Le coin des inclassables

Être angoissé.e (et survivre à ce monde de brutes)

L’article que je partage avec vous aujourd’hui a une histoire un peu particulière. Maintenant qu’on peut vraisemblablement dire qu’on se connait, vous savez que j’ai une routine bien huilée vis-à-vis de la publication de mes posts : 1 le mardi et 1 le vendredi, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il tombe les cendres de l’apocalypse. Sauf que là, zut (flute, parachute, comme disait mon enseignante de grande section de maternelle, et qui me semblait être le comble du Thug de l’insulte à l’époque 😀 ), week-end de 4 jours ! Alors comment qu’c’est t’y qu’on fait ma bonne dame ? Et si je bossais lundi, au lieu d’imprimer ma silhouette de sylphide pâté lorrain dans mon canapé ? Non, non et non. C’est l’avantage d’avoir un peu évolué, je sais quand je dois m’écouter et quand je dois me dire de la fermer. Lundi, j’avais envie de terminer mon puzzle de 1500 pièces (*fierté*) et de passer l’après-midi à tourner des petits bouts de carton dans tous le sens. Fin de l’histoire.

Et puis elle est arrivée, sournoise – prête à me tacler dans la surface.

Je parle de cette sensation désagréable au niveau du diaphragme. Ce sentiment d’avoir un poids énorme sur la poitrine. MAISCOMMENTJEVAISFAIREPOURECRIREUNARTICLEENUNESEULEJOURNEE ???? Et si tout le monde s’arrête de m’aimer parce que je n’ai pas publié le mardi ? Et si je suis condamnée à mort par combustion spontanée par la brigade répressive de la blogosphère pour non-tenue de mes engagements ?? #exagération #endoftheworld.

J’ai donc réfléchi à ce que je pouvais publier « rapidos » dans mon train de mardi matin, et de moment de panique en moment de panique, une idée lumineuse m’est venue. Et si je parlais un peu de mon quotidien d’angoissée chronique ? 10 fois oui, Manon (oui, je me parle à moi-même et non, je ne me soigne pas – mais merci de vous en inquiéter 😉 ) !! Par contre, je ne pouvais raisonnablement pas écrire un article aussi important en une seule journée. Il fallait que je prenne le temps. Tout ça pour vous dire que j’ai publié mercredi au lieu de mardi et que oh ! ça alors, la terre continue de tourner !! (*est navrée par autant d’auto-psychorigidité* 🙄 ).

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L’angoisse ne me quitte pratiquement jamais, elle fait partie intégrante de ma vie.

J’angoisse à cause de mon blog, j’angoisse à cause de mon travail, j’angoisse parce que c’est dimanche soir, j’angoisse à cause de mon couple, de mes amis, de mes rendez-vous chez le dentiste, de ce que je vais manger à midi, ABSOLUMENT TOUT est facteur de stress pour moi.

Je suis sujette à l’anxiété chronique depuis que je suis toute gamine. Je n’arrive pas à me souvenir d’une seule époque où je n’ai pas ressenti ce sentiment. Petite, je ne supportais pas de dormir dans le noir, ça me paniquait complètement. Mon petit globe terrestre lumineux était le phare de mes nuits (et de ma vie ! Je me souviens avec émotion que je le faisais tourner au moins deux fois par semaine en frappant un pays au hasard de mon petit doigt courageux, en mode « c’est là que j’habiterai quand je serai grande » – Vous voyez, la pub de la Française des Jeux n’est qu’un odieux plagiat de Manon Woodstock à 5 ans 😆 ) et à peu près tout me rendait malade d’angoisse : les contrôles, les notes, les exposés, lire devant une classe entière, quitter ma maison, ou même un simple rendez-vous chez le docteur.

