Bonjour les ami.e.s ! J’espère que tout le monde se porte bien en cette douce matinée de janvier, de nouveau abondamment arrosée de pluie sur le si bel axe Lorraine-Luxembourg…Tous les fleuves et les rivières débordent, même les parisien.ne.s sont bientôt sous l’eau, c’est dire ! C’est là qu’on voit la différence subtile avec nous, les bouseux, quand on réalise la terreur que leur inspirent les inondations : « vite, allons-nous terrer au 5e étage de notre immeuble Haussmannien avec vue sur la tour Eiffel », alors que nous, on s’en BALANCE. Tout peut être emporté, on s’en fout, ça cache le béton maronnasse au moins. Moi, pleine de clichés sur les habitant.e.s de notre belle capitale ? Meuh non, absolument pas ! J’aime TOUT LE MONDE en France, ne l’oubliez pas 😉 L’avantage, c’est que je devrais bientôt pouvoir me rendre au travail en barque et ainsi éviter les insupportables « râleurs de train », que j’ai longuement disséqués dans mon deuxième article LinkedIn.

Dans la catégorie « tu vas passer une bonne journée merdique ma grande », je me suis retrouvée face au contenu de la poubelle de mes voisins littéralement déversée juste devant la porte de l’immeuble à 6h00 du matin, ce qui a donné une scène relativement cocasse de moi-même en train de pelleter des déchets recyclables (car NON, ces [censuré] ne font pas leur tri sélectif !!!) et des trucs moisis à la main dans la poubelle commune, en espérant que ce bazar n’avait pas attiré un rat d’égout affamé, prêt à me sauter à la gorge. Ce même bazar qui n’a pas eu l’air de déranger l’adorable et prévenant Ludo Woodstock, parti avant moi et totalement insensible à cet amas de déchets juste devant la porte (et qui m’a, j’en suis sûr, secrètement refilé le bébé). Inutile de dire que je l’attends au tournant ce soir et que je prépare méthodiquement ma vengeance 😛 C’est décidé, je vais le torturer avec mon oriculi !!!

En parlant de déchets, j’avais envie de vous parler ce matin d’une nouvelle découverte que j’ai faite il y a de cela quelques mois et qui m’a totalement horrifiée. A nouveau, je n’ai pas eu besoin de lire d’articles ou de faire des recherches dans de vieux grimoires de sorcellerie, j’ai juste lu une étiquette, ce que je fais maintenant de manière quasi-systématique.

C’est celle d’un gommage pour le corps Sephora que l’on m’avait offert quelques années auparavant (et que je m’étais résignée à écluser) qui est passée à la moulinette . Quelque chose m’a alors sauté aux yeux : polyéthylène. Qu’est-ce que c’est que ce binn’s ????? Du plastique dans mon gommage ? Mais ? Mais ? Je rejette du plastique dans les océans !!!! Si vous voulez savoir à quoi ressemble une écolo en pleine déprime, ma tête à ce moment-là vous aurait bien aidés. J’ai failli boire un Volluto et me faire une tartine de Nutella de découragement.

Inutile de vous dire que j’ai été refroidie direct, et ne sachant que faire de cette daube (le donner aurait été criminel non ?), je l’ai jeté (je n’allais pas le garder comme une relique, non ? Tu me diras, ça aurait pu faire un excellent film « Indiana Jones et le gommage de Satan » – Aheum, je m’égare, pardon 😀 ), en me promettant de ne plus jamais en racheter et d’encourager les gens à ne plus m’en offrir.

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Cette mauvaise expérience a quand même été bénéfique, car ça a été le début d’une grosse prise de conscience. J’ai réalisé que, du plastique, aussi incroyable que ça puisse paraître, il y en avait même jusque dans les cosmétiques (jusqu’à 10% de certains produits, j’en tombe de ma chaise !!). Et même si je suis en général plutôt bien informée, j’avoue que là, je suis complètement tombée de l’armoire. Je n’avais tout simplement jamais entendu parler de ce problème et je n’en avais aucune conscience.

