Cuisine

Les fruits et légumes de juillet

Ce matin, c’est une Manon Woodstock particulièrement chouin-chouin qui vous parle. Vous n’êtes sans doute pas sans le savoir, il y a des jours où les papillons volent et les petits moutons sautillent joyeusement dans la prairie. Et puis il y a ceux, particulièrement pénibles, où les jolies fleurs fanent et où un méchant psychopathe arrive et découpe le petit mouton à la tronçonneuse, tout en arborant un sourire inquiétant. Totalement le genre de journée que je m’apprête à passer aujourd’hui.

Oh…vous le connaissez aussi, ce moment. Celui où, pied à peine posé hors du lit, vous savez que vous allez passer une bonne grosse journée de merde. L’odeur dans l’air est différente, le soleil n’éclaire pas pareil. J’ai peut-être tout le temps l’air guillerette, mais croyez-moi, il y a des matins où c’est pourtant carrément la loose.

L’énorme différence avec Manon Woodstock 1.0 réside dans la façon de gérer ces moments de moins bien. Avant, je me renfermais sur moi-même genre « laissez-moi tranquille, je veux partir loin et réfléchir dans le noir, toute seule au fond d’une grotte ». Hyper productif, n’est-il pas 😉 ? Maintenant, je n’hésite plus à me mettre une grosse baffe.

Quand l’heure de la (plus que bienvenue) pause déjeuner a sonné, j’ai été tentée par le repli « crustacé style ». Mon double ramolasse a essayé de m’aspirer de toutes ses forces « Viens, on va s’isoler dans une pièce pour lire un peu » – Oui, je sais, c’est très Smeagol, mes deux personnalités communiquent et je le vis plutôt bien – mais le Gollum qui est en moi a non seulement refusé en bloc, mais m’a aussi convaincue de me remuer un peu les paquets de gelée qui me servent de fesses (roooohh, je suis dure avec moi-même, après un an d’escalade, j’ai le droit de dire demi-paquets de gelée 😛 ).

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Je suis sortie et j’ai filé me promener dans le refuge qu’est devenu le parc Reimerwee. La nature était si belle, si paisible, que je me suis tout de suite sentie mieux. J’ai pris de belles photos et je suis retournée au bureau, pour affronter l’après-midi comme une grande. Il faut que je fasse un article sur ces moments de moins bien. Ça me semble important de pouvoir dialoguer avec vous à ce sujet afin que l’on puisse échanger nos méthodes d’annihilation (oui, bon je sais, là, je pousse un peu mémé dans les orties 😛 ) – de désintégration, disons – de ces journées où tout est mou.

Bon, bref, de quoi qu’elle parle la dame ? Eh bien, chères lectrices et lecteurs, comme tous les débuts de mois, je vais passer en revue, en votre charmante compagnie, les fruits et légumes que juillet nous apporte. J’ai aussi décidé de rendre le format un poil moins lourd, et ne reviendrais donc pas sur ceux que j’ai déjà traités le mois dernier. J’ai pesé le pour et le contre et en fait, je n’ai pas spécialement envie de vous assommer chaque début de semaine façon maraîchère beuglant « Il sont beaux, ils sont frais mes artichauts !! ». Et puis, même si j’aime le côté simple de ces articles, j’ai d’autres choses à vous raconter. Voilà, voilà, tout le monde est content 😀 On y va ?07-juillet-impression

L’abricot : comme souvent, je plébiscite la non-transformation. Donc nature ! Je trouve que quand les fruits sont vraiment bons, il n’y a pas forcément besoin de les cuisiner. Par contre, j’éprouve de grosses difficultés à choisir des abricots sucrés. Je suis sûre qu’il doit y avoir un truc, mais honnêtement, je sèche. Il faut les choisir tâchés ? légèrement mous ? Y-a-t-il un(e) expert(e) en abricot pour sauver mon article de la noyade ? A défaut, je ne saurais vous conseiller de les déguster en clafoutis ou même garnis d’une petite crème sucrée et meringués (excellente recette par-là : http://www.cuisineetvinsdefrance.com/,abricots-meringues,89171.asp).

La figue : Il faut absolument que j’essaye en brochettes arrosées de caramel, avec des tiges de romarin ! Je suis sûre que ça doit envoyer sévère 🙂 Ce joli fruit charnu est aussi idéal en tranches dans les salades, avec le fromage ou encore nature.

