Nature

Plaidoyer pour l’arrêt du jet d’ordures aux quatre vents

Petite scène de la vie ordinaire. Je vous brosse le tableau d’un soir comme tous les autres, où, après 30 bonnes minutes de « commuting » (qu’on pourrait traduire par jonglage bordélique entre les transports en commun 😛 « On marche – on prend un bus – on remarche – on change de bus – on re-remarche ») pour arriver jusqu’à mon vénéré train de 17h13 (ou celui de 16h57 quand je tape un sprint à faire pâlir Usain Bolt), j’ai fini par m’avachir dans un fauteuil de mon TER tel un gros phoque essoufflé. 2149476121_b8628761b2

Quelques minutes après, une dame a fait de même, sauf qu’elle – la chanceuse – avait un petit croissant à la main entouré d’une serviette en papier. Mais là, ce fut le drame, la petite serviette a chu, virevolté au ralenti comme dans les films catastrophe et fini sa course majestueuse par terre, zone de non-droit où transitent les affreux méchants microbes de train, gale, peste bubonique, choléra, grippe espagnole et j’en passe (c’est pas moi qui le dit, c’est les autres – mysophobie générale bonjour !). Et je ne sais pas pourquoi, mais entre le moment où elle a laissé échapper la serviette et celui où cette dernière a atteint le sol, j’ai tiqué. J’ai flairé le mauvais comportement à 100KM. J’ai donc attendu, tapie dans les hautes herbes tel un félin de la savane, pour voir si elle allait se décider à ramasser son maudit déchet. Vous vous doutez, en grande parloteuse que je suis, que si comportement civique il y avait eu, mon article s’arrêterait là et vous seriez tous très tristes (SI ! JE LE SAIS 😉 )

Eh ben non, penses-tu ! Cette cornichonne (oui, madame, si d’aventure vous vous reconnaissez, vous êtes une cornichonne, sachez-le !!!!) a raclé du sabot tel un poney mal luné et a subrepticement « glissé la poussière sous le tapis » – c’est-à-dire la serviette sous le fauteuil. J’ai personnellement oscillé entre l’étonnement, la sidération, la colère et l’atterrement ; j’ai fait des allers-retours, tel un pendule bipolaire, entre des fantasmes où je lui faisais bouffer la serviette et d’autres où j’allais la ramasser ostensiblement en la fusillant du regard. Et puis j’ai lâché. C’était certainement une autre de ces journées où les clients et mes supérieurs m’avait fait chier non-stop, et où je me suis dit « je ne survivrai pas à un esclandre dans le train, j’abandonne ». Parce que oui, ça aurait inévitablement viré au pugilat.

Cette dame n’avait absolument aucune excuse, elle n’avait pas à laisser ses saletés dans le train, et dieu sait qu’elle m’avait l’air pourtant bien pourvue de 2 bras avec 2 mains au bout. Le concept de ramasser lui était-il inconnu ? Il y a pourtant des poubelles tous les 10 mètres dans ce fichu train. Quoi qu’il en soit, elle avait tort et j’aurai eu raison de l’alpaguer. Mais qui se serait fait hurler dessus par une hystérique ? Probablement moi (oui, bon, vous pouvez le dire, j’ai été une vraie lavette sur ce coup, j’avoue 😛 ). Le grand souci, c’est que l’espèce humaine, dans sa globalité, ne se laisse pas dire grand-chose, même quand elle est dans l’erreur la plus flagrante. Le monde marche sur la tête. Mais bon, ça, vous le savez déjà.

Autre épisode de la vie courante. Arrivée à la gare de Thionville suite à mon pèlerinage quotidien (oui, à partir de 3h00 par jour de transports en commun, je me sens en droit d’utiliser le mot « pèlerinage » 🙂 ), nous nous précipitons vers nos voitures tels des moutons en fin de transhumance, quand je vois un de mes compères, enlever délicatement deux prospectus glissés amoureusement sous son essuie-glace, ne pas leur jeter un seul regard, les balancer au vent sans sourciller une seconde, monter dans sa voiture et démarrer au quart de tour. Mon sang n’a fait qu’un tour ! S’il n’était pas parti si vite, j’aurais été lui dire deux mots à ce crétin. Le parking de la gare est un véritable dépotoir à ciel ouvert et certaines personnes, maso jusqu’au bout, en rajoutent une couche de manière systématique.

