Hygiène - Beauté - Santé

Le retour au naturel, une nouvelle aliénation pour les femmes ?

[PAS CONTENT PAS CONTENT PAS CONTENT] Au diable les convenances, vous n’aurez ni préambule de 3 pages, ni récit à l’eau de rose de ma vie palpitante pour commencer cet article.

*Ouh la, mais qu’est-ce qui te fout en boule à ce point Manon ? Emmanuel Macron a aimé un de tes articles ? Ludo a encore acheté un paquet de gâteaux suremballés ?*

Nope. Ni l’un, ni l’autre. C’est juste que des personnes ont dit des conneries quelque part, et il me semble qu’il faut que je réagisse sur le sujet. On embraye !

Quelle ne fut pas mon étonnement quand j’ai vu passer, il y a quelques jours sur mon fil Facebook, un article extrait du journal Libération au titre assez accrocheur de « Le retour à la nature, nouvelle soumission des femmes » (http://www.liberation.fr/debats/2018/06/04/le-retour-a-la-nature-nouvelle-soumission-des-femmes_1656562). Je me rappelle avoir haussé un sourcil interrogatif du style « qu’est-ce que c’est encore que ces conneries ? Et en plus, dans un journal de gauche !! Tout fout le camp ma pauvre Micheline ! » et avoir passé mon chemin en me promettant d’y revenir plus tard (essentiellement en vue de me payer les auteur.e.s de l’article, je l’avoue 😛 ).

Et puis je l’ai lu.

Et je suis tombée de ma chaise tellement il était bourré de bêtise, de raccourcis, de jugements et de clichés que je croyais complètement disparus. TOUT y est fichu dans le même sac : traitement contre la ménopause, péridurale, tampons et contraceptifs, et traité en moins de 50 lignes top chrono (alors que chaque sujet mériterait à lui-seul des centaines de bouquins).

Ce papier m’a laissée sur le cul, littéralement. Comment peut-on encore dire des trucs si fermés d’esprit en 2018 ? Parce qu’en plus d’employer un ton paternaliste qui m’a absolument coupé la chique, il retourne le principe de liberté comme un gant en en faisant une contrainte. Ça m’a donné envie de gerber. Et d’aller faire un tour avec vous dans chaque domaine, pour casser ces putains d’idées reçues. On va péter la gueule aux stéréotypes ensemble ?

Les serviettes lavables et la cup : une paire de tracas en moins

L’article fustige visiblement le fait que l’on remette en cause les tampons et serviettes hygiéniques jetables – en cachant à peine son crachat de venin en direction du reportage « Tampon, notre ennemi intime », à coup de « mais attend y a pas eu tant de chocs toxiques que ça ». Il occulte également le fait que ces bouts de coton que l’on s’enfonce allègrement dans le vagin pendant 30 bonnes années à raison de 25-30 jours par an, sont de véritables poubelles chimiques, dans lesquelles on retrouve, entre autres, des traces de dioxine (coucou madame, je vous félicite encore pour votre classement dans le top 10 des substances polluantes les plus dangereuses du monde 🙄 !) , des pesticides et de chlore, utilisé pour le blanchiment. Eh bien non, monsieur et madame, écrivains de ce papier nauséabond, JE N’AI PAS ENVIE QUE CES MERDES SOIENT AU CONTACT DE MON VAGIN. Est-ce que c’est s’alénier que de vouloir arrêter de s’empoisonner ?

Bless You Menstrual Cup Menstruation Rule Period

Et quand bien même, je me sens bien plus libre d’esprit depuis que je suis passée aux serviettes et aux protège-slips lavables (et à la cup quand je fais du sport). Non seulement elles sont bien plus confortables que leur copines jetables (qui – au bout de 3 heures, te donnent l’impression que tu portes de l’emballage cristal pour bouquet de fleur entre tes cuisses et qui finissent immanquablement par puer le ragondin en décomposition), mais surtout elles sont là et elles y restent. Plus de drame quand tu viens de rentrer des courses et que tu poses tes deux cabas remplis à craquer sur le pas de la porte en soufflant comme un bœuf musqué et que « Oh putain, merde, j’ai oublié les tampons ». Demi-tour Jean-Roger, retour chez Carrefour ! Et un après-midi de perdu, un ! Ou alors de règles qui débarquent en mode grande-tante « pique-assiette de mariage » que tu n’avais pas vu depuis des lustres et que tu te serais bien passée de revoir, et que tu n’as AUCUNE protection périodique sur toi – Ou alors que tu tombes en rade en pleine journée (parce que ça se change quand même toutes les 3 heures ces joyeusetés).

