Pfiou, quel épuisement aujourd’hui les enfants. Je suis pressée, vidée, essorée telle une vieille orange en fin de vie. Même Tropicana ne voudrait pas moi.

J’ai passé une PURE nuit de merde dans la nuit de dimanche à lundi. Le genre de nuit où, à 3h30 du matin, tu pries de toutes tes forces pour que le sommeil vienne et prenne enfin le dessus sur l’angoisse gigantesque qui te cloue au lit. Il te reste 2 malheureuses heures de sommeil, il faut y aller, maintenant ! Ne pas louper le coche ! Tu invoques Nounours, Nicolas et Pimprenelle, le marchand de sable, tu te chantes même le générique, mais ça ne marche pas (soit dit en passant, j’ai toujours trouvé ça curieux d’associer le sommeil à un vieux pervers qui te balance du sable dans les yeux, mais bon, c’est pas moi qui créé les légendes…) !

Pas envie d’y retourner. TELLEMENT pas envie d’y retourner.

Je suis dans un état d’épuisement proche de la limite. La fatigue me colle à la peau. Quoi que je fasse, je n’arrive plus à m’en débarrasser. Je suis épuisée. Tout le temps.

Certain(e)s doivent se dire « Bof ! Qu’est-ce qu’elle y connait à la fatigue celle-là ? 26 ans, sans enfants et ça se plaint déjà ? ». Je ne dis pas que d’autres ne sont pas dans un état bien pire que le mien. Je ne le prétendrai jamais. Mais je vais vous dire une chose : quand on consacre 40 heures + 15 heures de transport par semaine (sans heures sup’ et sans retards de la SNCF, autrement dit une fois tous les tremblements de terre) à un boulot qui n’a absolument aucun sens, une fatigue beaucoup plus insidieuse prend le dessus : la fatigue mentale. Mon cerveau freine en permanence des 4 fers et j’ai la perpétuelle impression de m’auto-traîner. Ça fait des semaines que je marche sur le fil du rasoir. Que je me dis « allez, plus que deux mois avant les vacances ».

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Je ne pars pas là, hein, mon blog ne me rapporte pas assez de royalties 😉

Ce matin, la fatigue a tellement pris le dessus, que je me suis tout simplement dit « je ne tiendrai pas les 7 semaines restantes, je vais m’effondrer avant ». J’ai atteint un niveau de frustration complètement inédit : je fais un boulot de dingue, je me démène comme un beau diable mais tout le monde s’en tamponne le coquillard. C’est tout juste si on m’adresse un regard. Saupoudrez quelques petites pincées de collègue qui passe sa mauvaise humeur sur moi et vous obtenez la recette miracle. Celle pour péter les plombs. Burnout ? Vous avez dit burnout ?

Le plus rageant dans tout ça, c’est que je n’ai même pas le courage d’écrire autre chose. Mon cerveau s’est comme « mis en veille ». Erreur 404 Not Found. Ça ira peut-être mieux demain, ou peut-être pas. Ecrire ces quelques lignes déprimantes m’ont déjà demandé tellement d’efforts.

J’ai vraiment hésité à poster mon coup de mou, mais ce matin, je me suis dit « Que Diable !! (Ouiiiii, il y a encore des gens qui utilisent cette expression 😀 ) Tu vas le poster, tout simplement parce que ça vient de toi, comme tout le reste ». Cependant, pour ne pas perdre intégralement mon lectorat, je vais vous faire une promesse solennelle: je referai tout plein de blagues vendredi, c’est promis. Aujourd’hui, je n’ai juste pas la tête à ça.

Je ne vous ai jamais caché qu’il y avait un envers du décor Manon Woodstock. Je ne suis pas toujours la personne gaie, délurée et positive que je donne parfois l’impression d’être. Il y a des moments où c’est même carrément la loose. Je suis comme tout le monde en somme (oui je sais, vous êtes très déçus 😛 ), j’ai mes jours avec et mes jours sans.

Je suis obligée de rester dans ce travail qui ne me plait pas pour le moment. Parce que si je m’en vais, ça veut dire reporter encore et encore des choses qui me tiennent à cœur. Et je ne vais pas tout reporter toute ma vie. Je sais que je serai partie prochainement. Que le plus dur est déjà loin derrière moi. Que ce boulot, c’est de l’alimentaire assumé. Mais bon sang, qu’est-ce que c’est frustrant. Et je gère de moins en moins. C’est tellement rageant de devoir mettre autant d’énergie dans quelque chose qui a si peu de valeur à mes yeux, et de mettre mes dernières forces dans ce qui m’apporte beaucoup, comme mon blog. C’est un peu comme si j’étais « dans le mauvais sens ». Je bouffe une énergie de dingue à faire des choses qui me rendent malheureuse, ce qui me laisse à peine le courage d’entreprendre tout le reste.

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Même pas le courage de chercher des illustrations…Dites ! J’espère que vous m’aimerez toujours vendredi – Coucou Freud, oui, je sais, je manque de confiance en moi !

Je savais pourtant qu’il fallait être vraiment costaud pour passer la frontière tous les jours. Ce n’est pas comme si je ne l’avais jamais fait avant. Mais là, je me rends parfaitement compte à quel point mon corps ne suit plus.

Certain(e)s me diront que j’ai de la chance, que j’ai un travail, que je devrais arrêter de me plaindre. Alors oui, je suis hyper reconnaissante d’avoir un toit sur la tête et un frigo rempli, c’est un luxe que je mesure parfaitement. Mais franchement, se tuer à la tâche et se rendre malade pour un truc qu’on déteste faire et qui n’apporte absolument rien à la société, je ne vois pas où est l’intérêt. Tu peux le prendre ! Je te le laisse !

J’ai l’impression générale de gâcher mes talents. Je traine des pieds pour me lever le matin. Je suis en permanence entourée de gens qui n’arrêtent pas de se plaindre (et ce, même dans les transports en commun, je commence à me demander s’il y a une seule personne heureuse de travailler au Luxembourg). Je ne me réalise pas. Ça viendra, mais l’épuisement me rend impatiente et ronchon.

Je vous aurai probablement pondu un nouvel article joyeux et irrévérencieux avant la fin de la semaine, mais pas aujourd’hui. Je n’ai pas le cœur à ça. Au fond de moi, je sais que des millions d’autres gens sont dans mon cas. Et je me dis juste : quel affreux gaspillage dans ce monde, où on ne fait finalement que passer. Au final, je réalise que j’ai encore pas mal de taf à faire sur moi-même et c’est assez positif 😉

J’ai hâte d’être à dans quelques temps, quand je pourrai rire de toutes ces périodes noires où j’ai douté et où je me suis sentie impuissante. J’ai beaucoup écrit depuis hier. C’est mon remède pour revoir la vie en rose. Il faut que je dorme autant que je peux et que je prenne soin de moi. Je vais méditer, me retaper (peut-être même me regarder un navet à la télé avec un bon vieux pot de glace des familles) et revenir au meilleur de ma forme vendredi ! Je vous embrasse ! Souhaitez-moi bonne chance pour ma cure de jouvence express. J’avais dit quoi il y a quelques articles ? Ah oui, petit mouton qui ne gambade pas aujourd’hui, gambadera demain !

PS: Pour la première fois depuis longtemps, j’ai fait court !!! Incroyable mais vrai !!!! 😀 Encore une preuve que tout peut arriver dans la vie !