Bonjour à vous, ami.e.s de la blogosphère et autres ! Comment allez-vous en ce glorieux 1er mai, heureusement férié pour moi (après une bonne journée bien intense de 10 heures hier, je méritais bien ça, cela dit !), mais travaillé par certain.e.s malheureux.ses et bientôt par tous.tes – si j’en crois les pistes étudiées par notre cher gouvernement – bah voui, c’est tellement mieux de sucrer des jours fériés à la populasse plutôt que de taxer les portefeuilles d’actions des copains…Quand est-ce que la question de la suppression de tous les avantages des salariés – avec et je le constate avec une véritable stupeur, une forme d’assentiment de ces derniers – est-elle devenue à ce point centrale ? Ne devrait-on pas avoir l’ambition de tendre vers des conditions de travail toujours meilleures ? C’est terrible, c’est mardi et je suis déjà dépitée. La faute à quelques mauvaises nouvelles actuelles (affaire de Pampelune, péripéties gouvernementales, plastique dans les calottes polaires et j’en passe) et à des polémiques constantes, qui m’épuisent littéralement et dont je me passerais bien. J’ai songé à partir vivre dans une grotte pendant quelques jours, loin de toute forme d’humanité – et puis, je me suis re-concentrée sur ce qui était chouette dans ma vie – à faire passer toute cette crasse pour un paquet de broutilles n’ayant pas la moindre importance.

Déjà, il FAUT que je dise quelques mots sur le film absolument génial que j’ai vu dimanche soir. Fantastic Mr. Fox. Mais QUELLE dinguerie ce dessin-animé ! Le genre d’ovni cinématographique que j’ai aimé d’amour au bout de 35 secondes de diffusion. C’était loufoque, barré à souhait, d’un humour diaboliquement acide, complètement à contre-courant de ce qui se fait en matière de films d’animation…et…Wes Anderson, quoi. Ce génie. J’avais déjà adoré The Grand Budapest Hotel, mais là on touche le firmament. Cette géométrie maladive dans tous les plans, cette manière de ne déplacer la caméra que de manière horizontale et verticale, ce travail sur les visages…Visuellement, c’était beau. Auditivement (ça se dit ?? Aller, on décide que oui !), c’était super. J’ai savouré ce dessin-animé pour petits et grands (à partir de 6 ans, je pense qu’on est bons) comme un bonbon dont le goût nous méduse et qu’on espère faire durer le plus longtemps possible. Pendant 1 heure et 28 minutes, une seule question est restée bien ancrée dans ma tête : mais comment ais-je bien pu passer à côté de ce CHEF-D’ŒUVRE ? Je vous conseille x1000, même si Ludo n’a pas aimé 😛 Mais comme c’est un papy ronchon, ça ne compte pas !

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Petit article tout doux ce matin – parce que je me doute un peu que vous avez autre chose à faire que de vous ruer sur Manon Woodstock un 1er mai et parce que j’ai envie de faire calme. Essayer de refroidir cette épuisante lave bouillonnante de colère qui me traverse en ce moment, et tenter de l’éteindre à coup de couverture ignifugée me demande beaucoup d’énergie. Et je n’ai plus envie de tirer sur la corde. Je commence à croire que ça fait plaisir à certaines personnes – sauf que je sais prendre soin de moi et que j’ai la chance de parvenir à prendre du recul. Aujourd’hui, j’ai donc envie de dire quelques mots sur le temps et sur l’importance de l’auto-écoute. En particulier de ce que nous demandent nos projets de vie. En avant Guingamp, je me lance !