Les protections hygiéniques lavables durent bien plus longtemps, il m’arrive de garder une serviette une journée entière sans que je ressente le moindre inconfort, qu’il n’y ait la moindre odeur ni le moindre incident…Alors, j’ai fait mon petit calcul : j’en ai le nombre adéquat pour un cycle entier, une fois à la maison, je la rince pour faire partir le gros du sang, je la balance dans la machine avec le reste des fringues, elle ressort toute propre – prête à être réutilisée et BASTA.

Et puis quand même, vous rendez-vous compte du prix astronomique que l’on dépense à cause de nos règles ? En moyenne 23,500 balles sur toute une vie (protections hygiéniques, fringales pendant les règles (tu sais, celles où tu t’enfiles la moitié de la bouffe présente chez toi et que tu te sens bien sale après 😀 ), sous-vêtements rachetés à cause de fuites, anti-douleurs…). Et c’est pas moi qui le dit, c’est Marie Claire (http://www.marieclaire.fr/,avoir-ses-regles-coute-une-petite-fortune,779525.asp) ! Alors je trouve gonflé qu’on nous jette la pierre parce qu’on essaye de trouver des solutions moins onéreuses au quotidien ! On ne parle pas de 10 balles les gars, là ! Avoir cet argent en plus dans son porte-monnaie, ça participe aussi à avoir une certaine liberté supplémentaire, il ne faut pas le nier ! Je ne parle pas de l’impact écologique, que je traiterais plus bas.

Quoi qu’il en soit, chaque femme devrait pouvoir choisir les protections périodiques qui lui conviennent, celles avec lesquelles elle se sent le mieux et qui lui permettent de vivre ses règles dans les meilleures conditions possibles. Pour moi, c’est cup + serviettes lavables, pour d’autres c’est tampon bio, pour certaines, c’est serviettes jetables pas bio ET C’EST TRES BIEN COMME ça !! Nous ne sommes pas des robots produits en séries, nous sommes toutes différentes, et chacune devrait pouvoir avoir la liberté de choisir ce qui lui convient le mieux sans que l’on vienne systématiquement regarder dans sa culotte pour lui dire qu’elle s’aliène dès qu’elle s’écarte un peu des normes établies.

La grande bouderie des ménopausées

On est reparti pour un jet de venin incontrôlé – cette fois-ci en direction de l’étude « Women’s Heath Initiative », menée aux US en 2002, qui annonçait que le THS (Traitement Hormonal de Substitution) augmenterait, chez certaines femmes, le risque de cancer du sein et de contracter des maladies cardio-vasculaires, alors qu’il était supposé faire le contraire.

Paf, gros mouvement de panique, les ventes du traitement en question ont plongé, et la réaction de nos voisines d’outre-Atlantique, nous a conduit à faire plus ou moins de même en France – la proportion des femmes sous traitement ayant chuté de 2 millions à seulement 600000. L’article prend un ton un poil enflammé, en disant que les hormones contenues dans le traitement français ne seraient pas les mêmes que dans le traitement américain – que l’étude a causé d’irrémédiables dommages, que certaines femmes s’exposent à des risques cardiovasculaires et à de l’ostéoporose inutilement…Ecoute, peut-être ! Moi, je veux bien les croire sur le principe. Si tu me dis que l’hormone n’est pas la même, c’est sûrement le cas…Le traitement contre la ménopause retarderait les maladies de la vieillesse et permettrait aux femmes concernées d’avoir une sexualité épanouie…De plus, je sais que les effets de la ménopause sont bien pénibles au quotidien. C’est une réalité pour pratiquement toutes les femmes.

Mais – parce que je trouve qu’il y a un gros mais – qui dit que toutes les femmes le supportent parfaitement ? Je rappelle que ce sont des hormones et que ce n’est pas hyper anodin comme truc. Il y a un effet indéniable sur le corps, qui peut être bon comme mauvais, et je trouve ça assez insupportable de dénigrer à ce point les femmes qui ne vivent potentiellement pas bien leur traitement. Je le re-martèle, nous ne sommes pas des cyborgs assemblées en usine.

