Nature

L’empire contre-attaque

[FLASH INFO SPECIAL] Cher.e.s fans de Star Wars, je voudrais tout d’abord vous remercier de votre compréhension et de votre ouverture d’esprit quant au titre de cet article. Ce dernier parlant d’une victoire de « gentils » contre des « méchants », sachez que j’ai conscience du non-sens que représente le fait de désigner les « gentils » sous le terme « Empire », qui sont en l’occurrence, dans votre bien-aimée saga, les « méchants ». Je l’ai choisi pour l’effet de style. Alors la question est, peut-on tout oser dans la vie ? Je crois que oui, tant que ça reste dans les limites du raisonnable. Alors, pitié, de grâce, ne me ligotez devant l’épisode 8 en replay sur un lecteur DVD, vous savez, celui où Yoda a confondu son flacon de midi-chloriens avec celui de cortisone et où Luke fait « ET POUF, ch’ui pu là ! » ? me condamnant ainsi, telle une Sisyphe moderne, à une torture insoutenable. Je vous remercie pour votre attention. Des bisous intergalactiques [FIN DU FLASH INFO SPECIAL] J’aurai pu faire défiler ça tel le résumé de l’intrigue au début de chaque épisode, mais que voulez-vous, je manque de budget 😛

Les ami.e.s, un très grand bonjour. Avant tout, je voudrais vous remercier pour le plébiscite de mon précédent article, rédigé en hommage à Maël, un copain récemment décédé. Ça m’a fait chaud au cœur d’être lue et je crois que mon papier a réellement touché certaines personnes. Je suis contente d’avoir su trouver les mots, d’avoir exprimé des choses que d’autres n’arrivaient peut-être pas à sortir d’eux-mêmes ou à formuler. Depuis cet article, j’avoue avoir le moral en plein flottement. Je ne suis ni guillerette ni déprimée, mais plutôt dans une espèce d’entre-deux assez étrange. Beaucoup de questions assez lourdes sont remontées à la surface. Je me suis soudain mise à avoir à nouveau peur d’être inutile, de ne pas trouver ma place, de me mettre à penser que ce monde n’en vaut pas la peine. Et vous savez quoi ? Je crois que le fait que ces peurs ressurgissent, c’est très bien. C’est sain. Parce que ça me permet de travailler et d’écrire dessus afin de crever les abcès un à un. C’est la période des questionnements utiles, mais aussi celle où je mets des thématiques très lourdes, qui vont de la mort au sens de la vie, à plat. Je vais bien (oui, maman, je te rassure, inutile de composer le numéro de SOS Dépression en 4ème vitesse 😉 ), je sais que de belles choses vont ressortir de cette période un peu trouble et que ça va me permettre de faire un bond en avant. Si d’aventure vous me trouver un peu trop pensive, je vous remercie de prendre un tantinet votre mal en patience, la douce fêlée avec laquelle je partage le même corps ne va pas tarder à refaire surface, j’en suis sûre 😀 Disons qu’elle a pris quelques jours de congés (m’enfin, au vu de mon intro, pas sûr !).