Plus j’analyse, plus j’ai l’impression que tout est lié à ma sensibilité. J’y reviendrai en détail dans un autre article, dans quelques temps. Mais rapidement et en deux-trois mots, j’ai toujours eu le sentiment que j’étais différente des autres. Pas au sens égocentrique de la chose, genre « je suis trop un flocon de neige unique dans l’immensité blanche tu vois 😀 », mais plus au sens que, depuis que je suis venue au monde, j’ai la sensation de ressentir les évènements de manière complètement autre par rapport à la plupart des gens. Comme si chaque chose qui m’arrivait me demandait 2 fois plus d’effort émotionnel qu’à un être humain lambda. Je suis hyper sensible et ne vous y trompez pas : ça m’aide énormément dans ma vie de tous les jours : j’ai une très bonne écoute de l’autre, je ressens énormément les non-dits, je suis d’une grande empathie…Mais il y a le revers de la médaille, le prix à payer : une angoisse permanente qui m’étreint le cœur.

J’ai commencé à vouloir que ça change aux alentours de mes 19 ans, il y a fort fort longtemps, « quand j’étais jeune » 🙂 – notamment quand je me suis réveillée un matin le cœur tétanisé à l’idée de devoir honorer mon rendez-vous chez le podologue, situé à 50 mètres de mon chez-moi de l’époque. J’avais subitement réalisé que ça ne pourrait pas continuer des années, qu’il allait falloir que je mette des choses en place pour freiner ce blocage systématique, ou tout du moins le rendre productif.

J’ai pris des anxiolytiques légers (qui n’ont aucune action sur le cerveau), pendant une très courte période de ma vie, parce que je croyais que c’était la solution. Je n’ai jamais pu prendre des trucs trop forts (et heureusement d’ailleurs) parce que je ne supporte pas les molécules. Mon dernier demi-Xanax m’ayant valu un bad trip absolument hallucinant – à faire passer Las Vegas Parano pour un épisode de Pat’Patrouille, j’ai décrété qu’il valait mieux que j’en reste là avec les psychotropes. On reste bons amis, on se salue quand on se croise dans la rue et voilà 😛 La clef de voute de cette prise de médicaments, c’est que j’ai cru un temps qu’il fallait que j’arrête de « m’infliger » mes angoisses, avant de réaliser que je faisais carrément fausse route. J’avais la sensation de me les infliger parce que c’est ce que je lisais dans le regard des autres.

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Manon Woodstock sous Alprazolam

Parce qu’il faut dire ce qui est, tu as toujours des connards.sses qui savent tout mieux que tout le monde qui te disent « Meuh, c’est dans la tête tout ça, il suffit de ne plus y penser » (j’ai en général envie de massacrer ce genre de personnes à coups de hache), « c’est pas normal, tu es vraiment spécial.e » ou alors « ça c’est parce que tu es un.e faible ». Ces personnes, pas toujours bien intentionnées ou très ouvertes d’esprit, font, à mon sens, quelque chose de très grave et dévastateur pour les « différent.e.s » dont je fais partie : elles se considèrent comme la norme. Une norme que tout le monde devrait suivre, aussi simple à déchiffrer qu’une notice qui expliquerait comment monter une étagère Billy de chez Ikéa. En faisant ça, elles nous rejettent. Je me suis longtemps voilé la face vis-à-vis de ces gens qui minimisaient ma propension à angoisser, réduisant cela à une espèce d’interrupteur sur lequel j’aurais une prise, en me disant qu’ils.elles étaient simplement terre-à-terre et qu’ils.elles se montaient moins le bourrichon que moi. J’ai ouvert les yeux. J’ai réalisé que j’étais entourée de beaucoup d’individus intolérants, très centré.es sur eux/elles-mêmes, souvent malheureux et projetant leurs propres angoisses existentielles sur moi (vous vous rendez compte !! Trop d’angoisse pour le petit canard boiteux que je suis !! 😆 ). Ils/elles niaient purement et simplement une de mes composantes en tant qu’être humain. Je me suis pris en pleine poire tout leur manque de bienveillance et leur non-ouverture à l’autre. Cela a été une prise de conscience difficile mais salutaire. Pour quelle raison ? Parce que ça a participé au long cheminement de mon auto-acceptation.