(Alice, ça glisse, au pays des merveilles, c’est bon Francky, je sens tes) Groseilles : Pardon pour cet intermède musical de fort mauvais goût, mais je ne pouvais pas m’en empêcher 😀 En fait, les groseilles, dans l’inconscient collectif (grâce à moi, tout le monde a maintenant une paire de couilles en tête, pardon, je m’excuse platement pour ce désagrément), c’est souvent le truc qui ne sert à rien sur les plateaux de fromage, qu’on met pour décorer et que personne ne mange (sauf moi). Il s’avère que c’est un peu l’ultimate madeleine de Proust de l’enfant que j’ai été (et que je suis toujours 😉 ). Je ne m’en rappelle pas bien, mais selon mes parents, j’en mangeais des kilotonnes quand j’étais gamine. Je me perdais dans les jardins et on me retrouvait en général dans un bosquet (j’étais déjà très Thug Life à 2 ans !), couverte de queues de groseilles (oui, bon, j’avoue, après la parenthèse Francky Vincent, cette phrase peut UN PEU prêter à confusion, vous avez vraiment l’esprit mal placé, vous le savez ça ?), ma robe en général bonne à jeter, car constellée de jus. Aujourd’hui, je continue à me jeter sur ce fruit acidulé comme si ma vie en dépendait. Je vote donc pour le manger nature ! C’est aussi parfait dans une salade verte, une salade de fruits ou encore en sauce pour les gibiers.

La myrtille : Que j’aime ce petit fruit tout doux. Bien sûr, le classique indémodable reste la tarte, mais on en trouve pas de bonnes partout (je ne m’y suis moi-même jamais essayée !). En ce moment, j’en mets dans mon yaourt du matin, ça apporte du croquant et de la fraîcheur. Ça doit être sympathique en compote !

La pêche : Allez-y à fond, les pêches de France sont excellentes en ce moment ! Moi, j’adore les manger comme ça. D’ailleurs, il faut que je partage un de mes horrible tocs avec vous. Il s’avère que j’ai un gros problème psychologique (eh oui, encore un…) avec les noyaux de fruits. En fait, euuhh…*gêne*…*raclement de gorge*…je les rogne et suis capable de le faire pendant des heures. Les petits filaments coincés dans les crevasses d’un noyau de pêche ? Mmmm, du bonheur pour moi !! (je sens qu’une bonne moitié de mes lecteurs vient d’appeler les urgences psychiatriques 😛 ). Au début, Ludo trouvait ça vraiment chelou, mais maintenant, il a complètement pris le pli et ma folie avérée lui semble dorénavant parfaitement normale. Genre, ouai ma copine ronge les noyaux, et alors, il est où est le problème ? Sauf que c’est devenu tellement inconscient qu’un soir, je l’ai fait lors d’un repas chez des amis, et ce n’est qu’au bout de 5 minutes que je me suis rendue compte du regard alarmé de mon cher et tendre qui me hurlait « arrête ça, c’est bizarre !!!! » et de l’air complètement interloqué de nos amis. J’ai dû leur expliquer ma petite marotte…dans la confusion la plus totale. Vous voyez, on s’ennuie rarement avec moi ! Bref, j’arrête de vous dévoiler les vices cachés de Manon Woodstock, il faut en garder un peu pour la suite 😉 N’hésitez pas à faire des pêches en salade pour le dessert ou même d’en ajouter dans une salade composée salée. C’est délicieux en charlotte (MON dessert d’anthologie – celui que je ferais si le président des nations unies venait dîner à la maison 😀 ) et fabuleux en soupe, avec du vin blanc moelleux, de la badiane et d’autres aromates (recette ici : http://cuisine.journaldesfemmes.com/recette/312789-soupe-de-peches-au-vin-epice).

La prune : en clafoutis – sans dénoyauter. En tarte, c’est juste mon dessert préféré de tous les temps (Maman, si tu vois ce message, sache que je ne dirais pas non à une petite tarte aux quetsches). Je pourrais en manger une entière facile. Oui, je suis un goinfre qui refuse de s’assumer !

Le melon : en apéritif ou en dessert nature. En plat léger avec du jambon cru (et du porto pour les gourmands), en soupe froide l’été. Pensez à les choisir bien craquelés au niveau du pédoncule, avec des rainures vertes et marquées, sans « chocs » visibles. Pas d’erreur possible avec cette astuce, vous êtes sûrs d’avoir un melon bien sucré et parfumé à tous les coups.

