Nature

Tartufferies autour du glyphosate – Scène 2, Acte 1

Il y a deux semaines, je suis (encore) tombée de ma chaise, comme très souvent en ce moment. Mais, à rebours. Je vous explique.

Alors que j’étais tranquillement en train de siroter un petit verre de Chablis à Beaune, en terrasse à 16h30 (eh, y a pas de règle en week-end, non ? 😛 Et puis quand on est dans une si belle région vinicole, il faut faire honneur au terroir !), quelle ne fut pas mon immense surprise de lire un email de l’adorable cher et tendre de ma maman – qui ne manque jamais de m’en envoyer un après chacune de mes chroniques (je fayote, ça ne coûte rien et ça rapporte tellement 😉 ), me demandant si je n’avais pas encore avalé mon Bourgogne de travers après le rejet de l’interdiction du glyphosate par les députés. (Et encore, je ne parle pas du rejet – en bataille – de l’interdiction du broyage des poussins mâles et des élevages de poules en batterie, de l’obligation d’installation de caméras de surveillance dans les abattoirs – NON, JE N’EN PARLE PAS, sinon cet article va taper les 15 pages).

J’avoue que sur le coup, j’étais déjà bien détendue (on venait de visiter une cave, j’étais donc LOIN d’en être à mon premier verre 😀 ) et que j’avais répondu en disant que j’allais me pencher dessus – laissant, dans le bordel joyeusement désorganisé qui règne dans ma caboche, la petite Manon légèrement pompette prendre le dessus sur la petite Manon totalement vénère qui était déjà en train de desceller des pavés en vue de relancer un Mai 68 new style.

Etant désormais complètement redescendue de mon merveilleux week-end Beaunois, le naturel a repris le dessus (eh oui, je ne m’enfile pas de verres de jaja au boulot – quoique, je crois que je devrais peut-être commencer – un cubi dans un classeur et on n’en parle plus 🙂 ) et je me suis informée sur ce fait d’actualité scandaleux. J’ai d’abord commencé à m’enflammer contre ces imbéciles de député.e.s qui étaient absent.e.s lors du vote (85 présents pour un total de 577 députés), étant très mécontente que l’on paye ces gens avec nos impôts pour qu’ils finissent par voter des lois qui desservent à peu près tout le monde – sauf leurs intérêts et ceux des grands groupes, avec lesquels le copinage est devenu plus que régulier. J’étais vraiment fâchée. En mode Hulk. En mode « y’en a marre, faisons tout péter ».

Le glyphosate, je sais que c’est tout pourri comme truc. Je m’étais énormément informée sur le sujet et j’avais pondu un article dont je suis très fière, par-là. Ici, ce qui m’a littéralement fait bouillir, c’est que pour une fois, j’avais l’impression que le sujet faisait à peu près consensus. Tout le monde était d’accord pour dire que ce produit, utilisé massivement dans l’agriculture, était mauvais pour la santé et qu’il causait des conséquences dramatiques sur l’environnement. Les gens de mon entourage, dont certain.e.s sont parfois peu sensibilisé.e.s à l’écologie, se sont informé.e.s, ont été lire des trucs et avaient l’air favorables à ce que les choses changent. J’étais soudain pleine d’espoir. Et de voir que nos politiques ont ENCORE reculé m’a fait voir rouge.

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Et puis je me suis calmée. J’ai découvert que tout n’était pas aussi facile que ça en avait l’air. Que des pratiques dans cette affaire pouvaient s’apparenter à de véritables magouilles. J’ai donc décidé de traiter le sujet dans un de mes nouveaux « grands formats du vendredi ». Je vous explique les conclusions que j’ai tiré de tout ça et on en débat ? Vamonos Muchachos e Muchachas !

La technique anti-démocratique du « vote en s’cred »