En parlant de vacances, les miennes étaient excellentes, même s’il est assez évident que ce n’est pas demain la veille que je repartirais 10 jours avec hébergement dans la famille. C’était un immense plaisir de les voir, mais j’ai clairement souffert du manque d’intimité. Quand tu optes pour ce type de vacances, tu te heurtes forcément au quotidien des autres et je trouve que même si c’est gérable, c’est aussi plutôt usant à force…Je me suis de nombreuses fois retrouvée confrontée à la situation où j’avais réellement envie d’être seule avec Ludo, et ça a été plus facile de le gérer à Biarritz qu’à Pau (nous résidions en réalité dans un petit village paumé situé à 30 minutes). C’est comme ça, je suis une indépendante jusqu’au bout des ongles moi ! C’était cool, mais à faire différemment la prochaine fois 🙂 Sinon, j’ai déconnecté TOTAL, je crois que j’ai pris à peu près 3 photos en 10 jours, j’ai rencontré « le chien de ma vie » – moi qui ne suit habituellement pas fan de l’animal (Idéfix, si tu me lis 😆 ) – sous la forme d’un adorable braque que j’ai été promener tous les jours et que j’ai papouillé comme jamais, tellement il me faisait craquer par ses bizarreries 🙂 j’ai fait mon habituel « burnout de vacances », celui où je dors 11 heures par nuit et où je suis toujours aussi épuisée à la fin, j’ai fait du…du surf !!! (eh, si on veut mettre Bixente dans son lit, faut s’en donner les moyens, hein 😛 ). Et même que j’ai tenu deux fois sur la planche et que j’étais vraiment très fière de moi. J’ai suinté comme une folle, parce que dieu sait que si le Béarn et le Pays Basque sont de très beaux coins, ils sont aussi extrêmement moites (#6douchesparjour). J’ai eu le coup de cœur pour Biarritz, j’ai aimé cette ville d’amour pendant les 5 jours où j’y suis restée. Et j’ai quand même passé de chouettes instants en famille, malgré les moments de flottement où je commençais à être un peu saoulée. Ah, et puis si tu veux voir la vidéo de Ludo me poussant des deux mains dans la cage aux fauves sans m’afficher un quelconque soutien et me laissant bafouiller comme une conne devant toute sa famille, elle est en replay dans ma caboche 😀 (en gros, je n’étais pas d’accord avec l’activité du jour, lui non plus d’ailleurs, mais il m’a laissé l’entière responsabilité de dire merde à tous ses proches (et de m’accrocher un poil avec beau-papa) tout en fermant sa gueule de manière assez assourdissante – sympa le gars…) Quoi qu’il en soit, j’en suis revenue avec quelque chose de rechargé et c’est bien là l’essentiel.

20180824_081345
Une des trois photos de mon séjour, il n’est pas choupichou ce toutou ? 😉

Bon, de quoi qu’c’est t’y dont qu’on parle aujourd’hui ? D’une excellente nouvelle. Parce que j’en ai envie et que j’ai un esprit un peu choumoulou à rééquilibrer. C’est parti mon kiki !

Quand une floppée de David commence à caillasser Goliath

Si vous l’avez ratée, c’est une des nombreuses bonnes nouvelles de ces dernières semaines : la plainte contre l’UE déposée par une dizaine de familles du monde entier vient d’être jugée recevable par la Cour de Justice de l’Union Européenne. Alors oui, c’est bien beau, mais de quoi se plaignent-ils tous ces braves gens, Manon ? Eh bien, il s’avère qu’ils accusent l’UE d’inaction face au réchauffement climatique et donc de ne pas garantir leur droit à la vie, à la santé, à l’activité et à la propriété. Ces braves gens considèrent que l’objectif affiché de réduction de 40% des gaz à effet de serre d’ici 2030 est loin d’être suffisant pour poursuivre la vie dans de bonnes conditions (ils plaident pour 55%) et ils ont décidé de monter une action en justice. La super bonne nouvelle, c’est que pour l’instant, ça fonctionne. Il n’y aura pas de décision juridique avant quelques années, mais je trouve indéniablement positif qu’on considère une telle requête comme « recevable ». Et même si je sais que le dénouement ne sera probablement pas heureux (rien ne refera totalement l’indécrottable négative que j’ai pu être), je ne peux m’empêcher d’espérer que cette initiative créera des émules et quoi qu’il en soit, elle montre qu’il existe bel et bien une partie de la population qui ne se fout encore pas totalement de la planète.

Le monde est devenu un tel capharnaüm administratif, avec des freins et des lobbys toujours plus puissants qui déboulent de tous les côtés que je trouve que c’est BIEN que, dans une telle configuration, des hommes et femmes de loi examinent le dossier de familles (qui amènent des preuves tangibles que l’environnement va mal et qui veulent secouer le cocotier des instances politiques) pour conclure que OUI, il y a bien matière à juger l’affaire. Connaissant un peu le paysage juridique international pour y travailler (à demi contre mon gré) depuis quelques années, je peux vous assurer que valider la recevabilité d’une telle plainte est loin d’aller de soi pour un juge.

