Réduction des déchets

Mes petites victoires personnelles : le jour où j’ai arrêté les cotons tiges

Quand je regarde en arrière de façon nostalgique en me disant « bon sang, les années passent quand même ! », la chose qui me frappe le plus, c’est quand je me rappelle le temps où je consommais de manière effrénée, sans aucune conscience ni interrogation sur mon impact. Parce que oui, même si vous l’avez déjà plus ou moins lu entre les lignes, je n’ai pas toujours été écolo (tout comme je ne suis pas féministe depuis ma naissance). Figurez-vous que quand je repense avec horreur à l’époque où je trouvais normal qu’un homme me donne des ordres je me vautrais dans une fange immonde composée de Voluto, de Nutella, de biscuits bourrés d’huile de palme, de shopping tous les week-ends et de cocktails avec deux pailles pour le prix d’une tout en prenant des douches de 25 minutes, j’ai HONTE. Mais genre vraiment.

Là où je sens que j’ai quand même un peu évolué par rapport à mes 14 ans, c’est que je sais maintenant que cette honte est nécessaire et qu’elle ne doit pas être pour autant négative. Je me suis construite sur elle, et petit-à-petit, je change ma vie dans le bon sens. Elle m’indique la direction à emprunter. Parce que ce qui me fait honte, c’est ce que je dois modifier et travailler.

Alors pas-à-pas, à mon rythme, j’ai changé ma façon de consommer. Je n’achète plus de vêtements, j’ai arrêté les shampooings et les savons bourrés de saloperies pour passer à du naturel fabriqué en France, je ne consomme que du Nutella sans huile de palme, j’ai investi dans une cafetière à piston, dans des lingettes lavables, dans du déodorant naturel. Je cuisine de saison et je ne gaspille plus la nourriture. Je mange beaucoup moins de viande. Je suis devenue la Lucky Luke de la douche. J’ai arrêté les pailles en plastique. Je suis passée à la cup menstruelle. Et…Et…tellement plus encore !!!

J’ai remis beaucoup de choses en question en 2017, tout en accélérant méchamment cette dynamique « d’envie d’autre chose » dans laquelle je me trouvais déjà. Et vous savez quoi ? J’ai envie, plus que tout, de continuer à le faire. Parce que j’ai la sensation d’avancer. Je me sens de plus en plus en paix avec la nature tout comme avec moi-même. 2018 sera l’année où je continuerai à passer mes mauvais comportements au laser et où je trouverai des solutions respectueuses de l’environnement.

La dernière victime en date s’appelle le coton tige. Je vous en dis quelques mots ? Devant vos mines formidablement réjouies à l’idée d’un nouveau blablatage en règle, je déclare que c’est parti 🙂

Pourquoi les cotons tiges posent problème pour la nature ?

J’en ai consommé des milliers et ce pendant des années, sans me demander une seule seconde quels immenses problèmes ils pouvaient poser. Et puis j’ai réfléchi, lu des articles, continué à m’informer. Inutile de vous dire que ce qui en est ressorti n’est pas très réjouissant.

Vous ne le savez peut-être pas, mais ces petits bâtonnets ouatés sont une véritable chienlit. S’ils sont rejetés dans la nature, il y a de très grands risques qu’ils finissent par être ingérés par un animal qui passe par là (poisson, tortue, oiseau, mammifères divers et variés), qui risque alors de nous faire une bonne vieille occlusion des familles. Eh oui, Franklin (vous savez, celui qui savait compter 2 par 2 et lacer ses chaussures ?) se retrouve entre 4 planches avec la trachée déchiquetée parce que vous vous êtes curés les oreilles…ça fait réfléchir, n’est-ce pas ?

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Si par chance, nos amis les animaux parviennent à passer entre les mailles sans se faire transpercer de l’intérieur, il se peut malheureusement fort qu’ils ingurgitent du plastique quand même – je vous en avais déjà parlé lors de mon article sur The Ocean Cleanup – par le biais de micro particules. Eh bien oui, ce bâtonnet de plastique qui arrive en pleine mer, loin d’avoir une retraite tranquille en sifflant des margaritas sur une plage de Caracas, va se retrouver balloté de tous les côtés et va se désagréger. C’est ce que l’on appelle « la soupe plastique » à cause de laquelle Flipper trouve que son plancton a VRAIMENT un goût bizarre aujourd’hui.

La demi bonne nouvelle de l’interdiction

Le point positif dans tout ça, vous l’avez peut-être déjà appris, c’est que nos amis (ennemis ?) les cotons tiges en plastique vous bientôt être interdits ! Cette prohibition se fait dans le cadre de la loi Biodiversité adoptée le 20 Juillet 2016 (long le processus d’application des lois, vous avez dit ? 😉 Ah nannnn, mais attendez, il faut bien que les pauvres biquets fabricants et distributeurs retombent sur leurs pattes alors !), ce qui a été notamment possible grâce au merveilleux travail de l’association Surfrider (https://www.surfrider.eu/), chargée de mettre en valeur et de protéger nos lacs, nos rivières, nos littoraux ainsi que nos océans. L’association, qui organise chaque année des campagnes de ramassage sur les plages, a dénombré pas moins de 16,000 cotons tiges sur la totalité des sites en 2015. Ça serait même le 2e déchet le plus présent dans les océans. Ah ouai, quand même !

