Voyage

Manon Woodstock au Portugal – Que faire à Foz do Arelho ?

Oyez Oyez braves gens ! Manon Woodstock est de retour pour vous conter ses péripéties portugaises ! Parviendra-t-elle à avaler son poids en Bacalhau a Brás ? Arrivera-t-elle enfin à commander deux Sagres (dites « chagrèèch » avec un air ténébreux et c’est tout bon 😀 ) sans se taper la honte ? Accomplira-t-elle des exploits en vélo, dignes d’un Poulidor des temps modernes ? Je sais, au fond de moi, que vous ne pouvez pas continuer votre journée sans avoir de réponses à ces questions essentielles, et je compte bien remédier à tout ça en vous racontant grave ma vie la suite de mon périple ! On part tous ensemble à Foz do Arelho ? Attachez vos ceintures, le décollage est imminent.

(Vous avez vu cette intro toute courte ??? Mais bon sang, vous avez vu ??? J’ai amené un sujet en moins de 40 lignes, c’est absolument incroyable, faites tout de suite une croix dans votre calendrier 😛 )

Jour 10

Je vous avais lâchement laissés à Portinho da Arrabida la dernière fois que nous nous sommes quittés. Montons donc joyeusement dans la DeLorean, atteignons la vitesse de 88 miles à l’heure et Nom de Zeus Marty, on y retourne !

Le jour du départ, nous prenons notre dernier petit déjeuner à la Casa do Adôa, en compagnie du labrador de la famille qui nous fait ses plus beaux yeux de chien mal nourri (sensiblement raté vu la bien portance de l’animal – il a l’air aussi en forme que minou, qui nous accueilli lors de notre arrivée), mais comme dit celui que j’appelle dorénavant Cool Man « She keeps the breakfast safe » (« Elle assure la sécurité du petit déjeuner » pour les gros mauvais en English 😉 ). Elle donne tout ce qu’elle a, mais pour le coup c’est raté, on ne lui donne pas la moindre miette de tartine de confiture (ce qui nous redonne foi en nous-même, nous qui étions auparavant persuadés que si nous avions un chien, il finirait obèse et sur petites roulettes – on est définitivement trop sensibles aux regards tristes de ces fourbes manipulateurs que sont les toutous 🙂 ).

Cool Man nous demande notre prochaine destination au moment du règlement des 2 nuitées, et on prononce tellement mal « Foz do Arelho », qu’il est mort de rire quand il comprend où l’on va. Honte, je crie ton nom…Il nous le fait à la portugaise, on ne comprend absolument rien. Tiens, voici une pelle, voici ta confiance en toi, tu peux l’enterrer, tu n’en as plus besoin 😀 On continue malgré tout à essayer, mais ça devient difficile d’auto-supporter notre propre nullité.

On reprend donc la route pour notre prochaine destination, qui est à 2 heures de là. On disserte beaucoup sur le Veau (avec un grand V comme Voiture ou comme Vampire suceur de Benz’), qui dégomme l’essence à une vitesse absolument effarante et dont la conduite est…spéciale ! Le frein est HYPER nerveux, alors que l’accélérateur est tout mou, cherchez l’erreur. Est-ce ça le fameux « Italian style » ? Enervé mais détendu à la fois ? Il faudrait qu’on creuse le sujet.

On s’arrête dans un Leclerc quelques kilomètres avant notre prochain lieu de villégiature, principalement pour acquérir de quoi manger par nous-mêmes pour le soir. Oui, on en a marre des restaurants. J’ai conscience que cette affirmation fait très bourgeois gâtés (« Tu comprends, aller manger des trucs trop bons tous les soirs, c’est tellement surfait Marie-Geneviève » 😀 ), mais c’est une réalité : après une dizaine de jours, on a envie de se retrouver dans un cocon, rien que tous les deux. Et de manger moins, surtout. Rien qu’en prenant un plat unique tous les soirs, on ressort presque toujours avec le bide explosé. Et puis les portugais, ils aiment l’huile. Et l’ail. Et les frites. C’est excellent, mais nos pauvres petits estomacs commencent à agiter le drapeau blanc.

Revenons donc à notre Leclerc, où nous avons vécu, sans hésitation, un des moments les plus étranges du séjour. Parce qu’en fait, rien ne change par rapport à ceux que l’on connait. Les ¾ des étiquettes des produits sont…en français, qui sont pour la plupart…les mêmes que chez nous. On est interloqués devant le « camembert Lanquenot au lait cru » ou les « Chocapic – c’est fort en chocolat ». Sérieusement les amis, c’était pas possible de traduire ? Ça fait un peu néo-colonialiste ce genre de magasin quand même, non ?