Pour commencer, j’aimerais vous présenter les familles plaignantes, parce que derrière cette première belle victoire, il y a des gens – qui sont, pour certains d’entre eux, présentés dans cette vidéo courte et instructive, sur le site de l’association Notre affaire à tous. Derrière chacune de ces familles, il y a une blessure. Un coup porté par le réchauffement climatique. Alors qu’on entend encore bien trop à mon goût qu’on ne peut pas en mesurer les effets, ces familles sortent du silence et témoignent de tout ce qu’elles ont perdu – simplement parce que nos gouvernements n’ont pas le cran de faire ce qu’il faut pour assurer la pérennité de notre espèce :

Il y a tout d’abord la famille d’Armando, ingénieur forestier à Santa Comba Daõ au Portugal. Il nous raconte avec des larmes dans la voix qu’il a perdu l’intégralité de sa propriété, dévorée par les flammes lors de l’un des nombreux incendies qui ravagent le Portugal depuis quelques années.

Puis vient celle de Maurice, cultivateur de lavande à Grignan, en France. Il nous montre avec un mélange de fatalisme et de colère rentrée l’état de ses plans, dont une partie crève la gueule ouverte, et ce depuis des années, à cause nombreux épisodes de sécheresse qui touchent la France. Ce dernier a perdu 44% de ses revenus en seulement six ans (oui, « c’est presque la moitié »…Et vous, que diriez-vous si l’on divisait votre salaire par deux et que l’on vous disait « Ah oui, mais on y peut rien, c’est le réchauffement climatique ma bonne dame » ? Vous seriez beaucoup à vouloir tronçonner quelques têtes, croyez-moi !).

La famille de Vlad, un paysan à Calene en Roumanie, qui ne sait plus comment s’adapter au climat : ils/elles assistent impuissant.e.s au jonglage entre deux extrêmes : soit il y a un grave manque d’eau, soit il pleut à verse et cela détruit les cultures et affecte leurs cheptels d’animaux. Vlad dit se battre pour que ses enfants aient un avenir et une planète décente et pour qu’ils n’aient pas à quitter le pays pour trouver du travail, comme il a dû faire lui-même.

La famille Qaloibau, originaire des îles Fidji a pratiquement tout perdu ! D’abord leur restaurant et leur bateau lors du cyclone Tomas en 2010, puis leurs terres en 2016, après le cyclone Xinston. Les pays qui ont toujours dû faire face aux cyclones le disent : avec le réchauffement climatique, c’est pire. Parce que non seulement il y en a plus, mais ils sont aussi d’une violence décuplée.

La famille kenyane Guyo doit quant à elle faire face à des vagues de chaleur de plus en plus insoutenables qui rendent presque impossible leur approvisionnement en eau ainsi que la poursuite de leur élevage de chèvres.

drought-1745154_960_720

La famille allemande Recktenwald est en train d’assister à la plongée sous-marine de son complexe hôtelier (situé sur une petite île), menacé suite à la montée des eaux en mer du Nord. J’en cauchemardais quand je jouais au jeu (en demi-teinte, d’ailleurs) « L’île Noyée » de Benoît Sokal il y a quelques années (où il était question de résoudre un crime dans un hôtel isolé – en gros, plus vous avancez, plus l’hôtel prend l’eau avec la destruction de preuves potentielles à la clef ! Assez angoissant quand j’y repense !) mais force est de constater que c’est dorénavant tout à fait probable dans la réalité.

La famille italienne Elter, vivant dans les Alpes, a perdu une grande partie de ses revenus à cause du manque de plus en plus fréquent de neige et de glace. Ce constat, que font beaucoup de professionnel.le.s du tourisme, a en général plutôt tendance à m’agacer…Quand je regarde le JT (ce qui arrive environ tous les 29 février, je vous rassure tout de suite 😛 ) et que je les vois se plaindre « mais enfin, je disais ça à mon mari Robert hier, pas un flocon !! Pas l’ombre d’une paillette de gel !! C’est terrible pour les affaires mon cher Jean-Pierre !! Terrible !!! » (et Jean-Pierre Pernaut de conclure sur un « terrible, en effet » avant d’enchaîner gaiement sur la foire du saucisson d’âne à Lopireux-en-Batiolles – ce qui me donne de terribles pulsions meurtrières !!), j’ai envie de les secouer en disant « mais réveillez-vous bon sang de bois !!! S’il n’y a plus de neige, c’est peut-être parce que l’on fait n’importe quoi avec la planète, non ? Alors quand est-ce que vous allez enfin vous bouger l’anus pour que ça change rhoooooo !!! ». Je trouve donc ça bien que des personnes qui vivent du tourisme s’en rendent compte ET décident d’agir.