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La femme du futur 😆

Il y a autant d’organismes différents qu’il y a de femmes. Si quelqu’une se retrouve à avoir des effets secondaires maxi-insupportables à cause de traitement et que ça lui gâche encore plus la vie que la ménopause, quel est le problème si elle décide de l’arrêter ou de chercher d’autres solutions ? Et si le traitement est inefficace (j’ai déjà entendu plus d’une fois des femmes ménopausées s’en plaindre…) ? On le prend juste en prévention de l’ostéoporose et des maladies cardiovasculaires ? Je trouve que ça en revient au même que de prescrire la pilule contraceptive pour guérir une acné tenace. Je ne suis pas médecin et je ne me revendique pas experte, mais je crois qu’il existe d’autres manières de lutter contre ces maladies, non ? Tout n’est pas gravé dans la roche, on peut suivre différents chemins !

Si le traitement aide certaines femmes à vivre le passage douloureux et pénible de la ménopause, c’est super et je n’y trouve absolument rien à redire. Mais qu’en est-il pour les autres ? Elles prennent quand même les cachetons « au cas où, sinon ta hanche va se briser comme une brindille, ma vieille ! » ? Mouai. Je ne vois pas en quoi « forcer » les femmes à prendre des pilules tous les jours les libère si elles n’en n’ont pas envie/pas besoin. Là encore, chacune doit pouvoir faire un choix conscient, selon ses croyances, ses limites et son ressenti. C’est ça, la vraie liberté.

Le droit de vivre son accouchement comme on en a envie

Un autre point m’a fait hurler : c’est la référence à la pseudo « mode » de l’accouchement naturel. Ça serait une « remise en cause du progrès technique », une montée de la croyance comme quoi « la nature est bonne, que l’accouchement doit se faire dans la douleur ». Euh…ben non…chacune devrait pouvoir vivre l’accouchement dont elle a envie quoi…Alors qu’on parle de plus en plus de violences obstétricales, de femmes qui ont été traumatisées lors de leurs accouchement avec épisiotomies imposées (j’ai lu des histoire inouïes de nénettes qui sont devenues incontinentes, dont ça a ruiné la vie sexuelle et dont on refuse de reconnaître la douleur), césariennes par surprise et sans anesthésie, sensations de se faire balloter comme un bout de viande, que je trouve que ce genre de discours est dangereux.

Un accouchement, je crois que c’est une sacrée expérience, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Je ne l’ai pas encore vécue, mais je suis persuadée que ça bouleverse absolument tout. Alors pourquoi traiter ça comme si ça n’était qu’un truc à faire à la chaîne et toujours de la même manière ? C’est un peu triste, non ? Je ne jette pas la pierre au personnel médical, je suis sûre qu’il y a plein de gens qui font parfaitement bien leur métier, qui sont passionné.e.s et que les accouchements médicalisés avec péridurale conviennent tout à fait à une majorité de femmes. Mais là encore, l’important n’est-il pas d’avoir la possibilité d’être écoutée et de pouvoir choisir ce qui nous convient le mieux pour vivre ce moment de manière optimale ?

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Je ne suis pas mère et ne m’attarderais donc pas plus sur le sujet, mais j’avoue que tout ce qui touche au corps des femmes m’intéresse. Je me suis passionnée pour le sujet des maisons de naissances, dont il existe une petite dizaine en France et qui choisissent de proposer des accouchements non médicalisés, sans péridurale et avec tout un tas d’autres propositions comme l’accouchement dans l’eau et d’autres méthodes alternatives (le tout accolé à des maternités pour que la future maman puisse être transférée sans attendre en cas de souci éventuel) et…c’est juste super comme truc ! Je crois que si je tombais un jour enceinte, je me tournerais sans hésiter vers ce genre de structure. Et je peux changer d’avis entre temps, rien n’est exclu ! Ce que je sais, c’est que je n’aurais pas envie d’aller dans une maternité où on ne m’écoute pas et où on ne respecte pas mes choix. Je sais qu’on ne fait pas toujours ce qu’on veut et que dans l’urgence, de beaux projets tombent parfois à l’eau, mais si ça se passe bien, autant faire comme on le souhaite !

