si nous voulons qu’ils puissent vivre tout court. J’ai eu envie de vous demander si vous saisissiez bien la gravité de la situation. Et puis, je me suis rendu compte que ça n’était pas la solution. Que ça ne le serait jamais.

Parce que je sais que vous savez tout ça. Qu’en me fâchant, j’allais encore plus vous braquer et que le résultat de tout l’immense travail que je fais par ici allait être pour ainsi dire nul. Je sais que beaucoup se rendent compte de la situation gravissime dans laquelle se trouve la planète, mais qu’ils/elles font juste l’autruche parce qu’ils/elles ont les foies. Bon sang, est-ce que j’ai le droit de vous avouer que je crève réellement de trouille aussi ? J’ai peur, putain. On ne parle pas d’hypothétiques descendants dans 6 générations, ça NOUS concerne. On ne sait pas si la planète sera encore vivable dans 50 ans (pas 5 siècles, pas 150 piges, non, dans 50 ans). Alors la question du jour, c’est : quand est-ce qu’on se réveille du grand délire ? Quand est-ce qu’on va enfin se rendre compte qu’on doit achever le capitalisme d’un coup de poignard ? Qu’on doit rebattre absolument toutes les cartes et accepter de changer sous peine que l’espèce humaine ne disparaisse ou ne soit à demi-éradiquée (et c’est déjà arrivé, coucou les Mayas !) ?

Ce blog, c’est un travail quotidien TITANESQUE. J’y passe des dizaines d’heures chaque semaine. Et franchement, il y a des moments où je me sens carrément seule. Un peu comme Nicolas Hulot, en fait – à moins grande échelle. Des fois, j’ai cette impression très désagréable de tenter un « Ouhouh » dans une salle de concert vide qui ne me renverrait que mon propre écho. J’ai l’impression de me battre contre des moulins à vent. Et je vous avoue que quand je vais chez des proches qui me lisent et que je les vois persister dans des comportements anti-écolo, j’ai envie de m’ouvrir les veines avec une paille en plastique. J’ai l’impression que mon blog ne sert à rien. Que JE ne sers à rien. Si vous saviez comme c’est dur.

Mais figurez-vous qu’hier, alors que j’étais en train de marmonner toute seule dans le parc derrière mon boulot à propos de mes projets nihilistes d’envoyer bouler toute ma communauté à coup de « Vous n’avez qu’à faire une indigestion de Nutella TAS DE CONS » 😆 de me tirer une balle dans le pied, au moment même où j’étais en train de me dire que je n’avais vu AUCUN écureuil en 2018 alors qu’ils pullulaient l’année dernière, il m’est arrivé ça, comme dans les prophéties.

IMG_20180829_194038_751

Un petit écureuil effronté et mignon a bondi dans un éclair roux (parce qu’il n’était même pas gris et cagneux – pour le coup, c’était une vraie star de cinéma !) et…j’ai intérieurement fermé ma gueule pendant 10 bonnes minutes. Je l’ai observé en restant à distance raisonnable, j’ai pris une petite photo…et je me suis rendu compte que j’étais complètement calmée. Que m’énerver ne serait jamais la bonne option. Que quoi que j’en dise, il restait des belles choses à sauver, et pour lesquelles il est encore possible de se battre.

Je me suis aussi souvenue des mots qu’avait prononcé Lyvia Cairo lors de mon accompagnement « garde toujours en tête que tu ne sauveras pas toute seule un monde qui n’a pas envie d’être sauvé ». Ça avait fait énormément de sens à l’époque. C’est toujours le cas aujourd’hui. Alors j’ai décidé de continuer coute que coute à diffuser mes idées et mes conseils, à celles et ceux qui veulent que ça change. Et pour les autres, que voulez-vous que je vous dise ? Tant pis pour eux ? Je crois bien que oui !