Au-delà de ça, je suis très étonnée de voir un peu partout sur notre chemin des « Leroy Merlin », des « Décathlon » et j’en passe. Je n’ai pas eu l’occasion de questionner les locaux à ce sujet. Ces chaînes sont-elles prisées par les portugais ? Destinées aux expats que j’imagine nombreux dans la région ? C’est super bizarre en tout cas.

Du coup, je ne vous dis pas la croix et la bannière pour trouver des spécialités portugaises, on finit par se rabattre sur le minuscule rayon traiteur qui propose une salade de poulpe et ce qu’on croit être à tort une salade de pain – qu’on mangera froide et qui se mange en fait chaude comme une gratin (les affres des découvertes culturelles 😉 ). Une petite bouteille de Dona Maria, un excellent vin de la région de l’Alentejo et en avant la musique.

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Ceci n’est pas un article sponsorisé par Laguiole, quoique, s’il veulent m’en envoyer un gratuit, je ne dis pas non 😀

Après ces courses un peu surréalistes, on arrive à Foz do Arelho et franchement, je n’ai pas le coup de cœur. Le genre de ville de bord de mer un peu trop grande et pleine de résidences secondaires vides. Ça me fait m’interroger sur le cancer que peut être le tourisme pour les locaux au quotidien. Ils sont littéralement dépossédés de leurs villes, qui deviennent fantômes une fois l’été passé. Et je trouve ça dommage. Bref. Je ne dis pas que la ville ne vaut pas le détour, mais je demande encore à être convaincue. Point intéressant : on sent que le climat est vraiment différent ici, il fait plus frais : entre 23 et 25°C, au meilleur de la journée. Et il y a beaucoup de brume ! J’aime assez, ça donne une atmosphère un peu mystérieuse.

Nous avons de la chance, le logement que j’ai réservé est superbe. Azenha Guest House, tel est son nom, fonctionne un peu comme un appart ’hôtel. Le bâtiment en lui-même est très beau : c’est un ancien moulin à eau qui a été restauré, puis converti en petite résidence de 4 chambres. Il y a une grande salle commune dans laquelle la gérante vient préparer le petit-déjeuner en libre-service (EXCELLENT et compris dans le tarif) tous les matins, mais qui peut également servir de cuisine si vous souhaitez prendre tous vos repas sur place (ce qui me fait dire que cet endroit est idéal pour les budgets un peu plus restreints). La chambre est nickel, bien décorée, il n’y a absolument rien à dire. Tous les pouces sont levés pour cet établissement. Je recommande puissance 10.

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Azenha Guest House, grandeur nature

La gérante nous explique comment nous rendre à la plage à pied, ce que nous faisons après nous être installés. Et bon sang de bonsoir, c’est SALE. PARTOUT. ZUT. Manon Woodstock vous dit ZUT !! Partout où mes yeux se posent, le paysage n’est que déchets plastiques, mouchoirs, papiers et j’en passe. C’est juste hyper agaçant et ça m’aura gâché mes 4 premiers jours au Portugal. Quand les gens se disciplineront ils et comprendrons enfin que ces comportements desservent tout le monde ? La planète n’est pas une poubelle, il est grand temps d’imprimer ça au burin dans les petites cervelles étriquées de ceux qui balancent aux 4 vents ! D’autant plus, qu’encore une fois, on a juste croisé une poubelle tous les 30 mètres ! A quand une vraie prise de conscience et/ou une éducation de la population ? Faudra-t-il en passer par la répression et traiter les gens comme des enfants immatures ? Il me semble bien que oui. Parce que c’est ce qu’ils sont. [Bref, on se calme, on prend ses gouttes Toussa Toussa]

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Après 15 minutes d’une marche énervée pour moi, on débouche sur une gigantesque lagune. C’est très différent de ce à quoi on a pu être habitués chez nous : l’eau que nous avons en face de nous est très calme. L’océan, avec les vagues et tutti quanti, est beaucoup plus loin. On décide de se poser une petite heure. On bouquine un peu et on boit une bière que, miracle, nous parvenons à mettre dans notre sac-à-dos quand elle est vide. Pas de baignade, je dois vous avouer que l’eau est aussi froide qu’à Portinho da Arrabida et la température étant carrément plus basse, on se dégonfle. Nous finissons par rentrer tranquillement et nous passons le reste de la soirée à profiter de notre hébergement et à nous reposer. J’ose même vous avouer à demi-mots que je suis tellement épuisée que je n’entends même pas Ludo qui s’explose contre la porte en verre de la salle de bain en pleine nuit 😀

Jour 11

On se lève pour aller prendre le petit-déjeuner. C’est un vrai bonheur. Tout est frais et plusieurs pâtisseries m’ont l’air d’être faites maison. Très grands pouces levés, une fois de plus.