Et puis qu’on se le dise, la péridurale, c’est pas vraiment un petit ibuprofène 400 passé par intraveineuse – c’est lourd comme truc. J’ai déjà entendu pas mal de copines qui ont été hyper malades parce que surdosées en produit, ou qui ont senti les effets de l’anesthésie encore longtemps après et qui ne l’ont pas hyper bien vécu. La péridurale est une super avancée pour les femmes qui souhaitent accoucher sans douleur et c’est une chance de pouvoir en bénéficier. Mais, nous sommes cependant naturellement constituées pour accoucher sans. On peut le faire. On en est capables, même si la douleur doit dépasser tout ce que je m’imagine (et ma maman, qui a accouché de l’horrible ingrate que je suis avant la piquouse magique, doit à présent me détester cordialement 😛 ). Là encore, il est question de choix. De décider ce qu’on pense être le mieux pour soi, en concertation bienveillante avec les profesionnel.le.s

Mon expérience personnelle de la pilule : une prison dorée

J’ai pris la pilule jusqu’à l’année dernière et depuis mes 15 ans. Et je me suis toujours sentie en prison avec ce mode de contraception. Le fait de devoir prendre un cachet tous les jours, de se mettre une alarme, de « attention à ne pas oublier sinon pouf, c’est un bébé assuré dans 9 mois » qui te poursuit chaque jour…ça s’est traduit par un stress considérable au quotidien, mais aussi par des pilules du lendemain prises en catastrophe, dans des situations de panique pas possibles. La première fois que j’ai évoqué l’idée d’un stérilet il y a 4 ans – notamment à cause de fréquents oublis de pilule, avec une gynéco que je ne citerais pas ici, elle m’a rétorqué que si j’oubliais la pilule, « c’est que je le voulais bien », qu’avec un stérilet, j’aurai des « règles horriblement douloureuses et abondantes » et que de toute façon, si je ne voulais pas d’enfants, je n’avais qu’à « pratiquer l’abstinence ». WHAT THE FUCKING FUCK 🙄 En mode « regarde-moi cette petite conne qui veut baiser, mais qui ne veut pas de gamins ». Ami.e.s du féminisme bonjour. Rien que d’en reparler, j’ai la haine. J’étais sortie de ce rendez-vous avec l’envie de chialer comme une merde, avec l’envie de changer de sexe tellement je trouvais ça dégueulasse qu’on me juge et qu’on se permette de me balancer des saloperies pareilles à la gueule, comme si faire l’amour pour le plaisir, c’était sale et qu’une femme, ça n’était bon qu’à faire des gosses. J’ai eu beaucoup de mal à refaire confiance à un gynéco après ça !! Mais j’ai fini par me tourner vers une sage-femme HYPER bienveillante, qui me prend toujours rapidement et qui DIEU merci, m’a posé un stérilet au cuivre.

Et depuis, je revis. Je ne dis pas que c’est sans inconvénients et j’y reviendrai dans un autre article, mais quel bonheur de ne « plus y penser ». Je me sens totalement libérée. Je ne dis pas que ce mode de contraception peut convenir à tout le monde, mais j’ai été sur le cul en apprenant que je pouvais le garder jusqu’à 7 ans et qu’il était complètement remboursé par la sécu (alors que certaines pilules ne le sont pas toujours, y compris pour les anneaux contraceptifs, que j’ai longtemps utilisés). C’est bien simple, repasser à une contraception sans hormones m’a fait me sentir libre.