Pourquoi est-ce que j’ai passé une certaine période à m’abrutir de cachets ? Pour être ce que je croyais en adéquation avec le « comme tout le monde ». Pour me conformer à la vision que les autres avaient de moi. Pour que les gens me considèrent comme un être humain normal. Qui ne ressent rien, qui fait son 9 à 5 sans moufeter, qui mange ravioli le mardi, qui baise un mercredi sur deux et qui regarde le JT tous les soirs à 20 heures sur TF1. Robot, vous avez dit ? 😉 Même Wall-E est plus intéressant, n’est-ce pas ? Mais je me suis conformée, encore et encore. Sauf que l’année dernière à la même période, j’ai réalisé que cette image me donnait juste envie de me mettre deux doigts bien profond dans la gorge. La norme me fait tellement chier.

Non, je ne suis pas « normale », pour la simple et bonne question que la normalité est une vue de l’esprit que l’on a créée pour se rassurer. L’humanité est un foutoir sans nom. Dites-vous bien que sur ce joyeux caillou qu’est la planète terre, nous sommes 7,5 milliards de personnes complètement différentes les unes des autres. C’est LE CIRQUE. Et j’en suis arrivée à la conclusion que je suis légitime, dans mon entièreté. Tout être humain qui a envie de se sentir légitime a le droit de l’être (sans blesser les autres, bien entendu). Je ne suis pas normale tout simplement parce que je crois que j’ai le droit légitime d’être moi, et cela inclue le fait de m’accepter et mon refus de rentrer dans les cases dans lesquelles on veut bien m’autoriser à entrer.

J’ai alors commencé un long travail de ré-apprivoisement de mon angoisse chronique, en la considérant non plus comme une intrue, mais plutôt comme une pièce du puzzle (vous voyez, tout se rejoint !). J’ai établi tout un tas de stratégies pour la rendre vivable au quotidien :

  • Je médite, plusieurs fois par semaine. Le fait de me poser, de ne « rien faire », de « sortir de mon corps » en fin de compte, me fait énormément de bien et m’apaise. J’en ai déjà pas mal parlé par ici, pour celles et ceux que ça intéresse.