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Parking-décharge de la gare de Thionville

Je ne sais pas ce qui est pire dans cette histoire, que les gens aient atteint des degrés d’irresponsabilité et d’immaturité tels qu’ils ne se préoccupent même plus de ce qu’ils laissent derrière eux, ou le fait que c’est moi qui passe pour une écolo fêlée et extrémiste qui exagère. Et si on listait ensemble les arguments les plus débiles des pollueurs du quotidien ?

  • « Il y a si peu de poubelles ». Ouin Ouin. Ce n’est quand même pas compliqué d’attendre d’en croiser une ! Il est vrai que certains sites ont des efforts à faire en ce qui concerne leur nombre et la présence de bacs différenciés (papier, recyclables, déchets), mais faire croire que c’est l’unique raison est, à mon sens, une tentative pitoyable de certains de camoufler leur irrespect ainsi que leur manque de civisme et d’éducation.
  • « Ça résorbe le chômage ». Dans la liste des faux-arguments, il y en a un qui me fait dresser les cheveux sur le crâne. Si d’aventure vous engueulez quelqu’un qui a balancé un papier par terre, à peu près 2 à 3 fois sur dix, on va rentrer dans le débat absolument hallucinant du « non, mais attendez, ça créé de l’emploi ». WHAAAT ?!? Quand on me sort ça, je deviens immanquablement folle furieuse. Vous croyez que les technicien(ne)s de surface prennent du plaisir à passer derrière vous et à ramasser vos merdes ? Que c’est l’ambition de toute leur vie, que grâce à vous ils ont du travail et que c’est trop génial ? Je vais vous dire une chose, j’admire ces personnes. On devrait être obligés de leur faciliter la vie. Pas plus tard que le mois dernier, je me suis encore remise en question vis-à-vis de ça. Dans les bureaux, c’est monnaie courante de laisser traîner sa tasse à café pour que les femmes/hommes de ménage les mettent au lave-vaisselle en fin de journée. Et bien je me suis mis un bon coup de pied au derrière. Si je suis née avec deux bras, deux jambes et un cerveau, c’est que je dois être capable d’y mettre ma tasse moi-même. Et peu importe les réflexions des autres « attend, c’est leur travail », je m’en moque. Ça se passe entre ma conscience et moi.
  • « Ces salauds de jeunes ». Ce qui me fait plutôt marrer, c’est que j’entends dire partout que les jeunes ne respectent plus rien, et que c’est certainement eux qui balancent tout à tort et à travers (LOL – excuse bidon n°1547). Je vais vous dévoiler un gros scoop, ce non-respect ne se déclare pas ex-nihilo, comme ça – on se la fait à la Grey’s Anatomy: « Désolée Madame, on a trouvé une grave maladie à votre enfant, il souffre du syndrome aléatoire d’irrespect » « Noooonn Derek, pourquoiiiii ??? Nous sommes pourtant si polis !!!! » «Vite, chariot de réa, il convulse !!!! » – un gamin qui manque de respect prend, à part cas très particulier, exemple sur des adultes qui ne respectent pas grand-chose non plus et qui se cachent derrière de faux arguments hypocrites. Si vous montrez les bons gestes à vos enfants ou que vous les corrigez quand ils font mal, il y a de grandes chances pour qu’ils deviennent des citoyens corrects. Il faut dire à vos enfants qu’on ne jette ni un mouchoir aux quatre vents, ni une bouteille en plastique en pleine nature. Ça va bien se passer, vous verrez !

