Ce matin, j’ai une annonce importante à faire. Désolée pour le côté un chouille « C’est pourquoi je me retire définitivement de la vie politique » #fuckinglionel #hardrockjospin, mais un petit big bang se prépare sur Manon Woodstock. Et je ne vais même pas faire long ce matin ! C’est t’y pas formidable ?

J’ai BEAUCOUP réfléchi ces dernières semaines. Notamment après avoir reçu des emails et des commentaires de mes fans en délire lors de mes vacances à Beaune, en me demandant pourquoi je ne publiais pas l’article bi-hebdomadaire comme promis juré craché. Tout d’abord, je voudrais vous dire que je vous aime bien en fait, et que je ne veux pas que vous me fassiez des dépressions comme ça 😀 Deuzio, je suis heureuse de tous ces « ouh ouh, t’es encore là Manon ? » et de toutes vos suggestions qui arrivent à la pelle. Et le scandale du glyphosate « on va l’interdire, promis, ah et puis finalement non, on arrête tout, Bayer vient de nous faire un gros chèque » ? Et Nicolas Hulot qui a l’air d’avoir bien besoin d’une demie douzaine d’anti-dépresseurs ? QU’EST-CE QUE TU ATTENDS POUR EN FAIRE DES ARTICLES FAIGNASSE ? 🙂 Toutes vos envies de découvertes me vont droit au cœur, parce qu’en fait, ça veut un dire que j’ai atteint un de mes nombreux buts, celui de vous intéresser à l’écologie et à la protection de l’environnement et vous redonner l’envie de mettre un peu le nez dans le moteur. Je suis flattée.

Mais je sais aussi que je ne peux décemment plus tenir à ce rythme – enfin si, je peux, mais si je le fais effectivement, ça voudra dire que je m’inflige ce blog, et ça, ça ne peut tout simplement plus continuer. J’ai traversé une grosse remise en question sur ma capacité à me forcer à faire des choses, à me les infliger – alors même que ce n’est pas fluide pour moi. Avec le blog, je reconnais que j’ai parfois du mal à suivre. Je suis ric rac et j’aimerais parfois pouvoir voir un peu plus large. Pour faire mieux, aussi. Quand j’ai remarqué que vous ne vous étiez même pas rendu compte que j’étais en vacances alors que je l’avais dit dans mon article sur les repas végétariens dans les cantines scolaires, je me suis dit « mais bon sang Manon, atterris, tu vois bien que même tes lecteurs.rices n’arrivent pas à suivre ».

J’en discutais avec Ludo pendant nos congés, qui m’a dit qu’il avait lu un truc ou deux et qu’il trouvait ça vachement bien, très marrant, toussa toussa, mais il a conclu sur un « tu te rends compte ? Deux pavés comme ça par semaine ? C’est trop. C’est trop pour toi, c’est trop pour tout le monde ». Et j’ai réalisé qu’il n’avait pas tort. Que je perdais sûrement du lectorat à cause de ma suractivité. Que je ne m’épuisais peut-être pas dans la bonne direction. Que laisser mes lecteurs.rices respirer pouvait être une excellente chose.

Et puis soyons réalistes, entre mon boulot, mon écriture quotidienne hors-blogo, mon blog (les recherches et l’écriture), le sport et l’activité méga top secrète qui me prend désormais 3 à 4 heures par semaine, je n’ai de temps disponible pour RIEN D’AUTRE. Du coup, impossible de trouver des créneaux pour aller voir ce qui se fait ailleurs sur la blogosphère, pour développer mon réseau professionnel et pour me concentrer sur les alternatives intéressantes disponibles dans ma région. Si je devais rajouter tout ça à ma semaine, je crois que je finirais par imploser en formant un immense champi nucléaire. Soyons honnêtes, ce n’est souhaitable pour personne.