Ildebrando, un apiculteur à Tomar au Portugal, est aussi de la partie. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’amour dans le regard de cet homme, qui parlait et admirait ses abeilles avec des feux d’artifice dans les prunelles. Il a réalisé que ces dernières étaient complètement déréglées par la crise environnementale en cours et que ça affectait énormément leur mode de vie et leur production de miel.

Giorgio, un fermier à Cogne en Italie, nous explique ensuite que le dérèglement climatique ne peut, pour le tout-venant, pas être observé « de suite, en un coup d’œil ». Cependant, en tant qu’agriculteur, les conséquences sont immédiates sur son travail. Il a connu des hivers très chaud suivi de périodes extrêmement froides, ce qui a causé (entre autres) la réduction à zéro de sa production de framboises (qui avaient germé puis ont été détruites par le gel), créant ainsi un manque à gagner.

La famille d’Alfredo, un fermier depuis des générations à Montemor-O- Novo au Portugal, possède une exploitation maraîchère. Cette dernière a créé beaucoup emplois et un écosystème bien particulier, fruit d’un travail visiblement titanesque. Malheureusement, Alfredo et consorts ont dû faire face à une année quasiment sans aucune précipitation, fichant un très méchant coup au rendement de leurs cultures.

Notre interdépendance exposée aux yeux de tous.tes

*Mais !! Une seconde Manon, mon mari Jean-René a quand même une question : que diable viennent donc foutre un Kényan et une famille des îles Fidji dans tout ce binn’s ? Je suis nulle en géo, mais quand même, ces pays, c’est pas l’Europe non ? Alors pourquoi qu’ils viennent nous faire chier, hein ?* petite dédicace à mes rachos préférés, ce que j’adore mettre bien en face leurs incohérences, en mode « je ne suis pas raciste, mais ». Effectivement Micheline, tu as bien suivi le cours de Mr Dubus en 4èmeB, le Kenya et les îles Fidji ne se situent pas sur le territoire physique de l’Union Européenne, n’en font pas et n’en feront probablement jamais partie. Mais.

Mais.

Avant d’être originaires de ce superbe pays de râleur.se.s hypocrites et un peu rétrogrades sur les bords qu’est la France, nous habitons la planète Terre. C’est la caractéristique numéro uno de tout être humain qui voit le jour : il vient au monde sur Terre (et on a tendance à l’oublier bien volontiers). Cependant, étant donné que la dynamique géopolitique actuelle s’organise essentiellement autour d’un gigantesque concours de qui a la plus grosse, les nations se croient toutes embarquées dans une grande course où le plus fort gagne…euh…eh bien, je crois…que personne ne le sait réellement, mais on participe au marathon, ça c’est certain ! On est donc dans une illusion dangereuse où il n’y a QUE notre pays qui compte, où on se tamponne carrément des horreurs qui se passent parfois chez nos voisins à quelques centaines de kilomètres, et où la politique du « chacun sa merde » est reine. Sauf que. Il faut croire, qu’en fait, on a pas si bien suivi les cours de ce pauvre Mr Dubus, qui doit s’arracher les quelques cheveux qui camouflent encore sa calvitie naissante (j’ai toujours une image mentale de prof d’histoire-géo chauve, pas vous 😆 ?)…Eh bien oui les cocos et cocottes, tous les pays du monde sont…interdépendants et liés ! Il n’existe pas de planète France, de planète USA (bien que j’ai toujours cette impression en regardant les films américains 😛 Les types, t’as l’impression qu’il n’y a qu’eux sur Terre qui valent la peine et que tout le reste n’est composé que de gros péquenauds consanguins qui ne comprennent rien au schmilblick – ça me fait toujours beaucoup rire !), de planète Chine, de planète Inde ou de planète Iran. Nos pays ne sont séparés que par des frontières fictives, ou par de l’eau (et encore !! Si on se penche un peu sur la tectonique (et non Tecktonik – pitié, que ça reste enterré à jamais !) des plaques, nous sommes séparés par…des piscines et partageons tous la même surface terrestre…Sauras-tu trouver une Manon Woodstock qui se la pète après avoir galéré sur un cours de géologie très dur ? 😀 ). Donc il fort probable qu’une couille dans le potage en Europe entraîne une couille dans le piano ailleurs. Ou alors, pour prendre un exemple, si ça merde bien comme il faut en Chine, il se peut que ça ait des conséquences au Maroc ou en Norvège. Les actions d’un pays ou d’un groupement de pays ont des conséquences sur les autres – et je m’inquiète qu’on ait tendance à s’en contrefoutre. Parce que le jour où des gens en pétard débarqueront pour nous demander des comptes, je crois que ça va vraiment chauffer pout notre matriculer…et ça sera bien fait ! Tout ça pour vous dire que je trouve ça bien et légitime que des kényans et des personnes originaires de Fidji se joignent à la plainte : ils nous disent « Europe, tu participes à foutre le bordel chez nous et bon sang, tu vaux mieux que ça ! ».

