Nature

Mon coup de coeur ciné du moment – Okja

Bonjour les amis. C’est une Manon Woodstock partiellement reposée qui s’adresse à vous aujourd’hui. Ces quelques jours de pause m’ont fait réaliser à quel point j’avais besoin de congés. Je tire sur la corde depuis humm – à la louche, je dirais début juin – et j’ai réalisé que mon corps n’en pouvait plus, que mon cerveau n’en pouvait plus. On ne va pas se mentir, 6 mois sans repos, c’est beaucoup, beaucoup trop. Mais nous n’avons pas le choix. Mon cher et tendre ayant fait la grossière erreur de débutant de faire son troisième vœu de congés fin septembre (oui…un vœu de congés…que son adorable et magnanime patron lui accorde – le brave homme !), je vous laisse imaginer que sa hiérarchie a tout de suite validé ce choix hasardeux. J’aurais tellement aimé avoir une toute petite semaine en août…Mais bon, la vie étant ce qu’elle est, je vais devoir me contenter de ce qu’elle nous offre.

Je pense que vous serez ravis d’apprendre que j’ai progressé en géométrie dans l’espace (je suis sûre que mes profs de maths de lycée pleurent de joie en lisant ces lignes, tout en disant à leur conjoint « tu vois chéri(e), c’est pour ça que j’ai toujours voulu enseigner la trigonométrie » – hummm la trigonométrie…Euh Kessessé ??? Me souviens plus 😛 ) et donc en origami, grâce à la grande patience de mon amie Marine Spielberg (j’ai arrêté de penser, je fais tout au feeling dorénavant). J’ai réussi non seulement à faire un très beau casque de samouraï, mais également un cygne et un superbe coq, à faire pâlir les plus grands maîtres en la matière. Quand tu sais faire ce genre de choses, tu es SUR de pouvoir affronter tout ce que la vie mettra sur ton chemin 😀 Ça me met du baume au cœur, même si je suis looooin d’être experte. Réussir à créer un petit animal un peu cagneux avec une simple feuille de papier, ça me vend du rêve. C’était sans compter sur le soutien sans faille de nos hommes : Monsieur Spielberg ayant traité le coq de ma compère « d’otarie » et Monsieur Woodstock – acariâtre au possible – ayant ronchonné à la possibilité que je puisse inonder l’appartement avec mes « machins ». Bande de salauds frustrés (et secrètement jaloux ! 🙂 ).

Origami
Z’avez vu, le cygne de Marine se fait un shot de Tequila 🙂

Alors, alors, la question est sur toutes les lèvres !! Ais-je respecté mon orgie programmée de jeux vidéo, séries et films pendant ce fabuleux et tant attendu week-end de 4 jours ?? Mmm à moitié 🙂 Le seul jour où je l’ai effectivement fait, c’est mardi, où nous avons eu le grand malheur de découvrir la série Dexter (oui, je sais, on se croirait presque dans retour vers le futur – Nom de Zeus Marty, Dexter ???? mais ça a au moins 20 ans ! Tous dans la DeLorean pour aller regarder le premier épisode de la Saison 1 !) – c’est carrément pas neuf, mais elle est coooooool cette série, non ? Ah, c’est le grand problème existentiel de ma vie en ce moment, qui tient en 7 lettres magiques : NETFLIX. Quelle saloperie ce truc ! C’est un peu comme le crack, une fois que tu as testé, tu es accro pour toujours (pas de panique maman, je t’assure qu’il y a autant de cocaïne dans mes veines que de promesses tenues dans les programmes des politiques 😉 ). C’est une alternative tellement séduisante par rapport à la télé, pas de publicité, on regarde ce qu’on veut, quand on veut, c’est la procrastination assurée liberté !!!

J’en profite pour embrayer directement sur le sujet du jour. J’aimerais vous parler d’un très bon film de l’écurie Netflix, que j’ai eu la chance de voir il y a quelques semaines : le bien-nommé Okja, réalisé par Bong Joon Ho (aussi connu pour The Host – que j’ai vu…hum…dans une autre vie, et Snowpiercer – que Ludo m’a fortement déconseillé – « Nul » qu’il a dit. Bon…).