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Et en plus de cela, je trouve ça ouf que dans cet article pourri, ils ne disent pas UN MOT sur les effets secondaires de la pilule contraceptive. Je ne dis pas que j’ai été défigurée de boutons ou que j’en ai bavé des ronds de chapeau comme certaines femmes, mais ce qui est sûr, c’est que dès que j’ai commencé à la prendre, j’ai grossi, j’ai choppé une cellulite de malade et je m’étais tapée une baisse de libido (heureusement révolue depuis) à faire passer Mireille Matthieu pour un star du hard (bien sûr, « aucun rapport » selon mon gynéco de l’époque – qui, quand je m’étais confiée presqu’en larmes, m’avait répondu que « mais enfin, c’est pas pareil la libido des hommes et des femmes, mademoiselle, je suis sûr que tout va bien » Ha Ha, very funny, je ne m’en serais pas doutée, dis donc ! Encore une grosse marrade gynécologique dont je suis sortie avec une boule au ventre). La pilule, c’est des hormones. Ce n’est pas ANODIN comme truc (et puis c’est fabriqué par Bayer, Merck, Pfizer et j’en passe et des meilleures – autant dire que je ne leur fais pas vraiment confiance…). Et quand on se rappelle le scandale de pilules de 3e et 4e génération, prescrites à tour de bras pour soigner les boutonneuses (WTF n° 23), qui font a priori monter en flèche le risque de problème thrombo-embolique…Je ne comprends pas que les auteur.e.s de cet article ne comprennent pas notre défiance vis-à-vis de trucs qui risquent de foutre notre santé, notre libido et notre moral en l’air. En plus, ça modifie le corps et les perceptions qu’on en a. Si ça va à certaines femmes, tant mieux pour elles – chacune devrait être libre de faire ce qu’il veut, mais moi, je suis bien mieux sans.

« Les méthodes naturelles augmentent les grossesses non-désirées » …Ben gars, il y a l’avortement, non ? C’est encore autorisé dans ce pays, que je sache ? Ah oui mais « ça augmente le nombre d’avortements » et visiblement, c’est vilain pas beau. Mais qu’est-ce que ça peut donc vous foutre ????? Je ne dis nullement que l’avortement est un acte anodin dont on sort en sautillant joyeusement, mais on est quand-même sur une planète dont la surpopulation ne cesse de grimper, donc je trouve ça plutôt responsable de mettre fin à une grossesse qu’on ne désire pas. ET PUIS ON FAIT CE QU’ON VEUT, BORDEL DE CUL !!! Je n’ai jamais compris quel était le problème dans le fait de mettre fin à une grossesse dans les délais légaux. Si on ne veut pas d’enfant, on ne veut pas d’enfant, et basta. C’est quoi le but ? Mettre au monde un gamin auquel on en voudra pour un tas de raisons et en faire à son tour un adulte frustré ? Non merci ! C’est notre utérus et notre choix. Quand on sait à quel point un enfant bouleverse entièrement une vie et le corps d’une femme, il me paraît INDISPENSABLE d’avoir différentes options en la matière. « Oui, mais c’est un être vivant et bla bla bla ». Ah ben ça, pour exterminer des centaines d’animaux et leurs bébés (coucou les petits veaux !) pour bouffer, y a du monde – mais si c’est l’humain « créé par Dieu toussa toussa » on a plus le droit à rien…L’espèce humaine et ses contradictions me font dresser les cheveux sur la tête ! Ces conneries d’un autre âge m’énervent. Avoir des enfants est un droit, ne pas en avoir l’est tout autant. Point. J’y reviendrai aussi, je pense, dans un autre article.

Qu’on se le dise tout de même, cet article n’est absolument pas anti-contraception. L’invention de la pilule contraceptive a été une vraie avancée, une chance pour toutes les femmes. Mais dites, on est en 2018 là, est-ce que ça vous dit qu’on prenne un chouïa de recul sur le truc ? Qu’on prescrit quand même à toutes les femmes en ne leur demandant pratiquement jamais leur avis ? Est-ce qu’il n’y a pas moyen de faire mieux, avec moins d’effets secondaires ? Est-ce qu’on pourrait commencer à laisser aux femmes le libre choix de leur contraception, après leur avoir exposé toutes les options ? Je crois sincèrement que les femmes commencent juste à en avoir ras le clito qu’on ne les écoute pas, qu’on les juge et qu’on leur serine depuis des millénaires ce qui est bon pour leur corps. Alors quand je lis, en somme, qu’on ne mesurerait pas le chemin parcouru par la génération post-soixantehuitarde de la libération sexuelle, « bande de petites connes ingrates », j’ai un peu envie de me fâcher. Un peu de bienveillance ne nous ferait pas de mal, et force est de constater que certain.e.s médecins, sages-femmes/hommes et gynécos en manquent encore cruellement (pas tous.tes, qu’on s’entende bien !).