together-2450084_960_720

Des revendications (un peu) gentilles

J’en viens à ce qui me chiffonne un chouïa, l’avocate qui représente les familles le souligne bien dans la vidéo : ces 10 familles ne demandent aucune compensation à l’Union Européenne, mais comptent plutôt l’obliger à s’engager dans une politique de protection de l’environnement qui garantisse leur droit inaliénable à la vie, à la santé et à la propriété. Ils ont pour objectif d’imposer une réduction des gaz à effet de serre de 55% pour 2030, au lieu des 40% annoncés (et à mon humble avis, même à 40, on va bien trouver une petite dérogation de derrière les fagots genre « euh, attendez, on n’était pas vraiment prêts là en fait !! Allez, disons 2050 ! »). Je ne suis pas sûre de l’efficacité à long terme de cette obligation de résultat, en passe d’être demandée.

Giorgio, notre ami fermier, souligne la chance que nous avons de pouvoir déposer des recours devant la Cour Européenne de justice pour faire valoir les intérêts de tout un chacun. Oui, il a raison, ne faisons pas non plus les enfants gâtés qui se plaignent sans arrêt. Nous sommes moins mal lotis que le reste du monde, c’est une réalité. Toutefois, j’espère sincèrement, de tout mon petit cœur d’écologiste, qu’ils ne vont pas se prendre un méchant coup de vent dans la tronche ou pire, qu’on va la leur faire à l’envers.

Je pense qu’il risque d’y avoir un petit grain de sable dans cette fort jolie machine…Je crois que la seule manière de faire réagir qui que ce soit d’un peu haut placé dans ce monde, c’est de lui taper dans le porte-monnaie, et fort – si possible. N’oublions JAMAIS que l’argent, c’est le pouvoir ; et que si les riches et/ou les politiques (ça se confond encore bien trop souvent) se rendent compte qu’ils se font sucrer et bien comme il faut s’ils ne protègent pas le reste de la population, ça risque de les gratouiller dans le slip et de les faire réagir. Là, c’est différent. On parle de ne demander aucune compensation financière et de vouloir obliger un groupement de nations à se fixer un objectif plus ambitieux…Je trouve que la démarche manque un poil d’envergure, même si je la salue en applaudissant des deux mains et des deux pieds. Comme je le dis, même si on obtient les 55%, qui dit que l’UE va tenir l’objectif ? Et ne pas faire un vieux faux plan de rusé renard à deux balles genre « ah ben zut, on a atteint que 40% de l’objectif, MINCE ALORS » (tu la vois l’entourloupette de vieux briscard, là ?). Que dire mis-à-part que…On s’était dit rendez-vous dans 10 ans * Hiiiiiii Patriiiiiiiiiiiiiiick* 😀 (pour clarifier immédiatement la situation délicate dans laquelle je viens de me mettre toute seule, je vous le dis tout de go JE NE SUIS PAS FAN DE PATRICK BRUEL, J’IMITE BIEN – NUANCE 😆 ). On verra ce que ça donne lors du verdict et après, en somme ! Inutile de vous dire que je l’attends de pied ferme 🙂

law_justice_court_judge_legal_lawyer_crime_symbol-839873

Mais Manon, c’est affreux ! Tu viens de me couper l’appétit ! Comment puis-agir à mon niveau ?