Je vous vois déjà vous demander d’un air interrogatif ce que peuvent bien foutre tous ces gens qui se curent les oreilles sur les plages, tels des petits singes en plein épouillage social. Eh bien non, le problème n’est pas là ! Toujours selon Surfrider, beaucoup jetteraient à tort leurs cotons tiges usagés…dans les toilettes !!! Ah ben je l’avais encore jamais entendue celle-là !! Messieurs-Dames, je vous le dis officiellement aujourd’hui et je vais peut-être vous apprendre quelque chose : il existe une différence tangible entre vos chiottes et une poubelle. Si « non, vraiment, vous ne voyez pas », il est temps de prendre un rendez-vous pour vous faire corriger la vue les loulous 😉

Autre information que j’apprends et qui fait un peu froid dans le dos : dans la cas où votre ville est raccordée à un réseau de l’eau unitaire, c’est-à-dire qui mélange eaux des pluies et eaux usées (explication très intéressante par ici : https://surfrider64.com/2013/07/31/pourquoi-autant-de-batons-de-coton-tiges-sur-les-plages/ à la différence du réseau séparatif (eau de pluie et eaux usagées domestiques qui sont récoltées via deux réseaux indépendants)), les stations d’épuration se retrouvent en grosse galère en cas de grosses précipitations et rejettent donc purement et simplement de l’eau non traitée dans les cours d’eau.

Oui, vous avez bien lu, de l’eau non traitée, avec cotons tiges, applicateurs de tampons, lingettes, tampons périodiques (et franchement, je CHIE la honte quand je pense à tous ceux que j’ai pu jeter dans les toilettes en me disant « c’est du coton, c’est pas grave » avant que je ne passe à la cup menstruelle – Je crois que je suis bonne pour une marche de la honte façon Cersei dans Game of Thrones !).

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Vous voyez, je me console en me disant que je suis la preuve vivante que si on veut changer, ON PEUT. Mais ce n’est pas tout.

Les bâtonnets des cotons tiges sont tellement petits qu’ils passent souvent entre les mailles du filet des stations d’épuration, finissent par se retrouver « façon Pinocchio » au fond du ventre des baleines (et autres, pas de jaloux) et terminent leur course dans l’océan.

Alors oui, ça va être interdit, le problème est réglé me direz-vous. Le souci, c’est qu’avec la loi, seuls les cotons tiges en plastique vont être retirés de la vente. Ceux dont le bâtonnet est en coton ou en papier seront toujours sur le marché…Ce qui me fait dire que oui, d’un côté, on fait des progrès, mais de l’autre, on ne va pas assez loin dans la démarche. L’intérêt me paraît faible, surtout si les gens continuent à tout jeter dans les toilettes : on se retrouvera avec un océan rempli de coton et de carton. Et je suis pas sûre que les oiseaux kiffent. Je ne vois que moyennement l’intérêt si on n’éduque pas un minimum les populations sur le sujet ou si on n’encourage pas les gens à se tourner vers une vraie alternative durable et 100% zéro déchet, dont je veux vous parler plus en détails vendredi (hann, comme elle ménage le suspens quoi 😉 ).

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Mais ce n’est pas tout, car en plus d’être une aberration écologique, le coton-tige est également dévastateur…pour vos mignonnes petites oreilles !

Pourquoi l’utilisation que nous faisons des cotons tiges pose-t-elle problème ?

Parce que l’être humain, littéralement obsédé par l’idée de sa propreté, force comme un bœuf en se curant les oreilles, occasionnant par là même les immenses joyeusetés que sont les tympans abimés, les otites, les bouchons ou encore les sensations d’oreille bouchée après le nettoyage (ça rend fou !! Hein, que ça rend dingue, n’êtes-vous pas d’accord ? 👿 ).

Je vous avoue que tous les médecins chez qui j’ai eu l’immense bonheur d’aller me faire retirer mes nombreux bouchons au fil des années (Ahhhhh, ça me rappellerait presque cette fabuleuse sensation de l’eau envoyée en pression avec une seringue dans l’oreille pour que tout sorte, DE LA JOIE A L’ETAT BRUT !) me l’ont dit et répété : le coton tige, c’est une très mauvaise solution pour se nettoyer les oreilles. En plus, en fourrant ce bâton de plastique dans le trou (amis du triple sens bonjour… 😛 ), on repousse le cérumen vers le fond du conduit auditif, ce qui va inévitablement conduire à un bouchon et plus grave, à une otite.

Fort heureusement, j’ai le grand plaisir de vous dire que tout ça, c’était avant. Car depuis, l’oriculi est entré dans ma vie et je vous en parle vendredi. Cette partie de l’article est donc « To be Continued » 🙂

Comment puis-je apporter ma pierre à l’édifice ?