En conclusion, un aspect écologique outrageusement passé sous silence et un paternalisme inquiétant

Ce qui m’a le plus sciée dans cet article, notamment vis-à-vis de la consommation de pilule contraceptive et des protections hygiéniques, c’est l’absence totale de considération écologique par les auteur.e.s. Le point n’est même pas balayé d’un revers de la main, il n’est pas évoqué, tout simplement. Parce que tout ça a un impact et génère une énorme quantité de déchets non-recyclables. Je crois qu’il faut arrêter d’essayer de le nier sous le prétexte fallacieux d’un retour en arrière.

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Chez moi, il y a un peu des deux : j’ai voulu protéger la planète ET me sentir plus libre. Pour les protections hygiéniques, j’ai voulu juguler mes déchets et pour mon passage de la pilule au stérilet, j’ai souhaité un autre mode de contraception pour mon corps – que les hormones ont mis à rude épreuve et qui me stressait complètement à cause de la prise quotidienne. J’ai fait les choix qui m’ont paru être optimaux pour moi, et quand je regarde en arrière, qu’est-ce que je me sens libre !

L’article évoque aussi le fait que notre retour au naturel serait « exacerbé par les religions et les sociétés, qui nous font vivre dans la peur de la liberté ». Ah. Ah bon. Pourtant, il n’y a pas moins religieuse et peureuse que moi, je suis repassée à plus de naturel et je me sens totalement à l’aise dans ma vie de femme. Je dirais même que je la vis bien mieux qu’avant.

Plus sérieusement, QUAND va-t-on finir par nous lâcher les ovaires ? La liberté, n’est-ce pas justement de décider ce que l’on juge bon pour son corps ? J’y vois encore cette caricature des médecins surpuissants qui croient pouvoir nous dire tout ce qui est bon pour nous – sans qu’on n’ait l’autorisation d’avoir à y redire. Et je trouve que c’est dommage pour les professionnel.le.s qui font passer la bienveillance avant tout et qui respectent les choix de leurs patientes.

J’aimerais juste qu’on arrête de nous répéter en permanence à quel point on se trompe. Et qu’on commence à nous interroger sur nos motivations. Pourquoi faites-vous comme ça plutôt qu’autrement ? Qu’est-ce qui vous a motivé ? Quel est votre bilan ? Plutôt que de crier à la régression et à l’antiféminisme, alors que, dans la plupart des cas, il s’agit bien de liberté et donc du contraire.

Je crois que chaque femme, qu’elle prenne un traitement hormonal ou pas, qu’elle utilise des tampons standards ou une cup, qu’elle accouche sous péridurale ou sans, qu’elle choisisse de poursuivre une grossesse ou non doit être respectée dans ses choix et doit pourvoir prendre toutes les directions qu’elle juge nécessaires pour vivre pleinement sa vie de femme. Tous les tracas auxquels nous faisons face ne sont pas faciles tous les jours et je crois dur comme fer qu’il est urgent que la communauté médicale recommence à écouter ce que nous avons à dire et que l’on remette le respect et la bienveillance au centre de toute prise en charge. Chacune doit être libre de pouvoir faire à sa guise, sans jugement.

Aller, je m’arrête là, voici mes sources, les jeunes :

Bon, ben voilà pour le billet un peu énervé et engagé du jour 😀 Il fallait que ça sorte, j’en avais relativement gros sur la patate ce coup-ci ! Alors, mesdames, qu’en pensez-vous ? Avez-vous des expériences à partager, des points sur lesquels vous souhaiteriez apporter des précisions ? Envie de me dire un petit mot tout doux avant le week-end ? J’attends vos commentaires avec impatience.

Je vous envoie des bisous volants et vous souhaite un agréable week-end ! Et surtout, vivez libres les filles !

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Liberté, Egalité, Sororité !

Manon Woodstock.

17 réflexions au sujet de “Le retour au naturel, une nouvelle aliénation pour les femmes ?”