Je ne vais pas spoiler quoi que ce soit (dédicace aux connards dont je ne me souviens plus – mon cerveau a dû refouler l’évènement – qui m’ont dévoilé les fins respectives de Se7en ET de 6ème sens), mais en gros, ce film est un conte plutôt réussi qui nous emmène dans la forêt coréenne, où nous voyons évoluer la jeune Mija, orpheline qui habite dans les montagnes avec son grand-père. Elle est chargée de s’occuper d’Okja, espèce d’hybride entre l’hippopotame et le cochon (qui est, ma foi, plutôt convaincant). On devine très vite que sa relation avec l’animal est très forte : elles sont à la fois mère et fille, sœurs, mais aussi amies. Malheureusement, il s’avère que cette brave Okja est la triste gagnante d’un concours de « super cochon », race brevetée par l’entreprise Mirando (toute ressemblance avec Monsanto est purement fortuite 🙂 ), qui, sous ses airs de firme nickel qui n’a rien à se reprocher, abrite l’usine de l’horreur. Elle matraque la population d’un greenwashing à faire pâlir les plus ignobles multinationales, envoyant à qui veut bien les regarder des images de « cochons tout contents qui gambadent dans la nature, plus bio que bio », mais on découvre en parallèle que la firme ne souhaite qu’une chose : produire à la chaîne de la viande rentable, dans des fermes type « 1000 vaches », où les cochons sont forcés de se reproduire à la chaîne et sont abattus tout aussi sec. Okja est donc amenée à New York pour une remise de prix en grande pompe où l’on croise des militants de la cause animale pas tout nets mais aussi un médecin cocaïné totalement barré (coucou Jake Gyllenhaal en sur-jeu total). Mija se lance à la recherche de sa grande amie avec un seul objectif : la ramener dans les montagnes. Je n’en dis pas plus.

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Okja et Mija

Inutile de préciser que j’ai beaucoup aimé ce film. Il a des défauts indéniables : j’ai beaucoup moins accroché avec la partie tournée en ville et j’ai trouvé que certains acteurs en faisant un poil trop (un baobab trop pour notre ami Jake, qui ferait mieux de prendre quelques jours de congés – Mec, je vais te dire, quand des inconnus comme les Woodstock commencent à inventer le jeu du « Devine qui joue dans ce film » avec pour unique réponse « Jake Gyllenhaal » et que ça tombe juste 80% du temps, c’est qu’il est temps de disparaître quelque temps ! 😉 Non, mais j’vous jure ! Insatiable ce type !). Globalement, j’ai trouvé ce long-métrage très poétique, très sincère dans ce qu’il avait à dire. J’ai également beaucoup aimé l’héroïne, d’une clairvoyance rare pour son jeune âge, qui ne cherche pas à sauver le monde de manière grandiloquente, mais qui veut simplement que son cochon revienne auprès d’elle. Elle ne joue pas dans ce film, elle le traverse, majestueusement.

J’ai trouvé très intéressant la façon dont le réalisateur traite la mascarade permanente des médias, qui nous vendent du beau, du rose, alors qu’en arrière-plan tout est plus que dégueulasse. Ça illustre parfaitement l’attitude de ces entreprises qui cherchent à se donner le beau rôle, mais qui se fichent de l’écologie comme d’une guigne.

Pour être tout à fait honnête, ce film nous met le nez dans notre caca, ni plus ni moins. Nous en sommes arrivés au point où c’est nécessaire. Il nous force à regarder bien en face ce qu’on fait mine de ne pas voir.

Le cochon est un animal plus intelligent que le chien, c’est scientifiquement prouvé. Je vous invite à aller consulter quelques informations intéressantes sur le site de L214 : (https://www.l214.com/cochons/intelligence-et-vie-sociale). Les cochons comprennent apparemment plus vite que les chimpanzés comment fonctionne un ordinateur. Et on les bouffe sans sourciller. Ça calme. Pour avoir vu certaines vidéos récentes de L214, je peux même affirmer qu’on les torture avant de les tuer. Alors de deux choses l’une, je vous le dis cash et ça va peut-être en choquer certains (à vrai dire, je m’en tamponne un peu, je suis pas vraiment là pour tondre la pelouse), les gens qui s’offusquent de ces horribles asiatiques qui osent se délecter de leur animal préféré tout en mangeant goulûment un travers de porc, je ne leur fais plus de cadeau. En quoi manger du chien ou du chat (et dieu sait que j’adore et respecte beaucoup les deux) est plus horrible que de manger du cochon ? Tout ce que nous avons fait pour nous dédouaner, c’est désacraliser cet animal, en perpétuant une image de saleté, de bêtise et d’impureté (ce qui est totalement faux soit dit en passant). Nous sommes d’une hypocrisie sans nom, une fois de plus.pig-927550_960_720