Je crois que l’on se monte tous incroyablement le bourrichon à propos du temps et de “ce qu’il faut faire” dans la vie. L’être humain, je trouve, est globalement obsédé par le fait que chaque action, chaque évènement doit prendre « tant de temps ». On doit se marier au bout de tant d’années de couple, tenir tant d’années dans un boulot, faire un enfant après x années de mariage, laisser passer tant d’années entre deux gamins, lancer un projet d’entreprise après tant de mois de préparation, attendre un nombre approprié de mois pour aimer de nouveau après une séparation, mettre y années pour se remettre d’un deuil…Et je pourrais juste continuer comme ça des heures ! Nous essayons, tant bien que mal, de standardiser au maximum ce qui ne peut pas l’être. Plus le temps passe, plus je trouve cette volonté de tout contrôler complètement idiote. Et puis, je me rappelle que j’étais comme ça aussi, avant.

Pendant très longtemps, je me suis interdite de penser à devenir auto-entrepreneuse. Parce qu’attends, avant 30 ans, c’est bien trop tôt ! T’es même pas sèche derrière les oreilles ma grande !! Va falloir me rouler cette bosse (ah ah parallèle intéressant 😀 Sors de ce corps, Lacan !!) pendant quelques temps encore !! Monter sa boîte avant 40 ans c’est juste no way ! Jusqu’à ce que je réalise que c’était complètement con de penser comme ça. Que je me conformais exactement par avance à ce que je prévoyais que les autres allaient me balancer en pleine tronche. Je validais leur futur jugement en somme (tordue, moi ? Pas du tout 🙂 ). Parce que finalement, c’est quoi le problème de vouloir monter sa boîte à 15 ans comme à 70 ? Quand on le sent, on le sent, non ? Idem, où est le souci de faire un enfant à 20 ans comme à 40 ? De ne jamais se marier ? De ne pas devenir propriétaire ou de s’endetter sur 25 ans à 20 ans ? A chaque situation son risque – domaine dans lequel le zéro n’existe pas. La vie en elle-même est un gigantesque risque. Comme je le dis régulièrement aux personnes qui font comme si elles étaient immortelles, « qui vous dit que vous n’allez pas trébucher dans les escaliers dans 5 minutes et vous faire le coup du lapin ? ». Je sais que ça peut paraître un peu dépressif et catastrophiste sur les bords genre « C’est horrible Ginette, on va tous mûûûûriiirrrr ». Mais, en fait…n’est-ce pas le cas ? C’est ce qui est à la fois merveilleux et terrible dans cette vie de fou : TOUT EST POSSIBLE. Et malgré ce caractère totalement incertain de l’existence, on se met tellement de barrières, que parfois, ça en devient tout bonnement invraisemblable. Et la clef, là-dedans, c’est que je crois qu’on ne s’écoute pas.

L’année dernière, j’ai été une des dernières à pouvoir bénéficier d’un coaching individuel de la part de Lyvia Cairo, quand elle sévissait encore sous le nom tout à fait seyant de « Lyvia Débloque ». Je crois que je ne lui dirais jamais assez merci. Cette femme m’a pratiquement sauvée. Parce que malgré le fait que, pendant un moment, je n’ai plus du tout été alignée avec son discours (parfois à la limite du désaccord total), elle m’a quand même foutu un sacré coup pied au cul. Et dieu sait que j’en avais besoin. Au début, la transformation a été difficile. Comme une chenille qui sue sang et eau pour faire péter sa chrysalide et devenir papillon. Mais le problème principal que j’ai eu avec Lyvia, c’est qu’à un moment – je n’arrive pas encore à déterminer lequel – elle m’a brusquée et je me suis braquée. A l’époque, elle m’avait conseillé de quitter mon job tout de suite et d’en chercher un qui était supposé mieux me convenir, en attendant de me lancer – quelques années plus tard. Sauf que tout ça, ça n’était pas fluide. Ça allait bien trop vite pour moi et c’est ce que je lui ai longtemps reproché : j’ai trouvé que, parfois, elle avait du mal à comprendre que tout le monde ne fonctionne pas comme elle, ni au même rythme. C’est tout juste si à certains moments, je n’ai pas eu la sensation qu’elle me trouvait « boring » comme meuf…et j’ai trouvé ça dingue qu’en tant que professionnelle, elle ne fasse pas un minimum d’efforts pour s’adapter à moi, sa cliente. J’ai compris plus tard que j’étais tombée dans une espèce de gigantesque période de transition dans sa vie, mais aussi dans son business et que ça a certainement joué. J’ai tiré un trait depuis, je ne lui en veux plus et j’aurais même volontiers à nouveau recours à ses services.