Vous pouvez déjà aller faire un petit tour sur le site de Notre affaire à tous, qui centralise la plainte des familles – pour vous remettre un peu de baume au cœur. Cette association cherche à établir par le biais de la jurisprudence (toutes les décisions juridiques qui ont, par la suite, valeur de loi – pour schématiser) et la mobilisation des citoyens, une responsabilité humaine vis-à-vis de la nature. Leur objectif principal est de faire appliquer le droit en vigueur en s’appuyant sur nous. Je trouve que l’initiative est formidable, parce qu’en plus d’avoir une certaine ampleur, elle nous envoie un message important « vous comptez, et si vous vous mobilisez, on peut trouver des solutions ensemble pour essayer de changer les choses ». Et ça, ça fait un bien fou.

Vous avez la possibilité, sur le site de Notre affaire à tous, de témoigner de votre vécu sur le réchauffement climatique (https://notreaffaireatous.org/appel-a-temoins-le-climat-contre-nos-droits/). Ils vous demandent des informations très simples : votre nom, votre ville, et cetera, ainsi que les impacts du changement climatique que vous avez pu mesurer dans votre vie. Je pense que ce sondage est fait sur le principe d’une étude de marché, soit ils regardent s’il y a manière à assigner les gouvernements autrement, soit ils cherchent à avoir plus de preuves et donc plus de poids. Quoi qu’il en soit, votre témoignage sera utile et ça prendra maximum 10 minutes de votre temps.

On peut agir en proposant (bénévolement ou pas, l’histoire ne le dit pas…) ses services dans les différents groupes de travail de l’association. Ils ont visiblement grand besoin de juristes, de spécialistes en communication, en budgétisation, en partenariat…et certainement dans tout un tas de domaines. Je vous mets le lien par ici.

On peut également adhérer à leur association (10€) et leur donner de l’argent, si on en a l’envie et les moyens (ce que je compte faire une fois que ces cornichons du Crédit Coopératif m’auront débloqué mes paiements en ligne alors que j’ai l’équivalent d’un salaire entier sur mon compte en banque, certainement un souci de plafond dépassé…Comme dit mon amie Marine, très grande philosophe à ses heures perdues : on vit dans un monde où l’on t’empêche de dépenser de l’argent quand tu en as et où l’on incite les plus pauvres à s’endetter à mort pour flamber le fric qu’ils n’ont pas…Tu l’as dit Josette ! 😉 ).

Je vous mets aussi le lien du site Endecocide, association qui cherche, de son côté, à faire connaître toutes les atteintes graves portées à l’environnement et ce, au niveau pénal international.

Et je terminerais en disant…parlez-en autour de vous ! Un proche vous dit qu’il a constaté un évènement inhabituel dans son jardin (plus d’oiseaux, aucune récolte, maladies sur les plantes…) ? Conseillez-lui d’aller sur Notre affaire à tous pour poster son témoignage ! Et partagez. Partagez cette belle histoire de personnes touchées par le réchauffement climatique qui y vont, quel que soit le résultat – et qui se sont mis un salutaire coup de pied au derrière pour agir quoi qu’il en coûte.logoNAAT_CouleurJAUNE_fit800

Aller va, v’la mes sources :

Que pensez-vous de cet article ? Envie d’aller témoigner pour apporter votre pierre à l’édifice ? Que vous inspirent les revendications de ces 11 familles ? J’ai hâte de lire vos commentaires, qui sont comme ce week-end que j’aperçois enfin (la semaine a été loooooongue !) et qui me fait grand plaisir.

Je vous dis à lundi mes p’tits loups 😉

Résistance Citoyenne et Adorables Avocat.e.s.

Manon Woodstock.