La cerise : Ah, ben en clafoutis pardi ! Et sinon, pour ou contre le dénoyautage ? Perso, je suis plutôt contre. Pour moi, c’est comme les olives, le noyau concentre le goût et c’est vraiment dommage de « sacrifier » de bonnes cerises. Alors oui, me direz-vous, il y a les vers. Boarf ! Au pire, ça fera plus de protéine Micheline ! Je pense qu’après 35 minutes passés au beau milieu de la fournaise, ils sont définitivement morts les pauvres cocos. Et pourtant ! Vous parlez à quelqu’un qui est littéralement phobique de ce petit animal ridicule. C’est de loin ma peur la plus con. Ma bête noire : la saison des chenilles à papillon. Je HURLE comme une dégénérée en me tortillant dans tous les sens quand un ver me tombe dessus, tout en scandant « Enlève, enlève, enlève, enlève » telle une épileptique à Ludo qui me lance son plus beau regard circonspect genre « tu sais que tu complètement fêlée de la cafetière ma fille». Je suis pourtant plutôt à l’aise avec les insectes…je ne sourcille même plus devant une araignée qui me grimpe dessus, mais ce qui rampe…Disons qu’on vit en bonne intelligence, mais de loin hein 😉 Revenons à nos cerises, je ne saurais vous conseiller de vous en faire des boucles d’oreilles, et de les croquer telles quelles. Ma belle-sœur a également fait un excellent tiramisu cerises-Oréo il y a quelques semaines, et c’était bon (oui, je sais c’est très mal, il y a de l’huile de palme dedans, vous avez le droit de me jeter des tomates pourries, mais je ne laisserai jamais mes engagements détruire ma vie sociale !). A tester avec des biscuits sans huile de palme donc.33191-FX-6-0-13-6-9-0-90-5-5-95-95

La pastèque : Nature quand il fait bien chaud, quel délice ! On s’en met partooouuuut et après on recrache tous les pépins comme une mitraillette. Je sais que certains la dégustent avec du sel, j’avoue que je n’ai jamais essayé !

La girolle : alors autant vous le dire tout de suite, je ne mange presque jamais ce délicieux champignon, si ce n’est au restaurant. Mon beau-père y faisant une violente allergie (le pauvre, je crois que le simple fait de lire le mot « Girolle » le fait courir aux toilettes), mon chéri n’a pas trop le réflexe de le cuisiner. Et moi…j’ai un rapport…particulier aux champignons. Traumatisée à vie par la terrible terrine canard – chanterelles que ma maman faisant immanquablement pour impressionner les invités et que j’accueillais par un « oh non, pitié, pas encore ça ! » – vous savez comment on est quand on est gosses, des salauds d’ingrats – je ne me sens pas le courage de re-cuisiner ce champignon aujourd’hui. Il faudrait peut-être que je saute le pas, comme avec le chou-rave.

L’aubergine : C’est le légume qui a connu une véritable rédemption chez nous ces dernières années. Avant, je ne pouvais pas le voir en peinture. J’aurais moins rechigné devant un vieux pneu à mâchouiller. Et puis, on a découvert que, bien cuite, elle perdait sa texture caoutchouteuse désagréable. On la mange régulièrement en salade tiède avec feta et balsamique, mais aussi quadrillée et cuite au four, tartinée avec du pesto ou de l’huile de l’olive et des herbes. C’est super en caponata (recette par là : http://www.cuisinemetisse.com/apero/meatfree-monday-caponata-et-tartines-caponatabrebis/), dans la ratatouille ou en caviar pour l’apéro.

Le concombre : en été, j’aime beaucoup faire de la raïta. C’est une préparation au yaourt avec du concombre en dés, de l’ail et de la menthe. A l’apéro, quand il fait bien chaud, ça ne se voit pas mourir ! Je vous encourage à le déguster en salade bien sûr, en soupe froide avec de la menthe, dans les gaspachos. Petit secret de la belle famille pour ramollir parfaitement la bête (je sais, je suis trash !), on le fait dégorger (ça y est, je pleure de rire 😀 ) avec du sel une petite trentaine de minutes avant de l’assaisonner.

Le chou-rave (bon j’avoue, celui-là, je l’ai remis juste pour me la péter un peu) : aaaaaaaah ben voilà, j’ai quelque chose à dire maintenant ! Vous pouvez en faire de délicieux pickles, dont la recette est par ici. A priori, c’est très bon cuit, le goût se rapprochant de celui du navet. Cru, ça a une saveur de chou pas piquée des hannetons, je suppose donc que le râper en salade est envisageable. Et pourquoi pas en faire un gratin ?