Je ne vais pas faire la sainte nitouche avec vous, je ne suis pas végétarienne. Je mange de la viande. Mais depuis quelques temps, je m’interroge. Je trouve que l’élevage industriel est une des pires choses inventées par l’humanité. Certaines scènes du film m’ont vraiment dérangée et pratiquement émue aux larmes. On a déjà eu ce débat avec Ludo ; nous nous sommes même mutuellement posé la question : « Si on élevait des animaux pour les manger, serait-on capables de les tuer ? ». Bien sûr que non. L’espèce humaine a toujours chassé l’animal pour le manger, mais je trouve qu’entre-temps on a perdu quelque chose d’essentiel : le respect de la vie qu’il y a en face de nous (sans tomber dans des débats pro life complètement stériles – en tant que féministe, je suis même pro choice à fond – mais j’estime que quand un être vivant est né sur terre, il a le droit d’être là et d’avoir une vie digne). Il me semble que les sociétés primitives étaient plus avancées que nous sur ce point : ils utilisaient la moindre partie de l’animal tué (que ce soit pour fabriquer des vêtements ou des ustensiles), faisaient des cérémonies en son honneur et ne pratiquaient aucun gaspillage.

Aujourd’hui, nous en sommes à considérer les animaux comme des choses, corvéables à merci et prêtes à satisfaire nos besoins culinaires en claquant des doigts. Parce qu’on en veut plus, toujours plus. On se planque derrière le paravent de « c’est la nature, c’est comme ça » ou « les animaux sont cruels et mangent de la viande eux aussi ». Moi je dis une seule chose : ce n’est pas parce que le voisin a chié sur le paillasson qu’il faut faire pareil. On a les moyens de se distinguer, de faire les choses bien, mais on le ne fait pas. Basta. L’éternel problème des êtres humains : nous sommes absolument incapables de nous remettre en question.

Je ne suis pas encore végétarienne, mais tout laisse à penser que je vais finir par le devenir un jour. Je ne dis pas que c’est la solution et que ça va sauver le monde, le végétarisme ayant aussi ses dérives (monocultures intensives, risques cardiovasculaires si le régime est trop salé, etc.), mais ça sera certainement plus en accord avec mes valeurs. En attendant, je continuer à diminuer drastiquement la viande, en attendant d’avoir le courage d’arrêter définitivement.

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Exemple hyper soft d’une exploitation pratiquant l’élevage intensif

Et vous cher(e)s lecteurs(rices), avez-vous vu Okja ? Qu’en avez-vous pensé ? Je suis intéressée d’avoir l’avis de ceux qui n’ont pas aimé. Dans tous les cas, végétariens ou pas, je vous encourage vivement à regarder ce film et à vous faire votre propre avis. J’attends vos commentaires comme un ado boutonneux attend son premier roulage de pelle, je ne peux pas tenir un jour de plus !!!! 😉

Voilà pour aujourd’hui les enfants, j’espère que ce billet qui change un peu vous a plu. Je m’apprête à passer un excellent week-end de 2 jours (comment ça deux jours ???? Et pourquoi pas 4 ??? Tout doux Manon, tout doux, les vacances, c’est dans 3 semaines et…pour 3 semaines !! 😀 ) et j’espère que le vôtre sera tout aussi reposant et fun que le mien. Souhaitez-moi bonne chance pour la fabuleuse brocante que je vais faire dimanche (les Woodstock sont en effet de grands collectionneurs d’objets anciens en lien avec l’absinthe, capables de se lever aux aurores pour une affiche publicitaire) et espérons conjurer la malédiction terrible qui nous a été jetée – comme dirait sobrement Ludo « 2017, c’est pas notre année ». Des bisous dans le cou les gens !

PS : je me rends compte que ça fait une véritable paye que je ne vous ai pas fait profiter de ma schizophrénie musicale transitoire. Une bonne vieille chanson de merde en tête pour commencer le week-end, ça vous dit ? Attention, du très très lourd aujourd’hui, que tu fredonneras encore dimanche soir et dont tu auras encore plus de mal à te débarrasser que le vieux chewing-gum collé sous ta basket depuis 2005 ? C’est parti, ça va brûler les oreilles et le cerveau…….BA…BA…Bazardée !!!!! Elle est bazardée !!

4 réflexions au sujet de “Mon coup de coeur ciné du moment – Okja”

  1. C’est cool que ce film t’ai permis de te remettre en question sur certaines choses !
    J’ai vraiment aimé Okja aussi, j’en ai pleuré. Mais un tout petit peu déçue par l’aspect spéciste. C’est ok de manger du poisson ou du poulet mais pas Okja. Parce qu’elle s’y est attachée. M’enfin sinon, ça permet de se rendre compte de l’atrocité de l’exploitation animale.