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    Parking de la gare de Thionville – La suite

Je ne comprends pas la logique des gens qui balancent. Je ne comprends pas. Point. Il n’y a rien à dire d’autre. J’ai déjà retourné le problème un million de fois dans ma tête, fait des expériences inédites – genre incantation vaudou – où j’essaye de me mettre dans la tête de ces personnes qui sèment les ordures derrière eux. Je n’y arrive pas. Serait-ce une connexion synaptique qui se fait mal chez eux ? Une défaillance sur une série d’humains (vous savez, comme sur les voitures) ?

Ce qui me rend folle de rage, c’est quand ça se passe sur les sites protégés ou dans les plus beaux endroits de la terre. Il est grand temps de pratiquer le tourisme responsable, si on veut que nos enfants puissent admirer les mêmes merveilles que nous, dans le même état que nous. L’année dernière, lors de notre périple en Irlande, nous avons visité le parc naturel de Glenveagh. Je ne vous raconte pas la beauté du lieu. Une merveille sauvage. Des lacs gigantesques, de la forêt tortueuse, des montagnes, des cascades, du beau à l’état brut. A la fin de la randonnée, j’ai voulu tremper mes petits petons endoloris par 15KM de marche soutenue dans la fraîcheur du lac. J’ai donc déposé mes chaussures entre deux grosses pierres et quelle ne fut pas ma stupeur quand j’ai découvert que c’était une véritable poubelle, bouteilles de soda, plastiques de sandwich, mouchoirs et j’en passe. Mais BON SANG C’EST LE PARADIS SUR TERRE, A QUOI PENSENT DONC LES GENS ???

On y est pourtant arrivé avec Ludo ! Nous avons fait un super pique-nique sur les rochers d’une rivière, sandwichs improvisés avec le buffet du petit-dej du matin dans une main (bacon, tomate rôtie, cheddar et yaourt à la vanille, une merveille, je vous le conseille 😀 ), Guinness dans l’autre. Posés quoi. Est-ce qu’on a pour autant tout balancé dans le lit de la rivière genre « on s’en bat les reins » ? Certainement pas. On a découvert (c’est OUF !) que nos déchets pouvaient patienter dans nos sacs à dos le temps qu’on trouve une poubelle. Et on est pourtant pas sortis de Saint-Cyr. Ce n’est quand même pas compliqué !

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Parc National de Glenveagh –  La photo rend à peine justice à la beauté du lieu

Pour vous résumer ma pensée en 5 mots, je ne suis pas contente. Pas du tout. Ce qui me semble être un problème simplissime à régler est encore impensable pour beaucoup de nos congénères. Et c’est juste super soûlant. Je crois donc que quelques recommandations ne feront pas de mal :

  • Si vous avez en votre possession une bouteille vide, un emballage plastique, un mouchoir, une serviette hygiénique, une couche, une capote usagée (oui, j’ai à peu près tout vu, les gens sont de vrais porcs), vous mettez ça gentiment dans votre sac ou dans ce formidable repli de tissu situé au niveau de vos hauts de cuisses (WAOUH, mais qu’est-ce ? INCROYABLE !! UNE POCHE ? Merci Manon, j’en reste baba 😉 ) et dites-vous bien une chose, ce n’est pas parce que vous n’avez pas envie de vous salir que le reste du monde doit être dégueulasse.
  • Pour les randonnées ou les sorties, gardez un petit sac sur vous qui fera office de poubelle (que vous pourrez vider par la suite) ; dans les autres cas, gardez vos déchets dans vos poches ou vos sacs, jetez-les immédiatement dans un container approprié si c’est impossible.
  • Arrêtez de faire vos faignasses et allez à la déchetterie ! Voir des dépôts d’ordures sauvages en bordure de route et dans les forêts, ce n’est plus possible ! Il y a des endroits pour ça ! Alors bougez vos fesses et motivez-vous à faire les choses correctement.
  • Apprenez les bons gestes à vos gamins. Regardez-les, extasiez-vous (ça ne fait pas de mal) et dites-vous que vous voulez leur laisser un monde plus sympa que vous ne l’avez trouvé.
  • N’hésitez pas à engueuler les personnes qui prennent les rues, les forêts, les plages, la nature pour une décharge à ciel ouvert. L’être humain est profondément con, s’il ne se fait pas allumer, il continuera encore et encore à reproduire des comportements qui sont nuisibles pour tout le monde. C’est malheureux, mais qui ne dit mot consent.
  • Réduisez vos déchets en achetant en vrac et en privilégiant les contenants et les matières réutilisables. Une gourde pour l’eau, un tupperware pour vos sandwichs et le tour est joué ! Tout est possible si on se creuse un peu le ciboulot.