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  • Une partie de mon angoisse est, d’une certaine manière, liée à ma confiance en moi. J’y travaille chaque jour et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça va déjà mieux. Le blog a beaucoup aidé, parce qu’à cause de lui, je suis obligée de m’exposer au regard des autres. J’essaie aussi, de plus en plus, de prendre « mes » décisions, sans tenir compte de l’avis des autres. Je change ma vie point par point de sorte à en devenir la seule et unique maîtresse.
  • L’étrange concept de l’angoisse productive : avec les années, je suis devenue une véritable experte. Je sais d’emblée si l’angoisse que je ressens est positive ou négative. En somme, si je suis excitée par un évènement ou si clairement, je ne le sens pas d’un sou. Si j’ai des papillons dans le ventre et que je suis excitée, c’est TOP. Si j’ai l’impression d’avoir l’équivalent d’une enclume sur le plexus solaire et que « je ne le sens pas », c’est la loose. Je me sers de mon angoisse comme d’un baromètre.
  • La sur-activité : j’en fais 10 fois trop, tout le temps. Pour vous donner un exemple concret, jeudi dernier, je m’étais concocté un programme tellement chargé que j’aurais pu faire passer Wonder Woman pour une chômeuse avachie sur son canapé, une canette de bière éventée dans la main droite et la zapette dans la main gauche 😆 (rhoooo le bon vieux cliché de droite – Ahhh, je sais, je fais exprès ! Sarcasme les gars, sarcasme !). En une journée, j’ai enquillé mes 8 heures de taf – plutôt chargées en l’occurrence, écrit mon article sur l’huile de coco pour publication le lendemain, fait une mystérieuse activité pendant une bonne heure et demi (Nannn, je vous le dirais pas EUUUHH ! Je précise juste que ça a un rapport avec ma future activité entrepreneuriale 😉 Vous ne m’arracherez rien de plus !), j’ai été chercher mon passeport à la mairie, j’ai enchaîné sur une heure de kiné, j’ai sauté dans une robe et j’ai filé au restaurant avec des amis, réservé le midi même – il faut le noter. Que dire mis-à-part qu’il y a seulement quelques temps, ça m’aurait juste pris des mois de faire tout ça ! Manon Woodstock 2.0 fait tout ça en 12 heures top chrono. Alors oui, certains soirs, quand je me pose enfin après des journées comme ça, la première chose que je me dis, c’est que je suis complètement cinglée de m’en imposer autant. Mais en fait, pas tant que ça. Parce que quand je suis sur-occupée, je n’ai juste pas le temps d’angoisser pour la simple et bonne raison que ça ne rentre pas dans mon planning ! La preuve en est que, quand j’ai dû rester un mois entier à la maison pour soigner mon pauvre petit pied lâchement blessé par une vilaine marche de gare luxembourgeoise qui a disparu d’un coup (NON, JE NE REGARDAIS PAS MON PORTABLE EN DESCENDANT LES ESCALIERS 😛 ), j’ai angoissé comme je n’avais angoissé depuis des années. Le fait d’être très active a un effet apaisant.
  • J’essaie de relativiser : quand je suis vraiment très mal – parce qu’en train de vivre une journée très difficile, je me dis que la journée en question aura forcément une fin. Point de mythe de Sisyphe. Une nouvelle lune pointera dans le ciel et nous verrons un nouveau lever de soleil demain matin. La terre continue de tourner, ma grande. Tu n’es qu’un tout petit grain de poussière dans l’immensité de l’univers, alors quoi qu’il se passe pour toi, ça va aller. Je ne dis pas que j’y arrive à chaque fois – et ce conseil m’est d’ailleurs aussi régulièrement donné par des personnes qui ne comprennent pas les angoissé.es chroniques – mais ça marche environ une fois sur 3.
  • Je me change les idées en faisant, au choix, des activités qui demandent une très grande focalisation ou, au contraire, qui n’en demandent aucune. Je grimpe 2 fois par semaine et ça me permet d’évacuer énormément de pression – et donc d’anxiété potentielle, je vais au cinéma, je fais des origamis, je lis à m’en user les yeux, je fais des activités manuelles (collages, bricolages, peinture, dessin…), des puzzles, je joue à la console de temps à autres. En un mot : je m’évade de mon quotidien à potentiel extrêmement anxiogène. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça va bien ! C’est un peu comme si mon angoisse et moi étions dans la même pièce, mais que l’on se considérait avec une indifférence polie.
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Mon superbe cygne, qui jouait du piano debout !
  • J’ai appris à m’accepter telle que je suis. L’angoisse fait partie de mon moi profond. Il y a peu de temps, une bascule s’est opérée dans ma tête : je me suis imprimé la maxime suivante au burin dans le crâne « je suis comme ça et c’est ok ». Je ne suis ni folle, ni anormale, ni dans l’exagération, je suis simplement moi, ici et maintenant. J’ai appris à prendre l’angoisse comme ce qu’elle est : une simple donnée à gérer et à ajuster. Et si un jour, je me sens plus mal qu’un autre, ce n’est pas grave, parce que ça ira mieux demain. En 2018, j’arrête de m’excuser pour ce que je suis et de subir les jugements des autres. Et finalement, quand on finit par s’accepter soi-même, les choses deviennent tout de suite beaucoup plus faciles à vivre.

