Aujourd’hui, je vais vous parler d’une de mes lectures très récentes, sans sombrer dans la tartine illisible, je l’espère 🙂 [Edit: en fait j’ai décidé de faire deux parties, effrayée par l’ampleur du roman que je m’apprêtais à publier]. J’avais déjà vaguement mentionné le truc quelque part, il me semble (sinon, excusez-moi, je dois probablement dérailler, une fois de plus 😛 ): oui, je suis une des nombreuses personnes victimes de la mode à avoir lu « Zéro Déchet » de Béa Johnson.

Pour vous situer un peu le délire, cette dame, née à Avignon, ancienne Desperate Housewive américaine hyper-consommatrice, a converti peu à peu toute sa famille au mode de vie zéro déchet. Elle en a fait un blog, puis un livre, afin que tout le monde puisse profiter de ses précieux conseils.

Tout au long du livre, elle nous rabâch…explique gentillement comment elle a organisé sa vie autour de la règle des 5R: Refuser (ce dont nous n’avons pas besoin), réduire (ce dont nous avons besoin mais ne pouvons pas refuser), réutiliser (ce que nous consommons et ne pouvons ni refuser ni réduire), recycler et composter (le Reste).

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Alors autant vous le dire tout de suite, si vous espérez lire une énième critique dithyrambique de ce livre, vous vous trompez carrément d’endroit. Au risque de me faire rosser avec un bocal en verre dans une ruelle sombre par un groupe de fans énamouré(e)s, je vous le dis sans faille (reste cool bébé, sinon j’te dirais bye-bye 😀 Pardon, il FALLAIT que je le sorte) je n’ai pas aimé. J’ai même été à la limite du perplexe quant à son statut de best-seller.

Quand j’ai commencé la lecture, certains passages m’ont, d’entrée de jeu, fait grogner dans ma barbe. Je me suis retenue vraiment FORT « Non, Manon, tu ne vas pas commencer une fois de plus à annoter les choses qui t’emmerdent et saccager le bouquin ». Et comme toujours, j’ai craqué.

Je compte néanmoins suivre un des bons conseils de madame Johnson (oui, il y en a, il ne faut pas non plus cracher dans la soupe) et vais donc offrir généreusement mon exemplaire, annoté de ma plus belle écriture, à la première personne qui commentera mon prochain article. Comme je suis grande seigneure, je suis même OK si vous habitez loin et si je dois vous l’envoyer par la poste. Comble du luxe, il est dédicacé par Béa Johnson herself. La classe quoi.

Que les choses soient absolument claires dès le début. Je ne critique pas la personne. Béa Johnson en fait plus que je ne ferai jamais, que n’importe qui n’en fera jamais. Elle a des convictions et elle s’y tient. C’est quelque chose que je respecte beaucoup. Elle a à cœur de laisser un monde meilleur à ses enfants, ce qui ne sera jamais critiquable. Elle ose pointer du doigt les incohérences du système de manière assez juste et je la remercie pour tout le travail d’analyse qu’elle a pu effectuer dans le but d’éclairer les autres.

Mais le livre…Non. Sincèrement, j’en viens à me demander si c’est la traduction qui est vraiment mauvaise ou si c’est elle qui a écrit son livre de la main gauche (ou droite si elle est gauchère). Je penche plutôt pour la première option, mais dans ce cas, je m’interroge doublement : pourquoi ne pas avoir traduit elle-même son bouquin si elle est française ? Manque de temps, d’envie, ça peut tout à fait se comprendre, mais au vu de la piètre prestation, je pense qu’il aurait fallu y réfléchir à deux fois.

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Pour vous la faire courte, le bouquin est bourré de fautes, de répétitions, la formulation est hasardeuse, hyper lourde par moments. C’est mal écrit et certaines affirmations sont juste très (très très) étranges. D’où ma sidération quand je lis les commentaires ultra élogieux partout sur Internet. J’ai bien cherché et je compte les critiques sur mes dix doigts.

Cependant, pour ne pas finir sur une note négative – parce que j’estime que casser quelqu’un qui a fait l’effort d’écrire un livre, ce n’est pas très sympatoche – je vous dirai, dans mes deux articles, sur quoi je la rejoins complètement.