Et vous les amis, que vous inspire mon article ? Êtes-vous un(e) ancien jeteur/ jeteuse repenti(e) ? Quelles astuces appliquez-vous au quotidien ? Quelle attitude adoptez-vous face aux personnes irrespectueuses ?

Voilà pour le petit plaidoyer du jour, j’espère que mon message sera entendu et que certain(e)s se questionneront. Les déchets jetés dans la nature rendent notre monde laid et bon sang, on a besoin de beau. De vrai beau.

Je vous laisse sur ces bonnes paroles (enfin bonnes…du moins, je l’espère 🙂 ) pour reprendre le fil de ma semaine et de mon (trèèès long) final countdown avant mes congés (plus que 7 semaines à la fin de celle-ci – Pitié, donnez-moi la force !!). Des bisous. A très vite !

7 réflexions au sujet de “Plaidoyer pour l’arrêt du jet d’ordures aux quatre vents”

  1. Oui et mes petits fils qui habitent pres d une plage vont faire des journees de ramassage pour les feignasses degueulasses ( j aime bien, ça rime…. meme si j aime pas parce que ça rime a rien )… et grace a l incivilité des autres quand je promene mes chiens je suis fusillee du regard alors que meme a la campagne j ai mes sacacaca , (on s habitue tres vite a les utiliser en pensant a autre chose)… ouf ça fait du bien de lire et d ecrire tout ça. Merciiiiiii

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    1. Merci pour ton commentaire 🙂 Eh oui, c’est triste qu’on en soit au point où il faut que certains prennent sur leur temps pour ramasser les immondices des autres. Pour l’histoire des chiens, je n’en ai pas personnellement, mais à chaque fois que j’ai promené un toutou de la famille, ça m’a toujours semblé parfaitement logique de ramasser ! C’est juste le respect le plus élémentaire ! Belle journée à toi

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  2. AMEN !!
    Il m’est arrivé le même truc début juillet : un mec qui discutait avec une meuf, il avait son mégot dans la main comme s’il le gardait pour le jeter quand il trouverait une poubelle ou un cendrier, et là, ni vu ni connu (enfin si, par moi), il joint ses mains dans son dos et pouf, le mégot dégage dans la pelouse, à ses pieds. C’est la bouche et les yeux grand ouverts que j’ai fait le calcul de son cul de gros dégueulasse (pardon, moi aussi ça m’énerve ces gens) jusqu’au cendrier/poubelle : 2m17 (approximativement), pile face à lui (même pas dans son dos !). Putain, il avait le truc sous les yeux, il avait trois pas à faire ce gros teubé !! Sincèrement, si on avait pas été en train d’attendre qu’un de nos potes se fasse incinérer, je me serais lâchée. Mais bon, là, c’était clairement pas le bon moment ^^ »
    Mais bref, ô combien je te comprends et je suis d’accord avec toi ! Des fois, ça me donne envie de m’arracher les cheveux et de faire des tours complets avec ma tête.

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    1. Bonjour Suny, merci pour ton commentaire ! Ce que les gens ont vraiment du mal à comprendre, c’est que si tout le monde adopte le même comportement, on ne va pas s’en sortir ! Et comme tu dis, la plupart du temps, ces gestes sont faits par fainéantise pure ! Après, plus j’y pense et plus je suis en train de me créer une tactique d’attaque. L’énervement est-il la solution ? Je pense plutôt opter pour un bon gros foutage de honte ! Il faudra que je teste 😉 Belle journée à toi

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