  1. Cet article était d’autant plus nul qu’il y a en effet un véritable débat à avoir sur ce qu’on entend par « nature » et retour au naturel ! Moi perso y’a des trucs qui me paraissent vraiment aliénants à cet égard, mais pas ceux qui sont cités. Ce qui peut l’être, c’est la sacralisation des solutions naturelles (je vois des femmes qui culpabilisent d’avoir pris des médicament, c’est fou par exemple), c’est l’injonction à utiliser son corps de telle manière et pas d’une autre, c’est le mépris des mères qui n’allaitent « que » quelques mois et craquent ensuite de la part d’un certain milieu maternant (qui produit par ailleurs plein de choses très chouettes). C’est aussi, je trouve, beaucoup de contenus autour du féminin sacré qui flirtent rapidement avec l’essentialisme, il y aurait des valeurs et des émotions féminines et d’autres masculines.. mais en tout cas ce n’est certainement pas le fait de choisir autre chose que la pilule ou se passer des serviettes jetables Always (qui puent en plus) ! Je crois que c’est une réaction paniquée de la vieille garde restée aux positions des années 70-80… j’espère en tout cas. Heureusement les médecins, sage femmes etc de notre âge sont beaucoup à mieux comprendre ces enjeux, croisons les doigts

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    1. Hello, merci beaucoup pour ton commentaire !! MAIS, UN GRAND OUI ! Il y a un énorme débat à avoir sur la question – même vis-à-vis du fait, comme on en discutait la dernière fois, que ce sont souvent les femmes qui se chargent de tout ce qui touche à l’écologie (réduction des déchets, quotidien plus green) dans le foyer (ça me donne d’ailleurs une idée d’article – j’avais lu un truc à ce sujet dans Le Monde, comme quoi l’écologie serait perçue par une majorité de messieurs comme « féminine » 🙄 Moi je crois qu’il faut surtout arrêter avec cette tendance à tout genrer).
      J’ai trouvé que l’article retournait complètement le truc, ne posait pas du tout les bonnes questions, et surtout, désservait complètement la cause écolo – en nous faisant passer pour des pseudo-illuminées qui n’ont rien compris au concept de liberté. Quand on voit tout le travail que nécessite la prise de conscience écologique chez les autres (notamment vis-à-vis des protections hygiéniques et de la montagne de déchets qu’elles génèrent), je me dis qu’ils sont complètement à côté de la plaque. Mais bon, comme tu dis, ce sont surement des ancien.ne.s un peu réac qui refusent de faire évoluer leur mode de pensée. Avec ma sage-femme par exemple, je rencontre bien plus de bienveillance et nous avons un vrai dialogue à chaque rendez-vous ! Tout n’est pas perdu 🙂 Je te souhaite une belle semaine

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  2. Oh ! J’ai adoré le passage sur l’avortement. On sent l’énervement et des dizaines et des dizaines de conversations stériles avec des gens qui y comprennent rien. J’ai aussi ce genre de personnes dans mon entourage.
    Je ne comprends pas non plus pourquoi des gens continuent à en juger d’autres. C’est notre corps on en fait ce qu’on veux, Non mais !!!

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    1. Hello 🙂 Je te remercie pour ton commentaire. Oui, effectivement, je suis un chouïa fâchée. J’en ai tellement marre de devoir me farcir les injonctions des autres sur MON corps. Et je crois que chaque femme en a eu/ en aura ras la foune un jour ou l’autre. J’ai longtemps écouté ce que l’on me disait de faire, et j’ai heureusement fini par me rendre compte que ça me désservait complètement et que je vivais très mal ma féminité à cause de ça. Depuis que j’ai réalisé que j’étais ma propre propriétaire et que c’était moi qui choisissait, j’ai l’impression qu’on m’a enlevé 40kg des épaules. Cela dit, on a encore du taf, même en 2018 !
      Très belle semaine à toi 😉

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  3. Avant toute chose… WHAT THE FUCKING FUCK c’est qui cette gynéco qui te dit de t’abstenir plutôt que de te conseiller une contraception adaptée ??? Je rêve !!! Ca me laisse sur le cul, je n’en reviens pas qu’une telle personne existe et respire sur la même Terre que moi !
    Bon beh comme d’hab je suis bien d’accord avec toi, j’en ai TELLEMENT marre que chacun de nos choix soit jugé et qu’on essaie sans arrêt de nous manipuler. Mais MERDE à la fin ! Quand est-ce que ça s’arrête ??