J’ai décidé de vous offrir un format un peu fun aujourd’hui. Je ne vais pas me lancer dans des tartines interminables (enfin si, mais non…ne soyez pas impatients, vous allez voir 😀 ), mais vous proposer, le top 20 des «conseils » du livre qui, à mon sens, flirtent dangereusement avec la limite du What the Fuck. Attachez vos ceintures, c’est parti !

  1. Le numérique c’est le top, mais QUID de l’empreinte écologique ? Tout au long du bouquin, j’ai trouvé que la dame avait une attitude un peu schizophrène concernant les nouvelles technologies. Dans un chapitre, elle prône la déconnection, dans le suivant elle encense les tablettes, les liseuses et les Mp3. Le fait qu’elle soit un peu tiraillée passe encore, mais ce qui m’a vraiment gênée, c’est qu’elle mentionne à peine l’empreinte écologique de ces appareils. Ils ont une durée de vie limitée (obsolescence programmée), sont fabriqués à l’autre bout du monde (leur fabrication implique beaucoup de polluants), sont mal recyclés et le stockage des données qu’ils génèrent nécessite d’énormes serveurs ultra énergivores. Donc, Scuze me M’am ! Je crois que je vais rester à mes vinyles et mes livres papier.
  2. Il ne faut pas préchauffer son four. Alors là, pardonnez-moi mais je cherche encore. Si quelqu’un dans l’assistance sait comment allumer un four sans le préchauffer, j’aimerais qu’il ou elle me fasse coucou. On fait « Lumos » avec une cuillère en bois ?
  3. Il faut remuer la salade avec ses mains nues. Euhhhhh. Si on passe le potentiel extrêmement érotique de la formulation (ou pas hein, parce que l’image de Manon Woodstock en train de remuer de la batavia aspergée de vinaigre balsamique avec ses grosses paluches, je crois que ça ne fera pas rêver grand monde…), je souhaite bon courage à ceux qui ont des petites plaies sur les mains 😛 Plus sérieusement, une fourchette et une cuillère à soupe, ça va aussi et c’est zéro-déchet, non ?
  4. Dans la catégorie « j’enfonce des portes ouvertes », j’aimerais vous citer ce passage digne des plus grands spécialistes de l’enfumage : [Les médicaments périmés peuvent être utilisés après la date de péremption mais parfois, ils peuvent faire empirer votre état]. Comment-ne-rien-dire-en-deux-phrases. Le tout étayé par zéro fait scientifique, bien sûr.
  5. Il faut donner à quelqu’un d’autre les objets qui ne nous servent pas parce qu’il les achètera ou les recyclera de toute façon. Je trouve que c’est d’une hypocrisie sans nom ! En gros, il vaut mieux donner sa merde aux autres. On s’en fiche puisqu’ils vont la recycler ou la jeter à notre place. Ce n’est pas très fouillé et réfléchi !cotton-swabs-592146_960_720
  6. Se servir de son auriculaire comme coton tige. J’ai beau essayer de me représenter la scène, je ne suis pas persuadée que ça soit très efficace. De plus, ne repousse-t-on pas le cérumen au fond de l’oreille en utilisant son doigt ? Y-a-t-il des scientifiques dans la salle pour confirmer mes craintes ? Un lavage à l’eau tiède ne suffit-il pas ?
  7. Il vaut mieux porter un haut qui dissimule ou évite les tâches de transpiration. Gros. Conseil. Non, vraiment, on n’y avait pas pensé avant ! Elle parle de la honte extrême que l’on peut ressentir en dévoilant une disgracieuse auréole de transpiration…J’ai envie de dire, et si on se calmait avec ça ? Vous n’êtes pas seul, tout le monde transpire ! Si ce n’est pas le cas, vous devez probablement venir d’une autre planète. Je pense que vos amis vont se remettre si vous dévoilez malencontreusement des aisselles trempées !
  8. S’épiler les jambes entières à la pince à épiler. Eh bien, si on a trois heures à perdre pour se faire les demi-jambes, pourquoi pas (pour les jambes entières, je compterais 5 bonnes heures…). Je ne sais pas vous, mais moi en général, l’épilation, plus ça va vite, plus je suis contente 😉 Selon elle, les poils finiraient par arrêter de repousser à force d’épilations méticuleuses. Je suis désolée mais j’ai beau m’épiler méticuleusement à chaque fois, ces connards de poils sont immanquablement de retour la semaine suivante. Je dois être mal foutue en fait ! (Maman, si tu lis ces lignes, sache que je songe sérieusement à t’intenter un procès). Elle parle aussi du laser. C’est une bonne option, mais c’est surtout très cher ! Et ça ne marche pas à tous les coups, j’en suis la preuve vivante. Que les choses soient bien claires, non, je ne suis pas un grizzly velu, disons juste que j’envie assez les filles blondes et leurs poils quasi-invisibles. Être brune, ça se paye les ami(e)s.
  9. Les myopes, ces salauds de pollueurs. Je cite : « Les myopes peuvent facilement faire corriger leur vue au laser ». Béa, Béa, Béa, viens par-là que je t’explique. Ce que tu dis est peut-être valable pour les myopes à la petite semaine qui se font prescrire des « verres anti-fatigue » (les pauvres lapinous), mais certainement pas pour les taupes de mon espèce. Primo, la vue se stabilise rarement avant 30 ans et on ne peut pas opérer si ce n’est pas le cas. Deuzio, ça coûte une blinde, ce n’est pas pris en charge par l’assurance maladie et peu par les mutuelles, tout le monde ne peut donc pas se le permettre. Elle propose aussi de renoncer à avoir une paire de lunettes de rechange, je veux bien mais si je perds les miennes, je fais quoi ? J’achète un chien d’aveugle ? Je suis tellement miro que je ne peux même plus me maquiller sans lentilles de contact. Donc désolée, j’aimerai me faire opérer, mais je ne peux pas.
  10. Consommer du yaourt en cas de mycose vaginale. Je suis sûre qu’une grande partie de mon lectorat féminin vient d’éclater de rire. Franchement, si ça marche pour elle, un très très grand TANT MIEUX. Personnellement, j’ai beau consommer des kilotonnes de yaourt, ça n’a jamais, au grand jamais guéri une mycose. Pour nos amis les hommes (et les femmes très chanceuses) qui ignorent ce fléau, petite explication de texte, une mycose vaginale est un dérèglement de la flore (la plupart du temps, ce sont des levures qui se multiplient de manière anormale) et qui occasionnent démangeaisons affreuses, pertes blanches et grumeleuses (amis du glamour bonjour), saignements, etc. Bref, du rêve en barre. Il faut aussi savoir que, en général, quand tu en as fait une, c’est partie pour une joyeuse vie de récidive, ton vagin ayant compris qu’il pouvait scander « Pas content ! Pas content ! Pas content ! » à la moindre contrariété (vêtements trop serrés, relations sexuelles, sous-vêtements hors coton, épilations…). L’astuce du yaourt fera donc, je pense, doucement rigoler nombre d’entre nou(e)s, qui savent très bien que s’étaler de l’activia sur la foune ne changera rien au schmilblick.7112884591_8384907380_b