J’ai décidé de changer de perspective. En repensant à tous mes proches qui ne sont pas parfaits et qui ont encore des réflexes anti-écolo, je me suis dit que beaucoup avaient déjà changé leurs comportements, par petites touches de-ci de-là, alors que je n’y aurais jamais cru à la base. Que pour moi aussi, l’évolution s’est faite et continue à se faire par petits pas (sinon gare au burnout écolo ou le top de la contre-productivité). Je me suis rappelée qu’on ne pouvait pas sprinter tout de suite dans une course, sinon c’est le claquage assuré. En écologie, c’est pareil. Il faut commencer en petite foulées pour espérer faire des pas de géant plus tard. Peut-être que c’est trop tard (et encore, trop tard pour quoi ? On ne sait pas vers quoi on va de toute façon !), peut-être que c’est peine perdue. Peut-être qu’il faudrait devenir extrême pour que notre planète aille vers un horizon un soupçon moins pire, mais je ne croirais JAMAIS en l’extrémisme. C’est le truc le plus contre-productif du monde. Le secret, c’est la balance, la tolérance. Ça ne sera certainement pas assez, mais on aura la consolation de se dire qu’au moins, nous avons essayé. Parce que si nous sommes le problème, je crois dur comme fer que nous sommes aussi la solution. Nous sommes 7,5 milliards de personnes disponibles pour changer le monde. Nous sommes en capacité de le faire. Que ça soit intellectuellement, technologiquement et philosophiquement parlant.

Agir, dès aujourd’hui

J’ai donc décider de donner quelques pistes de réflexion à celles et ceux qui veulent agir dès aujourd’hui, qui veulent donner les moyens à la planète d’aller mieux. On y va, pêle-mêle :