10 réflexions au sujet de “L’empire contre-attaque”

  1. Bravo, Manon pour cet article complet, bien étayé. Je ne connaissais pas cette action.
    J’ai également très émue par l’article sur Maël.
    Tu as une richesse dans ton écriture.
    Gros bisous
    Guylaine

    J'aime

  2. Mais, mais…Serais-tu en train d’insinuer que si je vais à Strasbourg, je ne verrai pas un gros trait noir par terre qui nous sépare de l’Allemagne? Les livres de géographie nous mentiraient?? Qui croire désormais…

    Plus sérieusement, je te remercie de nous faire découvrir cette initiative. Ces temps-ci je ruminais dans mon coin que les petits gestes sont tellement dérisoires face aux pollueurs à grande échelle (mais je persiste, ne serait-ce que par principe). Et les sempiternels revirements des États (oui oui l’écologie c’est important…mais là je peux pas j’ai piscine avec le PDG de Monsanto…) sont à désespérer. Que la Justice puisse mettre son nez dans tout ça est une perspective que je trouve très intéressante. Du coup j’ai adhéré à l’asso pour soutenir et suivre son action de plus près.

    J'aime

    1. J’ai toujours trouvé cette histoire de frontières complètement rocambolesque…On en vient à se regarder de travers et à se houspiller alors qu’on habite…côte à côte !! Ok, on ne parle peut-être pas la même langue, on a pas les mêmes traditions, mais on habite à 50m l’un de l’autre, sur la même planète…Ah…l’humain et sa terreur de l’autre…Je vais même te faire frémir d’horreur en te précisant que si tu vas à Strasbourg, il se pourrait même que tu manges une Knack en territoire Allemand sans même t’en rendre compte…Même Freddy Kruger peut aller se rhabiller, n’est-ce pas ? 😀

      Je suis en joie d’apprendre que grâce à mes recherches, Notre affaire à tous compte une nouvelle adhérente 😉 Je crois qu’ils font un travail titanesque et qu’il faut soutenir ce genre d’initiative si on a le temps et/ou les moyens. Cette action en justice est éminemment positive et j’ai hâte de voir ce qu’il va en ressortir 🙂

      Je te suis parfaitement sur le fait que les petits gestes dérisoires découragent vite, mais je t’enjoins à opérer un simple changement de perspective. Soit très égoïste et dis toi que tu le fais pour TOI (et pour tes proches, éventuellement). Je trouve que les gestes positifs envers la planète ont quelque chose d’extrêmement apaisant, comme si on avait compris quelque chose d’essentiel. C’est réinstaurer une forme de respect dans sa vie et ça fait un bien fou !
      Ps: si ça t’intéresse, j’ai rédigé moult papiers sur notre BFF Monsanto, et je dois dire que ça m’intéresserait d’avoir ton avis sur la question – si tu as quelques minutes !

      J'aime

  3. « S’il n’y a plus de neige, c’est peut-être parce que l’on fait n’importe quoi avec la planète, non ? Alors quand est-ce que vous allez enfin vous bouger l’anus pour que ça change rhoooooo !!! »
    Aaah c’est ma phrase préférée ! J’avais cette même réaction cet été à chaque fois que j’entendais parler du fait qu’il faisait extrêmement chaud dans plein d’endroits : ouais, et donc, à votre avis, POURQUOI ? Et on fait quoi pour changer ça ? Ce que je trouve déprimant c’est qu’on a beau être de plus en plus d’individus à tenter de faire des petits changements à notre échelle, j’ai l’impression que c’est une goutte d’eau dans l’océan et que tant que les gouvernements n’y mettront pas du sien, ça ne changera pas grand chose… franchement, je ne peux pas en vouloir aux gens qui baissent les bras, car ce n’est pas du tout motivant 😥 Je sais que c’est mieux que rien et je trouve que c’est aussi notre devoir de faire bouger les choses comme on peut, à notre niveau et selon nos moyens, mais en vrai on se fait quand même bien enculer, pardon my French. Donc encore plus chapeau aux personnes qui arrivent à se motiver pour militer et passer à la vitesse supérieure !