Voili voilou pour la première partie. Deux points sur lesquels je suis d’accord avec elle:

  • La société est devenue complètement mysophobe (peur des microbes). Calmez vous avec la propreté les gens ! Les microbes ne vont pas vous bouffer, ils sont même essentiels à notre survie. Quand je vois toutes ces personnes qui désinfectent leur maison comme si c’était un hôpital (porte ouverte aux microbes super résistants, en plus, vous affaiblissez votre organisme), qui se changent à la moindre micro tâche, qui mettent tous leurs vêtements au sale après un jour de port (mis à part les sous-vêtements et les chaussettes, vous pouvez sans problème remettre un jean ou un t-shirt plus d’un jour – Servez vous de votre odorat ! S’il sent, au sale !) et qui jettent les aliments périmés d’un jour, je me dis qu’on a encore beaucoup de chemin à faire. Je vais vous faire une confidence: je n’ai jamais été aussi peu malade que depuis que je suis moins stressée vis-à-vis de tout ça.
  • Elle donne globalement de très bons conseils dans la partie « les enfants ». Gros plus pour le géocaching, dont je parlerai dans un article ultérieur.

Aller, je n’en dis pas trop, la tentation de vous assommer avec un nouvel article est trop grande.

Et vous les ami(e)s, avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ? J’attends vos commentaires en frétillant comme une collégienne.

Je vous souhaite donc un excellent week-end (oui, je ne le crie pas trop fort mais demain Oh Joie, c’est férié pour moi – un des maigres avantages de travailler au Luxembourg) et vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour la deuxième partie et le fabuleux concours pour tenter de remporter « Zéro Déchet », signé par l’auteure et griffonné par moi-même. A plus dans le bus 😉