Je suis Manon Woodstock, j’ai 27 ans, je suis une femme et je suis angoissée chronique. C’est parfois handicapant, mais je n’y peux rien. Mon corps ressent ça, c’est ainsi – tel que ça doit être, et je ne vais certainement pas l’en empêcher à coups de médicaments.

Je suis moi et je crie au monde mon droit à être moi. Je me moque complètement que ça en dérange certain.e.s, j’accueille dorénavant leurs sarcasmes, moqueries ou commentaires en levant un sourcil et en continuant ma route coute que coute. Être moi et m’accepter telle que je suis est plus important que tout désormais : c’est la voie que je me trace pour être enfin libre.

Alors les ami.e.s, qu’avez-vous pensé de cet article un peu particulier ? Avez-vous déjà été sujet.te.s à des angoisses ? Quelles sont vos manières de les gérer au quotidien ? Envie de me faire un gros câlin ou de…non, pas de critiques aujourd’hui, j’ai juste envie d’avoir quelques papouilles pour éclairer ma journée ! J’attends vos réactions avec impatience 🙂

Je vous souhaite une très belle journée et vous donne rendez-vous vendredi, en forme et de bonne humeur.

Position de l’arbre et Euphytose !

Manon Woodstock.

11 réflexions au sujet de “Être angoissé.e (et survivre à ce monde de brutes)”

  1. C’est un sacré témoignage ! Bravo à toi de l’avoir partagé de façon aussi sincère, je suis certaine que beaucoup de personnes se retrouveront dans ce que tu dis et seront rassurés. Je trouve que tu as d’autant plus de mérite de continuer à monter tes projets, à assurer les obligations du quotidien etc dans ce contexte.

    PS : je continue doucement à me mettre à l’escalade, j’ai encore un tout petit niveau mais cela produit déjà des effets étonnants sur moi… surtout niveau confiance en soi

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    1. Ehhhh cooool pour l’escalade ! Je trouve que ce sport a des effets incroyables sur le mental. Il nous enseigne la notion de travail pour un objectif, il nous apprends à avoir confiance en nous et en nos propres capacités, mais aussi à ne jamais abandonner. Je suis contente que ça t’aide et que ça t’apporte des choses sur le plan personnel.
      Cet article m’a littéralement prise par surprise. Je ne m’y attendais pas. Il est sorti de mes doigts presque tout seul et je n’avais pas réalisé à quel point j’avais besoin que tous ces mots sortent. S’ils peuvent aider d’autres personnes, j’en suis plus qu’heureuse. Mon quotidien d’angoissée chronique m’a fait ouvrir les yeux sur un tas de choses et même si ce n’est pas drôle tous les jours, je me sens plus en paix avec moi-même dorénavant. Belle semaine à toi !