Le maïs : ce légume, de la famille des graminées, est assez multiforme. En farine, je trouve qu’il est méga top pour les panures. Ça n’a RIEN A VOIR avec la farine de blé. C’est plus uniforme, plus léger…L’essayer, c’est l’adopter ! Le grand classique reste la salade, avec quelques poivrons crus ou du thon (mais, thon, échalotes, huile de colza, vinaigre de framboise, sel, poivre et vous êtes les rois et reines du monde 🙂 ), je m’en sers aussi souvent comme condiment avec le chili ou alors les fajitas. J’ai déjà tenté chaud avec un peu de crème et ça ne passe plutôt pas mal. J’attends toujours de pouvoir le cuisiner en soupe épaisse ou en bouillon avec du poulet, à l’américaine, mais ils ré-annoncent de fortes chaleurs par chez nous, je crois qu’on aura donc moyennement envie de s’envoyer une soupe ce week-end 😉

La betterave : ma recette préférée de chez préférée, c’est le borstch. Késako ? Le bortsch est une soupe de betterave typique des pays de l’Est, on en trouve plusieurs recettes, mais on est bien d’accord que la meilleure, c’est la polonaise, hein ? (Sauras-tu trouver des traces de fierté mal placée et hypocrite due à mes origines ?). Le plus drôle dans l’histoire, c’est que le bortsch, c’est pas moi qui le fait. Ça y est, tout mon public polonais est atterré. Quoi ? C’est Ludo qui cuisine ce joyau gastronomique ? Un Breton (brrr, frissons dans l’assistance) ? Eh bien oui, et figurez-vous qu’il le fait et que c’est le meilleur du monde (*amour*) ! Il suffit de laisser infuser des betteraves (que vous pouvez réutiliser ou composter ensuite), de diluer cette infusion avec pleiiiiiinnn de bouillon de poule, un peu de jus de citron, des petits cappelletis et c’est le paradis !! Vous pouvez aussi la déguster en salade (avec du vinaigre de framboise et de la moutarde à l’ancienne, c’est top !) et la découper en lamelles dans les salades composées.

Je passe mon tour sur l’amande fraîche et le cornichon que je ne cuisine pas.

Et vous les ami(e)s, avez-vous des recettes à nous communiquer ? Des astuces pour bien choisir nos fruits et légumes ? Un truc à nous dire ? (même sans rapport, ne vous inquiétez pas, je suis très bon public 😉 )

Eh bien voilà, on a fait un petit tour (j’allais dire succinct mais en fait, pas tant que ça 😛 Incorrigible cette fille !) de ce que la nature nous offre de bon en ce doux mois de juillet. Si vous voulez accéder aux suggestions pour les autres fruits et légumes de la photo, je ne saurais vous conseiller d’aller faire un tour sur mes anciens articles qui sont ici, et .

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une agréable journée, pleine de surprises ! Je vous encourage à rester positifs en toute circonstance ! Finissons sur une fantastique citation philosophique de mon cru – Bouddha lui-même en serait jaloux : « Petit mouton qui ne gambade pas aujourd’hui, gambadera demain ». A très vite les amis !

Sheep_Shaf_Mouton

6 réflexions au sujet de “Les fruits et légumes de juillet”

  1. Je crois bien que tu es la seule personne capable de me faire exploser de rire en parlant de fruits et légumes! Que je suis contente de t’avoir trouvée au hasard de la blogo :))
    Super intéressant en plus ton article, qui me donne plein d’idées de repas, merci
    Parcontre je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas commenter avec mon adresse url et mon pseudo de blog??

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    1. Bonjour Estelle, merci beaucoup pour ton commentaire 🙂 ça me touche ! Je suis ravie que mes bêtises te fassent sourire ! Effectivement, cette histoire de commentaire est étrange, je vais aller voir si je n’ai pas merdouillé dans les paramètres (je me la racontais avec mon niveau en informatique avant de bloguer mais aujourd’hui, je suis carrément descendue de mon perchoir ^^). Belle journée à toi !

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  2. Salut ma puce,

    Je ne savais pas que tu avais été traumatisée par ma terrine de canard, que je m’apprêtais à faire à mon dulciné ! Il demande des explications…
    Je serai en revanche au RDV pour la tarte aux quetsches (en 2019, rajoute mon dulciné).
    Bizz,
    Maman

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    1. Coucou maman, mais si je te l’ai déjà dit, tu m’avait répondu, je cite, « Tu es quand même chiée, elle est bonne ma terrine ». J’ai été dure, je pense qu’elle mérite le détour (mais une fois de temps en temps), il faut que tu lui en fasses !! J’attends ma tarte aux quetsches de pied ferme. Bisous à vous 2

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