Pour vous dresser un peu le paysage de ce « Glyphosate Gate », tout a commencé quand j’ai consulté le trombinoscope mis à ligne par le site « Agir pour l’environnement », qui nous donne la possibilité de savoir qui était présent, qui était absent et qui a voté quoi (C’est ici, si ça vous intéresse : https://trombi-glyphosate.agirpourlenvironnement.org/). En bref, qui a voté contre ? Quelques député.e.s du groupe LREM, un peu de gens du MODEM, quelques personnes estampillées Nouvelle Gauche…Et qui a voté pour ? En masse, des députés Les Républicains ou La République en Marche – notamment parce que ce sont les plus nombreux à l’Assemblée (312 pour LREM et 102 pour LR sur 577, c’est bien simple, ça fait presque 3 quarts de l’effectif !). Le truc sur lequel je suis juste restée pantoise, c’est que j’ai vu qu’AUCUN.E député.e Lorrain.e n’était présent.e lors du vote. J’ai eu l’impression qu’on se foutait de ma gueule – en tant que citoyenne. Je me suis dit (et même si je n’ai personnellement pas voté pour la personne élue dans ma circonscription) « à quoi ça sert de vous charger de prendre des décisions et de défendre nos intérêts si vous n’êtes même pas FOUTU.E.S de foutre un pied à l’Assemblée Nationale ? ».

J’avoue avoir songé à interpeller ma députée pour lui dire un peu le fond de ma pensée (ce que je ferais sous une forme plus douce – mais cela dit, je trouve quand même inouï qu’une région entière ne soit pas représentée lors d’un vote si important. Mais où est la démocratie ? Bref) et il semblerait que beaucoup de citoyen.ne.s aient eu la même idée que moi. Certain.e.s député.e.s le disent : ils/elles se sont fait méchamment invectiver par Monsieur et Madame tout le monde via le site de l’Assemblée Nationale. J’y vois un point très positif : les français.e.s ne sont pas content.e.s du tout sur ce coup-là et ils/elles le font savoir. C’est bien, ça veut dire qu’on bouge un peu notre popotin en ces temps troublés.

Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que le rejet de l’amendement glyphosate a eu lieu…En pleine nuit ! C’est donc à environ 2 heures du mat’, dans la nuit du 28 au 29 mai, alors que tout le monde ou presque était en train de faire un gros dodo, que 59 députés sur 85 ont appuyé sur le bouton « contre ». Et il s’avère que beaucoup de député.e.s ont dénoncé un marathon législatif mené par Les Républicains en Marche – et ce, dans le seul but d’épuiser l’opposition.

Primo, le président de l’Assemblée, François de Rugy, étiqueté LREM, aurait aussi décidé d’appliquer, pour le vote de cette loi, « le temps programmé » – règle dénoncée de longue date par tous les représentants des « petits groupes parlementaires ». En gros, plus ton groupe est gros, plus ton temps de parole est élevé…et inversement. LREM et LR peuvent donc monopoliser le temps de parole tranquillou bilou et « faire durer » les débats pour avoir leurs opposant.e.s à l’usure. Et puis deuxio, dans le cadre du vote de ce type de loi, les député.e.s doivent se taper l’équivalent d’un marathon de New York législatif. Ils/elles sont tenus de siéger du lundi au dimanche de 9h30 à 1h du matin sans s’arrêter. Et sur ce coup-là, en l’occurrence, à deux minutes de l’échéance salvatrice, le président a décidé d’une prolongation de séance jusqu’à 2 heures. Ça fait presque 17 heures d’affilée. Même avec des pauses, je trouve ça un peu raide comme rythme. Tous.tes sont bien obligé.e.s de faire des rotations pour dormir, manger, ou peut-être rentrer un peu chez eux pour voir leur famille et forcément, quand t’es un plus petit groupe et que t’es moins à siéger, eh ben c’est moins facile d’organiser des battements !

Dans la très bonne chronique de Guillaume Meurice, disponible dans l’article de Mr Mondialisation, dont le lien est en fin d’article, il y interroge un député LREM, Mostapha Laabid, qui avance que le vote tardif de cet amendement si attendu est « un hasard de l’avancée du texte de loi ». Eh bien moi, je n’en suis pas certaine. Je me trompe peut-être, mais je pense que beaucoup se sont juste fait avoir comme des bleu.e.s ! Qu’on soit bien d’accord là-dessus, les député.e.s peuvent consulter la liste de l’ordre dans lequel les amendements doivent être discutés et votés – celle-ci étant visiblement diffusée sur un écran dans l’Assemblée en temps réel, mais est également disponible sur le site internet de l’institution. Mais là, le cas est un peu particulier. Déjà, la séance – sauf décision du président, est censée se tenir jusqu’à 1h00. Donc quand tu es un être humain, que tu es crevé.e, que tu as la dalle, que tu as envie de dormir ou de voir tes enfants, tu conjectures. Tu te dis « bof, on aura jamais le temps de discuter de ça ce soir, le reste ne vaut pas la peine que je m’épuise, je reviendrai demain, frais.che et dispos.e pour THE vote que tous.tes les français.e.s attendent ».