Tout ça pour dire quoi ? Ne pas s’autoriser des choses parce que l’on croit qu’on va trop vite est probable, mais l’inverse l’est tout autant. Je me suis longtemps interdite de penser à l’entrepreneuriat parce que je croyais que ça n’était pas le bon moment. Alors qu’en fait…pas du tout. J’avais simplement besoin de temps pour me faire à l’idée et pour que de l’eau coule sous les ponts. J’ai commencé à m’écouter et j’avais besoin de temps pour réussir à m’entendre clairement. Changer de travail n’était pas et n’a jamais été la solution. En tout cas, ça l’était peut-être à l’époque, mais plus maintenant. Et vous savez quoi ? Je suis persuadée que j’aurais commis une grosse erreur en écoutant ce conseil. Je suis faite pour être entrepreneuse. C’est dans mes tripes. Je crois que, pour les gens qui me connaissent réellement, c’est d’une évidence criante. Et ce qui est merveilleux, c’est que je sens que le moment fatidique approche. Je ne dis pas que ça va forcément marcher du tonnerre tout de suite et que le chemin ne sera pas difficile, mais si vous saviez comme j’ai follement aimé l’année qui vient de s’écouler – malgré tous les moments merdiques et de doute que j’ai traversé – je n’ai pas eu peur une seule seconde. Et puis, soyons réalistes, étant la personnification humaine d’une balle rebondissante, si je me plante…uno, je pourrais dire que j’ai essayé et deuzio, on repartira pour d’autres aventures tout aussi excitantes.

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Je suis sûre que si je m’étais lancée sans filet il y a un an, ça aurait été une pure catastrophe. Je me serais vautrée comme une merde. Certes, je crois que j’aurais beaucoup appris, mais mon estime personnelle et ma confiance en moi en auraient pris un méchant coup derrière la cravate. Ce n’est pas ce que je souhaite. Si j’avais tout quitté pour monter ma boîte l’an dernier, je n’aurais tout simplement pas pris la bonne sortie d’autoroute. Lyvia était persuadée que la clef était dans l’action immédiate, dans le fait de suivre son instinct. Certaines personnes sont comme ça et c’est fantastique. Mais pas moi. Non seulement j’ai besoin de laisser couler un peu pour ancrer les choses en moi, mais j’ai aussi trop souvent pris des décisions sans m’écouter réellement et ça m’a systématiquement desservie.

Avant d’y aller, j’avais besoin de changer – en profondeur. De passer intégralement au karcher ce vieux tacot poussiéreux qu’étais Manon Woodstock 1.0, pour découvrir qu’en dessous, il y avait une décapotable avec toit ouvrant – qui auto-bridait son moteur depuis des années. Le nettoyage est presque terminé, je sais – non, je sens – que j’arrive au bout. Je suis toujours sur l’autoroute du salariat – aussi longue et ennuyeuse que l’A7 embouteillée en plein mois d’Août – mais mon GPS interne m’annonce « Sortie Imminente » de sa plus belle voix de robot. Et je suis toute excitée, comme une gamine qui verrait le panneau « Disneyland – 3 Km » pour la première fois et qui en ferait des bons sur son siège. Les petites routes, ça sera plus long, ça sera dur, je vais parfois me tromper de chemin et devoir faire demi-tour, mais j’y vais en tendant les bras en avant. Je sais que je vais en chier, mais aussi que je vais kiffer. Et ça me remplit d’une joie…si vous saviez…une véritable sado-maso 😛

Toutes ces belles paroles un peu décousues pour dire quoi ? Eh bien pour vous démontrer que je suis convaincue d’une chose : si vous voulez une vie heureuse, à votre image, n’écoutez personne d’autre que vous-même. Les conseils, c’est bien, mais uniquement quand vous avez défini un cap profond, qui est en accord avec ce qu’il y a tout au fond de vous. Et même à ce moment, il faudra en prendre et en laisser, comme je l’ai fait lors de mon expérience avec Lyvia Cairo.