  • Arrêtez d’aller faire vos courses dans les supermarchés. Devenez consomm’acteur.rice.s. Parce qu’un achat, c’est un vote. Ce n’est pas nouveau, si vous allez faire vos courses chez Leclerc, vous permettez à Leclerc de s’enrichir – et par là même, de continuer à payer des prix dégueulasses à ses fournisseurs de matières premières pendant que tout le reste de la chaîne (supermarchés, intermédiaires) s’en fout plein les fouilles. Non seulement ça vous prend un temps fou (plusieurs heures tous les mois), mais c’est aussi plus agréable d’aller se promener sur les marchés (et quand il fait froid ou qu’il pleut – INCROYABLE, il y a le manteau ou le parapluie !! Complètement dingue, n’est-ce pas ? 😉 ) ou les coopératives agricoles qui fleurissent un peu partout et qui sont remplies de produits locaux. Pensez aussi à acheter en direct chez les paysans à côté de chez vous ou à aller vous fournir dans les AMAP.
  • Arrêtez d’acheter à tort et à travers. Pour tout vous dire, je suis en plein Zero Waste Challenge et je vous annonce que pour l’instant, j’ai acheté, tous domaines confondus, moins de 20 objets neufs en 2018. Et je vous assure que ça va très bien 🙂 ! La vérité, c’est qu’on ne peut plus vivre dans une société où tout le monde achète de tout, tout le temps – c’est absolument intenable si on y songe rien que 2 secondes. Tournez-vous vers Le Bon Coin, les brocantes, le troc, les applications de prêt ou vos proches si vous avez besoin de quelque chose. Si vous achetez, investissez dans quelque chose de responsable et de durable.
  • Recommencez à vous servir de votre cerveau et réfléchissez. Le capitalisme fait de nous des assisté.e.s. Faire mon dentifrice maison pour 3 mois me prend 5 minutes à tout casser. Je vais bientôt me mettre à la lessive et au déodorant. Parce qu’on croit aller vite en achetant tout prêt, mais non seulement la plupart des produits industriels sont bourrés de saloperies et en plus on passe des HEURES dans les supermarchés (et perso, ça me déprime complètement). Quand vous faites un produit ménager, un gâteau ou que vous réparez un appareil tout.e seul.e, il y a la fierté de vous en être sorti.e sans l’aide de personne. Avec Ludo, ça nous a frappé en pleine gueule lors du visionnage d’une émission de Jamie Oliver. Il suggérait d’utiliser un fin rondin de bois comme planche à découper, qu’on ponce au fur et à mesure. Ludo a eu une ré-vé-la-tion « Mais pourquoi on n’y a pas pensé avant ? ». Parce que les industriels aiment qu’on ne serve pas de notre matière grise et qu’on les arrose avec des billets verts. Vous avez TOUT ce qu’il vous faut chez vous. Vous avez le savoir en vous. Servez-vous-en. Réapprenez à faire !
  • Pensez plus vos voyages. Prendre l’avion, c’est cramer des milliers de litres de kérosène (et j’y pense pour mon futur voyage aux US, soyez-en sûr.e.s – cela dit, tous mes autres voyages de l’année se sont faits en train ou à moins de 3h de voiture). Essayer de réduire vos déplacements en avion. Préférez toujours le train à la voiture ou au bus (moins polluant).
  • Respectez la nature et les animaux qui y vivent. Nous ne sommes pas tous seuls. La nature ne nous appartient pas et ça ne sera jamais le cas. On ARRETE de cueillir tout ce qui bouge. On ne tond plus systématiquement toute son herbe à ras. On ARRETE de suite de balancer des ordures partout. Vous pouvez d’ailleurs commencer à les ramasser publiquement de temps en temps (ce que je fais désormais régulièrement), ça a tendance à faire réfléchir les autres. Ah ! Et aussi, ce que je vois de plus en plus, on arrête de manifester de l’irrespect envers les animaux pour avoir la meilleure photo sur Instagram (je me rappelle avec colère d’une nénette qui avait balancé une caillasse à un coq juste pour qu’il la regarde sur une photo lors de mon premier voyage à Madère…True story, WTF le plus total…). Nous ne sommes pas les seuls habitants de la planète, alors arrêtons de nous comporter comme tels.earth-11015_960_720
  • Privilégiez le vélo et les déplacements à pied à la voiture, quand vous en avez l’opportunité. Les ¾ du temps, c’est même l’occasion de s’oxygéner et de faire une belle balade. Et on découvre plein de choses en plus ! (c’est comme ça que j’ai réalisé qu’un artisan faisait de la mozzarella et de la burrata maison dans ma rue 😯 ) !
  • Sensibilisez vos gamin.e.s. Expliquer leur pourquoi il faut opter pour les bons comportements, pourquoi il est primordial de protéger la nature. Arrêtez de leur acheter des montagnes de jouets et autres merdouilles ! Ce qu’il y a de plus important, c’est que vous soyez là pour eux. Recommencez à passer de beaux moments ensemble. Allez-vous promener, faites des randonnées, des herbiers, des ateliers cuisine, lisez des bouquins, vivez quoi ! Les idées pullulent sur internet ! Ce que les enfants préfèrent, c’est qu’on leur consacre du temps. Je dois dire que j’en fais le constat flagrant : depuis quelques années, on n’achète plus AUCUN jouet aux enfants de notre entourage proche, on leur propose de passer un week-end en notre compagnie à la place. Et devinez-quoi ? On s’amuse et ils s’amusent. Tout le monde est ravi.
  • De grâce, commencez à vous interroger vis-à-vis de vos boulots ! En mettant nos qualités intrinsèques aux services d’entreprises qui détruisent la planète, je le dis (et j’ai conscience que c’est très désagréable à entendre), nous faisons partie du problème. Je sais que le système scolaire actuel nous pousse à être de bons et dociles employés et à ne voir qu’insécurité à chaque coin de rue…Mais comme je le dis toujours, que vous ayez 1000 responsabilités n’y change rien : qui vous dit que vous n’allez pas tomber malade, vous faire virer ou vous prendre n’importe quelle autre tuile sur le coin de la gueule ? Les gars, la vie, ON MEURT au bout. Oui je sais, « tu ne comprends pas, tu n’as pas de crédit ni d’enfants », mais putain les cocos, vous croyez que ces questions ne se posent JAMAIS pour moi ? Que je suis une reine de glace sans cœur qui ne veut ni bambin ni jolie maison avec un jardinet ? J’ai presque 28 ans bordel, bien sûr que ces questions se posent ! Et pourtant, je ne suis pas en train de me dire, « mon dieu si je projette d’avoir un enfant, surtout, je reste dans ce boulot de merde (MAUVAISE IDEE) parce que c’est sûr (FAUX) et comme ça, je pourrais lui acheter un super château gonflable (IL N’EN AURA PAS BESOIN) ». Et même que je me lance à la fin de l’année, quoi qu’il arrive. Et que j’aimerai acheter mon chez-moi avant. Une folle cette fille 😀 Quoi qu’il en soit, je crois que chacun vient au monde avec un talent, un don, une chose que nous faisons mieux que tout le monde et que nous avons le devoir de le mettre au service des autres. Je ne vous demande pas de tout quitter pour aller vivre en splip dans la forêt, mais commencez au moins à y réfléchir. Pitié.
  • Sensibilisez les gens autour de vous, par le ramassage de déchets, par l’explication calme de certaines évidences, par la dénonciation bienveillante (toujours) de certains comportements. Il est temps de recommencer à raconter des histoires, de transmettre.