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    1. Hello 🙂 Merci pour ton commentaire ! Disons que je m’étais déjà remise en question bien avant le film, mais ça n’a fait que renforcer mes interrogations. Moi j’ai beaucoup aimé le côté très terre à terre du film. La jeune fille n’est pas militante, ne le sera surement jamais (comme beaucoup de monde), mais elle fait avancer les choses à sa manière, même si ce n’est pas parfait. Très belle journée à toi !

      Aimé par 1 personne

  2. Ah, ce film me tente vraiment beaucoup, mais j’ai peur de le regarder… A vrai dire, j’ai arrêté en fin d’année dernière de regarder des trucs racontant la souffrance animale parce que ça me faisait du mal pour rien (quand je dis pour rien, c’est parce que je ne suis plus de ceux qu’il faut convaincre, vu que j’ai arrêté de manger les autres êtres vivants – ce qui ne veut pas dire que je me suis mise à la viande humaine hein, soyons clairs – nan parce que quand on est végé, le moindre mot un peu de travers peut causer notre condamnation sans procès, alors on se met à faire très attention – désolée – si tu veux de la schizophrénie, en voilà ^^’).
    Puis maintenant je ne sais ENCORE plus où je voulais en venir (je me fatigue moi-même).
    Ah oui. Bref, je me tâte depuis sa sortie à le regarder parce que j’ai peur de passer mon temps à chialer. Mais je vais peut-être tenter le coup, tu me donnes envie 🙂
    Je ne ferai même pas de commentaire sur Netflix, je suis dans le même cas que toi. ça me désespère.
    Pour ce qui est du végétarisme, évidement, je ne peux que t’encourager ^^ Mais ça ne peut marcher que si tu l’as décidé TOI, pour toi, avec TES raisons et TES arguments. Personne ne peut et n’a le droit de te pousser à aller dans un sens ou dans l’autre. Mais vu où en est ta réflexion à ce sujet, ça ne m’étonnerait pas que tu y viennes dans pas si longtemps 😉 En tout cas, MERCI pour ces paroles sensées 🙂 Par contre si je puis me permettre, l’argument des monocultures intensives dans le cas d’une alimentation végétale est encore moins pertinent que quand on parle de l’élevage animal, et quant aux risques cardiovasculaire dans le cas d’un régime trop salé, ils sont, à mon avis, bien plus présents dans les régimes omni où l’on mange, entre autres, de la bonne vieille charcut’ à 50% de gras / 50% de sel ^^ Mais bon, oui, il existe des risques de faire n’importe quoi en mangeant végé, mais c’est pas pire que quand on mange de la bidoche promis 😛
    Sur ce, je retourne faire semblant de travailler intensément… Bisous !

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    1. Hello Suny, Merci pour ton commentaire ! Je suis morte de rire « je retourne faire semblant de travailler intensément » xD Tu viens de résumer ma vie en quelques mots !! Je comprends ton ressenti, j’assiste très régulièrement à des mises au pilori en règle de personnes végétariennes qui n’ont absolument rien demandé. Elles se font agresser par les mangeurs de viandes – j’ai nommé l’escouade des donneurs de leçons – qui s’empressent de pointer la moindre contradiction chez eux…ah…l’espèce humaine, qui aime tant se moquer des différences et/ou des efforts des autres, sans s’auto-analyser ni se remettre en question une seule seconde…En tout cas, ne t’inquiètes pas, je suis un mangeuse de viande amie des végétariens (et des cannibales ? – tout le monde fait ce qu’il veut après tout). On compte se lancer un défi végétarien pendant 1 mois avec Ludo dès notre retour de vacances. Et si je me sens de continuer, je continuerai ! On verra, je ne fais pas de plans sur la comète. Pour ce qui est du régime végétarien, je pense qu’il ne faut tout simplement pas tomber dans les extrêmes. Il faut manger varié. On est tout à fait d’accord que l’élevage intensif est une aberration, et que l’alimentation transformée et hyper salée est beaucoup plus présente dans le régime avec viande. Trop de tout n’est pas bon pour la santé, dans tous les cas. Mais je trouverai toujours plus honnête de tuer dignement et sans douleur un animal qui a vécu une belle vie (j’entends longue) en plein air, plutôt que de les élever en batterie où ils sont debouts toute leur vie, à produire, produire pour notre plaisir jusqu’à en crever. En tout cas, je te conseille vraiment le film qui est vraiment tout doux, surtout dans sa partie conte. La fin est un peu difficile, mais tu vas y arriver petit scarabée ! Je crois en toi 😉 Très bon week end à toi !
      Des bisous

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