Alors, comme je ne m’appelle pas Manon Woodstock pour rien, j’ai voulu mener une petite enquête.

Pourquoi les micro-plastiques, c’est la loose ?

Parce qu’ils sont, comme les cotons tiges, quasiment impossibles à traiter. Ils passent entre les mailles du filet des stations d’épuration et se retrouvent purement et simplement dans toutes les eaux du territoire, les mers et les océans ! Eh oui, vous avez bien lu, Marin, le fils de Némo, ne fait pas une simple crise d’opposition : s’il refuse de finir sa soupe, c’est parce qu’elle est pleine de plastique. C’est dur, hein ? Sachez que s’ils sont supposés être sans risque pour l’être humain (mais je le dis haut et fort : j’en doute – Jouer collé serré avec des miettes de hand spinner ne me paraît pas être la pratique la plus healthy du monde…), c’est une véritable plaie pour la biodiversité marine, les gentils habitants de l’eau ayant la fâcheuse tendance à les confondre avec de la nourriture ou alors à les avaler sans même s’en rendre compte.

De plus, le plastique met un temps fou à se dégrader, pas moins de 450 années (si j’en crois cette liste instructive de Consoglobe : https://www.consoglobe.com/duree-vie-dechets-nature-1386-cg/2) pour le sachet que vous venez de jeter en pleine rue (eh oui messieurs dames, nous remercions les grosses faignasses que vous êtes qui viennent de polluer gratos pour les 5 générations à venir !!). Je rajouterais, qu’étant un dérivé du pétrole, il ne se délitera surement pas en laissant de la poudre de Bisounours sur son passage. De la pollution sera engendrée par ce phénomène. Nous ne pouvons pas l’ignorer.

L’interdiction du 1er janvier 2018

A vrai dire, la bonne nouvelle, c’est que l’interdiction de cette saleté (après, la loi ne précise que « particules plastiques solides » donc j’avoue m’interroger un peu ! Est-ce que ça ne sentirait pas un peu le coup fourré tout ça ?) est déjà effective, et cela est possible grâce à la même loi qui validera l’interdiction prochaine des cotons tiges en plastique pour le 1er janvier 2020. Depuis le 1er janvier 2018, théoriquement, vous n’avez plus aucun risque de vous exfolier le corps avec l’équivalent d’un cabas Carrefour et une fois encore, je rappelle qu’on doit en grande partie cette loi éminemment censée au super travail de l’association Surfrider (dont j’avais déjà parlé dans mon article sur les cotons tiges), qui œuvre pour la protection des fleuves, des lacs, des rivières, des mers, des océans et des littoraux.

Le devoir de rester vigilant.e

Alors oui, c’est interdit, c’est bien, mais dans ce cas, pourquoi cet article Manon ?? Pour vous dire que je crois sincèrement qu’il faut tripler de vigilance par rapport aux produits que nous utilisons au quotidien. Moi-même je n’avais absolument aucune idée ! J’étais focalisée sur d’autres chantiers pour rendre ma vie plus écolo au jour le jour, et je n’avais pas réalisé que nous en étions arrivés à un délire tel qu’il y en avait aussi du plastique DANS les produits en eux-mêmes. J’ai un peu honte, mais je vous assure que je n’étais PAS AU COURANT de ça. Je n’avais pas réalisé l’ampleur du problème. Et pourtant, j’estime m’informer sur les enjeux écologiques assez régulièrement. Vous savez quoi ? ça m’a fait peur et froid dans le dos à la fois…

Parce que je me dis que, malgré l’interdiction qui est passée relativement inaperçue, 80% des gens ne doivent même pas avoir le début d’un soupçon quant à la présence de plastoc (et autres saloperies hein, on ne va pas faire les naïf.ve.s genre « maintenant, c’est fini, plus de plastique, c’est clean ») dans leur dentifrice (vous vous souvenez des petites billes « exfoliantes » pour des dents plus blanches ? Et re-oui, si on avale du dentifrice, on avale des micro-billes !), leur crème pour le visage, leur gel douche et j’en passe.