En conclusion, je dirais que grâce à cette démission, Nicolas Hulot a envoyé un signal très fort à l’ensemble de la population française : le capitalisme ne PEUT PAS marcher main dans la main avec l’écologie. C’est tout simplement impossible. On a beau être une personnalité influente, populaire, avec toute la bonne volonté du monde, on ne pourra pas changer les choses tant que nous nous entêterons à pérenniser un système qui, non seulement ne marche pas, crée des inégalités monstres, mais détruit aussi notre seul lieu de vie à des milliards de kilomètres à la ronde. Tant qu’Emmanuel Macron sera au pouvoir, ça sera lobbies et compagnie. Ça sera le néo-libéralisme décadent dans toute sa splendeur. Et je vous le demande : pourquoi ? Pourquoi est-on en train de saccager notre planète et de la rendre inhabitable ? Pour 2% de chômage en moins et encore plus de sous dans les poches d’une élite privilégiée ? Alors, je répète ma question pour que tout le monde comprenne bien, POURQUOI ? On nous parle sans cesse de l’économie, mais n’est-ce pas un énième dieu qu’on adule ? Je réfléchis souvent à ce sujet et je me pose une question centrale, on parle de dettes, de réduction de budget, de plus-values et cetera – mais au fond A QUI DOIT ON DE L’ARGENT DANS LA GALAXIE ??? Notre but premier ne devrait-il pas être de préserver notre lieu de vie, d’en faire l’endroit le plus agréable possible, de faire en sorte que tout un chacun ait une vie décente – sans se préoccuper de l’argent, qui reste une création complètement abstraite ? C’est surréaliste quand on y réfléchit, rien que deux secondes. Quand va-t-on ouvrir les yeux sur la farce qu’est devenue le système financier international ? Quand va-t-on se rendre compte que tous les sacrifices que l’on fait déjà (et je ne vous parle pas de ceux à venir) ne servent en réalité qu’un petit pourcent d’êtres infects, que je méprise jusqu’au plus profond de mon cœur ?

La réponse c’est vous. La réponse, c’est NOUS. Pour l’instant, il n’y a que la société civile qui peut agir. Et je prie. Je prie très fort pour que la population française ait la présence d’esprit de ne pas réélire Macron dans 3 ans (ni l’espèce de Voldemort féminin du Rassemblement Bleu Marine) et d’opter pour quelqu’un qui veut vraiment mettre un grand coup de pied dans la fourmilière. Quelqu’un qui veuille agir sérieusement pour la planète. Pour l’instant, le changement et la prise de conscience écolo, ça passera avant tout par toutes les actions que j’ai citées plus haut. Décroissance, ralentissement et remise en perspective de tous nos comportements quotidiens. Nous sommes 7,5 milliards à pouvoir changer les choses, et c’est définitivement plus que quelques politicien.ne.s partisans et vérolés par les conflits d’intérêts. Nous sommes en supériorité numérique. Nous sommes le monde. Et nous pouvons changer.

Aller, voici mes sources :

Bon…ben, elle en avait gros sur la patate la petite dame dis donc 😀 Que vous inspire ces quelques mots lignes pages dissertations compilées ? Et la démission d’Hulot vous en pensez quoi ? D’autres conseils pour agir au quotidien et protéger notre si bel environnement (où habitent quand même de bien jolis écureuils 🙂 ) ? J’attends vos commentaires avec impatience.

Aller, sans rancune ! Je vous aime bien, vous savez ?

Révolte Mondiale et Queue en Panache

Manon Woodstock