    J'aime

    1. Ah…tu prêches une convaincue !! C’est même le sujet de mon article de demain, dans lequel j’explique ma déprime post-démission de Nicolas Hulot (dont je n’étais pourtant pas fan) – qui, je crois, est en train de se répandre dangereusement sur la blogo écolo ^^ (c’est bien, je me sens moins seule 😛 ).
      C’est sûr qu’il y a certains jours où c’est la loose. Où tu entends les gens se plaindre qu’il fait chaud à mort, qu’il « y en a marre » suivi d’un « rhoooo tu as mis de la mousse au Nutella partout et tu as renversé mon Volluto !! Tiens, voici 50 feuilles de Sopalin pour éponger » #navrée #donnezmoiunxanax
      Et puis. Et puis. Tu vois que petit pas par petit pas, tu arrives à faire changer des choses chez tes proches. Tu vois des effets de certaines choses que tu as appliquées au quotidien et tu te dis, arf, ça en vaut la peine quand même (rien que pour notre conscience). Je reste persuadée que tant que Macron est au pouvoir, la solution ne viendra PAS du pouvoir politique mais bien de la société civile…Aller, j’arrête sinon je vais claquer mon article de demain en commentaire ^^ Belle journée à toi !

      Aimé par 1 personne

      1. Hier je me suis disputée avec mon mari à cause de ce type de sujet… J’étais toute contente après avoir pris un abonnement au panier bio hebdomadaire et mes découvertes aux épiceries en vrac, et je lui disais comment j’étais motivée pour ENFIN réduire les déchets autrement que juste avec mes cosmétiques maison. Et il m’a dit que ouais c’était bien beau mais qu’en même temps, je continuais à voyager et donc ça n’avait pas d’intérêt ce que je faisais. Bon après nous être engueulés et lui avoir dit d’aller se faire voir, il a entendu mes arguments, mais j’avoue qu’il a appuyé là où ça fait mal : j’ai conscience que ma passion du voyage n’est pas compatible avec mon discours de réduction des déchets et protection de la planète… et en même temps, penser à arrêter de voyager me donne juste envie d’arrêter de vivre, soyons honnêtes ! Je me renseigne sur le voyage responsable et je sais que c’est possible, et en voyage je ne deviens pas une autre personne, donc je fais attention où que je sois, et je déteste prendre l’avion… Mais c’est un débat c’est sûr, est-ce qu’un vol n’annule pas tous mes efforts…?! Mais je me dis : ouais mais si je faisais RIEN et qu’EN PLUS je prenais l’avion plusieurs fois par an, ce serait pire !!! C’est ce que je me dis, et je ne veux pas être hypocrite non plus… Enfin bon, un vaste sujet encore !!

        J'aime

      2. Rhoo les mecs quoi !!!!! Quelle bande de brise-noisettes ! C’est comme Ludo qui me dit « oui mais avec ton blog et tes sauvegardes sur des serveurs ultra polluants, tu peux bien l’ouvrir ». MAIS, ta schness enfin !!!!!! Retourne dans ton inaction et fais pas chier ^^
        Ah…les voyages…moi aussi je refuse d’y renoncer. D’un autre côté, pendant que je me mets la rate au court-bouillon pour UN vol long courrier pour deux, à mon boulot, on réserve des vols pour le monde entier à tour de bras, pour assister à…une réunion…
        Donc oui, je crois que c’est très bien de s’interroger sur son impact en tant que touriste – MAIS, ce n’est pas en se privant et en se frustrant qu’on va changer le monde. Il faut réduire au maximum, éviter de claquer un vol en avion à chaque congés, réfléchir à son impact en permanence et…moi, ça me va.
        Quand tu lis des critiques sur les voyageurs, soi-disant incompatibles avec un mode de vie éoclogique, je ne suis pas d’accord. Les voyages apportent tellement. Ils m’ont fait énormément grandir et avancer dans ma capacité à accepter l’autre. Ils m’ont ouvert l’esprit et c’est beau, tout simplement.
        On est bien d’accord, le problème est là (c’est le même souci que « It’s only one straw, said 5 billion people »). Mais je me prends à rêver à des moyens de transports plus respectueux de l’environnement, qui nous permettront de faire le tour du monde sans détruire la planète.
        Jusqu’ici, il s’agit de prendre conscience et d’être raisonnable.
        Il y a de quoi faire un article là, non ? 😛

        J'aime

Exprime toi mon ami(e) !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s