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  2. Comme beaucoup de personnes d’après ce que tu dis dans ton article suivant, je me reconnais bien dans ce que tu décris ! Je suis terriblement angoissée, stressée par tout ce qui m’arrive et ce qui ne m’arrive pas, je suis incapable de me focaliser sur l’instant présent – je pense toujours à ce que j’ai fait, ce que j’aurais dû / pu faire, ce que je n’ai pas fait, et ce que je vais faire ou pas faire… bref, je suis toujours prise entre passé et futur, en train de me remettre en question, de me dire « et si… » … C’est le cas pour tous les aspects de ma vie, du choix d’une paire de chaussures à une décision professionnelle. Et depuis toujours mes proches essaient de me donner des solutions pour me calmer mais ça ne fonctionne pas, visiblement 😀 Ces derniers temps cette angoisse s’est transformée en la petite dépression dont je parlais récemment – crises de larmes et d’angoisse à gogo, démotivation totale, remise en question de toute mon existence puissance 10000… Et c’est ouf quand tu écris que tu relativises et te dis « Tu n’es qu’un tout petit grain de poussière dans l’immensité de l’univers » car ce sont EXACTEMENT les mots qu’une amie m’a dits pour me donner un conseil qu’elle-même suit quand ça ne va pas ! Personnellement, je n’y arrive pas, car quand j’essaie de relativiser, ça me fait culpabiliser – je me dis que je suis franchement nulle de ne pas arriver à me lever le matin alors que je suis clairement une personne privilégiée dans un monde de merde… Mais je comprends le principe quand même ^^
    On m’a aussi conseillé la méditation, du coup je vais aller lire ton article là-dessus. Je pense que c’est super, je faisais du yoga quand j’habitais aux Etats-Unis et depuis j’essaie de m’y remettre mais sans cours je n’y arrive pas (j’ai vraiment du mal à me motiver pour faire les choses toute seule, que ce soit faire du sport, apprendre une langue… j’ai toujours besoin d’une motivation extérieure :/ bref, autre débat). Mais j’avoue que méditer me fait peur – j’ai l’impression que je n’arriverai jamais à me poser, à détendre cet esprit qui va à 1000 pensées à la seconde, que les seules pensées qui me viendront seront négatives… du coup je n’arrive pas encore à m’y mettre non plus (donc en gros j’angoisse à l’idée d’essayer quelque chose qui m’empêcherait d’angoisser… OKAY ANOUSHA).
    D’habitude ce qui fonctionne bien pour moi, c’est d’avoir systématiquement un projet (ou plusieurs, d’ailleurs) à réaliser, quelque chose à préparer et à attendre avec impatience. Ce n’est pas forcément un gros truc même si en général, j’aime bien avoir plusieurs petits projets, et d’autres plus importants. Mais parfois c’est à double tranchant, genre en ce moment les gros projets auxquels je pense m’aident à surmonter mes angoisses quotidiennes, et sont à la fois des sources d’angoisses eux-mêmes, car j’ai peur de ne pas pouvoir les réaliser ! Hahaha ^^ Mais pour moi ça dépend vraiment des périodes – en ce moment j’ai un mal fou à faire quoi que ce soit, même les choses que j’adore comme cuisiner, faire des photos, organiser un voyage… donc ce n’est pas une période où j’arrive à appliquer tous ces petits conseils qui d’habitude fonctionnent bien.
    Mais breffff ce commentaire part dans tous les sens, comme d’habitude, tout ça pour dire que tu n’es évidemment pas seule, que c’est déjà bien d’essayer de comprendre ce qui se passe dans nos têtes mais ça ne fait pas de nous des extra-terrestres (et quand bien même, c’est cool d’être une extra-terrestre ;)).
    Plein de bisous virtuels !

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    1. Merci pour ce commentaire fleuve Anousha 🙂 Mais grave que c’est génial d’être un E.T. (et puis, disons ce qui est, c’est l’un des personnages les plus adorables de l’histoire du cinéma 😛 ). C’est intéressant d’échanger sur ce que l’on ressent parce que je me rends compte que je côtoie un véritable panel représentatif d’angoissé.e.s 😀 Je ne peux pas vraiment te donner de conseil sur cette incapacité à être dans le moment présent, parce que c’est justement un truc que je gère plutôt bien. Je ne regrette jamais mes choix, même pris sur un coup de tête. ça fait partie de mon tempérament, j’ai les pieds vissés au sol ^^ Je sais ce que je veux et rien d’autre ne compte ! Cependant, c’est un concept énormément développé en méditation ! Le fait d’être dans l’instant présent, d’être ici et maintenant. Tu devrais essayer de télécharger l’application Petit Bambou, il y a un programme découverte très sympa, que tu peux refaire plusieurs fois. Dans les transports, c’est bien – ça prend 10 minutes et ça soulage beaucoup. Je te fais plein de bisous virtuels aussi, tout n’est pas perdu 😉

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  3. Désolée je suis moins présente en ce moment. As tu trouvé les sources de ces angoisses? Je te conseille l’excellentissime podcast « change ma vie », à écouter de toute urgence pour se desemcombrer le cerveau, mettre en place des routines positives et avancer dans sa vie! Bon courage, c’est pas facile à vivre.