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François de Rugy quand il a décidé de prolonger la séance à la dernière seconde…

Sauf que ce filou de François de Rugy, BIM !!! A 0h58, il décidé qu’on prolonge, comme ça, à froid. Et forcément, la liste a continué à dérouler et l’amendement a été rejeté. Vous ne trouvez pas que c’est un peu la faire à l’envers aux gens ? Parce que tout le monde critique (en partie à raison, là n’est pas la question), mais perso, je ne me verrais absolument pas aller faire le pied de grue pendant 17 heures sur un fauteuil – à discuter de trucs plus chiants les uns que les autres (parce que certains groupes proposent des amendements de merde à foison juste pour faire chier – ça s’appelle l’obstruction parlementaire), et je crois que je serais furieuse de me faire entuber comme ça. Sur un sujet aussi important et brûlant, il devrait y avoir obligation de présence d’un minimum de députés. Ce n’est pas possible de laisser seulement 15% de nos élus décider de l’avenir de notre pays tout entier. Je crois qu’il serait grand temps de mettre le nez dans le moteur et de me réformer un peu tout ça, pour supprimer de tel procédés – qui sont anti-démocratiques. Mais bon, il faut croire que le gouvernement actuel ne réforme que quand ça l’arrange !

La théorie du complot, le retour

Donc voilà, vous êtes maintenant brieffé.e.s sur la bonne vieille séance discrétos à 2h00 du mat’. L’amendement a été rejeté, tout le monde les lobbys sont contents et vont se faire un petit lunch au Ritz en sabrant le champagne, tout en se mettant une petite tape dans le dos. On aurait pu s’arrêter là, sauf que certains ont trouvé intelligent d’en rajouter une couche.

Selon Stéphane Travert, notre cher Ministre de l’Agriculture, il n’y aurait « pas de controverse scientifique sur le glyphosate ». Ah bon. Sa dangerosité sur l’environnement ne serait pas avérée et une récente étude américaine (visiblement indépendante) a même émis « des doutes sur les effets cancérogènes » de la substance (étude menée sur 20 ans sur des êtres humains directement exposés). Ben en fait, j’avais quand même constaté, après mes recherches pour mon article sur le sujet, que pas mal de rapports qui disent qu’on peut asperger ses céréales du petit-déj’ avec du glyphosate sont LOIN d’être aussi neutres qu’on pourrait le penser, et des révélations ont même mis en lumière que certaines parties de ces études seraient en réalité d’authentiques copier-coller de rapports rédigés directement par des employé.e.s de Bayer. Oui, la corruption va jusque-là…Et je rappelle quand même à la cantonade que la substance a été classée cancérogène probable par l’Organisation Mondiale de la Santé et que de nombreuses études ont effectivement démontré un rapport entre cancer et glyphosate… Je ne dis pas que la récente étude est forcément corrompue, mais il faut arrêter de nous faire croire qu’en réalité, les agriculteur.rice.s aspergent du jus d’arc-en-ciel sur leurs cultures ! Et même si ça n’était pas cancérogène ! Ce truc TUE la biodiversité, qui est en train de crever la gueule ouverte. On est en train de rendre nos sols stériles, de buter les oiseaux et les pollinisateurs en masse. Alors je pose la question, quand est-ce qu’on arrête le massacre ?768px-Logo_Bayer_svg

Un autre partisan du rejet de l’amendement, le député LREM Guillaume Chiche, dit même – toujours à Guillaume Meurice – qu’il est inutile de voter une loi si elle ne sera pas appliquée et suivie. C’est tellement absurde de dire ça que les bras m’en tombent. C’est comme de dire « on ne va pas pénaliser le harcèlement, vu qu’il continuera à y en avoir et qu’on ne pourra pas le punir à chaque fois ». C’est d’un non-sens qui me laisse sans voix.