Après, j’ai tout-à-fait conscience que savoir ce que l’on veut peut paradoxalement s’avérer être un vrai casse-tête. On ne sait pas par où commencer, on a l’impression qu’on y arrivera jamais…et on abandonne. On regarde le voisin ou la voisine qui a l’air (je précise, car on reste dans les apparences) de s’en sortir à peu près et on se dit « ah tiens, et si je faisais comme ça moi aussi ? ». Et on est malheureux.se comme les pierres. Parce qu’on a vraiment du mal à imprimer que les autres, ce n’est pas nous. Chacun.e a un rythme, des aspirations et des envies totalement uniques. Et c’est de notre devoir de les écouter.

Je ne dis pas que se connaître et s’écouter soi-même est évident. Loin de là. Il m’a personnellement fallu presque un an pour me reconnecter à moi-même – et encore, je suis quelqu’un qui a plutôt tendance à écraser l’accélérateur des deux pieds. Mais que dire, mis-à-part que l’investissement en vaut largement la chandelle ?

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L’écriture joue beaucoup dans l’auto-apprivoisement. Au début, je vous rassure, on n’a absolument rien à dire. Si d’aventure je me mettais à relire ce que j’écrivais sur les premières pages de mon carnet numéro un, je crois que je me mettrais à brûler par auto-combustion. Mais j’ai creusé, creusé et encore creusé jusqu’à trouver le rythme qui me convient et que je maîtrise parfaitement au jour d’aujourd’hui. Coucher tout ce que vous avez en vous sur du papier n’a l’air de rien, mais ça a une force absolument incroyable. Je ne sais pas comment vous expliquer exactement le processus, mais en gros, quand quelque chose est écrit, couché sur du papier, C’EST DIT. Ce n’est plus là à tournoyer comme un oiseau fou qui n’arrive pas à trouver la sortie de la cage qu’est votre caboche. Du coup, on ressasse 1000 fois moins. Quelque chose m’emmerde, hop, je le note. Une autre me remplit de bonheur ? Je l’écris de suite. Et petit-à-petit, l’oiseau fait son nid j’avance. C’est comme quand vous commencez une course. Vous ne sprintez pas d’entrée de jeu, sinon vous vous cramez, non ? Avec l’écriture, c’est pareil. Vous commencez en petite foulée, puis vous y allez par paliers tout doucement. Après quelques mois à ce régime, non seulement vous savez parfaitement ce que vous ne voulez pas, mais vous pouvez commencer à entrevoir ce que vous voulez vraiment. Sur une feuille, tout devient clair.

Savoir ce que vous voulez profondément vous permet de faire de meilleurs choix, d’être bien plus bienveillant.e avec vous-mêmes et de vous connecter avec une forme de liberté qui dépasse tous les bonheurs que j’ai déjà vecu dans cette vie. Alors, allez-vous commencer à y réfléchir ?

Voilà pour la moyenne (petite serait un affreux mensonge 😉 ) pensée du jour, un peu coq à l’âne, mais c’est ce qui m’est venu ce matin. Qu’en pensez-vous ? Appliquez-vous d’autres principes pour vous reconnecter avec vos envies ? Besoin de m’infliger une nouvelle polémique (je suis cool, je vous laisse choisir le sujet 😆 ) ? Je vous attends à bras ouverts.

Je vous souhaite une merveilleuse journée.

Paix intérieure et stylo bic.

Manon Woodstock.