Aujourd’hui, on décide de faire trèèèès doucement et on ne décolle pas avant 13h00. Parce que oui, les vacances, c’est aussi être littéralement absorbée par un très bon Stephen King et dégommer 200 pages en 2 heures, avec le soleil qui me chauffe agréablement les pieds 😛 (je suis positivement terrorisée par ce bouquin – un avion à réaction pourrait se poser dans la cour, que je ne le remarquerais même pas). Ma définition du bonheur, en somme.

Nous décidons finalement d’aller faire un tour en vélo en début d’après-midi. Normalement, on a coutume de dire que chat échaudé craint l’eau froide et l’on pourrait donc croire que notre dernière et terrible expérience à vélo nous aurait découragés (non, je ne parlerai pas des 70km faits entre La Rochelle et Saint-Martin-en-Ré, en plein cagnard, sur un vélo sans vitesses et non autorisé sur l’île de Ré, juste pour manger une glace – qui en valait la peine d’ailleurs, gourmandise, quand tu nous tiens…Je ne parlerai pas non plus de moi en pleurs sur le retour (j’ai une relation très ambivalente avec les vélos), ni des douleurs aux frontières du réel du lendemain…), mais ça serait mal connaître les guerriers intrépides qui sommeillent en nous.

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On dirait un tableau, mais c’est bien réel !

J’en viens tout de suite à la seule ombre au tableau du séjour : c’est très bien que le gîte propose des vélos aux hôtes, mais ça serait encore mieux s’ils étaient en bon état…Un sur les 4 est inutilisable, le mien fait un bruit de vieille boîte de conserve rouillée (et je ne peux passer que 5 vitesses sur 7 et 1 plateau sur 3) et le frein arrière de celui de Ludo lâche en cours de route…On a fait mieux question sécurité. Nous nous lançons tout de même, avec en tête l’idée que la chance sourit aux audacieux (oui, je suis très proverbes aujourd’hui 🙂 ). On décide d’aller tout au bout de la lagune. La région étant très brumeuse, on croise des paysages intéressants. On se croirait tantôt dans un conte fantastique, style ambiance fantomatique.

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Je m’attends à tout moment à voir surgir le Vaisseau Fantôme – Non-Fans de Zelda, passez votre chemin !

J’aime beaucoup ce que je vois. Ça ne ressemble à rien de ce que je connais. On va jusqu’au bout de la lagune, à l’endroit où terre et mer se rencontrent.

Comme je le disais un peu plus haut, le vélo peut me gonfler très vite si je n’ai aucune motivation (ndlr : une très bonne glace par exemple 😛 ) et aujourd’hui, c’est clairement le cas : je peste comme une furie au moindre faux plat. Il faut dire que mon vélo cliquète comme une batterie de casserole et me mène la vie dure. On décide assez rapidement de rebrousser chemin (au bout de 4-5 kilomètres tout de même) pour aller voir l’océan, le vrai, avec plein de vagues.

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Quand on y arrive enfin, il se met à pleuvoir un super crachin, exactement comme celui de chez nous (pour les malheureux qui n’ont pas l’immense plaisir de connaître cette bizarrerie météorologique, c’est la plus fine pluie qui existe, mais aussi celle qui mouille le plus. Allez savoir pourquoi 😉 ). Les vagues se déchaînent. Il y a des courageux qui surfent, mais ça ne sera pas pour nous aujourd’hui.

Ce qu’on sait très bien faire, en revanche, c’est boire un coup. Nous avons la chance de très bien tomber au restaurant-bar Cais de Praia situé sur le front de mer. Ils font d’excellents cocktails, qui font baver un couple de français de la table à côté de la nôtre, qui me demandent avec envie s’il y a de l’alcool dans mon verre, avant de me lancer un sourire contrit quand je réponds par l’affirmative, genre « eh merde, moi aussi j’en aurai bien pris un ». L’idée de consommer de l’alcool à 16h30 à l’air d’horrifier nos deux compatriotes. Nous, ça ne nous fait pas peur pour un sou ! C’est les vacances, hein, faut se lâcher un peu ma bonne dame !