Certain.e.s pointent aussi du doigt la soi-disant légende urbaine du politique à la solde des lobbys. Sauf que. A l’époque de la diffusion du Cash Investigation sur le lobbying (que je n’ai pas encore eu le plaisir de voir en entier), Elise « Magic » Lucet, mon idole, nous informe que des évènements (tels que des repas) sont très régulièrement organisés par les lobbyistes, et leur objectif est d’y faire venir un maximum de parlementaires (ben voui, si on vous demande un petit service désagréable en vous servant du caviar Béluga et du homard Breton, ça passe quand même tout de suite mieux 🙄 ). Deuzio, dans la même émission, Michel Raison, député LR, se prête au jeu de l’interview (vidéo disponible dans l’article de Monsieur Mondialisation) et annonce d’emblée qu’« Il ne faut pas prendre le lobbying au sens négatif du terme » (là, tu te dis que ça va forcément devenir croustillant 😀 ). Selon lui, toujours, les lobbyistes viennent au Sénat et à l’Assemblée pour « éclairer les députés et les sénateurs » et ce sont à eux/elles de faire le tri. Il reconnaît ensuite – un peu trop volontiers aux yeux de sa collaboratrice, qui commence à stresser – que oui, « certains peuvent nous enfumer ». Et alors cette dernière – superbe – lui demande de venir à l’écart et lui propose, en direct, d’appeler l’ANIA – Association Nationales des Industries Alimentaires, un lobby de l’agro-alimentaire, qui regroupe plus de 10000 entreprises dont Coca-Cola, Danone, Mars, Kellog’s, Nestlé ou Lactalis, pour qu’ils leur disent quoi répondre. On est en pleine hallu.

Pour revenir sur la chronique de Guillaume Meurice, Mostapha Laabid, qui nous avait déjà gratifié d’une jolie perle sur le fait qu’ « on a avait ABSOLUMENT pas prévu de voter ça à 2h00 du matin, attends ! », avoue sans peine qu’il reçoit jusqu’à 100 mails par semaines de la part des lobbys et des industriels. Et que ces derniers ne sont parfois « pas très gentils ». Mais en fait, c’est sûr qu’on se fait des films, hein ! On nous prend tellement pour des truffes que je ne sais plus s’il faut en rire ou en pleurer.

Delphine Batho, ancienne Ministre de l’Ecologie sous Hollande qui s’est fait foutre à la porte pour avoir trop bien fait son travail, a, par exemple, révélé que son amendement (qui prônait une interdiction totale du glyphosate en 2021 – sans exception – contrairement à celui qui a été proposé par le député LREM Matthieu l’Orphelin, qui en prévoyait et qui a été rejeté) avait été révélé à l’Union des industries de la protection des plantes (lobby regroupant les entreprises qui commercialisent en France des produits phytosanitaires, des pesticides, et cetera) bien avant qu’il ne soit public. Y a des fuites par-là M’sieurs Dames !

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Concrètement, que peut-on faire ?

Parce qu’en gros, ça veut dire quoi ce rejet d’amendement ? Ça signifie que l’interdiction du glyphosate pour 2021 ne sera pas inscrite dans la loi – et encore, on parle bien de quelque chose qui aurait été soft, vu que cet amendement prévoyait des dérogations. Quand il s’agit d’écologie et de protection de la biodiversité, même quand on est hyper souple, c’est encore trop demandé… Rien n’indique donc qu’on ne va pas se retrouver à la date fatidique de 2021 et qu’on ne va pas se dire, « ah mais oui, mais en fait, on est pas encore sûrs sûrs que c’est caca pour la planète et ses habitant.e.s, donc on va se dire, aller, à la louche, 2025 pour se donner une réponse ? Vous en pensez quoi mes petits bichons ? ». Il est donc fort possible qu’on tergiverse encore indéfiniment avant de légiférer.

Emmanuel Macron promet que si on trouve une substance alternative au glyphosate d’ici les 3 ans, la substance sera alors immédiatement interdite. Je trouve cette proposition d’un culot incroyable, surtout quand on sait que les solutions existent déjà : jachère, permaculture, élimination des espèces nuisibles par d’autres insectes, vinaigre blanc pour désherber, techniques tirées de l’agroécologie et j’en passe – et deuzio, qui nous dit qu’il va tenir sa promesse ? Si c’est comme pour celle d’autoriser les salariés démissionnaires à toucher les allocations chômages pour lesquelles ils cotisent tout au long de leur carrière, ça m’a l’air d’être plutôt mal barré. Ben oui, n’oublions surtout pas que « ça coûte un pognon de dingue » tout ça, n’est-ce pas ? (Coucou la fin de l’Exit Tax – cadeau aux grandes entreprises, avec son manque à gagner de 6 milliards d’euros ! Coucou la vaisselle de l’Elysée à 400 balles l’assiette et 500000 euros le lot #ironie #colère).