  • Si vous avez des sous et que l’envie vous prend de faire une action juste, donnez donc un petit quelque chose à l’association Surfrider (ce que je viens personnellement de faire) ou à The Ocean Cleanup, par exemple.

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  • Arrêtez totalement l’utilisation de cotons tiges et passez à l’oriculi en bambou ou en inox (je vous en parle un peu plus vendredi).
  • Parlez-en à vos proches et à vos ami.e.s pour les sensibiliser au problème – si le cœur vous en dit et que votre porte-monnaie vous le permet, offrez leur un oriculi.

Pour celles et ceux qui veulent s’informer, voici mes sources :

Et vous, aviez-vous déjà réfléchi au problème des cotons tiges ? Avez-vous déjà opté pour une alternative ? Que pensez-vous de tout ça ? J’attends vos commentaires avec une impatience inversement proportionnelle à ma confiance en moi aujourd’hui : IMMENSE.

Mais Manon, tu es triste ? En fait, oui, un peu. Quand j’ai commencé à rédigé cet article en une seule partie, ça m’a sauté aux yeux, c’était beaucoup trop long. Ça ne vibrait pas (et ça ne vibre toujours pas) comme je le voulais. Je n’étais pas dedans du tout. Et dans ce cas, il m’arrive ce qu’il peut m’arriver de pire : je me frustre inutilement. Du coup, j’ai tronçonné et décidé de reporter d’autres découvertes à vendredi. Ça ne m’empêche pas de trouver que mon article craint du boudin et que je pouvais faire mieux que ça (#exigencedémesurée). Je suis toute choumouloumoulou et je ne vous cache pas mon envie de faire clic droit – supprimer sur ce fichu papier. Mais non. The Show Must Go On . Aller, Calimero a fini pour aujourd’hui et retourne polir sa coquille en attendant des jours meilleurs. Après tout, on ne peut pas être au top tout le temps, non ?

Je vous souhaite une très belle semaine, plus inspirante et constructive que la mienne.

Des bises un peu tristounes.

Manon Woodstock.

10 réflexions au sujet de “Mes petites victoires personnelles : le jour où j’ai arrêté les cotons tiges”

  1. Il est super ton article car instructif surs plusieurs points (législatif, écologique, santé). En fait je trouve les cotons tiges utiles pour corriger le tir après une tentative ratée de maquillage où je déborde ou surcharge. Pour les oreilles j’évite depuis que je sais que ça peut être mauvais pour les tympans. J’attends tes astuces de remplacement dans le prochain article :). Et pas touche au clic droit/ supp.

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    1. *J’ai les mains en l’air, ça ne se voit pas ?* 😛 Promis, je ne supprime pas. Figure toi que j’ai relu, que j’ai trouvé l’article pas si pire et que je me suis auto-déclarée « grave ». Breeef, merci pour ton gentil commentaire, j’utilisais également des cotons tiges pour corriger mon maquillage, mais maintenant, j’ai décidé d’arrêter complètement. En remplacement, je suis passée experte dans l’art de manier le coton lavable 😀 Et je fais plus attention en me maquillant aussi. J’avais cherché une solution à acheter rien que pour ça (du genre coton tige lavable), mais en fait, je crois que je vais me bricoler un truc dont je parlerai peut être ici ! Très belle journée à toi

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  2. Mais il est très bien cet article ! Bien écrit, toujours aussi drôle, et informatif ! C’est grâce à des articles comme ça qu’on va dans le bon sens 🙂 Vivement vendredi pour tout savoir sur ce drôle d’oriculi 🙂

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    1. Hello Anousha, merci beaucoup pour ton commentaire. C’est gentil, ça me remonte le moral ! J’avais écris là dessus il y a un petit mois de ça. Sur le fait que bloguer c’était douter. Et je me rends compte à quel point ça sera toujours vrai, à quel point, parfois, le doute m’écrasera. Mais il faut passer outre, ne pas dramatiser (comme je sais si bien le faire quand quelque chose ne tourne pas comme je veux ^^ J’ai relu et effectivement, l’article n’est pas si pire ! C’est pas le Pullitzer, mais c’est pas mon pire non plus 😛 ) et continuer coute que coute ! J’ai hâte de te faire découvrir l’oriculi, je suis de nouveau A BLOC 😀 Belle journée à toi

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      1. Aaah super, je suis contente de lire ça 🙂 Je comprends tout ça fait, on a toujours un moment où se demande ce qu’on fait, si ce qu’on écrit a du sens… Pour moi l’important c’est de toujours prendre plaisir à écrire. Si ça devient une corvée ou une obligation, c’est mauvais signe ! Parfois on a besoin d’une petite pause, ou juste d’une remise en question, et ça repart ! 🙂
        A vendredi alors 😉

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      2. C’est tout à fait ça. Quand on a du moins bien, il faut garder en tête que ça ne sera pas toujours comme ça, et si ça le devient, c’est là qu’il faut penser à arrêter ! A demain alors 😛

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