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Petite photo prise sur le chemin du restaurant

On est tellement enthousiasmés par les cocktails, qu’après avoir rangé les presse-purées qui nous servent de biclous (ou les biclous qui nous servent de presse-purées, je ne sais plus très bien 😀 ), on décide d’y retourner le soir pour manger. Je vous le dis tout de go, c’est très bien ! Par contre les portions sont HYPER généreuses, voir trop. Ludo s’enfile une véritable pyramide de Bacalhau, plus il en mange, plus il y a l’air d’en avoir.

Le sujet de l’énormité des portions VS les portugais(es) qui ont un physique des plus standard nous intrigue tellement qu’on finit par demander à notre gentille serveuse si c’est commun pour eux de manger autant. Elle nous explique alors que pas du tout, le grignotage léger étant même plébiscité le soir. Ces plats gargantuesques sont donc très tournés vers les touristes qu’il faut « contenter au maximum ».

Ça me dérange un peu, parce pour nous, c’est définitivement trop. Je me sens mal à l’aise aussi, à cause de l’image que ça donne des touristes. Des ogres qui ne font rien comme tout le monde, pour qui on modifie les traditions, les habitudes. Je crois qu’on devrait tout simplement prendre un pays tel qu’il est. Je le crois profondément. Voyage pour moi, c’est gagner en ouverture d’esprit, parce que ça nous montre nos différences, mais aussi ce qui nous rapproche. Au-delà de ça, on constate bien que cette ville ne vit presque que pour le tourisme ! Pire, il y a tellement de français qu’on pourrait sans problème se croire à Saint-Malo si on ferme les yeux quelques secondes. Je ne vais pas vous mentir, ça m’a un peu gênée, surtout quand on voit le comportement de certaines personnes. Mais ça, j’y reviendrai quand je vous parlerai de Lisbonne.

Notre festin ne nous aura, une fois de plus, pas coûté cher : 50€ pour deux cocktails, un fromage à l’apéro, deux plats, une bouteille de vin et deux cafés. Nous sommes une nouvelle fois ravis de pouvoir laisser un généreux pourboire à la serveuse, qui a l’air étonnée. Les autres voyageurs seraient-ils pingres ?

Jour 12

Ce matin, c’est le jour du départ. J’ai une vraie discussion avec la gérante de la guest house sur la pollution des environs. Elle me confirme ce que je subodorais déjà : il y a un gros problème avec la gestion des déchets dans certaines régions du Portugal. Les touristes polluent, sans aucun doute, mais les locaux aussi. Il y a, selon elle, un énorme travail d’éducation à faire sur la population existante (les pouvoirs publics commencent dorénavant à mettre des actions en place notamment à l’école), mais ce sont surtout les plus âgés qui jettent sans vergogne par habitude et qui sont totalement réfractaires au changement. Elle me confie aussi son désarroi face à l’interdiction qui lui est faite par le ministère de l’environnement de faire creuser une petite piscine, alors que ce même organisme autorise les gros complexes hôteliers à bétonner le littoral sans vergogne et laisse faire au niveau de la pollution. Je lui dirai bien que son établissement est déjà très bien sans piscine, mais je m’abstiens, le sujet a l’air sensible. Un aperçu du monde d’aujourd’hui, qui a décidément bien du mal à faire deux poids-deux mesures.

Nous reprenons le Veau, pour atteindre notre destination finale : Lisbonne…La suite au prochain épisode !

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Le Veau nous observe de son oeil torve

Et vous les ami(e)s, avez-vous déjà visité Foz do Arelho ou les environs ? Quelques tuyaux indispensables sur le Portugal à nous faire partager ? Une impression ? Une envie de parler de vos vacances ? Quoi que vous ayez à dire, vous êtes les bienvenu(e)s ! J’en profite pour remercier celles et ceux qui m’ont laissé de gentils commentaires sous mon dernier article. Ça m’a reboostée, un peu. Je remonte doucement la pente de la confiance grâce à vous. Je vous fais des bisous dans le cou ❤ (rhoo merde Manon, y a des hôtels pour ça, un peu décence !! 😉 )

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un excellent week-end et à vous dire à très très vite. Je vous embrasse (mais pas dans le cou, ça c’est le privilège de ceux qui laissent des commentaires 😛 )

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