Certain.e.s député.e.s émettent déjà de gros doutes quant à l’interdiction du glyphosate en 2021…Les détracteur.e.s de l’amendement parlaient d’arrêt beaucoup trop brutal pour les agriculteur.rice.s – dans l’impossibilité de s’adapter à un tel changement…Putain les gars, on parle de 3 années entières là, de 1095 FOUTUS JOURS pour s’adapter. Comme l’argumente Fannette Charvier, députée LREM du Doubs, avoir 3 ans pour changer ses pratiques, c’est loin d’être un arrêt brutal. D’autres député.e.s sont par ailleurs absolument convaincu.e.s que la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) n’a pas vraiment envie de changer ses pratiques et que l’amendement a en grande partie été accepté pour éteindre le torchon en cours de combustion avec le monde agricole, lui aussi fort bien doté en lobbys. Je ne jette pas la pierre aux agriculteur.rice.s, qui, pour certain.e.s, font un métier vraiment difficile et ne sont ni accompagné.e.s ni aidé.e.s par le gouvernement et l’Europe – ou alors en tout cas, pas quand il le faudrait. Mais à un moment, on va juste être obligé.e.s de changer. Alors pourquoi systématiquement repousser l’échéance sous de faux prétextes ? Je ne comprends pas cette stratégie du « toujours reculer pour mieux sauter ».

Parce que quoi qu’on en dise, en dessous de cette affaire de glyphosate, il y a un sacré paquet de pognon. Et les industriels ne sont pas vraiment d’accord pour se couper une moins grande part du gâteau, dans ce monde où les profits des entreprises doivent TOUJOURS être revus à la hausse d’une année sur l’autre. Parce que qu’il soit cancérogène ou non, ce qui est sûr, c’est que ce produit et toutes les substances du même spectre sont en train de massacrer la planète et sa biodiversité. On en demande trop à notre beau caillou bleu. L’argent, comme toujours, est bien plus important que notre santé ou que celle du seul endroit vivable de notre système solaire. Que fera-t-on le jour où il ne le sera plus ? Où on arrivera plus à rien faire pousser tellement la terre sera morte ? On se dira « ah ben merde, on aurait dû interdire le glypho il y a des années ! », les aliments cultivés se vendront à prix d’or et qui est-ce qui trinquera au final ? Les pauvres, encore et toujours. Sauf que nous sommes gouvernés par des privilégiés, des élites. Et qu’il devient urgent qu’ils arrêtent de prendre des décisions en snobant le peuple et en servant toujours mieux les intérêts des puissants. Il faut que l’on se batte pour faire changer les choses.revolution-30590_960_720

Vous pouvez, si vous le souhaitez, écrire un mail à votre député.e, via le site de l’assemblée nationale (http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/fiche/OMC_PA720552 – exemple pour ma députée) ou sur les réseaux sociaux si il/elle y est. L’intérêt n’est pas d’insulter (soyez plus intelligent.e.s que ça, s’il vous plait !), mais plutôt de demander pourquoi on en est arrivé.e.s là et surtout pour s’informer sur les recours dont nous disposons en tant que citoyen.ne.s (je pense à des questions du style « que puis-je faire pour agir contre cette loi ? » ou encore « Y-a-t-il des moyens pour que de telles mascarades (les votes en pleine nuit sous le manteau) ne se reproduisent plus ? » – demandez quels sont vos moyens d’action – si on interpelle MASSIVEMENT les député.e.s, il y aura peut-être une réaction, qui ne tente rien n’a rien…). Je songe aussi à contacter Delphine Batho, qui a milité pour l’interdiction totale du glyphosate en 2021. Je vous tiendrais au courant de l’avancée de ce volet un peu plus personnel de ma réflexion sur le sujet.

Je vous informe aussi que j’ai envoyé un email à WeClaim, plateforme permettant de résoudre des litiges en ligne et de mettre en place des « action class » comme aux USA (https://www.weclaim.com/team). Ils ont l’air spécialisés dans les affaires concernant les voyages (annulations de vol et pertes de bagages), mais je tente ma chance. Il y a tellement peu d’informations sur la manière de mettre en place une action de groupe au niveau européen que j’en perds mon latin. C’est un véritable dédale, et pour l’instant c’est la seule solution que j’ai trouvée. Je vous tiendrai au courant des avancées de cet échange. Voici une copie de mon email, si on est plusieurs à leur envoyer la demande, peut-être qu’on aura un retour (je vous donne l’autorisation de faire un copier-coller de cette partie). Je vous laisse juges !