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Ohhhh les jolies bibilles de plastoc !!

 

Je crois qu’il faut donc rester extrêmement vigilant.e.s par rapport à ce dont l’on se badigeonne quotidiennement, car si cette prise de conscience tardive m’a fait comprendre quelque chose, c’est qu’il faut utiliser des produits clean, parce que c’est bien beau de vanter les mérites du bio, du respect de l’environnement si on ne respecte même pas son propre corps (que l’on tartine allègrement de dérivés de pétrole – Les oiseaux sauvés du naufrage de l’Erika en cauchemardent, on l’a fait 🙄 ). Au-delà de l’interdiction des micro-plastiques dans les cosmétiques, de grâce, que cela nous serve de leçon : intéressons-nous vraiment à tout ce qu’il y a dedans.

Mais Manon, c’est HORRIBLE tout ça, que puis-je faire ?

Ne panique pas mon petit bouchon, je sais que tout ça, c’est grave, mais je vais te donner quelques solutions pêle-mêle :

  • Vous pouvez surveiller les marques qui utilisaient des micro-plastiques jusqu’à présent (je me dis que s’ils ont pollué sans aucun scrupule jusque-là, rien ne les empêche de mettre une nouvelle saleté non-interdite dans leurs produits): voici trois liens pour que vous puissiez consulter les produits qui en contenaient jusqu’à la nouvelle interdiction en France : http://www.beatthemicrobead.org/ProductTable.php?colour=2&country=FR&language=EN (présence avérée de microbilles) et http://www.beatthemicrobead.org/ProductTable.php?colour=1&country=FR&language=EN (présence possible de microbilles) et http://www.beatthemicrobead.org/ProductTable.php?colour=0&country=FR&language=EN (pas de microbilles mais présence possible de micro-plastiques) – je précise quand même que je ne peux pas vous dire si les produits listés sont dorénavant clean, normalement oui, mais j’appliquerai le principe de précaution de vérifier la composition avant d’acheter si j’étais vous !
  • Vous pouvez télécharger des applications comme My Little Plastic Footprint (qui calcule notre empreinte plastique – j’ai testé, c’est assez bien fichu) ou encore Beat the Microbead (référence les cosmétiques qui contiennent des micro-billes plastique – mais a priori, trop peu de produits sont enregistrés dans leur base, ce qui rend l’information compliquée à avoir), pour supprimer peu à peu cette matière de votre quotidien.
  • Vous pouvez – pour les amateurs.rices de gommage, passez au naturel, sans forcément acheter un soin manufacturé !! Gant de Kessa, éponge Luffa, sucre, marc de café, sel…Pour les flemmard.e.s, la marque Clémence et Vivien vend un savon fait main, biologique et saponisé à froid, avec du pavot intégré (je l’utilise en ce moment et je peux vous dire que ça dépote !). Je ne peux pas vous garantir avec 100% de certitude que c’est bon de déverser tout ça en grande quantité dans l’océan – je n’ai pas de diplôme de biologiste – mais il me semble que ces solutions sont biodégradables et donc forcément meilleures pour la biodiversité marine que le plastique (qui, je sais que je rabâche, mais j’aime ça : est fabriqué avec du pétrole). Et puis quoi qu’il en soit, calmez-vous sur les gommages !! En pratiquer à haute fréquence n’est pas bon pour la peau !! N’oubliez pas que les peaux mortes nous immunisent face aux agressions et forment donc une barrière protectrice. 1 fois par semaine suffit (et encore, j’en fais environ 1 par mois et je vous garantis que je ne me suis pas encore étouffée sous une montagne de peaux mortes 😆 ). Pour la petite histoire, j’ai lu dans un article, et je suis assez horrifiée je dois l’avouer, que les marques ont dû chercher « des pistes » pour remplacer les microbilles (Oh ? C’est vrai mes pauvres choux ? La vie est dure pour les industriels, vraiment ! 👿 ), et certaines ont apparemment pensé aux microparticules…de bois !!!! WTFF (What the Fucking Fuck !!!!!!!), ah parce que maintenant on va tronçonner des arbres (qui dépolluent la planète grâce à la photosynthèse quand même, je précise 🙄 ) pour les foutre dans des bouteilles de gommage ? Mais ! Mais ! Je vous assure que les bras m’en tombent ! Il y a certains jours où ce monde de fous me scie littéralement les bras.cosmod-logo-1487779274
  • Soyez intelligent.e.s, servez-vous de votre cerveau et de vos yeux. Passez aux cosmétiques naturels, ce dont vous comprenez la composition, intéressez-vous à la liste des ingrédients de ce que vous vous tartinez allègrement sur la peau. Tout le monde est capable de lire et de comprendre avec un peu de bonne volonté ! Il y a énormément d’informations disponibles (sur le net, dans les livres, etc.), vous pourrez alors faire le tri et bannir les produits qui sont mauvais pour vous.
  • Vous pouvez informer vos proches des risques qu’ils courent si vous les voyez utilisez des produits d’avant l’interdiction. Leur expliquer avec pédagogie que non seulement ils font un mal fou à la planète, mais ils s’intoxiquent aussi eux-mêmes.
  • Vous pouvez donner un petit quelque chose aux associations et aux organisations qui luttent pour que nos eaux soient moins polluées qu’elles ne le sont, comme par exemple, The Ocean Cleanup et Surfrider.

