Le coin des inclassables

Petit éloge de l’erreur

Bonjours les enfants ! Me voilà de retour après un week-end rocambolesque ! 😀 Un de ceux où on doit préparer à manger pour 30 personnes, et où on a la vague impression que notre main va elle-même se transformer en cuillère en bois pour gagner en efficacité dans les préparations. On a tenu bon. We did it.

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Je sais, vous êtes émerveillés par notre buffet, même celui du Ritz est moins beau !

Certains objectifs n’ont pas été atteints, comme celui de liquider tous les alcools qui « trainaient » un peu trop chez nous. On comptait s’alléger et en fait, on en a juste ramené le triple. Genre on pourrait sérieusement envisager d’ouvrir une sommellerie chez nous. Ceci dit, j’avoue ce n’est pas le côté le plus désagréable de ce type de soirée 🙂 Disons que c’est la compensation !

L’objectif de grande efficience dans le nettoyage le lendemain matin a également été un fiasco retentissant (quand j’ai dit que je me levais pour attaquer la falaise et que Ludo m’a répondu par un bruit à la frontière du gémissement et du grognement, j’ai bien compris qu’il n’allait être d’une efficacité confondante 😛 ).

C’était également sans compter sur la magnifique surprise qui nous attendait à la maison (nous avions organisé cette fête à 45 minutes de notre domicile). A peine la porte ouverte, nous avons entendu sonner le terrible glas du congélateur: BIP BIP BIP BIP BIP BIP BIP. Oh-putain-dis-moi-pas-que-c’est-pas-vrai. Et une porte pas fermée, une ! Et ça c’est le genre d’évènement qui, quand tu luttes contre la gueule de bois et la fatigue, te fait perdre foi en l’humanité. Mais bon, on s’est remis de nos émotions, on s’est promi juré que la prochaine fois, on revérifierai au moins 3 fois que tout est bien fermé et on a officiellement entamé la « semaine congélo » – ou comment manger l’intégralité de son contenu en moins d’une semaine (on a eu de la chance, tous les produits étaient encore froids).

Bref, tout ça pour dire quoi ? On a fait une belle connerie. Certes pas très grave, on ne s’est pas tranché un doigt par inattention, mais un truc qui était quand même bien péniblos. Et on a réagi. Appris de notre erreur. On a parfaitement géré la crise, même toute mini (je sais, ma transition est moyenne, mais que voulez-vous, je suis incorrigible, j’avais envie de vous raconter mon week-end ! 😀 )

Je me suis moi-même beaucoup trompée dans ma vie. Pendant longtemps, j’ai cru que c’était une fatalité. Que mes erreurs me tiraient vers le bas. Jusqu’à ce que j’engage un travail faramineux sur moi-même et que je comprenne que mes mauvais choix étaient une chance. Pour la petite anectdote, il n’y a pas si longtemps, je me suis plantée. Et bien comme il faut en plus. J’ai engagé une reconversion professionnelle dans la petite enfance et ça a été un échec total, sur toute la ligne. Même si, au regard de mes centres d’intérêt, mon projet tenait parfaitement la route, le milieu n’était ABSOLUMENT pas fait pour moi. Quand il a fallu renoncer après tout ce que j’avais investi et avec tout ce que ça signifiait pour moi, ça a été dur-dur. Mais le choc passé, j’ai rebondi. Aujourd’hui, un peu plus d’un an après, je suis déjà remise en selle pour retrouver mon chemin. J’y vais à tâtons, mais j’avance. J’ai tiré d’énormes enseignements de cette erreur. Et ils me seront utiles toute ma vie.

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J’avais envie de partager ce que j’ai conclu de mon expérience avec vous et j’aimerais beaucoup que vous me donniez votre ressenti sur la chose. Pour moi, le fait de se tromper apporte bien plus qu’il ne retire. Je m’explique:

  • Se tromper c’est apprendre ENORMEMENT, de manière générale. On retirera toujours beaucoup moins de quelque chose de parfait que d’une situation totalement merdique. Vous faites quelque chose de nickel et on ne vous fait aucun commentaire ? C’est parfait en soi. Ça fait du bien de temps en temps et c’est important. Mais perso, je n’ai jamais autant appris que quand je me suis pris un bon vieux gadin. Mordre la poussière amène inévitablement à tirer des leçons. Ça permet aussi le travail sur soi et l’apprentissage de la confrontation avec l’autre. Si quelqu’un d’extérieur vous dit que vous n’avez pas vraiment assuré, il ou elle va forcément vous donner des conseils ou des indications pour vous améliorer (mis à part si vous tomber sur un ou une gros(se) con(ne), ce qui, ne le nions pas, reste une possibilité). Quoi qu’il en soit, vous allez apprendre à gérer la critique (j’en suis encore trèèèèèès loin 😀 ) et des situations diverses et variées. Vous deviendrez polyvalents. En gros, c’est tout bénéf’.
  • Se tromper permet d’apprendre à se connaître, à s’apprivoiser soi-même, à savoir ce que l’ont veut et ce que l’on ne veut pas mais aussi à découvrir ses propres limites. Parfois, savoir exactement ce dont on a envie relève de l’abstrait total, du concept. La mécanique des fluides ? du gâteau à côté. Ça me paraît néanmoins totalement normal et sain: qui peut dire exactement ce qu’il veut dans la vie ? Celui ou celle qui vous dira qu’il sait vous ment. C’est quasi impossible. Faire des erreurs permet concrètement de dire « ça, j’en veux » ou encore « ça, c’est hors de question ». Le côté apprentissage sur soi-même amènera des « ça, ce n’est pas moi ». Parce qu’au final, où est le drame dans le fait de se tromper de voie ou de travail ? Il y a tellement de possibilités que je pars du principe qu’il y a forcément autant de situations idéales que d’êtres humains. De nos jours, on vit avec la certitude d’être piégés, de ne plus pouvoir revenir en arrière. Mais c’est faux. Oui, vous passerez pour un instable, oui, on vous dira que vous êtes irresponsable. Et alors ? Franchement, whatever ? Gardez en tête que personne ne vivra votre vie à votre place.
  • Se tromper, c’est accepter que l’on est humain et pas dieu (loin de moi l’idée d’une quelconque spiritualité hein 🙂 je ne suis pas quelqu’un de très religieux). En résumé, on ne maîtrise pas tout. Je trouve que l’on vit dans un inquiétant culte de la perfection. Tout doit être parfait, millimétré, tout le temps. L’erreur n’est pas admise. Quand on se trompe, on est forcément un gros looser. Je suis persuadée du contraire. Parce que vous savez quoi ? Moi, la perfection, je trouve ça éminament chiant ! La vie est imparfaite par essence. Alors…laissez couler un peu les choses ! Si on admet que nous ne sommes pas des robots et que l’on a pas 100% de contrôle sur ce que l’on fait, les couacs deviennent normaux et de ce fait, beaucoup plus gérables. Nous ne sommes plus dans ce beau monde parfait et tout lisse, où la moindre erreur est vue comme une catastrophe insurmontable. J’ai un indicateur infaillible: si vous avez fait une grosse connerie, posez-vous cette question: le monde continue t-il à tourner ? Si oui, don’t panic. Réparez ce qui peut être réparé et passez à autre chose. Se planter monumentalement nous apprend que nous ne sommes pas responsables de tout ce qui nous arrive, que certaines choses échappent à notre bon-vouloir, mais que ce n’est pas grave: la preuve: que vous ayez merdé ou non, le cours du temps ne s’en trouve pas pour autant inversé.
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Il faut garder à l’esprit que la vie est souvent aussi tortueuse que ce bel arbre. Si le chemin est chaotique, l’ensemble reste magnifique !
  • Une vie sans erreur, n’est-ce pas horriblement ennuyeux ? Pour moi, se tromper implique une chose fondementale: on essaye. On prend des risques. On sort de sa zone de confort. Quelqu’un qui ne s’est jamais ou peu gouré veut alors plus ou moins dire « quelqu’un qui ne s’est jamais mis en danger ». Et je trouve ça d’un triste ! Alors oui, certes, il a tout un tas de raisons qui peuvent freiner l’envie de se mettre en péril et de faire des erreurs, et c’est tout à fait ok. Mais soyons honnêtes une seconde, regardons-nous dans le miroir et avouons-nous une bonne fois pour toutes que nous nous donnons énormément d’excuses, plus ou moins valables. J’ai mon avis sur la question: je préfère me crasher totalement et ce, plein de fois, plutôt que de faire une maxi crise de la quarantaine en me disant que je n’ai jamais rien tenté. On a qu’une vie les gars ! C’est pas dans le cercueil qu’on pourra expérimenter quoi que ce soit. Responsabilités ou pas !
  • Ce que je vais dire rejoint un peu le point précédent, mais dans tous les cas, je préfère vivre avec des remords qu’avec des regrets. Quelle horreur absolue d’arriver à 50 ans et de regretter de n’avoir rien fait de fou dans sa vie ! Alors oui, je me suis déjà fourvoyée plus d’une fois mais ça ne m’empêchera pas de continuer à prendre les mauvais chemins, ou ceux qui me mèneront à mon objectif avec des détours et des voies sans issue. Je préfère carrément me dire « je n’aurais pas du faire comme ça » plutôt que « si seulement j’avais tenté ça ». J’ai souvent de la peine pour les gens qui ne se posent aucune question et qui rentrent dans le moule sans le moindre petit accroc. Je me dis que pour certains, la désillusion sera énorme. Il faut vivre, croquer la vie à pleines dents ! On oublie bien trop vite que la vie est éphémère, que nous ne sommes que de passage sur ce petit caillou. Alors amusez-vous, bon sang ! 😀 Plantez-vous en beauté et repartez de plus belle !

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  • Je vais conclure cet article en vous disant que l’erreur permet d’apprendre à se relever dans la dignité. C’est mathématique. Plus on se prend de gamelles, plus on sera apte à se relever comme un grand prince pour les futures. A force de mauvais choix (et il y en aura !), on apprend à en maîtriser en grande partie les conséquences. Elles ne sont plus effrayantes. J’ai toutefois cet énorme paradoxe en moi: je gère beaucoup mieux mes très grosses erreurs, alors que les plus petites me désarçonnent complètement. Je ne me pardonne que rarement ces dernières. Tout ça pour vous dire que malgré ces grands discours, moi aussi j’ai encore du taf. Mais rien n’est jamais perdu, l’essentiel étant d’avoir conscience du chemin qui reste à parcourir ! 🙂

Et vous chèr(es) lecteurs(rices) ? Quel est votre rapport à l’erreur ? Qu’est-ce que ces dernières vous ont apporté ? Quels conseils avez-vous envie de partager ?

Je vous laisse sur ces belles paroles et je vais conclure en disant: plantez-vous dans la joie !

1 réflexion au sujet de “Petit éloge de l’erreur”

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