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    1. Hello, pas de soucis, ne t’inquiètes pas 😛 Merci pour ton commentaire en tout cas ! Oui, je me suis déjà concentrée sur les sources de mon angoisse, dans cette société où on aime traiter les conséquences sans s’attarder sur les causes. 25 années passées au contact d’un père malade, toxique et culpabilisateur ont fait d’énormes dégâts, qui mettrons certainement le même temps à cicatriser complètement. En attendant de trouver la solution pour tarir ces angoisses, je fais en sorte de les gérer du mieux que je peux au quotidien.
      Merci pour le podcast, je l’ajoute à ma liste 😀
      Très belle semaine à toi !

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  4. Whoua, merci beaucoup pour ce partage très personnel. J’imagine qu’en étant entourée de beaucoup de personnes intolérantes et malheureusement ça devait te faire un « effet éponge » loin de t’aider. Pour ton blog, comme tu vois je rattrape souvent plusieurs articles d’un coup, alors si tu publies mercredi au lieu de mardi je ne t’en voudrais jamais ! 🙂

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    1. Pour l’effet éponge dont tu parles, c’est encore différent et je crois que j’en parlerai peut-être dans un article dédié (mais c’est effectivement très dur de tenir le coup quand tu dois aspirer les ondes négatives de toute le monde !). C’est très gentil de ta part de ne pas me tenir rigueur d’un éventuel jour de retard 😛 Ce qui me dérange, ce n’est pas tant mes lecteurs.rices, je sais que vous êtes tous.tes patient.e.s. et tolérant.e.s, le souci, c’est que j’ai l’impression que je casse une promesse que je me suis faite et j’ai clairement du mal à le digérer (entre nous soit dit, il est CLAIR que je me mets beaucoup trop la pression, mais j’y travaille 😀 ). Quoi qu’il en soit, le fait d’accepter d’être une angoissée chronique a été une véritable libération. C’est un peu comme si je m’autorisais à être ce que je suis !

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  5. Ecrire (un blog ou d’autres projets) apporte son lot d’angoisses, c’est vrai. Est-ce que ça plaira ? Est-ce que ça répondra à des attentes ? Est-ce que j’arriverai au bout de ce que je veux écrire ? Est-ce que je finirai à temps ?
    Mais en même temps, c’est un excellent moyen de mieux se connaître et se comprendre. Soit au travers d’articles comme celui-ci (mettre des mots sur un mal, c’est déjà un gros premier pas pour le traiter, et ce n’est pas si facile que ce qu’on pourrait croire ! comme tu l’as dit, accepter ce qu’on est, c’est très libérateur !), soit par de la fiction, en utilisant des personnages imaginaires pour extérioriser ses doutes, explorer ses rêves, etc. Peu importe que ce soit publié/partagé ou gardé pour soi, ça fait toujours du bien !

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    1. Bonjour Tocca, merci pour ton commentaire ! Je te rejoins complètement. Assez paradoxalement, écrire sur un blog ou monter des projets « risqués » (je préfère dire ambitieux 😛 ), est générateur de beaucoup d’angoisse, mais ça permet d’engager un énorme travail sur soi. J’avais déjà traité la question de la légitimité dans un autre article et je crois de plus en plus que c’est au centre de tout. Est-ce que je suis légitime pour dire/faire ça ? « Qui suis-je pour…? » Et cetera. Les blogs nous permettent de combattre cette idée de non-légitimité, et même si dans 20 ans, je serai probablement encore en train de travailler cette peur au corps, j’aime à croire que je vais avancer de ce côté-là, et je le souhaite à tout le monde !
      Je ne me suis pas encore lancée dans la fiction, mais j’ai pour projet d’essayer. On verra quand ça viendra.
      Aller, je vais faire un tour par chez toi ! Belle journée 🙂

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