Les avantages des cosmétiques éco-friendly

Passer aux cosmétiques écologiques et sans plastiques a de nombreux avantages : contrairement à ce que l’on peut penser, ce n’est pas forcément cher (je pense notamment à la marque Clémence et Vivien – et non, cet article n’est pas sponsorisé, en fait je les kiffe vraiment 😛 – qui affiche un super rapport qualité/prix. Je n’en ai pas cherché d’autres parce que pas de besoins pour le moment, mais trouver du naturel pas cher, c’est faisable, il suffit juste de chercher un peu) : on peut donc en déduire l’avantage n°1 : content votre porte-monnaie, sera.

Deuzio, vous ne vous tartinerez plus le corps de saloperies toxiques, qui causent tout un tas de dérèglements hormonaux (coucou les perturbateurs endocriniens !) et de joyeuses maladies comme le cancer, les pathologies de la thyroïde, les allergies cutanées et j’en passe. Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est l’UFC Que Choisir : https://www.quechoisir.org/decryptage-produits-cosmetiques-les-fiches-des-molecules-toxiques-a-eviter-n2019/. Avantage n°2 : de garder votre organisme en bonne santé plus de chances, vous aurez.

Tertio, en faisant attention à vos cosmétiques, vous rejetterez moins de polluants dans l’eau et vous contribuerez donc à faire de notre planète bleue un endroit bien plus vivable. Avantage n°3 : soin de la planète, vous prendrez.

C’est t’y pas formidable tout ça ? Vous êtes content.e.s, Manon Woodstock est contente, Yoda est content, y’a plus qu’à se faire un chocolat chaud avec des marshmallow et à chanter des chansons tous en cercle autour d’un feu 😀 !

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Pour les biquet.te.s qui voudrait consulter mes sources pour cet article, je vous prie de bien vouloir les trouver ci-dessous #courrieradministratif :

Et voilàààà ! Alors les loulous: Qu’est-ce que ça vous inspire ? Saviez-vous que vous utilisiez peut-être des cosmétiques contenant jusqu’à 10% de plastique ? Pensez-vous que l’interdiction va stopper le problème ? Croyez-vous qu’il faut maintenir la vigilance vis-à-vis des produits cosmétiques ? Quelles sont vos solutions ? J’attends vos réactions tel un reporter RTL devant Manu Macron qui doit annoncer la création de cachots anti-chômeurs : j’ai une demi-molle.

J’espère que cet article vous a plu et je vous souhaite un très beau week-end, plein de soleil (c’est beau de rêver), de joie et de chocolat chaud (parce qu’on en parle, on en parle, mais il va bien falloir le boire, non ?). Je reviens mardi, quand j’aurai 27 ans. Dans les dents.

Des bises

Manon Woodstock