Extrait de mon email: Bonjour, Je vous contacte pour me renseigner sur l’existence d’une class action vis-à-vis des nombreux amendements rejetés par l’assemblée nationale dans le cadre du vote de la loi Agriculture et Alimentation fin Mai en France. Je mesure un immense ras-le-bol autour de moi et je crois qu’une grande partie de la population française est outrée du rejet de certaines propositions, notamment celle de l’interdiction du glyphosate dans 3 ans, ou encore celle de broyer vivants les poussins mâles. Le gouvernement français ne prend pas ses responsabilités, et en plus d’ignorer sciamment les souhaits des français et de passer outre leurs promesses de campagnes, ils continuent à rendre possible l’empoisonnement massif dont la population fait les frais.La biodiversité est en train de s’effondrer, la population des insectes et des oiseaux est en chute libre, les abeilles sont en train de disparaître (les apiculteurs viennent de tirer la sonette d’alarme). L’autorisation de cette substance constitue un crime écologique et un crime contre l’humanité, si on considère son caractère cancérogène, mis en avant par l’Organisation Mondiale de la Santé. Y-a t-il matière à agir et à créer une class action au niveau européen ? Je vous remercie d’avance pour votre retour.

N’hésitez pas à informer vos proches et vos amis du scandale sanitaire et écologique qui est en train de se jouer dans notre pays. Le savoir n’est pas seulement la solution contre l’ignorance et la bêtise, mais c’est aussi un formidable levier pour mieux comprendre les mécanismes du monde actuel, afin que l’on sache se battre et répliquer en cas de coup. Mettre le plus de monde possible au courant, c’est redonner l’envie de se bouger aux gens, pour qu’enfin, le changement tant attendu arrive.

Voici mes sources :

Alors les cocos, qu’avez-vous pensé de ce premier grand format (qui n’est rien d’autre qu’un ancien format classique de chez Manon Woodstock – j’avoue, je me fais un peu de l’autopromo gratos sur ce coup-là 😛 ) ? Quelle est votre réaction à la suite des faits énoncés dans ce papier ? Qu’avez-vous envie de faire pour que ça change ? Des idées ? Un coup de folie ? J’attends vos commentaires comme un fan de Johnny attendrait son rendez-vous pour se faire un tatouage de scorpion raté sur l’avant-bras, je frémis d’impatience !

Je vous souhaite un excellent week-end et vous dis à lundi pour mon billet d’humeur.

Résistance et Combativité !

Manon Woodstock.

5 réflexions au sujet de “Tartufferies autour du glyphosate – Scène 2, Acte 1”

  1. Le pognon passera toujours avant et que bien évidemment la politique n’est que magouilles et compagnie (comment ça j’enfonce une porte ouverte?).
    Je ne suis pas du tout surprise de la tournure de la chose.

    J'aime

    1. Hello Sarah, merci pour ton commentaire 🙂 C’est toujours relativement navrant de s’en rendre compte…Tout est interdépendant et les plus hautes sphères de l’état sont un tel sac de noeuds qu’une chatte y perdrait ses petits…Il est de notre devoir de rester vigilant.e.s, de dénoncer et d’informer, autant que faire se peut. Je te souhaite une belle semaine 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Tu as tout à fait raison. Il fau(drai)t rester vigilant le plus possible.
        Personnellement, j’ai du mal à suivre tout ça. Sûrement parce que j’ai dû mal à voir la logique d’autoriser un produit connu comme néfaste. Ça c’est un dossier qui mériterait une grève suivie de longue durée.
        On nous empoisonne sciemment pour s’enrichir.

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      2. L’essentiel n’est pas de tout suivre, mais de suivre ce que l’on peut, je crois. On a tous.tes nos impératifs, nos occupations, et parfois, c’est juste carrément dur de suivre – surtout dans ce monde de fous ! Après, comme j’en discutais avec La Nébuleuse, il y a un TAS d’autres produits qui posent problèmes et la polémique sur le glyphosate ne doit pas eclipser les autres substances indésirables.
        Sur ces mots très réconfortants 😛 , je te souhaite une très belle journée !

        Aimé par 1 personne

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