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    1. Quand on le décide. Perso, j’ai fait le choix d’arrêter de m’infliger tout ça. Je me souviens qu’après cette déconvenue gynécologique, le cheminement était enclenché. Il m’a fallu du temps pour y arriver, mais j’ai décidé qu’aucun.e praticien.ne n’émettrai plus de jugements sur mon corps ou ma seuxalité, sans que je ne lui en fasse la remarque en tout cas. J’ai décidé de m’entourer de profesionnel.le.s aussi bienveillant.e.s que possible et depuis, c’est mieux.
      Des histoires pourries, on en a toutes à raconter. Je crois que si je me retrouvais face à cette gynéco aujourd’hui, je l’accrocherais au porte-manteau avant de me barrer sans payer.
      Une fois que l’on décide d’être libre, coûte que coûte, tout devient fluide. Perso, je ne regrette pas du tout d’avoir cherché pendant longtemps la « perle rare » (j’ai changé 5 fois de gynéco pour trouver quelqu’un de 100% bienveillant)…et puis mon généraliste, s’il a quelque chose à dire, je l’emmerde ! L’essentiel est d’être bien dans ses baskets de femme. Je te souhaite une belle semaine 😀 Des bisous

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      1. « Une fois que l’on décide d’être libre, coûte que coûte, tout devient fluide » j’adore cette phrase et ça fait tout à fait écho à un article que j’ai écrit hier (mais que je publierai en juillet… ^^ ») sur mon rapport à l’épilation ! Un autre sujet je sais mais mon sentiment résumé par ta jolie réflexion est le même 🙂 Bonne semaine à toi aussi !

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      2. Ouh, j’ai hâte de te lire !!!! Depuis que j’ai enclenché toute cette phase de libération de moi-même, je suis beauuuuucoup plus détendue de l’épilateur également 😀 Je trépigne d’impatience !

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  4. Oh punaise, je dis UN GRAND OUI à cet article!!!!! Je me retrouve exactement dans tout ce que tu décris, des gygys malveillants, aux dictats de la société (tu seras sous pilule et avec serviette et basta), à l’accouchement surmédicalisé. Si ça été bon pour nos mères, ce le sera pour nous. Non, non et non. Elles étaient moins informées surtout, la médecine n’avait pas fait autant de progrès que maintenant., on revient au naturel peut être parce que nous sommes allés trop loin dans le médical…..
    Notre corps, notre choix!

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    1. Merci pour ton commentaire Sarah, j’avoue, je me sens un peu moins seule ! Ce que je trouve personnellement le plus inouï, c’est que c’est un peu comme si on nous interdisait de prendre du recul vis-à-vis de protections périodiques et de contraceptifs qui ont été « inventés » depuis belle lurette. A un moment, pour quoi que ce soit dans la vie, c’est quand même bien de regarder un peu dans le rétroviseur, non ? Le plus frustrant finalement, quand tu es face à un.e professionel.le qui n’a pas envie de se remettre en question, c’est le manque d’écoute et le jugement.

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      1. De rien, c’est un sujet qui me fait partir en discussion pendant des heures. Je saoule souvent mon homme avec ça…
        Je nuancerais ton propos: je dirais qu’il n’y a pas manque de jugement mais jugement là où il ne devrait pas en avoir. Mon médecin n’a pas à juger mon choix mais à me donner des conseils techniques pour trouver une solution qui me convienne. C’est pour ça qu’on le paye, pour ses compétences médicales et sa neutralité.

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      2. Oui, c’est ça !! Les professionnel.le.s de santé devraient se contenter de donner leur avis éclairé, leurs conseils (parce qu’après tout, c’est essentiellement pour cela qu’on va les voir) et nous devrions être libres de les suivre ou pas. Ma sage femme le fait très bien et c’est un vrai bonheur d’avoir des discussions avec elle. Mon médecin traitant, c’est un peu moins le cas (mais il est encore plus canon que tous les frères Hemsworth réunis, donc je le garde 😛 ), j’avoue mon horrible superficialité sur ce coup (1m90, blond, yeux bleus, fossette, sourire un peu coquin…je suis pardonnée ?)

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    1. Hello Manon, merci pour ton commentaire et ravie de t’avoir permis de respirer à pleins poumons quelques minutes, dans ce monde où l’air est décidemment encore bien vicié pour les femmes ! Belle journée à toi 🙂

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