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Et c’est donc au son d’un roulement de tambour très solennel que je vous annonce l’inauguration de deux nouvelles formes de publication sur mon blog :

  • Un billet d’humeur le lundi, en format court, moins de 2 pages Word de mon côté – c’est-à-dire un challenge de l’extrême quand on connait mon débit de mitraillette bloquée en mode rafale – que je pourrais aussi publier sur LinkedIn (c’est un bon compromis, je pourrais donc augmenter ma visibilité sur ce réseau, sans pour autant faire mon « blogging-out » – eh oui, on va éviter de partager mon blog où je dis PLEIN de mal de mon employeur sur un réseau social où je suis connectée avec un tas de collègues plus ou moins fiables – Rien ne me dit qu’un.e Judas ne va aller me balancer aux RH 😛 et j’ai encore besoin de tenir 6 mois !). Cela me permettra plus de spontanéité, de réactivité à l’actu et ça me paraît être un excellent moyen de commencer la semaine.
  • Un « grand format » le vendredi, que j’aurais 4 jours pour écrire au lieu de deux, ce qui va grandement faciliter mes recherches de sources, mais aussi me permettre de relire, de mieux formuler ce que je dis et de gagner en qualité.

Je ne veux pas abandonner ces articles « longs », c’est ma marque de fabrique et ça le restera, mais je crois qu’il est grand temps que je me rende un peu plus « lisible », afin que me suivre ne vire pas au boulot au mi-temps. J’ai aussi envie de titiller ma créativité et de voir si elle peut s’adapter à des formats plus courts. Il faudra que je sache être plus fulgurante, que je fasse des introductions réussies, sans trop m’étaler en cours de route. J’ai hâte, je vais tester d’autres choses, partager d’autres parties de moi avec vous et peut-être provoquer plus d’échanges – qui sont toujours riches par ici.

J’ai aussi décidé de commencer à réfléchir à comment intégrer mon blog dans ma future activité professionnelle et ce qui est sûr, c’est que je vais devoir m’adapter, ne voulant pas passer blogueuse à temps plein (tel un Petit Poucet tyrannique, je sème des indices au compte-gouttes pour vous garder en haleine 😆 ). Je sais qu’il y aura de grosses réorganisations à venir, alors…autant commencer un peu tout de suite à « faire bouger un peu le truc ». Parce qu’en fait, je me connais un peu aussi, et je sais que la routine, moi, je ne la supporte pas bien longtemps. Je le vois bien dans ma vie de salariée fêtant laborieusement ses 5 bougies, dans les 3 boulots que j’ai pratiqués, je me suis systématiquement fait chier à un moment ou à un autre pour cause de routine. C’est le problème principal de la spécialisation au travail : tu sais PARFAITEMENT faire ce que tu fais, tu es un génie de de la lampe dans ton secteur, mais à force de faire toujours la même chose, eh ben tu t’emmerdes carrément. Et le problème dans le monde impitoyable du marché du travail, ce bon vieux Far West qui ferait passer les conflits entre Sue Ellen et JR pour un épisode des Teletubbies, c’est qu’en général, les salarié.e.s qui rivalisent d’ennui avec les rats morts, on s’en tamponne le coquillard. Quand tu es en bas ou au milieu de l’échelle, celles et ceux qui sont tout en haut t’utilisent. Point. Tu n’es pas content.e ? Y en a 10 à la porte qui sont prêt.e.s à se sacrifier pour faire ton boulot de merde à ta place. Et on te le fait subtilement comprendre. C’est le boss qui donne gracieusement un boulot au/à la salarié.e et non plus le/la salariée qui offre sa force de travail au patron. Le capitalisme, ou comment jet laguer la lutte des classes.

Depuis quelques temps, je me comporte un peu comme ça envers moi-même et ça m’a fait réagir. Comme un boss trop gourmand qui voudrait essorer la force de travail de son salarié tel un vieux citron rabougri. Et ça doit cesser. Je dois prendre soin de moi et de ma puissance créative, afin qu’elle ne se perde jamais. Je dois twister un peu tout ça ! Je ne dis pas que ça va fonctionner à chaque coup et que je vais tenir mes engagements comme un coucou Suisse, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que je vais essayer.

Alors les ami.e.s, que pensez-vous de ce changement de format ? Qu’est-ce que ça vous inspire ? [Je vous imagine tous et toutes en train de vous essuyer un goutte de sueur sur le front en vous disant « OUF, ça y est, Manon Woodstock vient d’attendre l’âge de raison » 🙂 ]. J’attends vos réactions tel un asthmatique en pleine crise qui apercevrait soudain un aérosol plein, je suis remplie d’espoir(s) 😛

Je vous dis à vendredi pour le grand format. [ETTTTT…TOP, deux pages pile poil 😀 ]

Fuck le train-train, vive le Flow créatif !

Manon Woodstock.